Juifs du Maroc R.Assaraf..L'immigration juive en Terre sainte et les débuts du mouvement sioniste au Maroc

Chapitre premier

L'immigration juive en Terre sainte et les débuts du mouvement sioniste au Maroc

Travaillant au consulat de France, décoré en 1913 dela Légiond'honneur pour sa conduite lors du débarquement français de 1907 et entièrement dévoué à la cause du Protectorat, le président de la communauté de Casablanca et futur inspecteur des institu­tions israélites, Yahia Zagury, ne voulut pas s'engager sur un sujet si délicat sans demander au préalable l'avis dela Résidencegénérale qui ne tarda pas : « Il n'y aurait que des inconvénients à diffuser un tel matériel de propagande. 

Plus que l'idée elle-même de la restauration d'une souveraineté juive, ce qui provo­quait la farouche opposition de Lyautey au sionisme en général, et à son développement au Maroc, c'était le trouble que ce mouvement pouvait porter au grand dessein arabe dela France. Ill'écrivit au ministère des Affaires étrangères, qui, lui, était partisan de ne pas laisser aux Britanniques le monopole du soutien au sionisme :

Le Kaiser allié au sultan turc apparaît comme le protecteur de l'islam. Les indigènes du Maroc nous voient flottant en Arabie, où les Anglais nous tiennent à l'écart, et les pèlerins de La Mecque en ont été frappés.

 Mais c'est surtout en Palestine que les contradictions apparaissent, puisque la déplorable initiative de l'Amérique et de lu Grande-Bretagne nous y ont mis à leur remorque dans cette affaire du sionisme qui exaspère ici les musulmans et est venue bien inutilement monter la tête à nos juifs, que je suis, de ce fait, forcé de tenir beaucoup plus à distance.

 Tout cela est incohérent au suprême degré. J'ai la sensation croissante que notre seul atou tpro-islamique ne tient qu'à ma seule présence.

L'opposition de Lyautey au sionisme se solda par le refus de la Résidenced'autoriser la reprise des activités de la section sioniste de Mogador, ShaaréZion, en 1919, un refus répété à plusieurs reprises. Faute de disposer d'un moyen d'action sur place, les sionistes marocains sollicitèrent l'intervention de Nahoum Sokolov, chef de la délégation sioniste au Congrès de Versailles, qui intervint, le 24 juillet 1919, en écrivant à un haut fonction­naire du quai d'Orsay :

Je reçois depuis quelque temps diverses communications de quelques communautés juives du Maroc qui me font savoir qu'elles n'ont pu former, selon leur désir, des associations sionistes. Je crois comprendre que des raisons politiques sérieuses ont empêché le général Lyautey de donner à ces communautés les auto­risations qu'elles sollicitaient.

Réaliste, Sokolov disait comprendre la nécessité de tenir compte des circonstances locales, et proposait un compromis visant à accorder aux groupes juifs l'autorisation de se réunir et de « s'affilier àla Fédérationsioniste française ».

 Paris, qui venait de reconnaître la déclaration Balfour et qui ne voulait pas laisser àla Grande-Bretagnele monopole de l'appui au sionisme, était en très bons termes avec le francophile Nahoum Sokolov, et aurait aimé de la part de Lyautey une plus grande souplesse.

 Le ministère des Affaires étrangères tenta donc de minimiser auprès du Résident les dangers d'une éventuelle reconnaissance des activités sionistes au Maroc :

Le judaïsme marocain ignore tout, ou presque tout, du mouvement sioniste qui répond surtout aux aspirations des juifs russes et polonais. Dans ces condi­tions, peut-être ne verriez-vou spas d'inconvénient à permettre aux rares sionistes du Maroc d'adhérer à la Fédération sioniste française, sous réserve de ne se livrer, au Maroc même, à aucune manifestation extérieure et de se borner à l'envoi de messages de sympathie et de dons.

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