ארכיון יומי: 1 באוקטובר 2016


Les juifs de C.-Bechar-J.Ouliel-Les BENICHOU

Les BENICHOU

Issus de Kenadza, ils formaient l'une des grandes familles béchariennes. Leur aïeul, Rabbi Youssef ben Abraham, décédé voici plus d'un siècle à l'âge de 98 ans, fut les-juifs-de-colomb-becharen son temps le chef de la communauté juive de Kenadza. Ce rabbin et dayyan (juge) s'était rendu célèbre en composant un «piyyut» (conte poétique) à la mémoire d'un autre rab­bin, Rabbi Shlomo bar Berero ; ce dernier, auquel je consacrerai un chapitre, est devenu tristement célèbre bien avant que fût connu son tragique destin de chef spirituel de la communauté de Tamentit au XV°.

Or, Rabbi Shlomo bar Berero est demeuré un symbole à Kenadza, un de ces villages- refuges, sans doute le principal, où se fixèrent les exilés juifs du Touat après 1492 et les persécutions et massacres dirigés par le Cheikh Abd el Krim el Meghili. M. Jacob Bénichou, né en 1910 et fils du Rabbin Moshe Benichou, a épousé Myriam Dahan, une fille de Taghit, qui lui a donné de brillants enfants, dont un éminent profes­seur en cardiologie, hélas trop tôt disparu.

Engagé dans l' action communautaire dès 1936, Jacob Bénichou est resté jusqu'en 1962 l'une des grandes figures de la communauté bécharienne, occupant des responsabilités  importantes au sein du Consistoire et dans la Hebra kadicha, et, vers les années 1957- 1960, à la Chambre de Commerce de Colomb-Béchar, dont il fut le vice-président. Jacob Bénichou était doublement l'héritier des Juifs de Tamentit : en tant que descendant de rescapés du Touat et érudit détenteur d'ouvrages transmis de génération en génération depuis des siècles

Comme artisan-bijoutier, il a hérité d'une tradition fort ancienne pour devenir créateur de modèles originaux qu'il fut invité à présenter lors des grandes expositions coloniales, notamment en 1931 et 1937, et à l'occasion des fêtes du cin­quantenaire de Colomb-Béchar, en 1953. Jacob Benichou est moins connu pour d'autres réalisations, non moins artistiques : il n'a laissé à personne le soin de composer et calli­graphier, sur parchemin, les Ketoubot à l'occasion du mariage de ses enfants. Après les disparitions successives de ses frères Simon et Mardochée, M. Jacob Bénichou demeure aujourd'hui l'un des dépositaires, parmi les plus sûrs, de la mémoire de notre communauté.

La légende des Bénichou de Kenadza

 A Kenadza, la présence des Bénichou est tellement ancienne, que nous la retrouvons dans les légendes locales. Malgré l'ambiguïté de l'évocation, une relation journalistique montre que les Musulmans de Kenadza ont conservé le souvenir de ces Juifs installés bien avant eux, et durant des siècles, dans la petite cité :

«Il y a très longtemps, semble-t-il, vivait à Kenadsa une communauté juive qui a pris l'habitude de tourner en dérision la coutume locale qui consistait à célébrer à l'instar des musulmans chiites, le martyre de l'imam Hussein dans la tristesse et les lamentations. Irrités, les habitants ont décidé un jour de changer de coutume, et de célébrer désormais cette journée dans la joie, prenant ainsi leur revanche sur les juifs, (à la veille des fêtes de l'Achoura), «Berkeï Ichou» serait alors une dérivation de «Ibrek y a chou», à genoux chou, Chou étant un notable juif de l'époque. Cependant, on prend soin à Kenadsa de vous préciser que quoique commode, cette interprétation est loin d'être vérifiable…» Vers 1903, les membres de la communauté de Kenadza rejoignirent, pour y exercer leur artisanat, leurs coreligionnaires nouvellement installés à Colomb-Béchar, constituant la deuxième composante de la communauté… Isabelle Eberhardt les a décrits ainsi :

«Les juifs de Kenadsa, vêtus d'oripeaux verts et noirs, viennent y dresser leurs tentes loqueteuses, et vite ils allument leurs petites forges pour transformer les «douros» des officiers et des spahis en bijoux» Isabelle Eberhardt écrit encore :

«Nous traversons le Mellah, le quartier salé, le quartier des Juifs, qui gitent en d'étroites boutiques à même la rue. Ici, à l'encontre des mœurs figuiguiennes, les Juives, qui por­tent cependant le même costume, ne sont pas cloîtrées. Elles jacassent, cuisinent, se débarbouillent devant leurs portes.»

La tradition rapporte qu'avant de s'appeler Kenadsa, la ville a d'abord porté le nom d'El Aouina (ou El Aouinat), signifiant « petite source », ou de Mouillah, signifiant « source salée », en référence à la source qui traversait le ksar.

Toujours selon le tradition, Kenadsa tirerait son nom de Sidi Mohamed Ben Ziane (fondateur de sa confrérie religieuse) qui, accomplissant le pèlerinage de la Mecque, aurait salué le prophète de l'islam Mahomet dans son tombeau, et celui-ci aurait répondu à ce salut en l'appelant par le nom de « Mohammed El Kendouci » ; et c'est ainsi qu'après son retour, le ksar aurait pris le nom de Kenadsa, pluriel de kendouci

Ibn Khaldoun rattache le nom de Kenadsa au nom de ses premiers propriétaires, Kendous et Zerhoun, noms devenus noms de tribus, dont la tribu des kenadsa ; il rattache aussi le nom de Kenadsa, par déformation, au mot-valise « Kendsek », désignant dans les transactions commerciales des deux fondateurs Kendous et Zerhoun

Il etait une fois le Maroc : LES BERBÈRES, par David Bensoussan

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Il etait une fois le Maroc : LES BERBÈRES, par David Bensoussan

Pourrait-on faire une digression et discuter de l'identité et de l'origine des Berbères?

L'Afrique du Nord ou Maghreb se compose du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie ainsi que de la Libye : tous ces pays ont été peuplés à l'origine par des tribus berbères et ont subi l'influence de colonisations diverses : carthaginoise sur le littoral maghrébin, grecque en Cyrénaïque, romaine, vandale et byzantine dans toute la partie Nord de l'Afrique jusqu'à l'Atlantique et enfin l'arabe jusqu'au Sahara. Rarement la Berbérie a été unie : des guerres tribales incessantes ainsi qu'un esprit d'indépendance farouche ont fait que les tribus berbères se sont laissé dominer par d'autres puissances tout en maintenant leur autonomie dans les régions intérieures; seule l'invasion arabe parviendra à assimiler graduellement les Berbères, quoi qu'incomplètement.

Que sait-on sur leur origine?

De nombreux historiens berbères et arabes (Ibn Khurdabhbih et Ibn Abd Al-Hakam au IXe siècle, Al-Tabari et Ibn Hawqal au Xe siècle, Idrissi au XIIe siècle et Ibn Khaldoune au XIVe siècle) attribuent aux Berbères une ascendance cananéenne. Les Berbères seraient venus en Afrique du Nord après que David eut vaincu Goliath. Une hypothèse plus ancienne avancée par Moïse de Corène et Procope voudrait que les habitants du Canaan fussent arrivés en Afrique du Nord après la conquête du Canaan par Josué.
Ceci rejoint une hypothèse talmudique similaire et encore plus ancienne selon laquelle des peuplades cananéennes auraient émigré en Berbérie après la conquête du Canaan par les Hébreux (Sanhedrin 94-71, Lévitique Rabba 17, Tossefta Shabbat 18, Yebamot 63-2, etc.). Certains situent les Berbères au sein de la généalogie biblique : ils descendraient des Kaslouhim, fils de Mitsraïm fils de Cham fils de Noé (Al-Souli Xe siècle).
D'autres (Ibn A-Kalbi, IXe siècle) ont attribué aux branches des Ketama et des Sanhadja une origine yéménite et il est probable que cette hypothèse ait germé dans l'esprit de ceux pour qui la légitimité du pouvoir ne pouvait être accordée qu'à une lignée de nobles. En Espagne médiévale, des historiens arabes (dont Ibn Hazm du XIe siècle) rejetèrent cette dernière hypothèse. Ce débat se tint à l'époque où Arabes et Berbères étaient en conflit. Toutes ces théories sont nourries par des légendes locales qu'il est difficile de corroborer avec un degré de certitude satisfaisant.

Qu'en est-il des grandes familles berbères?

Il faut préciser que dans les recueils historiques, il n'y a pas de filiation unique sur laquelle il y ait unanimité. Il faut donc avancer avec précaution dans ce domaine. L'hypothèse la plus courante est que les Botr nomades et les Beranès sédentaires descendraient d'un ancêtre commun Berr. Aux Botr se rattacheraient entre autres tribus les Zenata, les Nefoussa, les Miknaça, les Mediouna, les Louata et les Maghraoua. Aux Beranès se relieraient les Masmouda, les Auréba, les Ketama, les Sanhadja, les Aurigha, les Mesrata et les Lemta. Ceci est une présentation très simpliste de la généalogie berbère, car son traitement dans ces pages serait exhaustif. Contentons-nous de cette première classification pour l'instant.

Qu'en est-il de la langue berbère?

De façon générale, on établit la différence entre trois regroupements linguistiques : celui du Rif (tarifit) dans le Nord, celui du Haut et Moyen Atlas ou tamazigh (tamazight) ainsi que celui de l'Anti-Atlas et du Sous, le chleuh (tachelhit). Ceux qui ont tenté de faire des rapprochements entre les langues berbères (kabyle, rifain, tamazigh, chleuh ou targui) et les autres grands groupements linguistiques indo-européens, sémitiques ou chamitiques, n'ont jamais pu aboutir à une conclusion satisfaisante. En fait, la formation de la langue berbère constitue une énigme non résolue.

Les veilleurs de l'aube-V.Malka

Certains sont plus que d'autres habités par l'angoisse devant la vie, devant la douleur et devant la mort. D'autres expriment des peurs, des les-veilleurs-de-lobsessions et des aspirations. Tous disent l'impossibilité de connaître les voies de Dieu : nous savons, assurent-ils, quels sont les projets des hommes, mais qui connaît leur fin ? Parfois on s'en prend aux hommes « de vanité », laquelle est considérée comme « une grave maladie ». L'homme vaniteux est qualifié d'idolâtre dont la vie n'est que souffrance. Le poète affirme que Dieu n'aime guère partager la même demeure avec les hommes suffisants, ivres ou amoureux d'eux- mêmes. Ceux qui sont saisis de l'extrême importance de leur personne. Ceux qui éprouvent beaucoup de plaisir à ne vivre qu'en leur propre compagnie. Ceux qui, parce qu'ils cherchent à s'élever, se livrent tout au long de leur vie à bien des bassesses.

Mais on ne manque pas de saluer les hommes de justice et de vérité. Comme leurs anciens collègues de l'Espagne andalouse, les poètes juifs du Maroc conjuguent à l'envi le thème de l'exil et celui de la libération. A la manière des maîtres de la saga hassidique, ils dialoguent avec Dieu. Ils l'interpellent dans leurs poèmes : « Jusqu'à quand attendrons-nous ? Jusqu'à quand et pourquoi aban­donnes-tu le pauvre ? Quand donc nous rendras-tu notre gloire et notre couronne de jadis ? Notre âme a suffisam­ment souffert, il est temps que notre soleil se lève ; ramène la Fille de Sion sur sa terre ; reconstruis le Temple afin que nous puissions te chanter ; regarde la catastrophe dans laquelle nous sommes plongés ; nous nous trouvons dans la situation de l'agneau jeté parmi les loups ; Dieu, donne- nous enfin la liberté ! »

Un grand nombre de ces poètes connaissent la pau­vreté : ils apostrophent Dieu sur le fait que les amis des riches sont toujours nombreux, tandis que les jours du pauvre sont douloureux. « Mes connaissances, mes amis, mes frères se sont éloignés de moi. » Mais ils savent – et ils le proclament – que les hommes les plus riches et les plus puissants deviennent eux aussi néant. Seul peut être heureux l'homme qui connaît et pratique l'humilité.

Raphaël Moshé Elbaz demande à Dieu de lui montrer « la voie des mitzvot – les commandements » : « Console mon cœur, délivre-moi de la tempête, renouvelle en moi une âme nouvelle. » Il se demande – ainsi que le font, dans des termes identiques, les poètes musulmans eux- mêmes – ce qu'il pourra plaider le jour du jugement divin : « Que répondrais-je au jour de la confrontation ? Quand Dieu me convoquera, que lui répondrais-je ? »

Un poète qui signe en acrostiche « Moi, Moshé » écrit : « Je t'ai vu, mon Dieu, avec l'œil de mon cœur. Je t'ai appelé. Je t'ai trouvé habitant à l'intérieur de moi. »

Salomon Abitbol se lamente : « Mes sages ont disparu, mes ennemis sont de plus en plus nombreux. Les malheurs nous assaillent chaque jour. Malgré cela, je n'ai pas cessé de t'aimer. » Il ajoute dans un autre poème : « Mon Dieu, pourquoi sommeilles-tu ? Souviens-toi de la fidèle alliance passée avec mes ancêtres. »

Les poètes marocains recyclent des thèmes abordés déjà par Israël Najara : « Accepte la prière d'un pauvre dont le cœur est en train de fondre. Séparé de sa ville, son soupir grandit. Il appelle à l'aide : pourquoi le Fils de David ne vient-il pas ? »

On cherche à retrouver les accents désespérés du poète espagnol Abraham Ibn Ezra. Grammairien mais égale­ment philosophe, Ibn Ezra était un érudit errant (une sorte de Rimbaud juif avant la lettre). Il était tellement malheu­reux qu'un jour il écrivit pour dire son dénuement ces vers devenus célèbres et que nous avons cités plus haut : « Si je faisais commerce de bougies, le soleil ne se coucherait jamais ; si je vendais des linceuls, personne ne mourrait jamais.

ARCHI-ARDITI-ARFI-ARKI


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Nom patronymique d'origine arabe, au sens difficile à cerner. Il est possible que cela soit une altération de el araïchi, ethnique d'El Arich, nom porté par plusieurs localités au Maghreb et au Proche-Orient, dont la plus connue est Larache (hispanisation de El Arich), petit port de la côte atlantique marocaine, au sud de Tanger. Autre forme: Arich. Au XXème siècle, nom très peu répandu, porté en Algérie (Alger) et en Tunisie (Tunis, Bizerte).

ISRAËL: Journaliste et militant communautaire de premier plan à Bizerte, des – années vingt à cinquante. Il collabora notamment au périodique "Le JudaïsmeTunisien" dans les années vingt, prenant une part active à la campagne en faveur de "octroi de la nationalité française aux Juifs tumsiens et leur rattachement aux trïbunaux français, il fut pendant de  nombreuses années le président de la communauté. Membre du Comité Tunisien du Congrès Juif Mondial au début des années cinquante.

ARDITI

Nom patronymique d'origine italienne, indicatif d'un trait de caractère, ardent, hardi, : particulièrement répandu dans les communautés sépharades d'Orient, de la Bulgarie _jusqu'en Turquie. Au XXème siècle, nom très peu répandu, porté par des descendants de Livournais, uniquement en Tunisie, à Tunis.

R. RODOLPHE: Rabbi né à Sofia, en Bulgarie, en 1872. Après des études au liminaire Rabbinique de France, il fut nommé rabbin à Tunis en 1898 et y fit souche. Aumônier de l'armée française, puis du lycée Carnot, il se heurta par son ouverture et son libéralisme aux rabbins locaux de vieille tradition. Auteur de deux importants ouvrages sur le judaïsme tunisien; "recueil de textes législatifs et juridiques concernant les Israélites de Tunisie depuis le Pacte fondamental et jusqu'à la restructuration des communautés en 1921" et "quelques épitaphes impor­tantes de l'ancien cimetière israélite de Tunis ־ tranches d'histoire de la commu­nauté de Tunis", ainsi que de nombreux articles sur la vie juive tunisienne et d'un "manuel de l'enseignement religieux pour les candidats à la Bar-Mitsva" (Tunis, 1931).

ARFI

Non patronymique d'origine berbère, ethnique de la chaîne de montagnes du nord du Maroc, le Rif, l'originaire du Rif. Des communautés juives peu nombreuses ont vécu dans le passé parmi les Berbères du Rif, connues pour leur esprit guerrier. On sait que selon une tradition juive, le nom de ces montagnes leur aurait même été donné en hommage à un grand rabbin, initiales de Rabbi ltskak Parienté, le F et le P décrivant avec la même lettre en hébreu… Le rabbin Eisenbeth en donne une toute autre explication, basée également sur l'origine arabe: mon maître. Autre orthographe: Arrifi. Au XXème siècle, nom très peu repandu, porté en Algérie (Alger, Oran, Sétif, Batna, Constantine, Lafayette, Saint- Arnaud) et au Maroc (Oujda).

ARKI

Nom patronymique d'origine berbère au sens difficile à cerner. Se rencontre également précedé de l'indice de filiation: Ben Arki. Au XXème siècle, nom très peu répandu, porté en Algerie (Bône, Constantine) et en Tunisie (Tunis).

ARICH : nom d’origine berbère signifiant une grande selle. Peut aussi signifier originaire de Rich, ville située près de Meknes, au Maroc. Enfin en  arabe ‘arîsh est un diminutif de ‘arsh (tribu), donc petite tribu.

הגדת אגדיר – העיר ושברה – אורנה בזיז

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מלך מרוקו, מוחמד החמישי, האהוב על בני עמו, בירך על ההתפתחות המהירה של עיר הפרובינציה, וב־1959 החליט לבקר בה. יהיה זה בעבור תושביה שבוע ברוך חגיגות ומרגש לאור הקישוטים הצבעוניים ולצלילי התזמורות ורעש פרסות הסוסים של "המשמר השחור" המלכותי.

כאן עוד זיכרון חי ופועם מתגנב לכתיבת,. השדרה המבריקה נפרסת לנגד עינ״. זו השדרה היורדת לים, עטורת מימוזה ופורחת תמיד. על במת המכובדים אני, ילדה קטנה כבת עשר לבושה בשמלה בוהקת בלובנה וקשר ״פרפר״ ענקי מאחור, עומדת לצד אבי, אחד הנציגים של הקהילה היהודית, מחזיקה חזק בידו המהימנה. עליי לברך את המלך ולהגיש לו זר פרחים. רעש והמולת חג סביב. פני האנשים מסביב קורנות משמחה ומגאווה. ההתרגשות מרקיעה לשחקים בהתקרב המלך ופמלייתו. לבי פועם בחזקה, חזק יותר מנקישות פרסות הסוסים המתקרבים ועוצרים מטרים ספורים מן הבמה. המלך מתקרב. אני מזדקפת מלוא קומתי. לאט ובבטחה אני משמיעה את ברכתי הנלהבת בשם הקהילה היהודית ומגישה למלך זר פרחים כבד. בפנים מחייכות הוא מתכופף אליי, מניף אותי ומדביק נשיקה על לחיי, שמח ושבע רצון מקבלת הפנים החמה. בעקבות הכנס הבין-לאומי לתיירות ומסע הפרסום הענקי, אשר החל בחודש אוקטובר ונמשך עד חודש מרם, נחתו בעיר מאות מטוסים והביאו אלפי תיירים גרמניים, בריטיים וצפון-אירופ״ם. אניות מפוארות, כגון ״ארקדיה״ הבריטית, ״ויטוריה״ האיטלקית, "אגממנון״ הידועה בזכות ״הפלגת המלכים״ שלה, מגיעות תדיר לחופי אגדיר. האנייה ״קריסטינה״ המפוארת שבבעלות סוחר הנשק היווני אונסים עוגנת בבוקרו של יום ב־1959. וו׳נסטון צ׳רציל ורעייתו בין הנוסעים.

אגדיר – העיר החיה

במפת העיר של שנות החמישים סומנו המקומות המרכזיים (החץ הצפוני מכוון למפרץ ריר): חוף הים הרחב והנקי, שהחול בו זהוב ודק; השדרה הגדולה, "שדרת הרפובליקה״ (Boulevard de la République), שאליה פונות השדרות האחרות המפרידות בין השכונות׳, הרחובות ששמותיהם לרוב צרפתיים; הקסבה, ולרגליה אזור הפונטי והנמל; השכונות טלבורז׳ ופלטו אדמיניסטרטיף (Plateau administratif), שהיו השכונות הראשונות שהוקמו, יחד עם הכפר ישש, אשר בו שוכנים בתי העלמין; אזור ויל נובל היוקרתי, הנמצא בין שני הנחלים, אואד טילדי ואואד סוס (Oued Tildi et Oued Souss); דרומית לאזור התעשייה שכן בסיס חיל האוויר והים. הנה:

עוד סומן במפות של אז מלון "סרמינוס" (Terminus) מעל התחנה המרכזית של אגדיר, כלומר מעל "סאטס"

 Satas=Société anonyme des transports  automobiles du Souss

בכל מרוקו וגם באגדיר פעלה חברת הסעות בשם C.T.M ., כלומר Compagnie de Transport Marocain

מעין ״אגד״ שלנו.

היו גם חברות הסעות פרטיות בעלות יהודית, כמו Compagnie Sebbag וכן Compagnie Abisror

אגדיר והגדירים

הגדירים- אנשי אגדיר – אוהבים את עירם. משהו בה קושר אותם אליה. אולי זו חוויית ראשוניות, יצירתיות ברוכה, פתיחות ליזמות, רוח צעירה ואווירה טובה. הכול מאיר פנים, ולמרות העמל הקשה והרב, ההצלחה בפתח. האקלים הנאה, נועם החיים, הרגשת חופש עד, האווירה הנינוחה והכבוד ההדדי שבין שכבות האוכלוסייה, הסיפוק וההצלחה, השלווה והרוגע – כל אלה הם אולי הסיבות לקשר רגשי זה של בני העיר לעירם.

ז׳ורז׳ט קורקום, אשת דוד קורקוס, מעידה על המקום ״המקסים עלי אדמות":

היה יפה, יפה, יפה מאוד. הים וחוף הים. מצד אחד הים, האוקיינוס נפרס לעינינו, במיוחד בשעת בין הערביים, ומצד שני ההרים ששינו את צבעם, הפכו לסגלגלים, לוורודים, לאדמדמים, יותר חזק, ושוב סגול, יותר חזק, עד לשקיעתם המוחלטת. הו, זה היה מקסים, אגדיר! שעות הייתי מביטה בנוף הפראי משהו ויחד עם זאת ידידותי כל כן. במיוחד המפרץ המזמין לתצפית. הים היה נפלא, נקי וטהור. אהבתי כל רגע שחייתי באגדיר. מזג האוויר היה נפלא. שחינו כל יום, במשך כל השנה. לעתים רחוקות ירד גשם. האווירה הייתה נעימה ותרבותית וחברית כל כך. מעולם לא השתעממנו באגדיר. היו הרפתקנים, והיו אנשים מוזרים, כאלה שלא הלכו בתלם, פשוט אנשים יוצאים מן הכלל במובן הטוב של המילה. האנשים לא היו סנובים. במוצאי שבתות, רקדנו, השתוללנו. היו נהגי משאיות ואנשים מיוחסים מאוד שרקדו יחד, ששמחו יחד מן היום־יום. היה מעניין. על חוף הים כולם נפגשו, דיברו. נקשרו חברויות מופלאות. מועדון הטניס, משחקי הברידג', שיחות על כל נושא מעניין, על ספרות, על אקטואליה. ההרגשה הייתה שאנו בחופשה תמיד, על אף שהאנשים עבדו קשה מאוד. בכל זאת הם חייכו לחיים, והחיים חייכו להם. המפגש עם אנשים מכל מקום: הפורטוגזים, הספרדים ובמיוחד הצרפתים; אלה שהגיעו ישירות מצרפת, באו לחיות וליהנות במרוקו. לא דמו להם הצרפתים שפגשתי מאוחר יותר בקזבלנקה למשל. אלה היו תככנים, מסריחים, הבדילו בין אנשים; הגיעו למרוקו במסגרת איזה חוזה עבודה. היו משת״פים עם משטר וישי במלחמה. אנשים בלתי נסבלים שהתייחסו למקומיים כעולם שלישי. באגדיר נקשרו חברויות בלתי נשכחות. השופט הצרפתי פולי נשאר אתנו בקשר עד היום, והוא בן 99. ועוד אחרים שדואגים כאשר הם שומעים על מאורעות דרמטיים בארץ. אגדיר נחקקה בלבי כפיסת ארץ ברוכה.

ועוד עדות חיה מחנניה אלזימי:

אני זוכר את העיר אגדיר שבה חיינו, כל היהודים, כמשפחה אחת. גדלנו בכבוד, בחיבה אחד לשני, על ברכי המסורת היהודית. כל הילדים למדו ב״אליאנס״ והלכו לצופים. החיים חייכו לנו. מחנות הקיץ סיפקו לנו חוויות נהדרות. לא ידענו אז את ההבדל בין עשיר לעני. שיחקנו יחד. בילינו יחד. ביקרנו זה את זה. כולם התפרנסו בכבוד. לעשירים היו מפעלים, והם דאגו לספק פרנסה למעוטי יכולת. אני זוכר את דודי, בעל עסק לחלקי חילוף ואביזרי רכב, שהיה שולח אותנו עד להרי האטלס להביא עובדים יהודיים שנזקקו לפרנסה. עוד אני זוכר כמה כיבדנו את הזקנים. "והדרת פני זקן״. כל אימת שפגשנו איש מבוגר, נישקנו את ידו לאות כבוד, דרשנו בשלומו ובינינו אותו ״רבי״. לא שכחנו מעולם את זהותנו היהודית, ובצד הדאגה לפרנסה מילאנו את חובותינו כיהודים. בכלל, היותנו אזרחי מרוקו לא התנגש כלל ביהדותנו.

בעולם התחילו לדבר על אודות אגדיר, והאנשים החיים בעיר רצו שבכל מקום ידברו עוד ועוד על עירם. הם רצו שהשם "אגדיר״ יעלה וירוץ על כל דלתות השפתיים. שיירגעו, זה עוד יקרה!

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