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תעודת פליט של גברת לבנה זמיר

להלן מייל שקיבלתי מגברת לבנה זמיר, יו"ר התאחדות עולי מצרים בישראל……באדיבותה ובאישורה אני מפרסם את תעודת הפליט שלה….היום הוכרז כיום הפליט של יהודי ארצות ערב….בשעה 11.00 יועבר שיעור לבתי ספר בנושא הנדון….ושנה זו ואילך, ה-30.11 מדי שנה הוא יום לפליט של יהודי ארצות ערב…….תעודת פליט

היי אלי,
כפי שהבטחתי, רצ"ב תעודת פליט שקבלו יהודי מצרים, מהנציג העליון של האו"ם לפליטים.
כי ברגע שהיהודים יצאו או גורשו, ממשלת מצרים מחקה את נתינותם המצרית, והם הפכו לחסרי-נתינות. זאת מלבד כל אלה שהיו באמת חסרי נתינות מלכתחילה, כי ממשלת מצרים סירבה לתת להם נתינות אפילו אלה שחיים שם כבר דורי דורות.
אשמח אם תעביר לי אחר כך את כתובת הFACE BOOK שלך.
בברכה חמה.
ושבוע טוב.
לבנה.
נ.ב.: אם אתה ליד מחשב ביום א' (היום) 30.11 בשעה 11:00, אז להלן הלינק של השיעור שמשרד החינוך הפיק והוא ישודר במחשבים של כל בתי הספר בכתות ה עד ט'. הנה הלינק:
האם יש לך מושג איך עושים כדי להקליט את השיעור בזמן שהוא משודר במחשב ? כי זה שידור חד פעמי ואני לא יודעת איך שומרים אותו.

COSTUMES PORTES PAR LES MUSULMANES MAROCAINES A FES

COSTUMES PORTES PAR LES MUSULMANES MAROCAINES A FES

Publié le 11/03/2015 à 21:17 par rol-benzaken
http://rol-benzaken.centerblog.net/5406-costumes-portes-par-les-musulmanes-marocaines-a-fes

Fès était la métropole de la mode, pour deux raisons, d'abord parce qu'elle était le centre et l’emporium du commerce, avec ses dépôts, son organisation de répartition et ses filiales, ensuite parce qu'elle était la métropole aristocratique (qu'elle est du reste demeurée) et le siège de la cour impériale (qu'elle n'est plus)

C'est cette farajia qui a subi le plus les transformations et les fantaisies de la mode ; il y a quelques années, on l'avait taillée de la mobra (traduction de veloutine) dont les motifs en velours taillé ressortaient en coloris riants sur le fond blanc ; depuis, on a fait plus charmant encore : dans le crêpe georgette ou marocain, décoré de larges motifs, mais revenant au caftan de « meulf » ou drap fin pour signaler que deux attraits le rehaussaient : le coloris clair, et les ganses tressées à petits boutons le découpant en ligne droite du haut en bas

La gamme de ces coloris est extrêmement riche, leur nom en arabe est généralement fantaisiste mais fait image : le faghiti, pour le gris souris, de plus en plus à la mode, le romadi (cendré) en gris clair, le caoui (café) marron ; dans les roses, le fanidi qui évoque assez bien le rose des bonbons, le hammoussi, le fjili de radis ; le « raie sultana », les joues de sultana, célèbre chikha juive amie de Moulay Hafid ; les jaunes : sefri, kébriti (bouton d'or) ; les verts : zitouni, khodarabi, gharchoufi, dont vous pouvez vous-même traduire la nuance ; les bleus : amaoui (dédaigné), le djinjari, riant, très clair, le bleu sombre « bernata », etc … car on en passe et des meilleurs et vous donner une idée de la richesse de cette gamme de tons répondant en vérité à un goût très sûr de cette classe évoluée qu'est celle des marchands

Dans les mousselines, les « brenthek » déjà pour la classe pauvre, les ayatis de sondouk (mousselines ou baptiste de la caisse) souvent fins et riches ; et ces fines pelures soyeuses dont le nom « telge al djebel » (la neige de la montagne) évoque poétiquement le blanc candide

Dans les damas enfin, les lampas, chargés de coloris, et les lourds satins brochés d'or pour caftan de cérémonie, où la mariée paraissait engoncée de multiples et lourdes enveloppes, s'appelaient de noms divers et emphatiques, dont le plus typique est le « denia jat » (le monde est arrivé), qu'un français ne saurait traduire dans sa terminologie moderne que par « épatant » ou formidable

Les foulards de tête, « sbenia », dont les commerçants astucieux font changer annuellement les dessins et les décors par leurs correspondants lyonnais, ont porté et portent toutes sortes de noms plaisants ou imagés, on a vu de toutes sortes de ces noms « self madame », la plume de madame (du temps où les françaises portaient des chapeaux), chemrir d'genenar, la piscine, les roses, le jet d'eau, le minaret, et même cette dénomination saugrenue : «  khaliat d'el karane fi droze », le pas du cocu dans l'escalier

Les sobriquets

Du reste, sous le rapport des sobriquets, les Fasis furent toujours fertiles en invention, d'aucuns comme « tsioukiatek hamman drif » ne sont que de simples expressions argotiques, ou « ksi ni ounsi ni » (revêts-moi et oublie moi) trahissent assez bien l'universel esprit féminin et ne peuvent plaire qu'à demi au mari qui lui, n'a pas oublié l'hémorragie de sa bourse

Pour la ceinture, si les dames ont conservé leur faveur à la m'dama, brochée d'or, des meilleurs mealemin de la chemaïne, celle-ci s'est allégée et est ornée de nos jours par des motifs floraux, moins géométriques et moins lourds.

Pour les hommes, cette ceinture en soie brochée est assez mince

Elles est souvent remplacée par le cherichaker, en cotonnade brochée marron clair sur fond blanc

Coiffures

Le fez tronconique de jadis, importé fort longtemps d"Autriche, a été progressivement abandonné pour une sorte de bonnet de police fendu en son axe, assez disgracieux (faute de visière) mais dont les teintes sont nettement copiées sur le goût occidental de nos meilleurs chapeliers : gris clair, vert sombre, marron de nos feutres classiques

La razza n'a pas été pour autant abandonnée, bien au contraire, on connaît sa signification religieuse et son destin supposé de suaire ; beaucoup continuent à en combiner le fez

Comme le seroual ample et informe comme un sac, la « tchamir » ou chemise est commune à l'homme et à la femme, en merzzaïa blanche, il ressemble exactement dans sa ligne droite et son ampleur à notre chemise de nuit. Il est boutonné haut par un col droit

A vrai dire, cette chemise disparaît, vite remplacée par la chemise européenne, tant chez l'homme que chez la femme qui a eu tôt fait d'apprécier le luxe des dessous féminins de Paris

Reste à vous parler du « tham » ou voile qui rehausse plutôt qu'il ne cache la beauté du visage en magnifiant l'éclat et le velouté des yeux

Le « tham » qu'adoptent même désormais, les femmes du bled venant en ville (ici la régression est plutôt à évoquer) a été ces dernières années sujet à des modes que le nationalisme naissant inspire, puisqu'on vit des inscriptions à la gloire du Sultan et même son effigie, tend à devenir uniformément noir ou bleu de nuit ce qui est infiniment seyant

 

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L’histoire oubliée des camps marocains-Le camp Sidi El Ayachi

L’histoire oubliée des camps marocains

http://rol-benzaken.centerblog.net/2758-le-camp-sidi-el-ayachi

Après la Seconde Guerre mondiale ça été un cauchemar pour les juifs d’Europe. Mais ce que l’on connaît moins, c’est que des centaines parmi eux ont été contraints de « chercher refuge » enAfrique du Nord, particulièrement au Maroc, dans l’espoir de transiter vers des pays d’accueil en Amérique du Nord ou au Canada 

Cet ancien camp militaire, situé près d’Azemmour, au sud de Casablanca, à l’embouchure de l’Oum Rabi‘, fut transformé en camp régulier pour les réfugiés en transit, c’est-à-dire qu’il n’est pas à confondre avec les camps de travail. Il a reçu, à plusieurs reprises, la visite du consul américain à Casablanca dans le but d’y améliorer les conditions de séjour

Un rapport de la Croix-Rouge internationale, daté de Genève le 17 août 1942, nous apprend qu’il héberge à cette date 288 personnes (dont 138 hommes, 99 femmes et 51 enfants)

La plupart de ces réfugiés étaient espagnols (86 personnes), le reste composé de nationalités diverses. Ledit rapport constate que les conditions générales y étaient plutôt confortables ; mais il signale également que des marins belges et norvégiens qui y étaient internés en mai 1942 ont été transférés dans un camp à Oued-Zem après une tentative d’évasion

En l’absence d’un lieu de culte israélite sur place, les juifs de ce centre pouvaient se rendre à une synagogue à Azemmour

Parmi les « réfugiés » juifs qui ont séjourné à Sidi el Ayachi, mentionnons le cas du futur philosophe Stéphane Mosès, décédé à Paris en décembre 2007

C’est pendant l’été 1938, qu’il arriva en famille au Maroc venant de Hollande où ses parents s’étaient installés depuis qu’ils avaient quitté l’Allemagne en 1937

En 1939, la petite famille fut rejointe par les grands-parents en provenance de Berlin

Mais l’avènement de la guerre allait bientôt assombrir la joie des retrouvailles. Les uns furent internés comme « étrangers ennemis » (ex-Allemands) à la prison pour femmes de Casablanca, les autres incarcérés pour le même motif au pénitencier de Port-Lyautey (Kénitra)

Plus tard, en avril 1942, les autorités vichyssoises de Rabat procédèrent à l’internement de la famille Mosès, parce que juive, à Sidi El Ayachi qu’elle ne quittera qu’au lendemain du débarquement américain

AUTEUR Jamaâ Baïda

Le Sultan du Maroc n'a jamais protégé les Juifs

'Le Sultan du Maroc n'a jamais protégé les Juifs'

Publié le 31/03/2014 à 17:47 par rol-benzaken
 
A cette légende diffusée par les Juifs du Maroc répond une légende tout aussi dorée véhiculée par les Marocains eux-mêmes ? 
Oui et pour ces derniers, le départ des Juifs du Maroc constitue une blessure, car il marque l'échec de l'intégration des Juifs à leur État nouvellement indépendant, tout comme il montre à quel point le nationalisme marocain est fermé et fondé sur l'islam. Les Marocains ont donc intérêt à présenter le passé comme une coexistence heureuse perturbée et sapée par le développement du sionisme, la création de l'Etat d'Israël et le départ des Juifs qu'ils considèrent comme une manipulation des sionistes. Georges Bensoussan est un historien essentiel, passionné mais rigoureux dont les travaux révèlent avec clarté et donnent forme à ce qui n'est que bribes d'histoire chez ceux-là même qui ont vécu cette histoire. Comment peut-on aider à développer ses travaux ? Selon G. Bensoussan, ni Mohammed V ni Hassan II n'ont jamais protégé les Marocains de confession juive : G. Bensoussan nous apprend que Mohammed V obéissait scrupuleusement au régime de Vichy. Et, il y'a quelques semaines, Jacob Cohen nous rappelait qu'Hassan II les avait carrément vendu aux agents sionistes.
 
Georges Bensoussan : 'Le Sultan du Maroc n'a jamais protégé les Juifs'

Georges Bensoussan : 'Le Sultan du Maroc n'a jamais protégé les Juifs'

Le Roi Mohammed V du Maroc est dépeint comme le sauveur des Juifs lorsque son pays était sous l’autorité du gouvernement de Vichy entre juin 1940 et novembre 1942. Auteur d’une somme remarquable* sur les Juifs en pays arabes, l’historien français Georges Bensoussan démonte ce mythe dans l'entretien qu'il nous accorde.

Georges Bensoussan est un historien français né en 1952. Spécialiste d'histoire culturelle de l'Europe des XIXe et XXe siècles, et en particulier des mondes juifs. Ses travaux sont notamment consacrés à l'antisémitisme, à la Shoah, au sionisme et aux articulations entre Histoire et mémoire. Il est rédacteur en chef de la Revue d'histoire de la Shoah et responsable éditorial au Mémorial de la Shoah (Paris). Il essaie de placer la Shoah dans l'histoire globale du monde et de l'Occident en montrant qu'il s'agit d'un aboutissement, et non d'une anomalie. Il est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages.

L'historien français d'origine marocaine Georges Bensoussan s'attaque à l'un des mythes fondateurs de la légendaire gentillesse et humanité du sultan Mohamed V. Dans son dernier ouvrage, « Juifs en pays arabe : Le Grand déracinement 1850-1975?, paru chez les éditions Tallandier, Bensoussan retrace l'histoire des communautés juives d'Afrique du Nord et du Proche et Moyen-Orient, dont certaines sont vieilles de deux millénaires.
Georges Bensoussan : 'Le Sultan du Maroc n'a jamais protégé les Juifs'
Considérant que jusqu'ici la lecture de l'histoire des communautés juives en terre arabo-berbère s'est faite de manière superficielle, parfois passionnelle, Bensoussan a réécrit cette histoire en s'appuyant sur une documentation inédite et colossale qui provient en partie des archives de l'Alliance israélite universelle qui possédait avant les grandes émigrations juives vers Israël un réseau d'écoles implantées dans les pays arabes.
En ce qui concerne le Maroc, pays qu'il connait bien puisqu'il y est né en 1952, Bensoussan provoque un choc en taillant en pièces la légende du sultan Mohamed V sauveur des Juifs marocains lors de la Seconde Guerre mondiale.
Dans son ouvrage, Bensoussan considère que non seulement Mohamed V n'a jamais rejeté les statuts des Juifs de Vichy en octobre 1940 et en juin 1941 , mais qu'il a plutôt « profité de la situation ». Bensoussan assure que le sultan a appliqué à la lettre ces deux statuts et que c'est seulement sur le volet économique qu'il a tenté de protéger ses sujets juifs. « Cette intervention n'est pas désintéressée, car elle sert surtout les intérêts économiques du Makhzen (gouvernement du Sultan). Sur l'essentiel, le sultan Mohamed n'a pas protégé les Juifs puisqu'il a même promulgué les statuts des Juifs en Dahir (décret) chérifien », explique Georges Bensoussan dans une interview au site Egalité et réconciliation.
D'ailleurs, enfonce l'historien français, Mohamed V ne pouvait aucunement sauver quiconque puisqu'au Maroc « la réalité du pouvoir appartient au Résident général, c'est-à-dire à la France ».
Quant à la fameuse rencontre du sultan avec les dirigeants juifs au printemps 1942, elle a eu lieu à « titre privé », rappelle Bensoussan, pour leur exprimer « en privé » qu'il est personnellement contre les mesures prises par Vichy et qu'il a pourtant promulguées au Maroc. « En revanche, à titre officiel et publiquement, il ne prend aucune mesure en faveur des Juifs. Pire, il traduit les statuts des Juifs en Dahir chérifien ! », explique Bensoussan.
L'opposition du sultan au port de l'étoile jaune sur les vêtements des Juifs marocains est une fable dit Bensoussan puisque le port de ce distinctif n'a jamais été d'application en Zone libre, c'est-à-dire sur l'ensemble du territoire français placé sous l'autorité du gouvernement de Vichy. Et le Maroc (comme l'Algérie) faisait partie de la Zone libre. Seule la Tunisie s'est vue appliquer le port de l'étoile jaune dans la région de Sfax pendant les six mois qu'a duré l'occupation allemande. Or, les Allemands n'entrent pas au Maroc. Le sultan Mohammed n'a donc jamais eu le moindre contact avec les Allemands. Il n'y a donc jamais eu d'étoile jaune au Maroc.
Il ne reste plus maintenant qu'à entendre la version historique marocaine sur ce véritable tsunami qui met à mal ce mythe largement entretenu par le Makhzen pour se donner une image différente des autres autocraties arabes.URL courtehttp://www.demainonline.com/?p=23399

Georges Bensoussan : 'Le Sultan du Maroc n'a jamais protégé les Juifs'
Georges Bensoussan : 'Le Sultan du Maroc n'a jamais protégé les Juifs'

Los Judios De Tetouan يهود الملاح تطوان المغربية

 

Los Judios De Tetouan يهود الملاح تطوان المغربية

Les huit dynasties de l’histoire du Maroc

Les huit dynasties de l’histoire du Maroc

  Depuis la fondation du royaume du Maroc que l’on peut dater de l’avènement d’Idriss 1er en 789 ap JC à Volubilis, huit dynasties se sont succédées presque sans interruption jusqu’à l’heure actuelle. Celle qui a perduré le plus longtemps est la dynastie des Alaouites qui règne depuis 1664, date à laquelle Moulay Rachid, chérif du Tafilalet, a commencé à réunifier le pays après un interrègne de 5 cinq ans suite à l’effondrement de la dynastie Saadienne en 1659.

Moulay Idriss 1er est un descendant du prophète, arrière petit-fils d’Hassan, fils du 4ème calife Ali et de la fille du prophète Fatima. Fuyant une vague de persécutions au proche-orient, il finit par arriver au Maroc après de longues pérégrinations et se met sous la protection de tribus berbères qui le reconnaissent premier imam.

LIdrissidesa dynastie idrisside règnera jusqu’en 985 après une décadence de près de 80 ans et s’effondrera sous la pression conjuguée des Omeyyades, des zirides vassaux des fatimides et de la tribu dissidente des zenatas. On lui doit la première tentative d’unification du Maroc avec son Etat central organisé, le Makhzen, ainsi que la fondation de la ville de Fès en 807, cette date étant encore discutée entre les historiens.

La seconde dynastie, celle des Almoravides ( XIème -XIIème siècle) connaîtra un destin encore plus prestigieux. Elle est issue d’une tribu berbère saharienne, les Sanhaja et d’un mouvement religieux rigoriste malékite impulsé par le prédicateur religieux Abdellah Ibn Yassin et un chef local. Son influence s’étendra de l’Andalousie au nord et jusqu’en Afrique noire au sud et de l’océan atlantique à l’ouest à l’Algérie de l’ouest. Le terme almoravide vient du Ribat, couvent fortifié.

Empire_almoravideCette dynastie connaîtra de nombreux succès militaires, notamment en Andalousie où le troisième émir et premier sultan almoravide Youssef Ibn Tachfin, remportera la fameuse victoire de Zallaca ou Sagracas contre les forces coaliguées de la Reconquista et reprendra le royaume de Valence à la veuve du Cid. Appelé par l’émir de Séville Al Motamid ibn Abbad, également grand poète, inquiet de l’avance désastreuse de la reconquête, notamment après un raid de la reconquista jusqu’en méditerranée (« Mieux vaut devenir chamelier en Afrique que porcher en Castille »), Youssef Ibn Tachfin mettra fin aux premiers Reyes des Taifas, ensemble de petits états musulmans rivaux issus de l’effondrement subit du califat Omeyyade et rassemblera sous la suzeraineté almoravide l’ensemble de l’Espagne musulmane. Son fils Ali ben Youssef infligera également une terrible défaite à la Reconquista lors de la bataille d’Uclès en 1108, dite également bataille des sept comtes, où l’unique fils du roi de Castille trouva la mort. Par leurs nombreuses victoires, certaines décisives, et leur combativité, on peut considérer que les dynasties marocaines almoravides et almohades ont repoussé la reconquête espagnole de deux siècles.

A cette dynastie on devra la fondation de Marrakech sous l’impulsion de Youssef Ibn Tachfine. Sous son empire aura cours une monnaie prestigieuse, le marabétin, ancêtre du maravédi, monnaie de si bon aloi qu’elle servira de monnaie d’échange en Europe jusqu’en Scandinavie, les européens s’en servant car ayant peu de confiance dans leurs propres monnaies, et jouera un rôle déterminant dans le développement économique et civilisationnel européen du XIIème siècle. Il faudrait revenir sur cet aspect méconnu de l’histoire de l’Europe. La reconquête de Marrakech en 1147 par les almohades après de rudes combats et une très vive résistance où des mercenaires chrétiens seront employés, notamment le célèbre mercenaire catalan Reverter sonnera le glas de son pouvoir même si des résidus des almoravides subsisteront encore presque un siècle notamment aux Baléares.

Pour ceux qui s’intéressent à cette période passionnante de l’histoire de l’Afrique du nord et de l’europe, se référer au formidable ouvrage de la fondacion el legado andalousi en français « Itinéraire culture des almoravides et des almohades ».

Les almohades (al mouhawwiddun, « qui proclament l’unité divine ») sont issus d’un mouvement religieux rigoriste impulsé par le prédicateurs religieux Mohammed Ibn Toumert) soutenu par son premier lieutenant Abdelmoumen en 1130 à Tinmel. Ce mouvement, composé d’une confédération de tribus berbères dont le noyau est la tribu des Masmoudas, va entamer la difficile reconquête du Maroc qui va se terminer avec la sanglante prise de Marrakech et va fonder l’empire du Maroc le plus prestigieux et celui qui va laisser l’empreinte la plus importante à travers un nombre impressionnant de monuments, de murailles encore visibles au Maroc et en Espagne, notamment la fameuse Giralda de Séville et son équivalent à Rabat au Maroc, la tour Hassan. Sous son empire fleuriront les arts et les lettres. S’y épanouiront entre autres des philosophes comptant parmi les plus importants de la pensée humaine, notamment les fameux Averroes (Ibn Rushd), Avicennes (Ibn Sina) ainsi que Maïmonide…

Extensions_AlmohadesCet empire guerrier et conquérant s’illustrera en Andalousie et posera de rudes soucis à la Reconquista et ses ordres guerriers comme ceux d’Alcantara et de Calatrava. Sa plus grande victoire est la victoire décisives d’Alarcos en 1194 remportée par le calife Yacoub Al Mansour sur les forces coalisées de la reconquista menées par le roi de Castille Alphonse VIII de Castille . Son déclin commencera après la défaite décisive de Las Navas de Tolossa (1212) contre le même roi de Castille même si la reconquête de l’Andalousie par les espagnols, excepté le royaume de Grenade qui perdurera jusqu’en 1492, mettra encore une soixantaine d’années pour se faire.

Il est important de souligner que le mouvement almohade s’érigera en califat et non en sultanat à l’instar de toutes les autres dynasties marocaines à l’exception récente des alaouites quand le sultan Mohammed V s’érigera en roi en 1956 à la fin du protectorat français (1912-1956). Cela signifie que les califes almohades ne reconnaîtront aucune autorité religieuse supérieure même nominale, par exemple celle du calife de Bagdad.

Les mérinides sont issus d’une tribu berbère d’origine zenata qui se met d’abord au service des almohades puis se soulèvent à leur désagrégation. Ils réussissent à se tailler une principauté dans le nord du Maroc et leur influence est basée entre Taza et Fès qu’ils enlèvent en 1248. En 1269 ils renversent définitivement les almohades en prenant Marrakech en 1265. Ce sera la dernière dynastie marocaine à intervenir épisodiquement en Andalousie où ils remportent quelques victoires notables entre 1275 et 1340 mais leur défaite à Tarifa marque la fin de leurs interventions dans la péninsule ibérique.

Au pouvoir entre 1269 et 1465 ils occupent épisodiquement une grande partie du Maghreb et le sud de la côteMedersa_bou_inania_meknes espagnole, ils ont laissé une empreinte importante sur le Maroc où l’on peut encore admirer nombre de leur monuments comme la médersa Bou Inanya à Fès ou la Médersa de Salé ou encore le minaret de la mosquée de Mansourah à Tlemcen. A l’origine composante du pouvoir almohade dont ils sont un résidu comme les Hafsides de Tunis issus du cheikh Abou Hafs, cheikh almohade devenu gouverneur de Tunis et dont les descendants se proclamèrent indépendants à l’effondrement du pouvoir almohade, ils en respectent les symboles et font longtemps dire la prière au nom d’Ibn Toumert dans leurs mosquées. Les sultans mérinides sont presque tous enterrés dans la nécropole du Chellah à Rabat.

La dynastie wattasside est une petite dynastie intermédiaire qui fut créé dans un Maroc en déclin dans un contexte de crise politique, sociale, culturelle et financière. Apparentés aux mérinides à qui ils ont longtemps servis de vizirs, ils sont aussi d’origine berbère zenata et ils finissent par se proclamer sultans en 1472. Ils vont régner dans un petit royaume de Fès dans un pays divisé et ne respecteront pas leur promesse de contenir l’avancée des espagnols et des portugais. Ils seront définitivement chassés du pouvoir par les Saadiens en 1554.

Les Saadiens sont une dynastie arabe chérifienne ayant régné sur le Maroc de 1549 à 1660. Saadiens-1591Ayant fait reconnaître leur autorité sur le sud du Maroc par les Wattassides, ils finissent par renverser définitivement ces derniers en 1554. Ils jouissent d’une certaine popularité en menant la guerre contre les portugais qu’ils finissent par chasser définitivement du pays. Leur principal fait d’armes est leur victoire d’Alazarquivir en 1578 dite également bataille d’Oued el Makhazine ou bataille des trois rois car au cours de celle-ci, trois rois décédèrent dont le roi du Portugal Don Sébastien. A la suite de ce désastre le royaume du Portugal sera annexé par l’Espagne de Philippe II pendant près de 80 ans. Leur empire s’étendra jusqu’à Tombouctou et Gao, le Soudan mais en arabe Soudan signifiait « pays des noirs » et non le Soudan actuel. Les rançons des prisonniers faits à Alazarquivir et l’or qui afflue du Soudan feront la fortune du sultan Al Mansour « le doré » ou « le victorieux ». Leurs querelles intestines et les interminables guerres civiles qui s’ensuivront faciliteront l’accès au pouvoir des Alaouites, dynastie qui règne jusqu’à l’heure actuelle au Maroc.

La dynastie Alaouite est la dynastie qui règne sur le Maroc depuis la seconde moitié du XVIIème siècle. Venus du Hedjaz, ils s’installent au Tafilalet, dans le sud du pays et deviennent sultans du Maroc à la suite d’une période d’instabilité ayant suivi le décès du dernier sultan de la dynastie des saadiens en 1659 et durant laquelle le pays est morcelé en plusieurs États indépendants, l’autorité centrale échouant aux mains des dilaïtes. Moulay Rachid, troisième prince alaouite du Tafilalet, réunifie le pays entre 1664 et 1669 et réinstaure un pouvoir central, marquant ainsi le début de la dynastie alaouite du Maroc, qui est toujours à la tête du royaume de nos jours.

Les Alaouites ont eu pour plus célèbre représentant Moulay Ismael, qui gouverna le pays pendant 55 ans (1672-1727). Il réorganisa le Maroc et en assura la pacification, après avoir mené une série d’expéditions militaires contre des tribus insoumises, les turcs ottomans et les chrétiens. Il affermit ainsi la domination du pouvoir central, le makhzen (mot arabe signifiant « magasin », « grenier », c’est-à-dire le trésor royal et les approvisionnements, une métonymie pour désigner le territoire soumis à l’impôt perçu et donc contrôlé par l’État) par opposition au bled es Siba (« pays du désordre », les pouvoirs locaux des tribus, jalouses de leur indépendance). Roi bâtisseur, il fonda Meknes et y installa sa capitale. Sa mort marque l’entrée dans une période troublée avec les révoltes montagnardes, l’opposition religieuse des confréries, les années de sécheresse et de famine, les épidémies (notamment la peste en 1797-1800), qui provoquèrent un effondrement démographique, la montée des caïds et le repli du Maroc sur lui-même jusqu’au protectorat.

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Assassine a Auschitz.Yehiel Michoel Friedman

Assassine a Auschitz.Yehiel Michoel Friedman 

Publié le 03/05/2016 à 11:40 par rol-benzaken 

Le discours bouleversant de Maître Benjamin Brafman à l’occasion de Yom Hashoah.
je n’ai pas survécu – j’ai été assassiné à Auschwitz.
Mon nom est Yechiel Michoel Friedman. J’ai été « assassiné » à Auschwitz. Je ne suis pas mort à Auschwitz. J’ai été « assassiné » à Auschwitz.
Vous ne me connaissez pas. Aucune des personnes présentes dans cette salle ne m’a jamais rencontré ; pas même mon propre petit-fils, Ben Brafman, qui, lui non plus, ce n’est un secret pour personne, ne m’a pas connu. Je lui ai permis de parler pour moi ce soir, mais ce n’est pas son discours. C’est mon discours. Mon petit-fils parle pour moi, parce que, si j’ai été assassiné, je n’en ai pas pour autant été réduit au silence. Vous devez vous souvenir de ma vie et de mon assassinat – non pas de ma mort – mais de mon assassinat. L’assassinat de ma famille – de votre famille – de tant de familles …
Ceci est mon histoire, une histoire vraie, une histoire triste, une histoire horrible.

Mon histoire, comme tant d’autres, commence merveilleusement bien, se poursuit difficilement et se termine tragiquement mais sa fin n’en est pas vraiment une, Baroukh Hachem ; puisque, même si une grande partie de ma famille et moi-même avons été brutalisés et assassinés, une autre partie elle, a survécu par miracle. Du fait que certains ont survécu, mon petit-fils existe, il est là pour parler en mon nom, vous raconter l’histoire de son grand-père « mon » histoire, l’histoire de ma vie et l’histoire de ma mort. L’histoire de vies qui furent brutalement interrompues, la mienne, celle de Malka ma femme bien-aimée, celle de Sima ma fille si jolie, si gracieuse, celle de son mari Yaacov jeune et vigoureux et celle de leur bébé, ma petite-fille, ma « première » petite-fille, Chaya Sarah. Ma petite Chaya Sarah, qui, à deux ans, fut arrachée des bras de sa mère, hurlant de terreur et jetée dans un four à Auschwitz comme un objet sans valeur, comme si elle n’était que quantité négligeable.
Alors aujourd’hui, je prends publiquement la parole pour vous dire que ma petite Chayala était loin d’être un objet sans valeur, elle avait de la valeur, nous en avions tous.
Chaya Sarah était la seule petite-fille que j’ai eue. Je l’aimais comme seul un grand-père peut aimer ses petits-enfants. Les tueurs nazis l’ont assassinée, et avec elle 1.500.000 autres enfants juifs. Ils nous ont pris notre nachat – notre vie, notre joie et notre espérance. Ils ont pris nos bébés et les ont transformés en cendres.
Aujourd’hui, je m’adresse à vous ou plutôt ma Néchama s’adresse à vous,une âme venue du Ciel, assise aux cotés de celles des millions de mes frères et sœurs à une place d’honneur qui nous est réservée. Nous sommes ceux que vous appelez Kedoshim (saints) dont les vies furent brisées, anéanties uniquement parce que nous étions juifs. Voici presque 70 ans, nous fûmes massacrés avec sauvagerie et brutalité lorsqu’un pays se trouva dirigé par des sauvages, tandis que le monde civilisé, dans son ensemble, observait en silence, décidant qu’il était « permis d’écraser la tête d’un enfant de deux ans et de la jeter ensuite, encore vivante, hurlant de terreur, dans un four, qu’il était permis aussi de gazer et de brûler et d’assassiner ses parents et grands-parents ». Une nation civilisée, une nation cultivée, a commis ces crimes et un monde tout aussi civilisé l’a laissé faire, n’essayant en rien de mettre un terme à cette tuerie.

Le monde entendit nos cris, mais ne s’en soucia guère. Le monde sentit l’odeur de notre chair brûlée, mais préféra tourner le regard. Le monde entendit crier mon Chayala qui réclamait sa mère et choisit de ne rien faire. Car Chayala était un enfant juif et qu’en ce temps-là, l’assassinat systématique des enfants juifs, entrepris de manière efficace et organisée par des monstres revêtus d’uniformes légitimes et officiels, était un fait acceptable. On l’encourageait, on applaudissait des deux mains. Les meurtriers étaient récompensés, on leur remettait des médailles, on les saluait, on les traitait en héros, ceux qui tuaient nos enfants – ceux qui tuaient ma petite-fille.
Comment une telle chose a t-il pu nous arriver? Pourquoi et comment le monde a-t-il pu devenu si abject et si sombre?

Je me souviens de notre vie avant Auschwitz, une bonne vie, une vie tranquille et pieuse, centrée autour de ma famille, ma femme, Malka, nos filles, Sima, Ruchele, Hencha, Hinda, mon adorable petit garçon, Meir, le mari de Sima, Yaakov, et leur bébé, ma précieuse petite Chayala.
Nous vivions à Kiviash, une petite ville en Tchécoslovaquie, tout près de la frontière hongroise. J’avais reçu une bonne éducation, je devins professeur d’Hébreu. Notre famille était une bonne famille. Nous étions pauvres mais respectés. Nous étions honnêtes, gentils, serviables et vivions parmi d’autres familles toutes aussi gentilles et respectées, des familles merveilleuses. Nous n’avions aucun ennemi.
Je n’avais jamais élevé la voix en colère, jamais, jusqu’à ce jour à Auschwitz, où ils assassinèrent ma petite-fille. Le monde alors m’a entendu, mais ne m’a pas écouté, pendant qu’ils essayaient par tous les moyens de détruire ma famille. J’ai crié si fort, j’ai hurlé de douleur de toutes mes forces pendant si longtemps, mais les assassinats ont continué. La fumée et le gaz ne s’arrêtaient pas, le feu rugissait et je suis toujours aussi en colère. Maintenant, j’élève ma voix, non pas pour me plaindre, mais pour vous empêcher d’oublier – pour vous réveiller, vous extirper de votre torpeur car ce qui est arrivé à ma famille peut se reproduire, d’ailleurs, en fait, cela en en train de se reproduire!

Aujourd’hui, moins de 70 ans plus tard, les monstres refont surface et nous menacent de nouveau. Ils tuent des familles juives, tuant nos beaux, nos précieux enfants. Comme ce fut le cas à Itamar en Israël, où la famille Fogel fut massacrée et où encore, une fois de plus, de jeunes enfants innocents furent assassinés parce qu’ils étaient juifs.
Oudi et Ruth Fogel assassinés parce qu’ils étaient juifs! Leurs enfants, Yoav, 11 ans, Elad, 4 ans et Hadas, 3 mois – égorgés comme à l’abattoir, alors qu’ils dormaient paisiblement dans leurs lits.

Je dois donc vous raconter mon propre assassinat. Il le faut. J’ai besoin de vous faire revivre cette horreur, cette terrible perte, pour que vous puissiez comprendre et vous souvenir, pour que vous puissiez ressentir véritablement la Shoah – ce que le monde appelle l’Holocauste. Cela doit être réel même pour ceux d’entre vous qui n’étiez pas là. C’est bien plus qu’un mot – Shoah. Vous devez ressentir la terreur qui fut la nôtre, pas dans le seul but de vous attrister ou déclencher votre colère, mais également pour éveiller votre vigilance.
Si ce que je vais vous raconter vous dérange et vous perturbe, tant mieux ! Si la franchise de mes propos, mon manque de délicatesse pour vous décrire la terreur de ce temps, les assassinats cruels, la brutalité, vous donnent des cauchemars ce soir – encore mieux. Je veux vous effrayer, je veux que vous soyez tristes et en colère et amers et vigilants – mais je veux aussi que vous soyez fiers, parce que la fin de ma propre histoire, bien que triste, ne fut cependant pas la fin.
Consolez-vous en sachant qu’« ils n’ont pas gagné ». Les assassins nazis nous ont tués, moi et des millions de Juifs comme moi, mais ils n’ont pas gagné. Ils n’ont pas tué toute ma famille, ou toute votre famille. Les meurtriers et leur armée de monstres n’ont pas tué le peuple juif, ils n’ont pas exterminé Klal Yisrael – ils ne nous ont rendus que plus forts.
Aujourd’hui, les Juifs sont en vie, Israël est fort, ma famille, vos familles, sont ici et nous devons continuer à nous souvenir du monde de nos parents, grands-parents, arrières grands-parents et de tous les enfants, qui furent gazés et incinérés.

Ma famille est là aujourd’hui pour vous aider à comprendre la nature de la haine qui peut permettre à un pays de brûler, gazer et matraquer des nouveau-nés, des nourrissons, des tout-petits; de les mitrailler et de les jeter dans des fosses communes ou dans des camions, puis encore vivants, les jeter dans de grands fours, ou les utiliser, conscients et bien en vie – pour de cruelles et perverses expériences médicales.
Tant d’enfants, des petits Kinderlach qui crient, qui pleurent, qui appellent leur maman et leur Tattie, leur Bobbie et leur Zayde – Entendez-vous les pleurs de ces enfants? Leurs cris sont si forts – J’entends encore ma Chayala, 70 ans plus tard. Entendez-vous ses cris? Entendez-vous ceux des membres de votre famille? Ceux que vous ne pourrez jamais rencontrer et avoir la chance de connaitre. Entendez-vous leurs cris?
Lorsque vous êtes au lit, en attendant que le sommeil vous gagne, tendez l’oreille. Ecoutez bien. Faites un effort. Vous pourrez alors les entendre dans votre esprit et dans votre cœur.
Écoutez et vous pourrez aussi entendre les cris de Tamar Fogel, âgée de 12 ans qui, de retour chez elle, à Itamar, après une veillée de Chabbat un vendredi soir, découvrit ses parents assassinés, et sa petite sœur âgée de 3 mois, Hadas, la gorge tranchée. Entendez-vous ses hurlements? Ils parviennent jusqu’à nous, ici, tout en haut, depuis la Terre jusqu’au Ciel. Alors, vous, vous devriez entendre ses cris même de l’autre côté de l’océan, ses cris pour sa famille, pour tous les Juifs tués sauvagement, pour tous les enfants dont on ravit la vie pour la simple raison qu’ils étaient juifs.

C’est si difficile de pouvoir parler de telles horreurs et de tant de douleurs. L’esprit est presqu’incapable d’enregistrer autant d’informations, terribles, ahurissantes. Il est presque impossible de faire comprendre à autrui un abysse si noir, si profond, si néfaste. C’est dur pour quelqu’un de pouvoir même imaginer tant de meurtres, de violence, de torture, de famine, de misère pourtant, vous n’avez pas le choix.
Je vais vous y aider, en étant graphique et brutal car c’est la seule manière d’y arriver. C’est la seule manière de vous faire vraiment comprendre ce qu’Holocauste – Shoah – signifie et le véritable sens de 6.000.000 Kedoshim.
Je me tiens debout, nu, dans la chambre à gaz avec des centaines de Juifs innocents. Malka, ma femme dont les yeux terrifiés sont déjà morts, se trouve dans l’autre pièce à côté, avec notre fille Sima, s’agrippant l’une à l’autre. Le mari de Sima, Yaakov, est avec moi. Nous avons déjà vu notre Chayala être brulée devant nos yeux. Nous sommes déjà morts- le gaz ne fera que nous tuer une nouvelle fois.
Nous savons que nous ne sommes pas dans des douches. Nous savons que nous sommes dans une chambre à gaz. Nous savons que nous allons mourir et nous savons tous que nous n’avons rien fait de mal. Nous savons aussi que c’est par la faute d’un monde civilisé que nous subissons cela. Nous savons que c’est un monde civilisé qui nous a abandonnés.
Nous sommes terrifiés, nous avons peur de mourir, de mourir de cette mort brutale, par cette suffocation, cette brûlure qui va nous envahir. Mais nous avons encore plus peur que personne ne sache que nous avions vécu, que personne ne sache que nous étions une bonne famille, que nous avions de beaux, de merveilleux enfants, que nous avions une magnifique petite-fille. Oui, j’avais tellement peur que personne ne le sache jamais, que personne de ma famille ou de n’importe quelle famille n’allait survivre, tellement peur que la « solution finale » soit véritablement finale. Laissez-moi vous dire quelque chose….
Vous pensez savoir ce qu’est la prière – ce que veut dire la foi parce que vous êtes religieux ou que vous priez tous les jours?
Je vous vous dire, moi, ce qu’est la vraie prière, la vraie foi. Dans ma chambre à gaz, tandis que le gaz se répand dans nos poumons, que les flammes brûlent notre peau, nous nous écrions « Ani Maamin » nous croyons en Toi HaShem.
Dans notre dernier souffle nous récitons « Shema Yisrael HaShem HaShem Elokenu HaShem Echad » – les derniers mots que je prononce et qui jaillissent de mes poumons saturés de gaz, tandis que je meurs, terrifié à l’idée que ma famille toute entière est ou le sera bientôt, assassinée.
Quelle tristesse déchirante, quelle colère dévore alors mon cœur et ravage mon esprit – je supplie HaShem, l’implore de tout mon être, non pas de m’épargner mais de me donner Nekama, ma revanche! Comment, où, quand ? Qui pourra jamais nous obtenir justice, nous venger ? Qui restera vivant pour dire le Kaddish sur nous – allumer une bougie pour notre Yahrzeit – ni tombes, ni pierres tombales – personne pour nous survivre, pour pleurer notre mort, pour simplement témoigner de notre existence.
Je ne suis pas physiquement là devant vous. Je ne suis pas personnellement présent. Yechiel Michoel Friedman fut assassiné à Auschwitz, mais nous n’avons pas tous été assassinés ce jour-là, ou le lendemain. Certains de mes enfants, certains de vos enfants ont survécu et aujourd’hui, nos enfants, nos petits-enfants, nos arrière-petits-enfants et à présent même nos arrière-arrière-petits-enfants sont vivants. Nous sommes des Juifs fiers et vivons partout dans le monde. Nous avons Eretz Israël – vous entendez ça, vous les meurtriers nazis? Nous avons Israël, une nation bâtie par les survivants. Nous avons une armée juive et un Etat juif. Notre peuple est fort. Nous avons des voix puissantes, éloquentes qui exigent d’être entendues.
Mes filles, Hencha et Hinda, bien que torturées pendant des années, ne sont pas mortes dans cet enfer. Ma fille, Ruchele, se sauva en Amérique à l’âge de 15 ans et se maria avec Shlomo Brafman, qui lui aussi avait réussi à s’échapper. Ils ne sont pas morts, leurs enfants et mes petits-enfants et arrière-petits-enfants grandissent en Juifs respectant le Chabbat. Ce soir, mon petit-fils parle en mon nom dans une synagogue devant 1.000 Juifs qui sont debout, solides et fiers et qui sont venus se souvenir de chacun d’entre nous.
Bien que je n’aie pas eu ma vie, j’ai eu ma revanche. En fait, mon petit garçon, Meir, que l’on s’était tant acharné à tuer, a survécu lui aussi. À 16 ans, il pesait 20 kg quand on l’a retrouvé vivant sur un tas de cadavres à Auschwitz.
A la libération, il se rendit en Israël, en Israël ! Pendant 50 ans, il servit comme soldat de Tsahal – l’armée d’Israël. Il se battit durant 50 ans, véritable héros juif. Mon fils, mon Kaddish, n’est pas mort non plus à Auschwitz. Comme j’étais fier de le voir revêtir son uniforme de soldat israélien prêt à se battre pour notre pays, notre communauté et notre cause.
Je suis triste, rageur et amer qu’on m’ait privé prématurément de ce nachat qui aurait du être le mien, dont j’aurais dû profiter plus longtemps, c’était mon droit, un nachat procuré par la joie, la fierté, les valeurs juives, riche en coutumes et traditions.
Les nazis me firent mal plus qu’aucun mot ne pourra jamais le dire, mais ils n’ont pas gagné.
Ils ne gagnent que si vous oubliez – ou de nos jours si vous laissez le monde nier ce qui s’est passé. Ils ne gagnent que si nous ne versons pas des larmes sincères en apprenant l’horrible massacre de la famille Fogel à Itamar.
Ils ne gagnent que si vous ne pouvez pas entendre ma Chayala crier, ressentir la terreur de Tamar Fogel ou comprendre la douleur de ses grands-parents qui doivent maintenant faire face à un chagrin si intense qu’il vous est impossible de le concevoir.
Croyez-moi – je sais de quoi je parle, le meurtre d’un enfant et d’un petit-enfant et l’impact sur la vie des autres, sur tout le reste. Comment tout se retrouve à jamais englouti dans la mort, enseveli de tristesse accablante. La famille Fogel ne se remettra jamais, mais ils ne peuvent être oubliés.
Nous sommes ici dans une magnifique synagogue, remplie de Juifs. De bons Juifs. Des gens fiers et forts qui ne nous ont pas oubliés, moi, ma famille, vos familles – les parents, grands-parents, oncles, tantes, cousins, cousines, enfants, petits-enfants – les bébés qui furent assassinés, gazés et enterrés vivant.
Il est normal de pleurer pour ce que nous avons perdu, pour ce qui nous fut enlevé de force, pour les vies détruites, le nachat dont on nous priva.
Pleurez pour nous. Nous aussi, nous pleurons pour vous, pour ce que vous avez perdu, pour la famille que vous n’avez jamais connue, pour les millions de Juifs décents, gentils, qui n’ont pas survécu – pour les élèves qui n’ont jamais terminé leurs études, pour les scientifiques, les artistes, les musiciens, les enseignants, les Rabbins qui n’eurent jamais l’occasion de briller, d’exceller, d’exécuter, d’enseigner, de guérir, de vivre.
Il est normal de pleurer pour les enfants qui ne pourront jamais jouer, chanter ou rire, qui furent mis à mort avec une telle violence, avec une telle haine que je ne peux la décrire par des mots car pour certaines douleurs, il n’y en a pas, tout simplement. C’est si terrible que cela ne peut se concevoir par un être humain décent, impossible à affronter de façon rationnelle.
Mais vous devez le faire, vous devez réussir car il existe aujourd’hui, des gens qui déjà, à peine 70 ans plus tard, se permettent de remettre en question l’Holocauste, de questionner ce qui s’est réellement passé. Des dirigeants du monde et des scientifiques renient déjà l’Holocauste. Ils remettent même en question l’intégrité des témoignages de la poignée de survivants, de témoins oculaires qui sont encore vivants, de ceux qui ont vu l’horreur de leurs propres yeux. Si même ces survivants héroïques sont mis en doute alors il est à redouter que dans les prochaines années, des révisionnistes vicieux, antisémites, n’en viennent à falsifier l’Histoire et la Vérité. Or, nous ne pouvons pas – vous ne pouvez pas, laisser cela se produire, jamais, jamais …
J’ai eu une petite-fille, un charmant, mignon petit bébé nommé Chaya Sarah qui fut assassinée devant mes yeux, et bien que sa Néchama, son âme, soit au Ciel avec moi, sa mémoire doit être gravée dans vos cœurs à jamais.
Pour que notre souvenir puisse être véritablement une bénédiction, pour que nos Neshamot puissent réellement s’élever comme vous le souhaitez, par cette Aliyah que nous avons méritée et payée si cher, vous devez absolument vous souvenir.
Vous devez vous assurer que vos enfants et leurs enfants après eux, comprennent ce qui est arrivé à leur famille, à votre famille, à toutes nos familles. Car si ce n’est pas le cas, cela se reproduira.
Vous ne pensez pas que cela puisse se reproduire? Pourquoi? Parce que vous vivez dans le confort – à une époque civilisée? Nous vivions bien nous aussi – à une époque toute aussi civilisée. Nous étions heureux et satisfaits, mais nous n’étions pas vigilants et nous avons foncé tête baissée vers l’Holocauste.
Nos voisins, une nation entière d’hommes et de femmes ordinaires, assez intelligents, ayant grandi avec des valeurs, une certaine culture et éducation, s’est transformée en une nation de monstres, d’animaux sauvages et meurtriers. Ils n’eurent plus rien d’humain et nous traitèrent avec une brutalité indescriptible que nul n’aurait pu prévoir ni prédire – et qui s’est cependant produite.
Cette histoire est pire encore que la pire des histoires vraies que tout survivant peut rapporter. Car le cerveau est incapable de saisir tant de douleur sans exploser, sans subir de dommages, de sorte que même ceux qui ont survécu, qui ont tout vu, sont incapables de saisir pleinement, totalement l’étendue de l’épreuve qu’ils ont traversée, appréhender les détails de la tourmente dans laquelle ils se sont retrouvés.
Seule une victime, telle que moi, seul quelqu’un qui n’a pas survécu, peut parvenir à vous dire toute l’histoire, l’horrible, la laide, la démente, la terrible vérité sur notre assassinat, sur nos six millions d’assassinés.
Voilà pourquoi, mes amis, j’ai choisi de vous parler à travers mon petit-fils depuis le Ciel. Bien qu’HaShem ne me permette pas de vous dire le « pourquoi » de ces choses terribles qui se sont produites, j’ai néanmoins reçu l’ordre de parler de « ce » qui s’est passé.
De vous dire « ce » qui s’est passé avec clarté et conviction pour que certains d’entre vous, je l’espère, ne puisse plus jamais douter de la Shoah. Que vous vous engagiez à confronter quiconque oserait nier les faits et lui faire entendre mon histoire – votrehistoire, les histoires tristes mais véridiques de nos familles, dont nous avons trop tendance à nous référer comme les « Six Millions », mais rarement, voire jamais, en utilisant leurs noms.
Nous avons des noms. Nos vies nous furent prises, mais pas nos noms. Nul ne peut prendre nos noms.
Je m’appelle Yechiel Mechoel Friedman. Je fus assassiné à Auschwitz avec Malka ma femme, Sima ma fille, Yaacov Weiss son mari, et ma petite-fille, Chaya Sarah.
Pouvez-vous les voir? Moi, je les vois et je vois aussi Tamar Fogel et les corps de sa famille portés à travers Itamar durant l’enterrement; ce n’était pas il y a 70 ans – mais récemment. Des gens avec des noms et des vies qu’on leur a volées dans la nuit – seulement parce qu’ils étaient juifs.
Je m’appelle Yechiel Michoel Friedman. J’ai été assassiné à Auschwitz et vous feriez mieux de ne jamais m’oublier.

Contribution : Le couscous, ou l’histoire ancestrale d’un grain magique

Contribution : Le couscous, ou l’histoire ancestrale d’un grain magique


cousLe couscous n’est pas le fait du hasard. Il est réellement né là où il devait naître. Aujourd’hui, chaque pays du Maghreb se targue d’être à l’origine de ce plat aux saveurs berbères. Présent dans les circonstances de fête et de peine, le couscous s’est toujours entouré d’un rituel qui lui confère une certaine sacralité.

 Raconter le périple du couscous, c’est restituer sa mémoire première, le frémissement des premières graines, les premiers gestes dont il garde le souvenir, le goût et l’odeur qui l’ont marqués. C’est aussi un voyage dans le temps et dans l’espace qui le réintègre dans les rituels liés aux étapes de la vie, aux traditions agraires, aux fêtes, à l’eau et au feu. Intemporel, il est à la fois légendaire et familier. Le couscous est ce plat de convivialité qui a gardé son histoire millénaire.

Le couscous (en berbère seksu) est le plat de référence des habitants de l’Afrique du Nord. C’est aussi leur plus grande et plus belle création culinaire. Les Amazigh furent les premiers à faire cuire à la vapeur les semoules de blé et d’orge. Ils amélioraient ainsi le traitement des graines jusque là utilisées seulement pour la confection de bouillies et de pains. Le couscous dont l’invention remonte vraisemblablement à la fin de la période romaine, n’est mentionné que vers la fin du VIIIème siècle par les auteurs musulmans qui firent l’éloge de ses qualités nutritives et médicales. Il parvient à sortir des frontières et à être prisé selon Rabelais dès le XVIème siècle sous le nom de Coscoton à la moresque. Ce n’est qu’avec l’arrivée des Hafsides que le nom de couscous est évoqué.

Le couscous remonte certainement à l’aube de l’Histoire même si ce plat, ainsi que l’affirme Ibn Khaldoun, n’est cité dans les chroniques qu’après la conquête arabe et l’islamisation du Maghreb. C’est à la table médiévale, au Maghreb mais aussi en Espagne et au Portugal que ce met gagne véritablement ses lettres de noblesse, passant des steppes nord africaines aux cours royales d’Europe. Les théories divergent sur l’origine du couscous et sur la date de son apparition au Maghreb. Il semblerait que le couscous soit originaire du Soudan, via l’Egypte. Au Soudan, on cuisait du pilpil et du “couscous” de mil ou de sorgho dans des paniers tressés soumis à la vapeur de la même manière que l’on cuit aujourd’hui la semoule de blé ou d’orge dans la passoire du couscoussier.

Son origine divise les historiens mais une chose est sure : des fouilles archéologiques ont permis de découvrir des couscoussière datant des IXème et Xème siècles. Il a par ailleurs connu de nombreuses transformations au gré des trajets des caravanes à travers le Sahara, et ensuite avec la conquête de l’Andalousie. Quoiqu’il en soit, le couscous est depuis longtemps le “plat national” d’Afrique du Nord. Il a fait partie de la vie quotidienne et religieuse ; il accompagne tous les grands événements de la vie. 

Couscous d’hiver et couscous d’été

 Le couscous est aux Maghrébins ce que les pâtes sont aux Italiens et le riz aux Chinois. C’est un aliment de base qui est le pilier de la vie au Maghreb. L’origine du mot Couscous viendrait de l’arabe classique kouskous et du berbère kseksu qui désigne à la fois la semoule de blé dur et le plat populaire dont elle est l’ingrédient de base.

Certains pensent qu’il provient d’une onomatopée faisant référence au souffle et au cliquetis des grains de semoule quand on les roule sous la main. D’autres, sont d’avis qu’il pourrait être dérivé de l’arabe classique kaskasah, qui signifie “broyer, piler”. On l’appelle Seksou en Kabylie, Taberboucht dans les Aurès, Ta’âm chez les Ouled Naïl, Lem’hawar chez les gens de Mila, Naâma et Constantine. Dans la région de Chenoua, on fait même du Taâm oubelout (couscous à base de glands). Le couscous sera accompagné d’une sauce appelée marga faite de légumes tels les tomates, oignons, navets, ail, fèves, pois chiches, courgettes ; de viandes blanches, rouges et de condiments depuis Ras el hanout, (coriandre, poivre, sel) jusqu’au piment pour avoir une cuisine relevée. Les gens du littoral comme à Collo ont la spécialité du couscous au mérou.

A chaque cérémonie, son propre couscous. Il y a le mesfouf sucré au miel et raisins secs, ou seffa avec beurre, raisins secs, cannelle, fleur d’oranger et amandine dans l’Ouest du pays. Il existe le couscous de couleur brunâtre appelé lemziet dont les citadins de Constantine en raffolent. Les pieds-noirs se sont accoutumés au couscous merguez emprunté de l’art culinaire juif. Or, le couscous algérien et maghrébin en général, a pénétré l’Andalousie dès le XIIIème siècle. Sa cuisson à la vapeur qui remonte aux temps reculés, fait que le couscous a bien une légende. On peut classer le couscous dans la famille des panades. En roulant la semoule dans une bassine avec la paume des mains, qu’on passe au tamis bien calibré, les grains sortent et sont séchés sur un drap blanc puis sont passés à la vapeur dans un couscoussier pour être cuit. 

Mythe et superstition

Le couscous pèlerin est pourtant bien plus qu’un simple plat et il dépasse la dimension strictement culinaire. Sa préparation contient une dimension spirituelle qui n’est pas sans rappeler le rite de la prière. Le couscous est un acte social de partage qui marque les grandes étapes de la vie (mariage, grossesse, naissance, célébration des jours saints …). Il est né dans le giron des femmes et représente l’insigne de leur pouvoir car “seules des mains féminines peuvent l’apprivoiser”. On parle même de couscous “mythique” car “il porte en lui l’empreinte des quatre éléments nécessaires à la transmutation alchimique” : le feu (qui concourt à sa cuisson, lui donne sa chaleur), la terre (qui à porté le grain et lui donne son odeur, sa couleur, et son goût), l’eau (nécessaire complémentarité pour le révéler et lui faire atteindre sa pleine maturité).

L’air (représenté par la vapeur qui se dilue dans l’atmosphère). Dans les croyances berbères, l’asli, élément mâle, semble dans la plupart des cas, un personnage céleste, matérialisé dans la pluie. Pour implorer Dieu afin que la pluie tombe, à ce jour les enfants sortent dans certaines de nos régions avec Boughandja appelé aussi Taghoundja, sorte de marionnette en pièces d’étoffes multicolores. Les femmes superstitieuses s’assurent la fidélité de leur mari pour l’année à venir si elles leurs servent un couscous où elles auront dissimulé les morceaux les plus tendres de la queue de mouton. Compte tenu de ces associations particulières, les émigrants d’Afrique du nord ont emmené le couscous dans leurs bagages où qu’ils aillent, de sorte que les meilleurs aussi bien à Marrakech et Meknes qu’à Marseille ou Montréal. C’est ainsi que les pieds noirs débarquent d’Algérie en 1962 en France ont ramené dans leurs bagages ce plat, symbole du “là-bas” et qui est devenu aujourd’hui le plat préféré des jeunes en France. 

Rites des labours et semailles

 Les rites des labours, les rites destinés à faire tomber la pluie, les rites des moissons, tous ces rites qui sont innombrables sont célébrés tout au long de l’année agricole. A partir de là, on perçoit aisément la place des céréales dans le système agraire amazigh.

La récolte est ce produit né d’un mariage magique renouvelé chaque année, entre un élément femelle, la terre, et un élément mâle, la pluie. Pour assurer cette union et pour la rendre féconde, l’homme amazigh s’est entouré de toutes les cérémonies symboliques qui se déroulent dans toute la Numidie.

La terre meurt avec la moisson et renaît à l’automne. De là, est née la préparation du couscous qui se soumet à des rites que la cérémonie soit funéraire ou festive. Outre ses valeurs nutritionnelles certaines, le couscous est également la nourriture spirituelle des Nord Africains pour qui la semaine ne saurait se terminer sans le bol de couscous du vendredi après-midi après la prière. Au cours du ramadhan, le mesfouf – couscous sucré à la cannelle et aux raisins secs – est servi avant le lever du soleil juste avant le jeûne pour permettre à tous de tenir jusqu’au coucher du soleil. Pas un évènement rassemblant la famille et les amis ne se fait sans couscous. Mais au-delà de son caractère festif, il est le symbole de la générosité envers autrui. Il porte comme le pain, la baraka. 

Des petites mains à l’industrialisation

 Fabriqué à partir de blé dur, céréale aux nombreuses qualités nutritionnelles, le couscous est un aliment chargé de protéines, fibres, phosphore et vitamine B3 et pauvre en lipides et en sodium.

Si son mode de préparation est constant (une semoule roulée, cuite à la vapeur et assaisonnée d’un bouillon) les ingrédients qui entrent dans sa composition renseignent sur le rang social de la famille. De plus, on pourrait tracer une carte des couscous où se dessinent nettement deux axes.

Du jardin au désert en passant par la côte les assaisonnements et les légumes changent.

Produit simple, il s’accommode aussi bien d’une préparation compliquée et riche en ingrédients que d’une simple noix de beurre et d’un peu de sucre et de cannelle.

En dépit des divergences voire des désaccords sur ce qui fait un “vrai” couscous, la méthode de préparation et de présentation demeure plus ou moins la même partout. La graine de couscous est faite avec de la semoule de blé dur, de l’eau et éventuellement du sel et de la farine soit à la main selon une méthode qui demande beaucoup de travail et de temps soit de plus en plus de manière industrielle.

 La première machine reproduisant le geste humain du roulage des grains de semoule a été mise au point en 1953 par les frères Ferrero. Les grains ainsi formés sont passés deux ou trois fois à la vapeur dans une passoire placée au dessus d’une marmite dans laquelle cuit le bouillon.

Pour faire un bon couscous, chacun possède sa recette. “Le couscous d’orge et d’avoine fait baisser le taux de cholestérol et de glycémie” raconte un célèbre cuisinier marocain se basant sur les résultats d’études scientifiques américaines et britanniques sur l’impact du riz, de l’orge ou de l’avoine sur la santé. Et pour ceux qui veulent mettre un peu plus de goût dans leur semoule, il propose une série de couscous aromatiques : au miel, sauce soja, ketchup, pruneaux et raisin sec, moutarde ou au kiwi…

Tout un programme qui allonge encore la vie millénaire du couscous.

Aujourd’hui, les minoteries industrielles sont légion en Algérie et la concurrence est rude. Et malheureusement, les femmes ne roulent plus le couscous qu’en de rares occasions…

Farid MOKDAD

 

Aperçu historique sur les communautés juives marocaines

Jews in Colonial and Postcolonial Africa

International Conference held in Cape Town: 22-24 August 2016

“The consecration of the Hebraic Dimension in the Moroccan Constitution: Its Background and significance”

By Mohamed Elmedlaoui

IURS / Mohammed V University in Rabat

 Aperçu historique sur les communautés juives marocaines

Les premières apparitions de groupes juifs ou judaïsés en Afrique du Nord ont fait l’objet de nombreuses hypothèses. Certains récits légendaires, à base d’interprétations à postériori du Talmud, les font remonter à la période de la destruction du 1ier Temple au 6e s. av. J.C (Laredo 1954). Des textes plus sérieux (Tertullien, 2ième s.) font état du fait que certains groupes berbères de l’époque romaine en Afrique du Nord «observaient le Shabat, les fêtes, le jeun et les restrictions alimentaires juives» (A. Chouraqui). Et parmi les 50 mots que contient le texte bilingue berbère-punique de la dédicace inscrite sur le temple du roi berbère Massinissa (3e s. av. J.C), le terme shophet (שופט ,(qui veut dire "chef-juge" en hébreu notamment, est attesté cinq fois dans les deux versions en graphies libyque et punique, comme titre des ancêtres de ce monarque, cités dans la dédicace.

Les hagiographes islamiques parlent aussi vaguement d’une reine judéo-berbère qu’ils désignent du titre de kahina "prêtresse", qui opposa la plus vigoureuse des résistances à l’armée arabo-islamique en Afrique du Nord (7e s. de notre ère). Et parmi les tribus et groupes que le premier état marocain de l’ère islamique (la dynastie Idrisside) a dû combattre pour affirmer son autorité, figuraient "certaines tribus juives ou chrétiennes" selon les textes historiographiques de l’époque islamique. Au tout début du règne de l’actuelle dynastie Alaouite, l’une des mesures stratégiques-clefs que l’un des ses fondateurs, Moulay Rachid, a dû entreprendre pour étendre son autorité sur tout le pays à partir de l’Est, fut de neutraliser l’influente force économique et semi-militaire régionale du fief du chef juif, Ibn Mishâl, dans la région de Taza.

Durant les derniers siècles de cette ère islamique, en parallèle avec, et en continuité de ce qui prévalait en Andalousie, plusieurs illustres personnalités juives ont joué des rôles importants et influents dans les domaines de l’économie, de la finance, des sciences religieuses et linguistiques, de la culture et des arts et de la politique, dans le cadre de l’état marocain jusqu’à nos jours.

Judaïsme marocain, Judaïsme universel, Sionisme politique et Protectorat français

A travers toutes ces époques successives, les communautés juives marocaines et Nord Africaines en général ont conservé de forts liens intellectuels continus avec le Judaïsme oriental de Babylone et de Palestine notamment, qu’elles ont toujours considéré comme leur idéal et leur ultime référence. Ainsi, tous les courants intellectuels et religieux majeurs qui ont marqué l’Orient (courants religieux, mouvement messianiques) ont toujours eu leurs échos d’une façon ou d’une autre dans les documents écrits des communautés juives marocaines, y compris dans les recoins ruraux les plus reculés du pays, comme le centre d’Iligh à titre d’exemple.

Cela n’a pas été le cas avec le Judaïsme européen, surtout celui de l’Europe Centrale et de l’Est, et ce jusqu’à l’avènement du Sionisme politique moderne. Celui-ci n’a tout de même pas réussi, à ses débuts, à avoir un impact significatif sur ces communautés juives marocaines, à cause notamment des spécificités culturelles et des barrières de langue (allemand et/ou Yiddish). Même "la politique juive" de la France coloniale en Algérie ((‘Loi Crémieux’ 1870 and ‘Lois de Vichy’ 1940-1941), par exemple, n’a pas pu avoir d’écho au Maroc une fois mis sous protectorat français.

En fait, en tant qu’une courte expérience coloniale (1912-1955), la parenthèse du Protectorat au Maroc, ne semble pas avoir joué, en elle-même en tant que régime administratif et de législation, de rôle capital direct dans l’évolution idéologique et politique qui a transformé l’esprit collectif général des communautés juives marocaines au 20e siècle. C’est plutôt l’action éducationnelle de l’organisation francophone et francophile, l’Alliance Israélite Universelle, initiée dès les années 60s du 19e siècle à Tétouan, qui a joué un tel rôle. Tout en préparant plusieurs promotions de francophones (interprètes, comptables, notaires) qui constituèrent, un demi siècle plus tard, la base de l’effectif autochtone des fonctionnaires et agents du système du Protectorat, cette action prépara en même temps une frange de plus en plus large de la communauté juive marocaine à devenir réceptive aux idées et aux courants politiques et idéologiques du monde moderne, dont le Sionisme Politique notamment. Celuici a ouvert des perspectives sans précédent pour une réinterprétation politique des tendances messianiques très ancrées dans l’esprit desdites communautés, les préparant ainsi graduellement, au rythme des évènements pertinents du 20e siècle, à entamer leur série de grandes migrations collectives après la proclamation de l’Etat d’Israël, et ce grâce à l’encadrement et à la logistique de l’Agence Juive et selon les propres critères de sélection de celle-ci en fonctions de ses priorités de peuplement à l’époque.

Les Juifs marocains aujourd’hui.

Aujourd’hui, après la série des grandes migrations des années 50s-70s du 20e siècle, qui ont réduit le nombre de l’ensemble des communautés juives marocaines à environs 1% de ce qu’il était au début des années 50s, ces communautés constituent à travers le monde la diaspora juives presque la plus structurée, et ce à travers ses différentes fédérations nationales, régionales et mondiales, à travers lesquelles elle conserve de solides rapports avec sa patrie d’origine.

Le patrimoine judéo-marocain devient le centre d’intérêt national.

Avec ladite décroissance numérique drastique de la communauté juive marocaine qui reste encore dans le pays, le patrimoine judéo-marocain devient d’intérêt trans-confessionnel au Maroc. Il n’est plus pris en charge uniquement par les organismes de cette communauté, qui a d’ailleurs fondé, entre autres, le Musée du Judaïsme Marocain à Casablanca, le seul musée de son genre en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Plusieurs actions ont été réalisées par différents ministères (Ministres des Habous et de la Cultures notamment) pour restaurer/rénover des lieux de mémoire judéo-marocains, et d’autres projets sont en cours, tout cela sur les hautes instructions royales du Souverain Marocain. Et alors que l’université s’est engagée il y a déjà trois décades dans la piste de l’exploration des multiples manifestations des dimensions judéo-marocaines, même si cela relève jusqu’ici d’initiatives individuelles (thèses universitaires dans différents départements, publication de monographies et d’ouvrages), la société civile commence, de son côté, ces dernières années, à s’impliquer sérieusement. C’est le cas notamment par exemple de l’Association des Amis du Musée du Judaïsme Marocain, une association dont le bureau exécutif fondateur actuel est formé, à parité, de Marocains Juifs et Musulmans et qui a déjà réalisé plusieurs programmes au Maroc et à l’étranger (la semaine du film judéo-marocain notamment à Berlin, mai 2016).

C’est tout ceci, en plus du background historique schématisé plus haut, qui constitue la base et les significations de la consécration par la Constitution marocaine de l’Affluent Hébraïque en tant qu’une des dimensions de l’identité marocaine plurielle et irréfragable.

محمد المدلاوي المنبهي

Mohamed Elmedlaoui

http://orbinah.blog4ever.com/m-elmedlaoui-publications-academiques

Lien vers la vidéo de l’exposé d’origine en anglais

Tikchbila Tiwliwla : la chanson Mauresque la plus populaire

Tikchbila Tiwliwla : la chanson Mauresque la plus populaire.

« Tikchbila tiwliwla, makatlouni mahyaouni, ghir al kass li 3tawni, alahrami maymoutchi ». 

Vous avez certainement appris, ou écouté, au moins une fois dans votre vie, ce couplet tiré de l’une des plus célèbres chansons populaires d’Afrique du nord (spécialement au Maroc).

Ce titre  a été enregistré pour la première fois par Mohamed Aguir. 

A l’origine, cette chanson remonterait à plusieurs siècles, à l’époque des Morisques et Andalous.

Ces derniers, expulsés d’Espagne après l’arrivée des Rois catholiques en Andalousie, ont dû parcourir des centaines, voire des milliers, de kilomètres à pied pour arriver en Afrique du Nord.

« Tikchbila » signifierait alors « Dik Ishbiliyya » en référence à la ville de Séville, aujourd’hui capitale de la communauté autonome de l’Andalousie.

Tikchbila Tiwliwla tous les marocains l’ont chanté, elle a bercé l’enfance de tous les enfants, et certains disent même pour reconnaître un vrai marocain, il suffit de lancer un simple « Tikchbila » auquel il répondra instinctivement par « Tiwliwla ».

Mais connaissons-nous réellement le sens profond ou même l’origine de la chansonnette ?

Lorsque nos ancêtres les Morisques furent chassés d’Espagne reconquise par les chrétiens, ils chantèrent cet hymne au courage, qui malgré son rythme entraînant et son ton léger, est profond de signification.

Expulsés par le roi Philippe suite au décret de 1609, Tikchbila Tiwliwla racontait l’espoir de ce peuple, chassé de sa terre, d’y retourner un jour malgré toutes les humiliations qu'ils avaient subi.

Explication des paroles :

Tikchbila تِكشبِيلة : Dik Ishbiliyya, route de Séville en arabe: طريق إشبيليّة

Tiwliwla تِوليولها : On y retournera

Ma ketlouni ma hyawni ما قتلوني ما حياوني : Ils ne m’ont ni tué, ni rendu la vie. Un couplet en référence aux tortures qu'ils avaient subi au temps de l’inquisition.

Dak lkass lli aatawni داك الكاس اللي عطاوني : Ils m’ont fait boire du vin. Les musulmans étaient obligés de boire du vin pour faire croire en leur reconversion au christianisme … Lors de l’expulsion, les chrétiens ne permettaient aux musulmans le passage qu’après les avoir obligés à boire du vin en guise d’humiliation.

Al hrami maymoutchi الحرامي ما يموتشي : « Le chrétien », même après 8 siècles, se venge.

Jate khbarou f’lkoutchi جات خبارو في الكوتشي : En référence au moyen de transport par lequel ils pouvaient avoir des informations sur Al Andalous par les nouveaux expulsés.

Cette chanson, devenue une part de notre identité marocaine, prouve à quel point l’Andalousie est inscrite dans nos racines et dans notre mémoire collective.
tiksbilla

 

Les Rabbins Boussidan de Meknes

LES RABBINS BOUSSIDAN DE MEKNES.

Publié le 29/05/2017 à 17:43 par rol-benzaken

Photo du Rabbin Moïse BOUSSIDAN déscendant de Rabbi Daoud BOUSSIDAN (Meknes Maroc).

 

Son fils:   Rabbi Yossef Boussidan.

 

 Branche Boussidan.

 Raphael Boussidan z"al, fils de Rbi Mossi Boussidan z"al et frère de Rbi Yossef Boussidan z"al de Meknes, en directe lignée avec Rbi Daoud.

Tombeau de Rabbi David BOUSSIDAN.

Appelé Rbi Dawid, il était très respecté de son vivant et même après sa mort.

Né à Zawia village du Timlalet (Timlelt) dans la région de Marrakech.

En 1780, il s'installa avec sa communauté à Meknes.

Il fonda une grande yéchiva (école juive) qu'il dirigea et supporta jusqu'à sa mort en Elloul 1832.

Grand érudit, saint parmi les saints, il se distinguait par sa générosité sans borne.

Les juifs de Meknes prient sur son tombeau et leurs voeux sont maintes fois exaucés.

 

 

La Hiloula de Rabbi Daoud Boussidan est toujours celebrée à Meknès.

Rabbi Daoud Boussidan est enterré au vieux cimetiere juif de Meknes. 

 

 

Tombe de Rabbi Daoud Boussidan.

 

 

Haim Zafrani Conscience historique et mémoire collective judéo- marocaines

Haim Zafrani

Conscience historique et mémoire collective judéo- marocaines.

Haïm Zafrani passe en revue deux millénaires d'histoire juive au Maroc – de l'époque de Tyr et de Sidon à celles gréco-romaine et de la conquête arabe en passant par l'accueil des Expulsés d'Espagne de 1492 jusqu'à l'indépendance du Maroc. Une histoire riche tant au plan intellectuel (l'influence considérable des rabbins marocains sur le judaïsme espagnol) qu'au plan des échanges entre les hommes. A noter entre les deux ־sociétés, la juive et la musulmane, une véritable symbiose, ses espaces de convergence et une coexistence paisible.

Une histoire privilégiée donc qui reste enracinée dans la mémoire des juifs marocains établis aujourd'hui en Israël, en France ou au Canada.

Les grands courants historiques

Le judaïsme d'Occident musulman plonge ses racines dans un passé lointain. Historiquement, les Juifs sont le premier peuple non berbère qui vint au Maghreb et qui ait continué à y vivre juqu'à nos jours.Sur l'établissement de colonies proprement juives sur les côtes africaines, à l'époque de Tyr et de Sidon, nous n'avons pas de documents epigraphiques, et guère d'autres témoignages. Ce monde appartient au domaine de la légende, et les récits concernant cette période n'ont été recueillis qu'à une époque récente. En divers lieux du Maghreb, dans l'île de Djerba (Tunisie), à Tanger, à Fès, dans la vallée du Drâ, aux confins sahariens du Maroc, ces récits apparaissent, parlent de pierres-frontières posées par Joab ben Seruya, chef des armées du roi David, venu jusque-là à la poursuite des Philistins qui, pour certaines populations juives des montagnes, ne sont autres que les Berbères (on notera qu'on traduit ici l'hébreu Phlistim de la Bible par Braber ).

Sur l'époque gréco-romaine, il existe une information précieuse dans la littérature talmudique et homilétique (Midrash et Aggadah ), dans les documents épigraphiques et archéolo­giques actuellement disponibles, dans les récits d'historiens, anciens et modernes, juifs et non juifs qui ont eu à traiter de cette période historique, évoquant le judaïsme de Cyrénaïque, la révolte juive sous Trajan, les récits de Procope, etc… Une communauté juive habitait la ville romaine de Volubilis . Dans les ruines de cette cité ont été trouvés un chandelier en bronze à sept branches et un débris de pierre tombale portant l'inscription hébraïque …matrona bat rabbi Yehuda nah … "dame, fille de rabbi Yehudah, que repose (son âme). Il semble que la colonie juive ait continué à y vivre jusqu'à l'arrivée des Arabes. Les historiens arabes eux-mêmes mentionnent l'existence, non loin de là, dans le Zerhoun , de tribus berbères judaïsées, au moment de la fondation de Fès, en 808.

La théorie selon laquelle la majorité des juifs maghrébins serait d'origine berbère est soutenue par un certain nombre d'historiens chez qui la "judaïsation des Berbères" a acquis la réputation d'une donnée fondamentale. D'autres la révoquent en doute, comme H.Z. Hirschberg qui s'exprime en ces termes: "Il semble, dit-il, qu'il n'existe aucune base solide à la théorie des Berbères judaïsés, ceux qui se seraient faits juifs en toute chose et qui constitueraient ainsi l'élément ethnique fondamental du judaïsme maghrébin… La preuve déterminante de l'absence de toute assimilation de groupements berbères importants est l'inexistence absolue de la pénétration des langues berbères dans la littérature juive. A l'opposé, il existe des textes en judéo- arabe maghrébin" (Histoire des Juifs d'Afrique du Nord, Jérusalem, 1965, en hébreu, volume H, p. 86 et 36). Il convient de compléter, sur ce point précis, l'information que donne Hirschberg sur les parlers juifs du Maghreb et la charge culturelle qu'ils véhiculent. Nos enquêtes en milieu juif berbérophone du Maroc (mellahs du Sud marocain et des vallées de l'Atlas) montrent bien que l'enseignement traditionnel utilisait, dans ces communautés, le berbère comme langue d'explication et de traduction des textes sacrés au même titre que, dans le reste du pays, les autres communautés employaient, aux mêmes fins, le judéo-arabe ou le judéo- espagnol (voir Journal Asiatique , 1964, fascicule 1; Revue des Etudes Juives , 1964, fascicules 1 et 2, et Pédagogie Juive en Terre d'Islam , Paris, 1969).

Nous nous trouvons devant un vide profond et un silence quasi total des sources quant à la période qui sépare l'époque romaine la plus tardive des débuts de la conquête arabe. Avec cette conquête, on assiste à une islamisation progressive des populations autochtones ou immigrées, y compris une bonne partie des tribus berbères judaïsées. Il faut, à cet égard, abandonner au domaine de la légende, la geste merveilleuse et les récits fabuleux qui travestissent l'histoire de la Kahéna et qui mettent en scène cette reine et "prêtresse" judéo-berbère qui opposa à l'invasion arabe du Maghreb une farouche résistance.

 On peut supposer que dans le Maroc antéislamique se mêlaient christianisme, judaïsme et paganisme Les chroniqueurs du XlVe siècle disent qu'Idris 1er trouva devant lui, lors de ( ses conquêtes, des tribus chrétienne juives et idolâtres. Les Juifs furent admis par Idris II dans les murailles de la Fès primitive. Ils habitèrent, jusqu'au moment où les Mérinides fondèrent l'actuel mellah de Fès Jdid, la zone comprise entre la Quarawiyin et Bab Gisa qui conserve encore le nom de Funduq-l-Ihudi. Parmi eux se trouvaient certains des savants et des écrivains juifs les plus illustres du Xe siècle et du commencement du XIe Rabbi Isaac Alfasi né en 1013 à Qual'at Ibn-Hammad dirigeait, à Fès, une yeshibah et, dans la Vieille-Ville, se trouve encore une maison, à moitie délabrée, que distinguent treize cloches( en cuivre suspendues à une balustrade et qu'on dit avoir été la demeure de Maïmonide pendant son séjour da cette cité.

Il est notoire qu'à l'époque de "l'age d'or" espagnol, au moment où l'Andalousie et le Maroc entretenaient des rapports étroits, les communautes marocaines de Fès, Salé, Sijilmas Der'a, etc… avaient de grandes yeshivot dirigées par des maîtres qui jouissaient« d'une immense réputation dans le monde juif.

Proverbes Judéo-arabes, choisis de 'Trésor des proverbes judéo-arabes marocains" Hanania Dahan

Dàr bla ulàd hima bla utad

Une maison sans nourrissons ressemble à une tente sans piquets

Lli sedd fdmmu ma yuslùh hmùm

Qui ferme sa bouche, s'épargne des soucis

Nhi rask l-elmuja hta tduj

Courbe l'échiné jusqu'à que la vague passe

Sbah el-hir ya jâri nta fadarak w-ana fddâri

Bouiour mon voisin.

toi dans ta demeure et moi dans la mienne

lla sufti el- afya fddàr jarek wujjed-el-ma fdardk

Si le feu prend chez ton voisin prépare des seaux d'eau chez toi

Qùm y al mezyan faynn igles el mesrar

Retire toi bel homme,

que le charmant prenne place

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