Histoire du Maroc -M.Terrasse

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Récemment, avec des arguments très sérieux, on a démontré que les navigateurs antiques, avec les embarcations dont ils disposent, étant donné les vents et les courants, la nécessité de longer la côte, et d'y toucher fréquemment pour y faire de l'eau et y dormir, ne pouvaient pas dépasser le cap Juby, et en tout cas, pas le cap Bojador. Le périple de Scylax, considéré souvent comme un faux, mais qui contient des éléments intéressants, affirme qu'on ne peut aller au delà de Cerné. Là, dit-il, les commerçants phéniciens font des échanges : ils apportent de l'onguent, de la pierre d'Égypte, des poteries attiques, etc., et obtiennent des peaux d'animaux sauvages (lions et fauves, éléphants), d'animaux domestiques, et de l'ivoire; il n'est pas question d'or.

Où se trouve donc cet îlot de Cerné? Aucune fouille n'ayant été faite dans l'île de Hern, on incline maintenant à l'identifier à l'îlot d'Essaouira, où les fouilles ont mis au jour des fragments d'ivoire brut et des tessons de céramique grecque. Le même texte nous apprend que les marchands « dressent des tentes dans l'île » : justement on n'a trouvé aucune construction. Si l'on admet qu'il est impossible de dépasser beaucoup l’embouchure du Draa, il n'y a pas d'autre hypothèse.

Quant aux villes fondées par Hannon, Pline remarque déjà qu'elles n'ont laissé ni souvenir, ni vestiges. « Leurs noms mêmes ne se retrouvent pas chez les auteurs posté­rieurs. » Strabon considère qu'on a raconté sur ce pays toutes sortes de fables que ses compatriotes ont accueillies avec complaisance, et que la fondation de comptoirs par les « Tyriens » en est une.

Il est bien difficile en effet de distinguer le vrai du faux dans des récits dont les auteurs n'ont aucune connaissance directe du pays. Il est communément admis aujourd'hui que les Carthaginois voulurent interdire aux Grecs l'accès de ces régions; ils y arrivèrent sans aucun doute. Pour mieux préserver leur monopole et le secret de leurs fructueuses opérations, ils colportent toutes sortes de récits. Pour les Grecs, le Maroc actuel est une terre de légendes : Hercule y a vaincu Antée ; c'est là que se trouve le jardin des Hespérides gardé par un dragon, dont l'esprit rationnel de Pline croit trouver l'origine dans les méandres du Loukkos. Ils en rêvent sans pouvoir y accéder.

Aussi est-il sage de s'en tenir à ce qui est prouvé, c'est-à-dire à ce que l'archéologie nous a permis de découvrir. Hors Essaouira, Lixus, fréquentés dès le vne et où les vestiges du IVe siècle abondent, Sala (Chella) où on a trouvé des tessons du vne au me siècle, on ne peut guère envisager que Tanger, fréquemment mentionné, et Zilis (Azila?) comme sites puniques. 11 est plus prudent de tenir les identifications proposées jusqu'à présent comme conjecturales…

Sur la côte méditerranéenne on a retrouvé des petits établissements à Alcazarsghir, Sidi Abdeslam del Behar et à l'Oued Emsa dont certains remontent au ve siècle avant J.-C. A Banasa, cinq niveaux préromains ont été retrouvés; le plus ancien serait du Ve siècle. A Volubilis on peut déduire d'une inscription en punique que la ville existe au IVe ou ive siècle avant J.-C.

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