Le Judaisme Meknassi aores la mort de moulay Ismail-un siecle de troubles- Robert assaraf

Les trois juges du tribunal fassi, rabbi Yaacob Abensour, rabbi Shmouel Déry et rabbi Shmouel Elbaz se prononcèrent donc en faveur de Moshé Mamane :

Nous avons été conviés à donner notre avis au sujet de l'affaire du respectable et érudit Moshe Mamane qui, depuis des années, acquitte une quote-part d'impôt supérieure à tous les autres contribuables. Cette année, il a été victime, comme on le sait, de retours de fortune qui l'ont fait plier sous le poids du fardeau. Il sollicite comme mesure exceptionnelle de justice que, désormais, on abandonne cette coutume d'imposition. Nous avons trouvé sa requête justifiée pour maintes raisons ; En conséquence, nous statuons qu'il est redevable de la règle de ne verser qu'une quote-part à hauteur de la contribution du second dans l'évaluation.

Le tribunal de Meknès refusa toutefois d'entériner cette décision, ouvrant ainsi un conflit qui ne se termina qu'avec la mort de Moshé Mamane, assassiné dans sa maison, en 1763, par des voleurs.

Le Juif meknassi le plus influent de l'époque fut sans nul doute l'homme de confiance du souverain, Mordekhay Chriqui. Natif de Marrakech, il y avait fait la connaissance de Sidi Mohammed IV, alors gouverneur de la ville. Lors de l'accession au trône de son protecteur, il fut nommé par lui chef de la communauté de Meknès où il transféra ses affaires. Tous les chroniqueurs de l'époque soulignent, que, contrairement à la tradition de réserve et d'humilité des dhimmis, il avait fière allure, portait des habits somptueux et montait à cheval sans que nul osa lui en faire la remarque. Très dévoué à sa communauté, il n'avait pas hésité à user de son influence pour convaincre Sidi Mohammed IV d'éloigner de la Cour son fils préféré, Moulay Lyazid, qui se distinguait déjà par sa haine pour les Juifs. Le poète de la communauté de Meknès, rabbi David Hassine chanta ses louanges dans on recueil de poèmes Téhila Lédavid :

Lui, qui avait la force et le courage de faire face aux autorités,

Sans que jamais la crainte l'effleure,

Contre l'escroquerie et l'exploitation des faibles, il veille.

Ses paroles aux rois sont écoutées comme autant de clous plantés.

Devant lui, les grands plient

Dieu nous a dotés d'un chef aux heures d'épreuve

Les autres Juifs de Cour, notamment les négociants de Mogador, étaient très loin d'avoir les mêmes qualités. L'appât du gain les poussa à se lancer dans des conflits fratricides. C'est ainsi que deux Juifs originaires de Tunisie, les frères Attal, cherchèrent à prendre la place de leurs coreligionnaires marocains. De concert avec les commerçants chrétiens, ils soudoyèrent le roi pour prendre la succession des tajjar-es-sultan. En 1789, un avant sa mort, le vieux souverain ordonna aux titulaires juifs de ce titre de céder aux marchands chrétiens de Mogador les fonds du Trésor qu'ils géraient ainsi que les marchandises leur appartenant en propre. C'était là un surprenant changement d'attitude de la part d'un souverain qui avait jusque-là ouvertement favorisé les négociants juifs marocains. Pour ces derniers, une période sombre allait s'ouvrir avec le règne de Moulay Yazid. Même s'il ne régna que deux ans, de 1790 à 1792, Moulay Yazid fut l'un des souverains marocains les plus hostiles aux Juifs. De mère anglaise, ce jeune prince était connu pour son tempérament rebelle et colérique. A plusieurs reprises, il s'était révolté contre son père mais avait toujours réussi à obtenir son pardon. Excellent cavalier ; tireur d'élite ; il s'était attiré une grande popularité par son fanatisme religieux. Il manifestait une haine farouche contre tous les infidèles, et plus particulièrement contre les Espagnols et les Juifs.

Pour mettre un terme à ses intrigues et essayer de le corriger ; son père l'avait envoyé en pèlerinage à la Mecque. Il en était début 1790 par voie de terre, à travers l'Algérie, plus décidé que jamais à détrôner son bienfaiteur. Il se trouvait dans le Rif lorsque lui parvint la nouvelle de la mort de Sidi Mohammed IV ainsi que le rapporte la Chronique de Fès :

A la fin du mois de Nissan (avril), parvint de Rabat la mauvaise nouvelle de la mort du sultan Sidi Mohammed, que Dieu l'ait dans sa miséricorde. Toute la ville fut en émoi et un trouble profond saisit les Juifs et les Gentils… Tout le monde se sauva et enfuit son argent. Le lendemain, tous les Gentils se réunirent et proclamèrent souverain l'un des fils du sultan défunt ; Moulay Yazid… Nous pensâmes retrouver le calme ; car on annonçait que la paix s'était faite dans tout le pays…

Les naïves espérances des Juifs furent cruellement déçues. Dès son arrivée à Tétouan, le nouveau monarque annonça son programme : conformément à l'accord passé avec ses partisans berbères de la tribu des Amhaous, il s'était donné pour mission d'exterminer tous les Juifs du royaume. Pour réveiller les ardeurs de ses partisans, il promit une récompense de dix meqtal à qui lui apporterait la tête d'un Juif. La sentence était tellement sans précédent qu'un des cadis lui fit remarquer qu'elle était contraire aux commandements du Prophète. Selon ce cadi, il y avait une solution non moins radicale : dépouiller les Juifs de tous leurs biens. Il est bien connu qu'un homme pauvre vaut moins qu'un mort. Trouvant l'avis astucieux, Moulay Yazid ordonna de commencer par la première communauté rencontrée sur sa route ; celle de Tétouan.

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