Image à la une : Vue générale de Sefrou, avec au premier plan la Kalaâ, groupe de maisons rattachées à Sefrou ; en arrière-plan la ville de Sefrou proprement dite. Cliché Léon Sixta, non daté.

Le Comte Maurice de Périgny, consacre à Sefrou le dernier chapitre de son livre « Au Maroc, Fès la capitale du Nord » (Pierre Roger et Cie éditeurs), publié en 1917. C’est une des premières études consacrées à Sefrou. En avril 1950, S.E. Si Mbarek Bekkaï, Pacha de Sefrou, fera devant les « Amis de Fès »,  lui aussi, un historique très complet de la ville. (voir Les Zaouïas de Sefrou texte extrait de l’« Historique de Sefrou » de Si Bekkaï). Depuis, Chafai El Alaoui, « Naissance et développement d’une municipalité marocaine sous le protectorat français : Séfrou (1912-1956) », thèse de doctorat en 1983 et Clifford Geertz « Le Souk de Séfrou. Sur l’économie de bazar ». Paris, Bouchène, 2003., entre autres, nous ont permis de mieux connaître cette ville surtout célèbre par son Festival des Cerises, un événement classé patrimoine immatériel de l’humanité depuis 2012 par l’Unesco. (Avant ce classement il s’agissait simplement de la Fête des Cerises, ! dont on a célébré en 2018 le 98ème anniversaire).

À 32 kilomètres au sud de Fès, Sefrou est la seule agglomération de quelque importance de toute la région. Au bout d’une longue plaine monotone, couverte de palmiers nains et d’asphodèles, ponctuée de rares buissons de jujubiers, la petite ville apparaît toute blanche dans un massif de verdure, joliment installée dans une vallée paisible et riante que domine le djebel Kandar, pointe avancée du groupe montagneux des Aït Youssi.

Son origine, qui est restée indéterminée, passe pour très ancienne. À l’époque de la venue de Moulay Idris II, vers l’an 800 de notre ère, la tribu des Ahel Sefrou avait ses différents tchours (ksours) échelonnés depuis les sources de l’Oued Aggai jusqu’à l’Oued Sebou. Ceux- ci formaient trois groupes principaux dont la ville actuelle était le centre. Le jeune souverain réussit à convertir cette tribu à l’islamisme, malgré la très vive opposition du cheikh d’Amel Atrous qui refusait d’être parjure à sa religion et qu’il fit scier en deux lorsqu’il l’eut enfin en son pouvoir. Quatre cents ans plus tard, les habitants se voyaient obligés, par des questions d’eau, d’abandonner les tchours extrêmes et se retiraient dans le groupe central, dont les maisons accolées les unes aux autres ne tardèrent pas à être entourées d’un rempart sous le règne du Sultan Moulay Sliman.

Depuis la ville ne s’est pas accrue. Placée sous le commandement du Gouverneur de Fès Djedid, elle passa sous celui du caïd Omar el-Youssi en récompense des services que celui-ci avait rendus au Maghzen dans la malheureuse expédition sur Taza contre le rogui Bou Hamara. La rivalité entre les deux fractions principales des Ait Youssi, les Aït Halli et les Ait Messaoud Ouali, lui fit connaître de rudes journées, surtout lorsque le caïd Hosein el Hallioui, ennemi du caïd Omar, vint s’établir à Sefrou et divisa la ville en deux camps. Pendant plusieurs mois la bataille se livra acharnée, de terrasse à terrasse, jusqu’à ce que le caïd Omar réussit à chasser son adversaire et à rester maître de toute la tribu. En septembre 1911, un tabor chérifien venait y tenir garnison, remplacé bientôt par les troupes françaises en mai 1912. Enfin, en septembre 1913, un arrêté viziriel organisait une commission municipale sous la présidence du Pacha nommé à la fin du mois précédent.

La population est évaluée à 7 100 habitants, dont 4 150 Musulmans et 2 950 Israélites. Ils sont répartis entre les deux groupes d’habitations isolés l’un de l’autre à quelques centaines de mètres : la Kalaâ, bloc de maisons renfermées dans une enceinte fortifiée coupée d’une porte unique, pittoresquement située à la sortie même de la gorge étroite par où s’écoule l’Oued Aggai, et la ville proprement dite, qui s’allonge sur les deux rives du fleuve devenu l’Oued El Youdi, séparée par une haute muraille crénelée de sa ceinture de jardins magnifiques sur lesquels cinq lourdes portes donnent accès.

La population musulmane se compose en grande partie de chorfas, descendants du Prophète, auxquels sont venus s’adjoindre des Berbères des tribus voisines, principalement des Aït Youssi. Ce sont surtout des agriculteurs vivant du produit de leurs terres, de leurs oliviers, des plantes et des fruits de leurs jardins, tandis que le commerce est abandonné à quelques Fasis, récemment établis, et aux Israélites, entassés dans leur sombre Mellah aux rues étroites, mal pavées et toujours boueuses, bordées de maisons mal aérées où la lumière pénètre à peine. Celui-ci date du Sultan Mérinide Yacoub ben Abdelhaqq, mais déjà sous Moulay Idris des juifs habitaient le tchar (ksar) Taoufer.

L’origine de ces Israélites n’est pas bien précise ; il en est arrivé, dit-on, d’un peu partout, mais la majorité se réclame du Tafilelt. Leur rôle est prépondérant dans toute cette région. Ils sont, en effet, les intermédiaires indispensables des tribus insoumises de la montagne qui ne peuvent pas venir sur les marchés acheter ce dont elles ont besoin. Pour éviter aux tribus de s’aventurer dans les centres commerciaux dont l’accès leur est interdit, les Israélites de Sefrou se rendent eux-mêmes chez ces tribus. Aussi étaient-ils et sont-ils encore admis partout. Voyageant sans armes, en simples colporteurs, ils ne sont jamais molestés par les Berbères qui ont besoin d’eux et ils peuvent traverser les zones les plus dangereuses sans craindre qu’aucun mal ne leur soit fait. En outre, la plupart des juifs établis à Sefrou parlent la langue berbère et sont en relations constantes avec les gens des tribus voisines qui viennent vendre leurs produits au marché et achètent en échange les marchandises qui leur sont nécessaires dans leurs douars. Ils deviennent ainsi leur sahab, chez qui ils descendent quand ils arrivent en ville. Ils leur servent à la fois de dépositaire et de courtier, leur vendent à crédit sans se faire payer d’intérêts et souvent aussi leur avancent de l’argent, mais à des taux nettement usuraires.

018-a Vue sur la ville

Vue sur la ville. Cliché vers 1917/1918 de Faure et Maîtrejean, photographes et éditeurs à Sefrou. L’oued Aggaï serpente au centre de la ville. Au premier plan, un moulin à huile, avec les olives étalées sur la terrasse.

Le marché a lieu le jeudi sur un bel emplacement situé à la porte de la ville, aménagé par le Service des Renseignements dont le chef dirige la municipalité, clos de murs, avec des pièces et des hangars pour mettre les marchandises à l’abri. Il est fréquenté par une foule nombreuse, variant de cinq cents à mille personnes appartenant à diverses tribus, les Aït Youssi, les Aït Tserrouchen de Sidi Ali, les Beni Alahen, les Marmoucha. On y fait pour 350 000 à 400 000 P. H. (peseta hassani)de transactions par an. On n’y vend pas moins de deux mille bœufs et de vingt mille moutons et chèvres dont une grande partie provient des tribus éloignées de la haute montagne non encore soumises. Les Ait Youssi Djebala y portent du bois de chauffage, du charbon, du bois de construction, de la laine ainsi que des tapis de haute laine tissés dans la montagne. Les perches en thuya, qui servent pour les terrasses des maisons pauvres, viennent du Sebou. On y trouve en grande quantité des poules et des œufs, du sel amené par les Beni Yazra ainsi que des objets en alfa tressés par cette tribu, couffins et nattes simples ou ornées de dessins de couleur, et des poteries fabriquées à Immouzer et à Bahlil, gros bourg très prospère situé à quelques kilomètres de Sefrou.

068 Entrée des souks

Entrée des souks, vers 1917/1918. Cliché Maîtrejean et Faure

079 Souk des forgerons

Souk des forgeronsvers 1917/1918. Cliché Maîtrejean et Faure

071 Sefrou Souks (4)

Souks couverts. 1930. Cliché Service photographique de la Résidence

Les différents commerçants, musulmans et israélites, qui traitent avec les Berbères et les Arabes, sont installés en dehors du Mellah, sur la rive gauche de l’Oued el Youdi où les femmes juives occupées au lavage de leur linge et au récurage de larges bassines en cuivre jettent une note gaie et pittoresque avec leurs jupes blanches et leurs grands châles sibbani en cotonnade rouge à dessins blancs dont elles se couvrent la tête et les épaules. Protégés du soleil par des claires-voies de roseaux ou de branchages, ces souqs sont bien entretenus et constamment nettoyés. Dans leurs petites échoppes surélevées les commerçants débitent des tissus, des soieries, des cotonnades spéciales grossièrement brodées de dessins aux couleurs éclatantes qu’affectionnent les femmes berbères. Les épiciers, une soixantaine environ dont huit importants, vendent du sucre, du thé, des bougies, différentes épices, et les beqqala (boutiquiers) du savon, de l’huile, du beurre et du miel, fabriqués sur place. La farine se trouve dans des boutiques à part, de même que les fruits secs, figues, dattes et raisins. Toutes les marchandises viennent de Fès où les petits commerçants vont deux fois par semaine, le lundi et le jeudi, acheter ce dont ils ont besoin, lorsqu’ils ne chargent pas simplement des âniers d’effectuer les achats pour leur compte. Quelques-uns, toutefois, principalement les Fasis récemment établis à Sefrou, se sont occupés de constituer des stocks.

Les poids et mesures dont on se sert ici sont spéciaux et diffèrent sensiblement de ceux en usage dans la capitale. Le r’tal attari pour le sucre, le café, le thé et les épices, vaut 510 grammes environ, le r’tal beqqali pour l’huile, le savon, le beurre, les fruits secs, 955 grammes, le r’tal el guezzari pour la viande 1145 grammes et le r’tal el khaddari pour les légumes 1210 grammes, tandis que le r’tal fehhami pour le charbon pèse 1020 grammes. La qala est la même, soit 55 centimètres de longueur, mais la qolla pour les huiles a une contenance de 15 litres 50 et le moud, qui équivaut à Fès à 24 litres, contient ici 36 litres environ.

Souks, clichés vers 1930.

Toute la région avoisinante de Sefrou est merveilleusement fertile, surtout dans la large vallée qui s’étend à l’est vers le Sebou et El Menzel grâce aux nombreux ruisseaux d’eau claire et douce qui dévalent des plateaux tout proches et courent gaiement à travers d’importantes plantations d’oliviers traçant de multiples sillons lumineux sous les sombres ramages. Malheureusement le sol est souvent rocailleux et les terrains cultivables sont limités. Leur valeur est assez variable ; pour les terres non défrichées on calcule de 10 à 100 P. H. l’hectare et pour celles qui sont déjà défrichées de 200 à 500 P. H.
Les propriétés sont très morcelées et les indigènes en général sont assez laborieux. Ils cultivent un peu de blé, de l’orge et surtout beaucoup de mais, dont ils font leur pain et qui donne le meilleur rendement avec deux récoltes par an. Ils plantent également du chanvre, avec lequel ils fabriquent des cordes et de la petite ficelle qu’ils vendent à Sefrou et à Fès.

On est étonné de la belle tenue des champs autour de Sefrou et de Bahlil. Il faut en rechercher la cause dans l’intérêt que porte l’indigène à ses cultures assez restreintes comme étendue et qu’il doit soigner particulièrement, mais surtout dans la fermeté du Pacha de Sefrou et du Caïd de Bahlil, tous deux intelligents, actifs et énergiques, qui ne craignent pas de mettre en prison le cultivateur dont le champ serait par trop négligé.

La vigne vient très bien à Sefrou, où l’on rencontre dans les rues et dans les cours des maisons de nombreuses treilles aux pieds vigoureux, d’une grosseur peu commune, donnant d’excellents raisins noirs et blancs, et surtout à Bahlil, où elle réussit particulièrement, sur les flancs de coteaux rocailleux favorisés par une bonne exposition et une pente convenable. Elle fournit de très grosses grappes qui sont consommées comme raisins frais et raisins secs. Les gens de Bahlil en font une gelée, samet, en mélangeant les raisins avec du sucre puis en faisant bouillir. On fabrique aussi du vin, agréable au goût et de bonne qualité.

074 En Médina

Une treille dans une rue de la médina. Cliché anonyme, vers 1930

015-a Djebel Binna

Vue prise de la route d’Annoceur : Sefrou dans les jardins et en arrière-plan, le Djebel Binna et les coteaux de Bahlil. Non datée.

Les environs immédiats de Sefrou et des différentes kasbas échelonnées dans la vallée sont couverts d’arbres fruitiers : figuiers, abricotiers, pêchers, pruniers, quelques pommiers, merisiers et grenadiers qui fournissent un excellent bois d’ébénisterie, micocouliers dont les indigènes tirent les rebords souples et solides de leurs tamis. Les noyers, très nombreux et très droits, sont inutilisés, alors qu’ils pourraient admirablement servir à fabriquer des crosses de fusil. Les gens du pays ne se servent que de sa racine dont ils mâchent l’écorce pour se blanchir les dents. Par contre, ils savent fort habilement approprier les beaux troncs de cerisiers comme tuyaux d’adduction d’eau jetés par dessus les routes et ceux de frênes pour découper et creuser de larges plateaux d’un usage presque infini. Les mûriers viennent également bien, ce qui devrait encourager ici l’élevage du ver à soie. Quant aux oliviers, on en estime le nombre à cinquante mille dans les environs de Sefrou, dont douze mille à Sefrou même et autant à Bahlil.

Grâce à l’abondance de l’eau courante et à l’excellence des terres tout autour de la ville, la culture maraîchère a pris une grande extension. Les jardins, judicieusement irrigués, et cultivés avec soin, produisent tous les légumes qu’on peut désirer : salades, choux, navets et carottes, radis, melons et pastèques. La plupart de ces légumes, en général de bonne qualité, sont vendus à Sefrou même et très peu vont jusqu’à Fès.

015 Djebel Kebir et jardins

Les jardins autour de Sefrou, avec en arrière-plan le Djebel Kébir

Le Service des Renseignements a organisé un grand jardin fort bien tenu par un jardinier de profession, un de ces soldats territoriaux du Midi de la France qui ont rendu de si appréciables services dans tous les postes du Maroc où les hasards de la mobilisation les ont amenés. Il a pu ainsi céder aux indigènes de nombreux plants d’arbres fruitiers, leur montrer comment il fallait en prendre soin, comment on faisait une greffe. Des milliers de plants de fraisiers ont été cultivés avec succès, que le Pacha et les notables de la ville sont trop heureux de se partager pour leurs jardins, par gourmandise et aussi dans l’espoir fort légitime d’un bon rendement. ]’ai encore présente à la mémoire la mimique expressive du Pacha, ployé en deux, fouillant le sol de son doigt pour expliquer plus clairement aux privilégiés réunis autour de lui les indications que le jardinier venait de lui donner pour la bonne mise en terre de ces plants.

113 La Roseraie

La roseraie du jardin municipal

L’Oued el Youdi, après avoir traversé la ville, passe au pied d’une belle mosquée sous un pont fort ancien et se précipite en une série de cascades au fond d’une gorge toute tapissée d’un épais gazon et de plantes verdoyantes, parsemée de bouquets d’arbres. Les indigènes ont habilement capté ses eaux avec divers petits canaux actionnant plusieurs moulins disposés par étages. C’est là, à peu près, la seule industrie qui existe à Sefrou. On compte une dizaine de ces moulins à blé, tandis qu’une dizaine de moulins à huile se trouvent disséminés à travers la ville. Une dizaine de cordiers s’occupent avec une roue en bois très rustique à fabriquer des cordes et des ficelles de toutes grosseurs avec le chanvre cultivé aux alentours. Quelques rares tisserands confectionnent des haiks et des burnous en laine assez grossiers. Les femmes juives fabriquent des petits boutons en toile qui servent à orner les caftans, tandis que les femmes berbères s’adonnent au tissage de tapis. Celles-ci ne travaillent d’ailleurs qu’une partie de l’année, car les tapis ne se font qu’au printemps à cause des plantes nécessaires à la teinture qu’on ne trouve qu’à cette époque.

Les moulins sur l’oued El Youdi vers 1917/18

Les Israélites fabriquent aussi quelques objets en cuivre pour l’usage personnel des habitants, chandeliers, lampes juives et flambeaux à plusieurs branches. Mais la seule industrie vraiment originale de Sefrou est celle des babouches d’une forme et d’une ornementation spéciales pour les femmes berbères. Une trentaine de savetiers israélites s’occupent de ce travail. D’un rouge grenat, ces babouches ont une semelle simple avec un bout rond très large et le derrière est relevé en languette ornée de petits pompons en laine rouge, blanche, jaune et bleue. Tout le bord ainsi que celui de l’empeigne est garni d’un mince filet de cuir vert ou jaune, parfois d’un filet jaune et vert. Souvent l’empeigne est agrémentée au sommet d’une petite languette en forme de cœur. Certaines de ces babouches sont particulièrement élégantes. L’empeigne et même le derrière de la belgha (babouche) sont surchargés de bouts de drap rapportés de diverses couleurs, assemblés en des dessins harmonieux et variés que marquent d’épaisses lignes brodées de fils d’or ou d’argent, au milieu et autour desquels sont semées à profusion les têtes gentiment ébouriffées de pompons de laine multicolores.

073-a Rue des artisans

« La rue des artisans ». Cliché Flandrin. Non daté

Placée sur la grande route de la moyenne et de la haute Moulouya par Tarzout et N’Gil, à l’intersection avec la nouvelle route vers le Sebou et El Menzel, Sefrou est surtout un point de passage, un point d’étapes pour les caravanes. Il ne semble pas que la petite ville puisse espérer grandir beaucoup, car elle ne possède pas assez de terrains pour attirer autour d’elle des agriculteurs, sauf pour la culture maraîchère. À part peut-être une petite huilerie, sa situation ne lui permet pas d’envisager la création de nouvelles industries. Par contre, son importance commerciale ne manquera pas d’augmenter au fur et à mesure que le nombre des tribus soumises s’accroîtra. Car il est certain que pendant longtemps encore les Berbères continueront à affluer à Sefrou, sans pousser jusqu’à Fès. Ils y ont leurs habitudes et trouvent les commodités qu’ils désirent chez leur sahab israélite : un gîte peu coûteux, l’écoulement de leurs produits et leur approvisionnement en marchandises.

Mais, lorsque la route, déjà empierrée sur une certaine distance, sera complètement terminée et permettra aux automobiles de venir en une demi-heure de Fès à Sefrou, la pittoresque petite ville pourrait fort bien devenir une agréable station d’été. Située à 850 mètres d’altitude, elle jouit toute l’année d’un climat excellent. La température moyenne en hiver est de I0 degrés tandis qu’en été elle reste dans les parages de 30 degrés. Avec sa jolie vallée de l’Oued Aggai, ses ruisseaux murmurants, ses chemins creux, délicieux de fraîcheur, ses jardins toujours verdoyants, délicatement teintés de rose et de blanc par les coupoles fleuries de leurs arbres fruitiers, sa vue admirable sur les lointaines montagnes bleuâtres des Beni Ouarain que domine la cime neigeuse du Bou Iblan, elle est un vrai séjour de calme et de repos. Bientôt aussi, ce joyau, pur diamant serti d’émeraudes, deviendra un point d’arrêt pour les touristes se rendant vers la haute montagne au delà de Tarzout et d’Almis ou vers les gorges du Sebou et de la riante vallée d’El Menzel, quand il leur sera permis de parcourir librement ces routes ouvertes par nos troupes glorieuses, dont nos postes avancés auront assuré la parfaite sécurité.