Brit 35

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Nessim Sibony Extrait de journal de famille-Brit no 35

Nessim Sibony

Extrait de journal de famille

Cette présentation au public n 'est qu 'un extrait de notre journal de famille, une aide pour cette famille qui peut y retrouver ses parents, voire ses aïeux.

A la mémoire de Reine Sibony Zaoui, 1900-1983

Cet arbre généalogique n'aurait jamais vu le jour, sans la contribution majeure de ma tante, Reine Zaoui qui avait connu mon ancêtre le plus éloigné mentionné dans l'arbre généalogique : David Sibony, père de Moshé Sibony qui fut veuf en première noce et épousa ensuite une femme dont il eut 3 enfants. On découvre ainsi que les mariages entre cousines et cousins ou petits cousins étaient une tradition qui se perpétuait de génération en génération. Ma famille n'y a pas échappé. Les Sibony de Safi tenaient jalousement à conserver leur rang et avaient même leur carré réservé au cimetière juif de cette ville et il en est de même pour le reste de la famille, installée entre Marrakech et Casablanca. Il faudra attendre les grands mouvements migratoires de la fin du XXe siècle pour voir les Sibony se mêler aux ressortissants des communautés juives du Maroc et d'ailleurs.

Mon père avait attendu ma Bar-Mitzva pour me raconter succinctement l'origine de notre famille. «Notre nom, à l'origine était "Les Sibעony" et nous ajoutons "Hanisrafïm", les martyres, brûlés vifs, en souvenir de nos ancêtres qui avaient préféré le bûcher à la conversion. » Il poursuivit : « Quand nos ancêtres vinrent au Maroc, ils vécurent près d'une tribu musulmane qui exigea que toute la communauté juive se convertisse à l'Islam. Les notables de cette communauté avaient réclamé du temps pour préparer leurs enfants à une telle conversion et ils avaient profité de la période de "préparation" pour faire évacuer très discrètement de nuit vers le Nord tous les jeunes et toutes les femmes. Quand le chef de la tribu et ses soldats s'en revinrent visiter les tentes juives, ils n'y trouvèrent que des vieux qui s'étaient préparés à leur supplice. Ils préférèrent être brûlés vifs plutôt que de se convertir ». J'étais jeune et ce récit resta lettre morte, au point que je n'ai jamais posé de question concernant la date ou le lieu exact de cet événement.

C'est bien plus tard, quand mon intérêt pour l'histoire de notre famille s'éveilla, que j'ai voulu en savoir davantage, notamment à la suite de la lecture de l'ouvrage de Pierre Flamand sur les communautés juives du Sud du Maroc. Pour ce chercheur qui s'était inspiré des récits du Colonel Justinard parus en 1930, cet événement se serait déroulé à Eufrane, palmeraie autrefois célèbre sur l'une des routes qui menaient de l'Afrique du Nord vers le Soudan. C'est un chef de tribu parti à la conquête du Sud marocain qui aurait réalisé ce massacre vers 1765. (Aucune preuve historique n'existe sur l'événement.) Le même événement est relaté dans "Ner Maarav" (La lumière de l'Occident), rédigé par Moshé Tolédano de Tibéria et publié à Jérusalem en 1910. C'est en guise d'introduction à l'histoire des Juifs du Maroc que l'auteur a essayé de rapprocher l'histoire des Juifs de "Borion" ( ?) décrite par l'historien Procop dans De Adificius VI, 2 de l'histoire des Juifs d'Eufrane. Il situe l'événement de ces martyres et la fuite du reste de la communauté juive, non plus à "Borion" investie par Justinien, mais à Eufrane au Maroc en 535. Une synagogue devenue église ? Cela reste difficile à concevoir pour qui connaît ce village de pisé.

Dans son introduction, l'auteur cite le cimetière d'Eufrane (même un cimetière à ciel ouvert est appelé caverne par les Juifs du Maroc) et mentionne les martyres d'Eufrane en se référant à un document rédigé selon la tradition locale : il rapporte la liste des stèles du cimetière d'Eufrane avec dates et noms présumés.

Cette liste, antérieure à 1910 mentionne les tombes de quatre Sibony dans le cimetière d'Eufrane : Shoshan Ben Amghar Sibony, avec ses deux enfants et Waich Ben Ihya Sibony, appelé aussi Rabbi Waich Ben Abbou. Le nom Sibony reporté sur ce livre s'écrit avec samekh
ainע et ס
סיבעוני -oniעSib

Nessim Sibony- Extrait de journal de famille

Ces listes de stèles des cimetières Juifs du Sud marocain ont soulevé de nombreuses questions quant à leur authenticité, tant au sujet des dates et de leur transcription que de la formulation des prénoms. Il s'avère aussi que les rabbins et Hazanim locaux les calligraphiaient et les vendaient aux notables juifs des villes du Sud. C'est ce que souligne l'article de Vincent Monteil publié, en 1948 dans Hesperis. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les informations données sur ces listes ne sont pas identiques d'un copiste à l'autre. Le document qui a servi pour "Ner Maarav" n'est pas celui signé par Ifergan en 1958. Ce n'est pas non plus celui qui servit de base à la liste imprimée et reproduite à la page 587 du Livre des Saints Juifs du Maroc, publié en 1984 à Jérusalem par les archives du Folklore de l'Université hébraïque, copié par Joseph Atar. D'un document à l'autre, des noms de famille et de personnages disparaissent. Reste par contre le nom Sibony dont l'orthographe ne cesse aussi de changer. Ce qui est impressionnant, c'est qu'on puisse trouver un nom hébraïque dans cette liste et qu'il soit transcrit selon sa formulation hébraïque. Je fais allusion à la copie de 1958. Le nom des Sibony est transcrit "HaTsiv عoni" ,הצבעוני qui a un sens en hébreu moderne, mais qui est relatif sans aucun doute à Tsiv عon, nom d'une région attribuée au père de la première femme d'Esaii. Justement, l'orthographe du nom infirme l'hypothèse selon laquelle ces documents ont été faits sur mesure pour être vendus aux notables juifs dans les cités. Or, pour satisfaire la clientèle, il aurait été plus approprié de faire usage du Samekh ס . Le nom est écrit avec un Tsadi צ à la place du Samekh comme l'ont écrit les notables de Safi. à l'époque, dans cet univers arabe où le son "TS" a disparu pour être remplacé par le son "S". Le nom dans sa transcription sonne juste, d'autant plus qu'il est celui de l'émissaire Shoshan Ben Amghar, venu de Jérusalem. 11 faut croire que c'est là l'origine du nom de la famille et que le Tsadi צ a disparu par assimilation à la langue arabe environnante, comme le ع ain ע disparaîtra, plus tard, par suite de l'influence de la langue française, devenue langue officielle au Maroc. L'article défini aussi bien en Hébreu "Ha" qu'en Arabe "Es", ce qui a précédé notre nom a disparu également.

L'événement lui-même des Nisrafim ne peut avoir eu lieu à l'époque indiquée, sans figurer dans les annales juives qui sont bien documentées sur la période de l'histoire où les traditions populaires juives et musulmanes situent l'événement, à savoir 1765, 1775 ou encore 1792. S'il n'a pas été reporté, c'est qu'il s'est passé plus tôt et, sans doute, ailleurs que dans cette localité. C'est là que les Juifs ont tenu à démontrer qu'il s'agissait de l'origine du nom de leur cité, Eufrane, tiré du mot Afar, qui signifie cendres en hébreu. Il s'agit des cendres des cinquante martyres juifs du cimetière, à l’emplacement précis que personne n'a le droit d'approcher, à cause de sa sainteté.

Selon Aharon Sibony, célèbre pour sa lutte contre les rabbins qui ont reconnu le faux messie, Shavtaï Tzvi, sa lettre à Sasportas retrace le récit de l'expulsion des Juifs d'Oran par les Espagnols pendant Pessah 1669, et la transformation de leur synagogue en Eglise. Il semble bien que l'histoire écrite inspire les historiens et que les événements véhiculés par la tradition se nourrissent les uns des autres.

Aharon Sibony était rabbin à Salé, au milieu du XVIIe siècle. Son père, Yeshou-a Bar Aharon Ha-Sibony était rabbin à Salé au XVIe siècle. Il est donc le premier Sibony dont nous possédons de véritables traces historiques. Réouben Ha-Sibony fut lui aussi rabbin à Salé entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle. Son fils, Shalom, à son tour rabbin à Salé, mourut à Méknes en 1733, laissant deux ouvrages achevés l'un de Quinot, Elégies et l'autre, un hymne à Pessah. Abraham Ha Sib^oni fut rabbin à Fez à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Son fils David fut rabbin à Salé avant de s'installer à Fez au XVIIIe siècle. Il est l'auteur du "Sepher Néoum David", "Piské David" et "Shéélot ou-tshouvot". En 1795, parmi les signataires de la Haskama de Tanger, on retrouve Moshé Es-sibony et Shalom Essibony. C'était le 25 Heshvan 5555 et le Ha, article défini hébraïque qui précédait le nom Sibony s'est trouvé remplacé par Es. article défini arabe. Citons encore Messod et Mordekhai Es-sibony. rabbins à Marrakech au XIXe siècle, puis Mimon Ha- Sibony, Grand Rabbin d'Oran au XIXe siècle ainsi que Messod Sibony, rabbin à Larache de la fin du XIXe au début du XXe siècle.

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