A travers le Maroc

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Le culte des saints et les pèlerinages des Juifs du Maroc

Thèse de doctorat du Dr Hassan Majdi

Membre co-fondateur de l’APJM / Permanences du Judaïsme Marocain

delouya-et-MajdiMarrakech GSM : + 212 661 18 46 48

E-Mail : majdi.hassa@gmail.com

http://www.terredisrael.com/infos/culte-saints-les-pelerinages-juifs-du-maroc/

24 Avril 2014

Sur : Blog Terre d’Israël : « terredisrael.com »

La voix des Israéliens francophones et leurs amis

Hassan Majdi berbère d’origine et né à Demnate, vivant à Marrakech a été coaché pendant 4 années par Dr Arrik Delouya et vient d’obtenir le titre de docteur ès-lettres de l’Université de Paris 8 avec les félicitations du Jury et la mention très honorable.
Il est le premier musulman marocain à avoir cherché dans cette niche.

La vénération des saints personnages, le pèlerinage à leurs sanctuaires et le recours à leur protection, largement répandus chez les Juifs du Maroc, reste l’une de leurs caractéristiques culturelles la plus importante. Au moindre malaise, ils font appel aux saints protecteurs et ne manquent aucune occasion pour se rendre sur leurs tombeaux et implorer leur protection et leur bénédiction. Ce culte hagiographique prédispose les Juifs du Maroc à avoir des saints personnels. Ce besoin de lier sa vie à une figure hagiographique, source de réconfort et de sécurité pour l’individu et pour la collectivité, est si fort que les saints surgissent de partout, et surtout au moyen des visions oniriques.
Chaque individu ou la famille entière a son saint protecteur qu’il vénère particulièrement.

Ce lien bilatéral n’empêche pas le fidèle d’implorer d’autres saints. Il en est de même pour les habitants des localités ayant leur saint patron qui exerce son pouvoir et sa protection sur la région et que l’on nomme : « Moul El-Blad » ou saint patron. On trouve ainsi à Casablanca, Rabbi Eliyahu, à Marrakech, Rabbi Hannaniah Ha-Cohen, à Fès, Rabbi Yehuda Ben’- Attar. Les habitants invoquent leur protecteur à tout moment et gratifient leurs enfants de son nom afin de leur assurer sa bienveillance.

Ces cultes populaires juifs présentent d’évidente analogie avec les cultes maraboutiques du Maroc. La coexistence harmonieuse et millénaire des Juifs et des Musulmans du Maroc, et leur recours indépendant au même phénomène culturel, ont donné naissance à des usages communs, sans que chacun des deux groupes ait pour cela renoncé à son droit de cultiver séparément des voies personnelles et fonctionnelles dans la création de ses saints.

Au terme des spécificités locales de ce phénomène hagiographique, nous tenterons de répondre aux questions suivantes :

Pourquoi la sainteté juive, puisant ses origines dans un passé lointain et dans des mythes très anciens, a-t-elle connu un succès si durable au Maroc ? »

Sous quelles influences, cette sainteté juive s’était-elle développée ? Et la commune dévotion rendue à des saints, s’impose-elle par le phénomène même de l’hagiographie ou résultent-elle de la coexistence et de l’influence réciproque ?

En examinant l’ensemble des croyances et coutumes religieuses spécifiques aux Juifs du Maroc dans le domaine du culte des saints et en analysant ses aspects contemporains, nous constatons que le Maroc, pour l’hagiographie juive est un vaste espace où se mêlent, dans les pratiques et les rites, l’animisme, la magie, la superstition, les phénomènes pseudo religieux, la médecine, des formules magico-religieuses, des pratiques d’incantation et d’exorcisme…

Si le culte des saints est un phénomène universel, pour les Juifs du Maroc il est particulièrement berbère depuis l’aube du temps. Il n’a fait qu’adopter, successivement les couleurs des trois religions monothéistes. Sa nature parareligieuse et hérétique est gardée.

Pour comprendre le phénomène et ses aspects contemporains, il faut d’abord rechercher, comment l’Islam et le Judaïsme évoluent dans le cadre local. L’introduction dans l’Antiquité du judaïsme au Maroc, sa propagation chez les autochtones dont une partie est, en outre, gagnée au christianisme, l’attachement des nouveaux monothéistes, des gens très frustes, aux vieilles superstitions païennes doivent, au moins dans les premiers temps, faire souvent confondre des rites qui relèvent de croyances différentes. Enfin, la plupart des membres des divers groupes religieux appartiennent à la famille berbère ou ont des attaches avec elle, de sorte qu’ils gardent bien des points de contact.

Plus tard, la lutte pour résister aux convertisseurs musulmans accentue, vraisemblablement, la fréquence des rapports entre païens, juifs et chrétiens. Puis, lorsque la religion orientale réussit à s’implanter dans le pays, le christianisme disparaît peu à peu, le Judaïsme reste alors seul en face de l’Islam. Mais celui-ci est contraint de s’adapter à la mentalité berbère. Ainsi que l’a écrit Michaux-Bellaire, si les religions modifient les peuples, les peuples modifient aussi les religions.

Méthodologie : 

Il est à préciser de prime abord que le champ de cette recherche est le judaïsme marocain dans sa totalité expressive, celui qui subsiste ici au Maroc depuis 2200 ans, celui qui est dispersé et implanté en occident et de façon majoritaire en Israël.

Ce travail est essentiellement l’illustration d’un travail sur le terrain poursuivi pendant plus de cinq années. Durant cette période, nous avons interviewé plusieurs informateurs répartis sur tout le territoire du Maroc.

Le travail sur le terrain fut mené grâce à l’aide du CRJM (Centre de Recherche sur le Judaïsme Marocain) et de l’association parisienne APJM (Permanences du Judaïsme Marocain). Cette recherche a pu être menée grâce au concours de son président – fondateur Robert Assaraf. Mon étude offre une liste exhaustive des saints juifs au Maroc, elle met en lumière la trame de leurs rapports avec la communauté de leurs fidèles, et dégage les fondements idéologiques qui nourrissent cet attachement lequel peut assurer la perpétuation de ce culte. Nous nous sommes largement attardés sur la description du culte et sur la narration de nombreux prodiges, permettant ainsi de mettre en relief les valeurs et les concepts qui sous-tendent ce phénomène dont l’influence est grande sur l’ordre communautaire et social.

Ce travail n’est pas une recherche historique et ne se consacre pas à l’étude biographique des saints. Il ne prétend pas non plus aborder la sociologie, la psychologie sociale ou la science des religions, bien qu’on y trouve des éléments de ces disciplines. C’est plutôt une recherche qui tente de présenter ce phénomène important du culte des saints, exercé de nos jours encore, par les Juifs du Maroc, en s’interrogeant sur les influences sous lesquelles cette sainteté juive s’était-elle développée.

On ne saurait comprendre ce phénomène ni ses diverses manifestations, si l’on ne cernait pas d’une part, la portée de ses facteurs – les saints, et si l’on ne présentait pas d’autre part, toute la documentation relative au culte. Aussi, l’exposition des témoignages tels qu’ils nous ont été transmis est-elle importante et indispensable.

Les complexifications qui rattachent la minorité juive à la majorité musulmane au Maroc constituent un des éléments décisifs dans le développement du phénomène hagiographique dans un cadre socio – culturel spécifique; nous évoquerons dans ce sens la question des lieux saints communs aux Juifs et aux Musulmans et les modalités de leurs sanctification…

La pénurie de documents écrits accroît l’importance de chaque information, mention ou narration. Tout témoignage constitue en dehors de sa valeur intrinsèque, un maillon dans cette merveilleuse chaîne que nous exposons dans cette thèse.

Le présent travail reflète des idées, des concepts, des types de saints historiques ou imaginaires, des coutumes et des croyances concernant le culte, des cérémonies pendant la hilloula ou en d’autres occasions, une réalité économique, des organisations ou des institutions de gestion des sanctuaires, une création populaire sous forme de légendes, de contes ou d’hymnes qui font le panégyrique des figures de l’hagiographie, les aspects contemporains du phénomène…

Perspective de la recherche :

Nous savions dès le début, que dans le cadre de notre recherche, nous ne pourrions pas couvrir tous les aspects relatifs au culte des saints : d’où la nécessité de poursuivre cette recherche. Comme nous l’avons plusieurs fois mentionné, nous avons constamment ressenti l’urgence de notre tâche, en raison des changements culturels qui se sont produits dans le Judaïsme marocain pendant notre génération.

Cette recherche soulève un certain nombre d’autres questions importantes qui pourraient faire l’objet de recherches futures…. Nous avons l’intention d’étudier encore plus les aspects mystiques du Judaïsme marocain dans le contexte sociologique et religieux que connaît toute la région berbère au Maroc, afin d’appréhender les influences berbères sur la spiritualité populaire du Judaïsme d’Afrique du Nord…mais nous avons également la ferme intention de recruter des thésard en doctorat de Marrakech pour compléter ce travail avec notre aide précise et précieuse.

Nous souhaitons que cette recherche doctorale, qui dévoile quelques aspects de la tradition des Juifs du Maroc, contribue à une meilleure compréhension de la culture judéo-marocaine, et de son rapport à l’environnement…

 

Je voudrai commencer par remercier les membres du jury d’être là, et d’avoir bien voulu consacrer un peu de leur temps à cette soutenance.

Ce discours préliminaire s’efforcera de retracer la généalogie de ce travail. Il y a certes toujours une part d’artifice dans ce type d’exercice, une tendance à rationaliser… une démarche qui est plus empirique et parfois bien plus tâtonnante que ce qui sera décrit ici. Ce qui est néanmoins fidèle c’est de mettre en en exergue des seuils théoriques successivement franchis qui ont permis l’élaboration de ce travail.

S’il s’agit donc de présenter les choses généalogiquement, c’est à l’origine qu’il faut d’emblée remonter :

Tout a commencé de ma ville natale, Demnate, une petite ville à 100 Km de Marrakech, située dans le piémont du versant nord du Haut Atlas Central. Cette ville compte un patrimoine culturel matériel et immatériel très riche (2 mellahs, AIU, sépultures saintes, contes, proverbes…).

L’évocation de l’époque judéo-musulmane de cette ville, déclenche des paroles de tendresse et d’humanisme… lorsque j’ai compris la nature de ces relations j’ai tenté d’aller encore plus loin pour en voir une autre dimension, les Juifs et les Musulmans de notre région ont les mêmes approches du phénomène du culte des saints.

Moi-même dans mon enfance, j’étais témoin de ce syncrétisme religieux, ce symbiotique culturelle, mes parents m’ont fait la première coupe de cheveux près de la sépulture d’un saint juif.

Ce constat a été à l’origine d’un processus long de recherche et d’investigation sur le phénomène du culte des saints chez les Juifs du Maroc, sur ses origines et ses tendances.

Notre question sempiternelle et lancinante : « pourquoi la sainteté juive a-t-elle connu un succès si durable au Maroc ? »

Une autre question cardinale : « Sous quelles influences, cette sainteté juive s’était-elle développée ?

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées dans ce travail ?

 

Les nombreuses difficultés que nous avons rencontrées au cours de notre travail sont dues à sa nouveauté c’est-à-dire l’absence d’une théorie cohérente sur le phénomène du culte des saints juifs au Maroc…

Le manque de tous documents déterminants les transformations successives du phénomène du culte des saints juifs au Maroc nous a empêché de comprendre les formes qu’a prises la sainteté juive au Maroc à travers les âges….

– Les seuils théoriques successivement franchis qui ont permis l’élaboration de ce travail.

1-     Pour examiner les caractéristiques de l’hagiographie juive marocaine, nous avons adopté, dans un premier temps une approche descriptive, en nous basant sur notre enquête, sur les récits et les témoignages collectés et sur la description d’un imaginaire social et d’une mémoire populaire riches et féconds. Issakhar Ben Ami et Louis Voinot. Cette démarche nous a aidé a mettre en lumière les fondements culturels et idéologiques qui nourrissent les rapports des saints et leurs fidèles et nous a permis de comprendre le processus qui mène à la sainteté, c’est-à-dire la manière dont un personnage se métamorphose en un être saint.

2-     Les fidèles croient aveuglement au miracle, il est le symbole de l’intervention divine, et le témoignage flagrant de la sainteté du personnage, du lieu ou de l’objet concerné…

3-      Ensuite nous avons adopté une approche comparative, en se référant aux définitions du saint Musulman proposés par quelques chercheurs, Dergmenghem, Fraiser, Westermak…

4-      Cette démarche nous a permis de relever les éléments communs du phénomène dans les deux sociétés et les particularités qui les distinguent l’une de l’autre.

Les saints juifs sont des personnages réels ou imaginaires, ils ont les fonctions de guérir et de protéger, leur réalité mythique et historique dans la plupart des cas sont insaisissables… Le sanctuaire est souvent associés au éléments de la nature (pierres, les sources, les puits, les grottes, les arbres ou les animaux sacrés….) Cela nous permet de nous rendre compte, non seulement des survivances juives actuelles, mais aussi des survivances païennes qui à certaine époque ont pu être recouvertes d’une enveloppe juive.

5-     Pour évaluer l’ampleur des influences de l’environnement immédiat et le particularisme local qui lui est spécifique sur le phénomène hagiographique juif, la théorie du renforcement du psychologue américain Frédéric SKINNER, nous a été d’une grande utilité, cette théorie considère que le comportement est causé par l’environnement, et l’être humain répète les comportements ayant des effets positifs et évite ceux dont les effets sont négatifs.

La population tire un grand profit de la figure sainte, la sépulture fonctionne comme un facteur de rassemblement, elle finit par effacer les différences entre les différents membres de la société, elle cimente (Émile Durkheim) et resserre les liens de nature affective, spirituelle, religieuse et sociale.

6-Une approche de classement des figures hagiographiques –notamment celles vénérées communément entre juifs et Musulmans- en fonction de leurs concentrations géographiques, leur origine et leur ancienneté et un examen approfondi de leurs biographies successives, était pour nous le seul moyen pour l’élaboration d’une évaluation chronologique du phénomène du culte des saints juifs au Maroc.

7-Certes le culte des saints est un phénomène universel mais il est particulièrement berbère depuis l’aube du temps, il n’a fait qu’adopter, successivement les couleurs des trois religions monothéistes. Sa nature parareligieuse et hérétique est gardée.   Les pèlerinages judéo – musulmans doivent rappeler une survivance de l’époque où les tribus berbères judaïsées occupaient le pays, notamment dans les régions montagneuses ….Les judéo berbères seraient donc les principaux instigateurs du phénomène.

8- Pour comprendre les Quand aux nouvelles expressions du culte ou bien les formes nouvelles qu’a pris ce phénomène chez les Juifs du Maroc en situation de Diaspora, notamment en Israël après sa proclamation en 1948, nous avons analysé les aspects contemporains de l’hagiographie comme un processus d’« invention de la tradition », c’est un concept élaboré par Eric Hobsbawm qui est l’un des membres fondateurs de revue PAST AND PRESENT, il explique comment les sociétés dites « traditionnelles » ont cherché souvent avec succès à inventer des traditions et des contre-traditions pour légitimer, s’inscrire dans la longue durée ou encore assurer la cohésion de la communauté.

Nous n’avons pas pu approfondir la recherche sur les aspects contemporains du phénomène, parce que nous n’avions pas les moyens pour financer un travail de terrain auprès les communautés juives d’origine marocaine en France au Canada aux EU en Israël… nous nous sommes contentés de notre enquête locale au Maroc où nous avons interviewé des pèlerins juifs d’origine marocaine de différentes nationalités pendant les Hilloulot…

9- Enfin nous avons adopté une approche historique pour expliquer comment le Judaïsme et l’Islam évoluent dans le cadre local, et comment les deux religions les plus austère étaient contraintes de s’adapter avec la mentalité superstitieuse des Berbères.

Si grande que soit la force de nivellement de l’Islam, il ne parvient pas à anéantir d’une manière absolue les croyances primitives. Car il se heurte dès le début aux tendances conservatrices des berbères, d’anciens rites persistent, tantôt à côté du culte musulman, tantôt fondus avec lui. A part la confession de foi et la Fatiha, les berbères ignoraient tout du coran.

Le Judaïsme marocain évolue dans le même sens, on y retrouve les errements particuliers grâce auxquels l’Islamisme s’adapte à la mentalité superstitieuse des berbères. Les Juifs ruraux, ne pratiquaient qu’un judaïsme très primitif approprié à leur mentalité. Pour la doctrine, ce Judaïsme s’inspire beaucoup moins de l’ancien testament et de la loi de Moïse que du Talmud… Ce jugement rappelle les termes du très rationnel Moshé Maïmonide : « Les Juifs qui habitent les montagnes des berbères sont, selon moi, plus ignorants que le reste des hommes, bien qu’ils soient attachés à la croyance divine. ….. »

Les Juifs comme les Musulmans du Maroc sont contraint de s’adapter à la mentalité berbère. Ainsi que l’a écrit Michaux-Bellaire, si les religions modifient les peuples, les peuples modifient aussi les religions.

Quelles ont été, pour nous, les perspectives ouvertes par ce travail ?

Nous savions dès le début, que dans le cadre de cette recherche, nous ne pourrions pas couvrir tous les aspects relatifs au culte des saints : d’où la nécessité de poursuivre la recherche dans le domaine du culte des saints et de ses rapports complexes avec le Maraboutisme et l’ésotérisme marocain.

Enfin, je voudrai mentionner les institutions et les personnes qui ont encadré cette recherche, l’ont soutenue, et lui ont permis d’aboutir.

1 Les institutions d’abord:

Je citerai les séminaires où je me suis initié aux questions et aux méthodes de la recherche
• l’EDIT (Ecole doctorale internationale de tourisme) à Marrakech,
•  le CRJM (Centre de recherche sur le Judaïsme Marocain) en France et au Maroc,
• le Centre Jacques Berque…,
• Le « Permanences du Judaïsme Marocain à Paris et à Marrakech,
• L’AIU, (l’Alliance Israélite Universelle) à Paris,
• l’INALCO (Institut National des langues et Civilisations Orientales) à Paris…
•  Les Amis de la Casa de Sefarad à Cordoue Sebastian de la Obra et Rosana de Aza
•  Tous ceux qui m’ont guidé à Marrakech le 26 Mai 2008 autour du colloque International 1° Edition : « Résistance et Persistance du Judaïsme Marocain Mémoire du Judaïsme Marocain perdue, en éveil & reconstruite» et ceux qui m’ont ouvert tant d’horizons et m’ont invité au colloque International de Cordoue les 27-29 Mars 2008 autour du thème: Sefarad: Geografías y Miradas de la Memoria / Séfarade: Géographies et Regards de la Mémoire.

2 Après ces institutions, les personnes qui les relaient

• Le professeur Ephraïm Riveline qui a suivi mes travaux, m’a aidé à donner une forme concrète à ce projet.

• Le sociologue chercheur Dr. Arrik Delouya qui a accepté généreusement de « Coacher » et d ‘accompagner ma thèse en qualité de « parrain privilégié » et je le remercie pour son amitié jamais démentie.

• Le regretté  professeur Richard Ayoun, dont  je salut ici, pieusement, la mémoire, qui a été mon directeur de thèse pendant deux longues années jusqu’à son décès prématuré en Mai 2008.

• Et enfin notre passeur de mémoire et historien Robert Assaraf président et fondateur du CRJM qui m’a ouvert, non seulement les portes de sa résidence à Marrakech pour de multiples conseils sans jamais discontinuer, mais encore celles de sa mémoire et son expérience dans le domaine de la recherche scientifique, je le remercie pour ses conseils précis et précieux.

Thèse de doctorat par Hassan Majdi 

« Le culte des saints et les pèlerinages des Juifs du Maroc ».
Dans le cadre des « Etudes Juives et Hébraïques » Sous la direction du prof Ephraïm Riveline  Université Paris 8, Saint – Denis France

AVIS DE SOUTENANCE DE DOCTORAT – PRATIQUES ET THEORIES DU SENS
En vue de l’obtention d’un Doctorat NR Université Paris 8

Bureau des thèses G 117

Saint-Denis, le 10 décembre 2009 (Arrêté ministériel du 07 août 2006)
Discipline :
ETUDES JUIVES ET HEBRAIQUES
HASSAN MAJDI
Titre de la thèse : Le culte des Saints et les pèlerinages des Juifs au Maroc.
ECOLE DOCTORALE :
Membres du Jury :
Monsieur EPHRAIM RIVELINE (Directeur de recherche à Paris 8)
Monsieur ARRIK DELOUYA (CONSULTANT)
Monsieur DANIEL FRIEDMANN Chercheur au CNRS Paris
Monsieur MOHAMMED HATMI Université Sais Fès
Date prévue : le jeudi 17 décembre 2009 à 10h30
Lieu : UNIVERSITE PARIS 8 salle : B 106

Dr. Arrik Delouya (Ph.D-Sociology)
Sociologist Research Worker & Writer
Président des Permanences du Judaïsme Marocain
Fondateur de l’Association Israélienne pour la Préservation, la Diffusion & le Rayonnement du Judaïsme Marocain

Résumé d’une thèse intitulée : Le culte des Saints et les pèlerinages des Juifs du Maroc, préparée sous la direction de Monsieur le Professeur Ephraïm Riveline et sous le coaching d’Arrik Delouya, Docteur en sociologie et chercheur
En vue de l’obtention d’un Doctorat NR
Discipline : Etudes juives et hébraïques

 

La vie des juifs de casbah Tadla d'autrefois

LA VIE DES JUIFS DE CASBAH TADLA D'AUTREFOIS.

http://rol-benzaken.centerblog.net/1702-la-vie-des-juifs-de-casbah-tadla-autrefois

Publié le 03/04/2014 à 11:13 par rol-benzaken

RECIT DE LA VIE DES JUIFS A CASBAH TADLA D'AUTREFOIS.

Le Mellah, vous vous imaginez la honte de les ramener à ce temps-là.

Oui les Juifs marocains ont eu un moment de honte de leur passé que représentait le Mellah, devenu dans le langage synonyme de misère, de saleté et d'arrièration.

Maintenant que toute la population juive l'a quitté définitivement dans les années 60, il se pare de couleurs de nostalgie et d'affection.

Le temps du Mellah ne sonne plus comme une insulte, mais au contraire comme une invitation à un monde disparu et déja regretté.

  LA VIE QUE LES HABITANTS JUIFS MAROCAINS ONT CONNU A CASBAH TADLA DES ANNEES 50-60 ET AVANT. 

Le cimetière Juif de Casbah Tadla.

La ville de Kasbah Tadla était une fois un lieu stratégique dans le temps du commerce des caravanes. Il est situé sur la première route entre Fès et Marrakech, et restait un arrêt vital jusqu’à des migrations tribales vers le nord ont déstabilisé la région.

Situé aux pieds des montagnes de l’Atlas est un petit cimetière avec des tombes peintes en blanc, apparemment remporté son combat contre le temps, grâce au travail de restauration d’un homme nommé Baumhomioli Redouane.

 

LE SULTAN SIDI MOHAMMED BEN YOUSSEF ET LE GENERAL NOGUE

LE SULTAN SIDI MOHAMMED BEN YOUSSEF ET LE GENERAL NOGUES.

Publié le 16/03/2016 à 15:44 par rol-benzaken

LES JOURNÉES "HISTORIQUES" DE FÈS .

MAI 1940
La ville de Fès a vécu des journées mémorables, que certains n’ont pas hésité à qualifier d’historiques.
S.M. le Sultan Sidi Mohammed Ben Youssef et le Résident général Noguès, entourés des différentes notabilités locales, civiles ou militaires, du monde musulman ou français ont inauguré la nouvelle Médersa de Seffarine, posé la première pierre de la nouvelle bibliothèque de Qaraouiyine et de l’Internat du Collège Moulay Idriss et inauguré la VII ème Foire artisanale.

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Arrivée du Sultan et du Résident général place Seffarine à Fès.

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Ces différentes manifestations ont attiré une foule enthousiaste qui s’efforçait spontanément ou non, d’exprimer sa joie, son contentement, son allégresse.

Les rues de la médina que devaient emprunter le cortège officiel étaient décorées de manière somptueuse, les boutiques et échoppes richement parées de cotonnades, de brocards et autres étoffes soyeuses aux couleurs chatoyantes.

Nous sommes ici sur la place Seffarine, où précédé de la garde noire, le cortège officiel, en automobile, fait son entrée au son des trompettes. Le parcours en voiture dans les ruelles étroites de la médina a dû troubler la sérénité de plus d’un artisan ou commerçant !

Il s’agissait par ces cérémonies grandioses de montrer que malgré la guerre, l’oeuvre de la France au Maroc se poursuivait, que ses promesses de respecter l’Islam et ses traditions ne sont pas un vain mot.

Le choix d’inaugurer en même temps la nouvelle Médersa Seffarine et de poser la première pierre de la nouvelle bibliothèque de la Qaraouiyine et de l’internat du collège Moulay Idriss est l’affirmation de la volonté de préparer l’avenir sans sacrifier le passé.

C’est aussi manifester publiquement des sentiments réciproques de dévouement à l’union franco-marocaine.

La mosquée Mohammed VI de Meknés (Les Alaouites)

 
Publié le 16/08/2014 à 17:55 par rol-benzaken
 
 

La mosquée Mohammed VI de Meknés (Les Alaouites)

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La mosquée Mohammed VI est construite à Meknés en 2001.

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Vue de la salle de prière de la mosquée Mohammed VI à Meknés.

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Arcs polylobés de la salle de prière supportés par des colonnes.

Les alaouites ou alawites (arabe : ʿalawīy, علويّ, alaouite ; alawite), également appelés noseïris ou nusayris (nuṣayrī, نصيريّ,nosaïrite), ou ansariyas, sont un groupe ethnique et religieux issu du djébel Ansariya au nord de la Syrie.

Le fondateur du noséirisme est Muhammad Ibn Nusayr al-Namîri al-`Abdi, mort en 884. D'après la tradition rapportée par les Alaouites, le onzième imam al-Hasan al-'Askarî (mort en 874) lui confie une révélation nouvelle, qui est le noyau de la doctrine alaouite. Les sources les plus anciennes nomment la secte al-Namîriyya d'après la nisba d'Ibn Nousayr, puis au xie siècle al-Nouṣayriyya s'impose.

Au xe siècle, la doctrine est transférée en Syrie du Nord, à Alep. Surûr b. al-Qâsim al-Tabarânî, le chef de la communauté nosayrié, quitte la ville en 1032 à cause des guerres incessantes et se rend dans la cité byzantine de Laodicée (Lattaquié). Il est le vrai fondateur des nosaïrites syriens. La dynastie locale des Tanûh semble adopter sa doctrine, al-Tabarânî convertit aussi les paysans de la montagne (jabal ou djebel en arabe selon les régions) de l'arrière-pays. Ses œuvres forment le principal de la tradition écrite. Il meurt à Lattaquié en 1034-1035. Son tombeau est vénéré dans la mosquée al-Sa'rânî, non loin du port.

Au début du xiie siècle, l'ouest de la région est conquis par les Croisés. Cependant, la pénétration chrétienne est faible, et on parle peu dans les sources latines des « nossorites ». À partir de 1132-1133, les Nizârites, une secte chiite ismaélienne, plus connue sous le nom d'«Assassins» ou d'«Haschischins», prennent plusieurs forteresses dans le Djebel méridional, dont celle de Kadmous (près deTartous). Les conflits sont déjà nombreux avec les alaouites. Deux « conciles » organisés à 'Âna, sur le moyen Euphrate, et en 1291 à Safita, dans le but de trouver une conciliation avec la secte nizarite d'Alamut sont des échecs

En 1188, Saladin prend Djeblé, Lattaquié et le Sahyoun, le Djebel passe à un sultanat ayyoubide. À la fin des Ayyoubides, vers 1220, un prince arabe alaouite venu du Djebel Sinjâr est apparemment appelé par les alaouites contre les ismaéliens qui envahissent le Djebel. D'eux descendraient six importantes tribus alaouites, qui sont les Haddâdiyya (Haddadines), Matâwira (Mataouiras), Mahâliba (Mehelbés), Darâwisa (Darouissas), Numaylâtiyya (Nmeilatiés) et Banî 'Alî (Béni Ali).

Aït-ben-Haddou

Aït-ben-Haddou.

http://rol-benzaken.centerblog.net/11422-ait-ben-haddou

Publié le 29/03/2016 à 20:19 par rol-benzakenTags : maroc patrimoine image

Aït-ben-Haddou est un Ksar du Maroc au patrimoine mondial de l’UNESCO, dans la province de Ouerzazate.

Celle-ci est située dans la vallée de Ounila, au sud de Tafilalt.

 

ait ben hdou

Aït-ben-Haddou (en tifinagh : ⴰⵢⵜ ⵃⴰⴷⴷⵓ, en arabe : آيت بن حدّو) est un ighrem (ksaren arabe) du Maroc inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, dans laprovince de Ouarzazate. Il fait partie de la commune d'Aït Zineb.

Aït-ben-Haddou est situé dans la vallée de l’Ounila, au sud de Télouet, fief duGlaoui, vallée qui était un point de passage traditionnel des caravanes reliantMarrakech au sud du Sahara.

C’est un exemple frappant de l'architecture du sud marocain traditionnel, sur le flanc d’une colline au sommet de laquelle se trouvait un grenier collectif (un agadir).

Le village se présente comme un ensemble de bâtiments de terre entourés de murailles, le ksar, qui est un type d'habitat traditionnel présaharien. Les maisons se regroupent à l'intérieur de ses murs défensifs renforcés par des tours d'angle. Certaines de ses habitations semblent être de petits châteaux avec leurs hautes tours décorées de motifs en brique crue. Les plus anciennes constructions dateraient du xviie siècle. Le site aurait d'ailleurs été l'un des nombreux comptoirs de la route commerciale qui reliait l'Afrique saharienne à Marrakech – on peut encore y voir un fondouk (caravansérail).

Tout autour de ce douar un ensemble de villages se regroupe. Tous ont été attirés par une rivière qui traverse une vallée. Les habitants de ces douars sont pour la plupart des berbères anciennement nomades qui ont ensuite choisi la sédentarité pour des raisons diverses.

Ksar of Ait Ben-Haddou – UNESCO World Heritage Site

איית בן חדו (ערבית آيت بن حدّو

 צרפתית Aït-Ben-Haddou) הוא כפר מבוצר, או קסר (قصر) במרוקו, השוכן במרחק של כ-30 ק"מ צפונית-מערבית לורזאזאת. הכפר ממוקם ליד אפיק נחל וארזאזאת— לאורך נתיב השיירות העתיק בין הסהרה לבין העיר מרקש וחופי האוקיינוס האטלנטי. ליבו של הכפר – הקסר – שוכן במעלה גבעה מבוצרת שעליה בתי אדמה בנויים בצפיפות, והוא מוקף בחומות גבוהות שבפינותיהן מגדלי שמירה. רובע זה מכונה לעתים גם בכינוי קסבה.

רוב תושבי הכפר הם ברברים אשר החליפו את חיי הנוודות במגורי קבע. הוא ידוע במספר גדול של סרטים היסטוריים אשר צולמו בתחומו, ובהם: לורנס איש ערב,יהלום הנילוס, ישו מנצרת, הפיתוי האחרון של ישו,גלדיאטור ואלכסנדר. איית בן חדו הוכרז בשנת 1987כאתר מורשת עולמית בשל היותו דוגמה מצוינת לאדריכלות הסהרה המוקדמת ולאדריכלות בדרום מרוקו.

למרות שהשתמרו באופן טוב במשך מאות שנים, עתידו של המקום ככפר מיושב וחי מוטל בספק, בשל ירידה בכמות המשקעים, עזיבת האוכלוסייה הצעירה וההשקעה הגבוהה הנדרשת בשימור מבני האדמה. מאידך, התגברות זרם התיירים למקום והכרזתו כאתר מורשת עולמית עשויים לשמר את אתריו, ולהפכו למעין מוזיאון פתוח.

Merzouga

Merzouga.

Publié le 29/03/2016 à 20:16 par rol-benzaken

Merzouga est un petit village saharien situé dans le sud-est du Maroc, à 35 kilomètres de Rissano et à 50 kilomètres de Erfoud.  

Merzouga est réputée pour ses dunes, les plus hautes du Maroc.
Elle est devenue un pôle d’attraction touristique de première importance pour cette région

Merzouga (en tamazight ⵎⴰⵔⵣⵓⴳⴰ, en arabe مرزوقة) est un petit village saharien situé dans le sud-est du Maroc, à 35 kilomètres de Moulay Ali Cherif, à 50 kilomètres de Erfoud, et à 50 kilomètres de la frontière algérienne, à 562 km deMarrakech, à 602 km de Rabat (capitale nationale), à 667 km de Casablanca, et à 669 km d'Agadir (côte Atlantique).merzouga

Merzouga est réputé pour ses dunes, les plus hautes du Maroc. Le village jouxte en effet le plus grand erg du Maroc l'erg Chebbi.

Merzouga est devenu un pôle d'attraction touristique de première importance pour cette région du Maroc, permettant le développement d'une industrie hôtelière, aussi bien localement que dans les localités voisines de Errachidia et d'Erfoud.
Les activités proposées aux touristes sont la randonnée chamelière, le bivouac dans le désert, le quad, et, l'été, l'arénothérapie (ou bain de sable) appelée également psammatothérapie.

L'équilibre du site de Merzouga est menacé par la construction anarchique d'hôtels, la surfréquentation touristique et le développement des "sports mécaniques" (quad).

On oublie l'impact écologique de ce tourisme hôtelier par la surutilisation des ressources d'eau et le non-respect des règles d’épuration des eaux usées.

Merzouga possède un climat désertique chaud (classification de Köppen BWh) typique du Sahara avec des étés chauds et secs et des hivers doux. En été, les températures moyennes maximales tournent autour de 43 °C avec des températures moyennes minimales d'environs 26 °C. En hiver, les températures moyennes maximales sont de 21 °C environs. Le climat y est aride, avec des précipitations moyennes annuelles inférieures à 100 mm. Elles sont rares dans l'année mais intensives lorsqu-elles surviennent (pluies orageuses).

La durée d'ensoleillement y est d' environ 3 800 h par an puisque le ciel est presque toujours dégagé et clair tout au long de l'année. La nuit, il n'y a pas ou très peu de lumières artificielles, ce qui permet ainsi d'apercevoir très bien les étoiles et la voie lactée, mais aussi des étoiles filantes.

דיונות מרזוגה – בסהרה מרוקו http://www.2cmorocco.com

מרזוגה ודיונות ארג צ'בי
מרזוגה הוא כפר מדברי קטן בדרום-מזרח מרוקו שהסיבה העיקרית להגיע אליו היא העובדה שהוא מהווה בסיס מצוין לטיול בדיונות ארג צ'בי השוכנות בסמוך. אלו הן דיונות חול עצומות, הגדולות ביותר במרוקו, שמגיעות לגובה של 150 מטר ונראות כאילו נלקחו מתוך ציור. אסור להחמיץ את הזריחות במקום, וגם השקיעות מרהיבות, כשהחול משנה את צבעיו מזהוב לאדום. זהו אחד מהאזורים הפופולריים ביותר במרוקו לטיולי גמלים ושאר פעילויות מדבריות.

Les réfugiés Juifs oubliés

http://www.israel-flash.com/ – Documentaire sur une grande tragédie du XXème siècle, l'éradication de milliers de communautés juives dans le monde arabo-musulman. Merci à Nour Al Dine. d'avoir posté cette vidéo

Il etait une fois Debdou

http://lematin.ma/express/2014/culture-_la-ville-de-debdou-aura-bientot-sa-maison/197336.html

La ville de Debdou aura bientôt sa maison

Il etait une fois Debdou

A small journey around the region of Debdou

Mardoche le guide de Charles de Foucauld

MARDOCHEE LE GUIDE DE CHARLES DE FOUCAULD.

Publié le 13/05/2016 à 17:56 par rol-benzaken 

C'est l'histoire de MARDOCHEE.

La connaissance du Maroc par Charles de Foucauld n’aurait jamais été possible sans l’aide d’un homme : Mardochée Ben Serour.

Pour parvenir à ses fins, Charles de Foucauld se déguise en rabbin et engage ce " vieuxMardochée" pour lui servir de guide.

Un juif marocain, grand explorateur, que l’histoire n’a finalement pas si bien remercié.

L’’homme qui a fait connaître le Maroc aux Français et permis sa colonisation s’appelait Charles de Foucauld. C’est une histoire archiconnue. C’est la publication de Reconnaissance du Maroc en 1888 par ce diplômé de Saint-Cyr, officier de l’armée abandonnant l’uniforme pour l’aventure, qui a donné à la France la meilleure description de ce qu’était l’Empire chérifien, un pays inconnu et interdit aux non-musulmans. Mais, Charles de Foucauld n’aurait jamais pu pénétrer dans ce Maroc, royaume des ténèbres pour certains, sans la précieuse aide d’un rabbin marocain, Mardochée Ben Serour, un homme de religion doublé d’un explorateur et commerçant.

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Le périple méditerranéen
Mardochée Ben Serour est né dans une petite communauté juive installée dans l’oasis de Akka, minuscule point du sud-est marocain, situé entre le Draa et l’Atlas. Enfant, ses parents décident d’en faire un homme de religion et l’envoient à Marrakech pour étudier le Talmud. Sur place, ses professeurs constatent un esprit vif et curieux, et l’envoient, privilège rare, à Jérusalem, en Palestine, pour parfaire ses études. Il y va à pied, passant d’une communauté juive à une autre, traversant tout le Maghreb, avant d’arriver à la ville sainte, après un périple de trois ans. De retour au Maghreb, il s’installe à Alger en 1847, après avoir été nommé rabbin d’Alep. Il y restera 11 ans, avant de rentrer à Akka où il recrute son frère, Isaac, pour un audacieux voyage : aller à la cité de Tombouctou, qui venait quelques décennies plus tôt d’être découverte par René Caillé. Un juif dans une cité musulmane sainte et interdite aux infidèles ? Voilà l’exploit du rabbin Mardochée. Car, Caillé s’est fait passer pour un musulman. Sur place, il monte un commerce de caravanes entre la ville et Mogador (actuelle Essaouira) et surtout fait venir des juifs marocains pour fonder une communauté. Devenu riche, il doit pourtant quitter Tombouctou dans la hâte pour échapper à la vindicte du nouveau gouverneur. Son départ signe la fin de la communauté qu’il a fondée sur place.
Usé, déprimé et ruiné, il est à deux doigts de repartir vers l’Algérie quand il fait la connaissance d’un autre explorateur, Auguste Beaumier (1823-1876), consul de France à Mogador. Ce dernier, qui connaît assez bien le Maroc puisqu’il a déjà publié un opuscule intitulé Itinéraires de Tanger à Mogador, est tout de même moins expérimenté que le rabbin Ben Serour. C’est Beaumier qui le met en relation avec la Société de géographie, prestigieuse institution parisienne qui publie un non moins prestigieux Bulletin, qui fait la part belle aux découvertes territoriales et autre littérature scientifique. La Société de géographie lui publie sa première œuvre, Le premier établissement des Israélites à Tombouctou en 1870 et en 1874, l’invite à Paris où cet homme au visage émacié et portant longue barbe devient la coqueluche de la presse et des sociétés savantes.
À Paris, il est pris en charge par un jeune géographe, Henri Duveyrier (1840-1892), qui devient son traducteur et lui enseigne différentes techniques d’exploration. En 1875, la Société de géographie publie une autre de ses œuvres, un journal de voyage intitulé De Mogador à Djebel Tabayoudt, une exploration qu’il avait faite quelques années plus tôt pour le compte de Beaumier. Pour cette expédition, toujours solitaire, le consul de France avait insisté pour qu’il se rende spécialement dans ce sud du Maroc qui sera le théâtre, en 1911, de la grave crise diplomatique entre la France et l’Allemagne suite au « Coup d’Agadir ».
Foucauld, le rabbin
De Mogador à Djebel Tabayoudt, écrit en hébreu et traduit par Duveyrier, nous montre un homme qui voyage seul dans ce Maroc inconnu, ne cachant nullement sa condition de juif, mais conscient que sa vie, comme celle de n’importe quel autre non-musulman, ne vaut rien. Dans son ouvrage il évoque des « monuments anciens » et dans le Tazeroualt, il assiste aux dernières années d’existence de cette petite principauté berbère indépendante de l’Empire chérifien, qui sera matée par le sultan Hassan 1er en 1882. Sur place, il découvre une « quantité de ruines antiques très curieuses » qu’il n’arrive pas à identifier, ainsi que des inscriptions qu’il ne peut déchiffrer et qui ne sont « ni hébraïques, ni grecques, ni latines, ni arabes ». Ses notes sur le Tazeroualt ayant été perdues, on peut supposer qu’il s’agit du tifinagh, la langue matrice du tamazight. Vers les années soixante-dix de ce XIXe siècle, Mardochée Ben Serour est au sommet de sa gloire. C’est l’un des rares indigènes maghrébins à être reçu avec honneur et considérations dans les salons de Paris. Mais la mort d’Auguste Beaumier, son introducteur parisien, le ramène à la case départ, c’est-à-dire à Akka. Il reprend alors ce qui lui reste d’argent et retourne en Algérie avec sa femme et ses trois enfants. Mais coup de destin, c’est à Oran qu’il est retrouvé par Oscar Mac Carthy (1815-1894), un géographe irlandais installé à Alger, qui lui présente un certain Charles de Foucauld (1858-1916), un ancien officier de l’armée française devenu géographe et qui a la réputation d’être un désœuvré. La rencontre entre ce jeune aventurier français qui n’a pas encore trente ans et de ce vieux rabbin marocain va influe sur le cours de l’histoire du Maroc. Foucauld cherche un guide pour pénétrer au Maroc et quoi de mieux que cet explorateur qui connaît le Moyen-Orient, l’Asie et qui est allé jusqu’à Tombouctou ! C’est Ben Serour qui persuade Foucauld de se déguiser en juif et de se laisser pousser la double mèche de cheveux caractéristiques des Israélites. Au Maroc, Foucauld s’appelle Joseph Aleman. C’est un autre « rabbin », originaire de Moldavie, dans l’empire russe, et envoyé au Maroc pour récolter des fonds destinés aux séminaires juifs de Palestine. En chemin, Ben Serour explique à son compagnon de route que ce n’est pas sa condition de chrétien, d’« infidèle », qui risque de le mettre en danger au Maroc, mais plutôt le fait qu’il soit Français, une nationalité honnie dont les citoyens, particulièrement ceux qui résident en Algérie, sont suspectés de vouloir espionner le Maroc pour préparer son invasion. En 1883, après avoir écarté l’idée de traverser le Rif, considérant cette région extrêmement dangereuse, le vrai rabbin Ben Serour et le faux rabbin Aleman embarquent pour Tanger où ils débarquent sans éveiller de soupçons. De là, ils se dirigent vers Tétouan, puis s’acheminent vers Chaouen pour prendre un chemin direct à Fès, avant, faute de trouver une escorte, de revenir à Tétouan et de repartir vers Meknès puis Fès en longeant la côte atlantique. À chaque halte, les deux hommes sont chaleureusement reçus par les communautés juives locales, que ce soit dans un mellah ou dans une commune campagnarde. La population juive d’alors n’a rien de résiduel. Elle est partie intégrante de la société marocaine. Par exemple, une ville comme Tétouan, forte de 20 000 habitants, comptait 6 000 juifs (ce n’est pas pour rien que certains historiens désignent Tétouan comme la Petite Jérusalem) et à Ksar El Kébir, un cinquième des 5 000 habitants était juif.
Grâce à ce guide qui sait ouvrir les portes des maisons juives, Charles de Foucauld est ravi. Il peut se renseigner sur le pays, ses institutions, sa société et son économie, prendre des notes de tout et ébaucher la situation du Maroc. Le seul inconvénient, c’est le repos hebdomadaire du chabbat que respecte à la lettre Mardochée Ben Serour et qui est considéré comme une journée perdue pour le Français. Pour le reste, le voyage se déroule sans trop de difficultés, ce qui permet aux deux explorateurs de traverser le Maroc de long en large, de Tétouan à Fès, de Meknès à Foum El Hassan, et d’Agadir à Oujda en passant par Ouarzazate et Ksar Souk (actuelle Errachidia). Une véritable expédition exécutée avec une infinie patience.
Un explorateur oublié
En 1888, après son retour en métropole, Charles de Foucauld publie l’ouvrage qui va instruire la France sur l’état du vieil et brinquebalant empire chérifien : Reconnaissance du Maroc. Un livre qui va faire la gloire de son auteur et donner aux Français une mine de renseignements qu’utilisera quelques années plus tard le futur général Lyautey pour conquérir le Maroc.
Deux ans plus tôt, en 1886, l’homme qui avait permis à Foucauld d’entrer et de sortir vivant du pays des « ténèbres », le rabbin Mardochée Ben Serour, était mort dans la misère à Alger. Oublié par Foucauld qui ne s’est jamais gêné de dire dans sa correspondance privée, mais aussi dans son livre, tout le mal qu’il pensait de son compagnon de route et de la communauté juive marocaine qui l’avait si bien accueilli.
Reste la question essentielle : le rabbin Ben Serour était-il au courant des desseins de Charles de Foucauld ? Certains disent que non. D’autres affirment le contraire. Mais, l’histoire marocaine retient que c’est ce rabbin marocain qui a fait entrer le loup dans la bergerie.
Par Adnan Sebti

LE MELLAH ET BAD DOUKKALA A MARRAKECH AUTREFOIS

LE MELLAH ET BAD DOUKKALA A MARRAKECH AUTREFOIS.

Publié le 15/05/2016 à 09:40 par rol-benzaken

MARRAKECH AUTREFOIS.

LE MELLAH.

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Une rue du quartier israëlite

Une rue du quartier israëlite

Le marché de la porte du Mellah

Le marché de la porte du Mellah

Israëlites fabricants de Bâts

Israëlites fabricants de Bâts

Grande place du Mellah

Place des Ferblantiers

 

Grande place du Mellah

Riche rue juive

Riche rue juive

ELIAS HARRUS.LE PARCOURS

ELIAS HARRUS.LE PARCOURS.

Publié le 27/06/2016 à 16:11 par rol-benzaken 

Mr et Mme Elias Harrus.

Une histoire qui tient d'une véritable saga. Comment résumer le parcours du jeune enfant issu d'une famille nombreuse de Beni-Mellal, qui a gravi les échelons d'une carrière professionnelle exemplaire, lui valant à juste titre la reconnaissance des pouvoirs publics, concrétisée par l'attribution de différentes distinctions : la Légion d'honneur, les Palmes académiques et l'ordre du Mérite.

322

Si ses premiers pas dans la cour de l'école n'ont pas eu pour cadre un établissement de l'Alliance, c'est parce que Elias Harrus n'était pas encore en fonction et qu'il n'y avait dans ce petit village marocain qu'une école franco-israélite. Mais, bien vite, faisant preuve d'une volonté et d'une fermeté qui ne se démentiront jamais, celui qui n'était pas encore un adolescent décide de rejoindre Casablanca et le cours complémentaire de l'Alliance. Cependant le « blédar » gardera la nostalgie du paysage bucolique qu'il vient de quitter où les femmes et les jeunes filles puisent encore l'eau à la source.

Dans ce nouveau cadre scolaire, notre héros est sur les rails et c'est tout naturellement qu'il est admis en 1935 à l'École normale israélite orientale de Paris.

Casablanca-Paris-Bagdad ?

Vécue au départ comme un véritable déracinement, la vie parisienne présente des attraits qui permettent assez facilement de mettre du baume au cœur des aspirants-enseignants. Ce sera l'occasion d'une première rencontre avec Jules Braunschvig, rencontre brève mais déterminante marquée par une sympathie réciproque qui ne se démentira jamais.

C'est aussi la rencontre avec Sarita Israël, originaire de Tétouan, scolarisée pour sa part à l'École normale de jeunes filles de Versailles. Celle qui deviendra quelques années plus tard Madame Harrus passe alors la période d'adaptation au français et à sa culture comme tous ceux et celles pour qui l'espagnol était la langue maternelle.

Arrivé au terme des quatre années d'études, c'est le verdict de la nomination : Elias Harrus sera affecté à Bagdad. Cette destination ne l’emballe pas outre mesure, mais on ne badine pas avec les ordres venus d'en haut ! Il parvient tout de même à obtenir l'autorisation de faire un détour par le Maroc avant son départ pour l'Orient afin d'y retrouver sa famille dont il est séparé depuis si longtemps.

La guerre éclate alors et les projets irakiens ne verront jamais leur concrétisation. Elias Harrus restera au Maroc et sera nommé à Marrakech où a déjà été affectée une certaine… Sarita.

L'enchantement du site et sa palmeraie facilitent l'intégration du nouveau venu affecté à la section agricole ; une incompétence revendiquée dans ce domaine sera rapidement compensée par une formation sur le terrain ! Cette période marquera aussi la première implication avec l'éducation dite « informelle », en l'occurrence le scoutisme. L'animateur devient assez vite expert en chansons qu'il aura, avec l'accord de la directrice de la section des filles, l'occasion d'enseigner aux élèves de la classe de Sarita.

La bénédiction nuptiale du jeune couple ne se fera pas attendre très longtemps.

Dans la tradition de l'époque, ce premier poste n'est que temporaire et il est suivi d'une mutation à Demnate. Nous sommes loin de Marrakech et de son confort, même relatif. C'est la redécouverte du mellah et si Elias Harrus retrouve un cadre proche de celui de son enfance, les conditions sont beaucoup moins familières à son épouse tétouanaise. Le logement de fonction ne fera rien pour contribuer à une adaptation facile puisque durant six ans, le couple – qui aura quatre enfants – vit dans une salle de classe sans électricité transformée en « appartement ».

La tâche de l'enseignant local qui dirige une classe comportant plusieurs sections ne se limite pas à la transmission des connaissances. Éduquer, c'est aussi changer certaines habitudes en mettant l'accent sur l'hygiène et la propreté peu favorisées en cette période de privations dûes à la guerre qui accroît sur la population locale en général et sur la communauté juive en particulier la pauvreté, les risques de maladie et les épidémies.

Comme le souhaite l'Alliance, un effort doit également être fait pour prévenir les cas courants de mariages précoces ; mais ces coutumes solidement ancrées ne sont pas faciles à modifier.

Un domaine de prédilection : l'enseignement agricole

Lorsque les conditions le permettent, après le débarquement des forces américaines, une année de détachement est accordée à Elias Harrus qui se rendra à l'Institut agricole d'Alger pour se spécialiser dans ce qui était et redeviendra l'un de ses domaines de prédilection : l'enseignement agricole.

Tandis que Sarita doit assumer seule la responsabilité de l'école de Demnate, le stagiaire absorbe en un an l'essentiel du programme d'études prévu sur deux années. Son séjour dans la ville blanche sera bien entendu l'occasion de contacts avec les autorités communautaires locales et de la première rencontre avec deux fortes personnalités : le directeur du bureau de l'Alliance, Albert Confino, et Léon Askénazi – « Manitou » – dont on commence déjà à vanter le charisme et les qualités intellectuelles exceptionnelles.

Cette « escapade » terminée, le retour se fera à Marrakech afin d'assurer la direction de la section agricole créée en 1936 à l'initiative de Jules Braunschvig et qui deviendra l'École professionnelle agricole de l'Alliance israélite universelle à Marrakech.

L'une des expériences qui va marquer la carrière d'Elias Harrus est celle de la ferme école de Fquih Ben Salah, sorte de filiale de l'école de Marrakech et dont le projet ambitieux est d'être la première d'une série de fermes-écoles. Ses activités débordantes ne se font pas au détriment de la vie familiale, les trois garçons et la fille composant le foyer d'Elias et de Sarita trouveront chacun dans ce milieu scolaire, un cadre idéal à leur épanouissement.

La fin de la guerre en Europe coïncide au Maroc avec une demande croissante d'inscriptions dans le réseau scolaire de l'Alliance qui commence à se développer un peu partout pour répondre à ces sollicitations.

Le « satrape du sud marocain »

Cette période marrakchie sera celle où Elias Harrus s'associe aux recherches de Pierre Flamand, inspecteur de l'Éducation nationale, qui consacrera l'essentiel de son temps libre à étudier les populations juives locales. Il publiera d'ailleurs le résultat de ses recherches dans un ouvrage trop méconnu qui demeure l'une des sources principales d'information sur la vie juive au Maroc au milieu du siècle dernier.*

Les deux hommes éprouvent d’emblée une sympathie mutuelle et Pierre Flamand comprend vite qu'il a trouvé en Elias Harrus le meilleur des guides possibles. Les kilomètres parcourus sur les routes mais aussi sur les pistes se comptent rapidement en milliers. Cette vocation de guide trouvera aussi un prolongement lorsque les responsables de l'Alliance et de l'American Joint se rendront en visite dans le pays et que le directeur local se transformera en chauffeur accompagnateur recherché.

Mais l'œuvre déterminante d'Elias Harrus sera sans aucun doute la création d'établissements dans le centre et le sud-ouest marocain. Dans des conditions qu'on a peine à imaginer, dans des villages perchés au sommet de l'Atlas ou perdus aux confins du désert saharien vont « pousser » de nouvelles écoles. Dans cette mission celui que l'on surnommera rapidement, à son insu mais avec affection, le « satrape du sud » donnera la mesure de ses qualités d'organisateur et de diplomate. Il s'agit effectivement d'obtenir les autorisations d'ouverture de l'administration, de négocier avec les responsables communautaires et rabbiniques. Son charisme et sa détermination feront merveille.

Mais une vocation pédagogique ne peut pas disparaître et malgré ses obligations administratives Elias Harrus n'oublie jamais que ce qui l'a conduit à choisir cette carrière, c'est le plaisir et la volonté d'éduquer. Il y consacrera une grande partie de ses congés en assurant la direction de colonies de vacances estivales à Mazagran, Rabat, Imouzer…

1954 marque son premier voyage en Israël ; prétexte officiel : la bar mitsvah de Michel, le fils aîné, mais aussi l'émotion de retrouver d'anciens élèves qui, pour nombre d'entre eux, mettent en pratique l'éducation agricole reçue au Maroc. C'est aussi la découverte de Mikveh-lsraël, l'une des grandes réalisations agricoles de l'Alliance.

Un nouveau détachement lui est accordé en 1958 pour suivre cette fois le programme des élèves-inspecteurs à l'École Normale Supérieure de Saint-Cloud. Cette année sera couronnée par la réussite au concours et l'obtention du titre d'inspecteur de l'enseignement qui s'accompagne d'une proposition de poste en métropole, dans le cadre de l'éducation publique. Sans beaucoup hésiter, et à la surprise de bien de ses collègues, le nouvel inspecteur refuse ce poste par fidélité à l'Alliance. Conscient de la valeur d'Elias Harrus

M. Tajouri l'appelle à la direction de la délégation de Casablanca.

En 1960, il participe au centième anniversaire de l'Alliance dont il sera l'un des témoins privilégiés, ayant ainsi l'occasion de côtoyer René Cassin, Pierre Mendès France ; mais 1960, c'est aussi le début des vrais bouleversements au Maroc.

Aux commandes du réseau Ittihad-Maroc, à l'initiative d'un fonds d'archives inégalé.

Ruben Tajouri étant décédé d'une maladie cardiaque, le poste de délégué sera confié conjointement à Elias Harrus et à Haïm Zafrani. Cependant ce dernier, à l'issue de deux ans de fonctions, choisit la voie universitaire et voilà donc Elias Harrus seul aux commandes de ce qui est devenu Ittihad-Maroc.

S'il est exaltant de développer un réseau, il est moins agréable de gérer les fermetures d'établissements liées au départ progressif de la communauté juive locale. L'anxiété devant l'avenir aura pour corollaire l'inquiétude des enseignants sur leur destin ; manifestations et grèves ponctueront ces années.

Mais celui qui fit preuve de tant de qualités pour construire le réseau sut aussi en assurer le fonctionnement malgré le départ souvent impromptu de nombre de maîtres.

Après avoir passé la main à l'heure d'une retraite bien méritée, il continue à gérer les intérêts de l'Alliance et à la représenter auprès des autorités marocaines. Le temps libre ainsi dégagé lui permet de retrouver plus souvent ses enfants et petits enfants installés en France. Mais Elias Harrus a consacré l'essentiel de ses journées à préserver plus d'un siècle d'histoire. Travail d'archiviste dans un premier temps, trier, classer les milliers de papiers : lettres, circulaires, documents administratifs, la mémoire d'une communauté aujourd'hui dispersée aux quatre coins du monde. Ce trésor répertorié devient ensuite la base d'une série de fiches individuelles où est reconstituée la carrière des « missionnaires » de l'Alliance, ces hommes et ces femmes qui ont consacré leur vie à ouvrir aux nouvelles générations les portes de la modernité dans la fidélité aux valeurs du judaïsme. Les archives en question ont été transférées au siège parisien de l'Alliance, et dans la limite des questions de confidentialité, seront accessibles aux familles et aux historiens.

Deux ouvrages suivront : L'Alliance en action et Témoins associés à l'œuvre de l'Alliance au Maroc (éditions du Nadir), références incontournables pour tous ceux qu se pencheront sur l'histoire du judaïsme marocain. Mais le talent le plus original de ce mémorialiste est probablement son œuvre de photographe ethnologue. Il a très tôt compris qu'il convenait de garder le souvenir pictural d'un monde qui s'effaçait. Ces images dont plusieurs dizaines ont fait l'objet d'expositions au Maroc, en Israël en France et aux États-Unis viennent d'être remises à la bibliothèque de l'Alliance qui s'est engagée à en assurer la sauvegarde et la diffusion. Il s'agit d'un ensemble de 23.000 images à bien des égards exceptionnelles, souvent les seuls témoins survivants d'un judaïsme marocain aujourd'hui disparu.

Bon sang ne saurait mentir. Le jour où Elias Harrus remettait officiellement sa collection de photographies, son fils Michel déposait à la bibliothèque un exemplaire de son travail de D.E.A., soutenu en 2003 à la Sorbonne nouvelle. Sous le titre La Femme dans les romanzas y cantigas sefardies (corpus de cent quarante textes),

Michel Harrus analyse le discours sur la femme et donc sa place dans la société séfarade, à partir de chansons ou de romances amoureuses. Ce genre, moins savant que celui de Romances plus érudites, présente l'avantage d'avoir été mieux préservé et enregistré sur de multiples recueils.

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2008, enterré au cimetière israélite de Casablanca.

Chefchaouen La perle bleue شفشاون الجوهرة الزرقاء

Chefchaouen La perle bleue شفشاون الجوهرة الزرقاء

les juifs de midelt

les juifs de midelt

Midelt (en tamazight ⴰⵡⵟⴰⵟ, Awṭaṭ) est une ville du Maroc, à la jonction des chaînes du Moyen Atlas et du Haut Atlas oriental, et une commune urbaine de la province de Midelt. La population de la commune, de 44 781 habitants en 2004 (recensement), serait de 55 400 habitants en 2012 (estimation).

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