Am Israël Haï – David Bensoussan

Am Israël Haï

david bensoussanDavid Bensoussan

Notre communauté a complété un cycle mouvementé qui s'est étendu sur tout le vingtième siècle : période coloniale, nationalisme, sionisme et émigration. Toute une société qui s'est francisée, anglicisée ou italianisée, a connu la même réalité sinon que, pour les Juifs d'Orient, l'émigration fut bien plus dramatique qu'elle n'a pu l'avoir été pour les Juifs du Maroc. Aux révolutions technologiques et sociales – la révolution des mœurs – de l'ère moderne se sont également ajoutées celles de l'émigration au Canada, dans une société elle-même en quête d'un projet national au sein même de la Confédération canadienne et le débat démocratique qui s'y tient est à citer en exemple pour l'ensemble des nations. Il est peut-être temps de faire le point sur son évolution et de considérer la meilleure façon d'envisager l'avenir. Bien que je vais m'attarder dans ce qui suit sur l'évolution de la communauté juive marocaine qui constitue la grande majorité de la communauté sépharade québécoise, l'évolution dans les autres pays de la diaspora sépharade fut quasi-similaire.

À la fin du XIXe siècle, la communauté juive marocaine vivait dans un état précaire, sans moyen de protection devant des abus de toute sorte et, mis à part une infime minorité de nantis, les voyageurs ont décrit notre communauté comme une proie facile et sans défense, ployant sous le fardeau de la misère dans des mellahs surpeuplés. Tant bien que mal, la communauté a surmonté des épisodes de famine, d'épidémie et de razzias grâce à une organisation communautaire qui, avec fort peu de moyens, tenta l'impossible. Dans plus d'un sens, le leadership communautaire était dépassé par l'immensité de la tâche à accomplir

Heureusement, il se trouva des personnes d'une trempe jamais vue auparavant qui décidèrent de se consacrer entièrement à relever la communauté sur les plans social et économique. Il était facile pour beaucoup de personnes qui s'étaient fait une situation, de ne veiller qu'à leur propre intérêt et de tourner le dos aux leurs. Mais il se trouva des grands hommes qui agirent pour façonner un judaïsme marocain nouveau et inséré dans sa société et dans son siècle. Je me permettrai de ne citer que quelques-uns d'entre eux envers qui nous avons une grande dette. Moïse Nahon, David Sémach, Élias Harrus, Émile Seban et tant d'autres encore, se sont consacrés à l'Alliance israélite universelle qui, pour beaucoup, représentait le progrès et l'espoir de jours meilleurs, et l'écrasante majorité des parents juifs y envoyèrent d'ailleurs leurs enfants. Samuel D. Lévy fut l'inspirateur d'une kyrielle d'organismes de bienfaisance efficaces auxquels il se dévoua sa vie durant en convaincant et en inspirant les siens pendant tout un siècle : la Maternelle, l'Aide scolaire, le Centre antituberculeux, la Fédération des associations juives pour la lutte contre la tuberculose, le Préventorium de Ben-Ahmed, l'Union des associations juives de Casablanca, le Comité d'études juives, Maghen David, l'École normale hébraïque de l'Alliance, l'œuvre des bourses Abraham Ribbi, le Centre social du Mellah, l'école professionnelle de l'O.R.T., l'organisation de santé O.S.E. et bien d'autres encore. Par ailleurs, il fut président du Fonds national juif au Maroc pendant 35 ans

Alfonso Sabah fut l'âme du centre Charles Netter à Casablanca et collabora avec le DEJJ {Département Éducatif de la Jeunesse Juive) pour maintenir une activité culturelle vibrante donnant à la jeunesse les moyens de conjuguer judéité et modernité. Il offrit de la sorte une grande gamme d'activités éducatives et sportives : séminaires, soirées dansantes, conférences, sorties en plein air, synagogue, terrain de sport, etc. Léon Ashkénazi, alias Manitou, sut redonner le goût de l'héritage humaniste juif qu'il réconcilia avec l'orthodoxie traditionnelle du judaïsme ainsi qu'avec la philosophie et la pensée modernes. David Amar, secrétaire général du Conseil des Communautés sut exiger publiquement le respect des libertés civiques des Juifs marocains à l'heure où des relents d'un passé de minoritaires tolérés refaisaient surface

Fernand Corcos, J. Ohayon, le Dr Léon Benzaquen et Carlos De Nesry ont su respectivement, par leurs articles et leurs éditoriaux, présenter avec brio le besoin d'auto émancipation du judaïsme marocain. Sam Avital (Abitbol) et Élie Ohayon furent les architectes de YAliya clandestine, convaincus que c'était dans un état juif que la communauté se réaliserait

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