Contes popu.-Juifs du Maroc

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"Ne te fie pas a un goy "- Contes populaires-Juifs du Maroc – Dov Noy

"NE TE FIE PAS A UN GOY"

Le proverbe dit: "Ne te fie pas à un Goy, même s'il est dans sa tombe depuis 40 ans". Tout le monde connaît ce proverbe au­jourd'hui. Mais qui connaît son origine? Si vous voulez bien écouter, je vous en raconterai l'histoire.

Au Maroc, il y avait un rabbin célèbre, qui allait de village en village pour enseigner la Tora. Un jour, il était attendu dans un village et il n'arriva pas à l'heure prévue. C'était la veille du Sabbat et le rabbin avait dans sa valise de l'argent. Il se de­manda alors que faire pour ne pas profaner le Sabbat. Il con­tinua à marcher et s'approcha du village. Il passa devant un cimetière arabe. Il alla vers une tombe, creusa une petite ou­verture et y mit son argent. Le coeur joyeux, le rabbin se rendit au village, où il fut reçu avec beaucoup d'honneur par les Juifs de l'endroit.

La nuit, un Musulman du village rêva que son père lui de­manda de venir visiter sa tombe. "Car, lui dit-il, une grande somme d'argent s'y trouve". L'homme se dit que ce rêve était dénué de sens, mais la même nuit son père lui apparut encore deux fois en rêve et alors l'homme était persuadé qu'une vérité lui avait été communiquée. Il s’empara d'une pelle et se rendit sur la tombe de son père. Là, il se mit à creuser jusqu'à ce qu'il découvrît l'argent. Il s'en empara et rentra chez lui.

Dimanche, de grand matin, le rabbin prit congé de la commu­nauté et se mit en route. Il alla à l'endroit où il avait caché son argent et s'aperçut que celui-ci n'y était plus.

Depuis ce jour, le rabbin, chaque fois qu'il arriva dans une communauté juive, avait l'habitude de dire: "Ne te fie pas à un Goy, même s'il est dans sa tombe depuis 40 ans".

Avraham (Albert) Allouche (narrateur; textes Nos. 1 à 12): Est né à Mogador, ville portuaire, en 1918. Sa mère était la fille d'un cordon­nier qui avait sa boutique au marché arabe. Son père était mar­chand de fruits.

Yaacov Avitsouc (enregisteur; textes Nos. 1 à 23) : est né en 1924, à Vasloui (Roumanie), sixième enfant de David et Rahel Itzkovits, qui eurent, en tout, neuf enfants. Le père de Yaacov était tapissier. L'enfant fut élevé au Hêder et dans une école juive dont le programme accordait une place modeste à l'enseignement de l'hébreu. La famille Itzkovits était pratiquante et Yaacov fut membre des mouvements sionistes Gordonia et Bousliya; il fit sa hakhchara avant de venir en Erets-Israël. Durant la Deuxième Guerre, il travailla dans des camps de travaux.

Contes populaires-Juifs du Marocl- Dr Dov Noy -DJOUHA OUVRE UN MAGASIN


contes-populairesDJOUHA OUVRE UN MAGASIN

Lorsque Djouha atteignit l'âge mûr, il voulut prendre femme. Un jour, il dit à ses parents: "Je veux me marier".

Ils lui répondirent: "Ouvre un magasin et si tu nous prouves que tu es capable de gagner de l'argent, nous te trouverons une femme".

Djouha alla au marché des bouchers et y chercha un magasin vide. Avec beaucoup de peine, il découvrit un dépôt vide et en mauvais état. A l'entrée du dépôt, il écrivit en lettres immenses:

"Vente de viande".

Plusieurs jours passèrent et Djouha n'a pas de viande à vendre, car il est sans le sou. Mais un jour, un Arabe lui offrit une vache qui avait de la peine à se tenir debout. Il l'acheta, la fit abattre et étala la viande dans son dépôt. Djouha attend l'arrivée des clients, mais personne ne vient.

Toute la semaine durant, Djouha voit ses voisins, propriétaires de boucherie vendre de la viande belle et bonne. Lui seul ne vend rien. Vient jeudi, vient vendredi et tous vendent presque toute la viande qu'ils ont. Mais dans son magasin, à lui, personne n'entre pour acheter de la viande.

Et voici venir vendredi et le Sabbat approche à grands pas. Tous les marchands ont déjà fermé leurs boutiques. Seul Djouha est toujours là à attendre des clients. Soudain, il voit une meute de chiens devant son magasin. Il s'adresse à eux et leur demande : "Que désirez-vous?" Tous les chiens se mettent à aboyer et Djouha comprend qu'ils veulent de la viande. "Est-ce que vous me payerez le prix?"

"Hao, hao", aboient les chiens. Djouha croit que les chiens lui répondent: "Oui, oui", et il coupe des morceaux de viande et les jette aux chiens.

En voulez-vous encore? Hao, Hao.

Djouha jette aux chiens des morceaux de viande, jusqu'à ce qu'il ne lui en reste plus, jusqu'à ce que toute la vache ait dis­paru.

A la maison, ses parents l'attendent. Us lui demandent: "As- tu tout vendu?"

  • Oui, répond Djouha joyeusement.
  • Et où est l'argent?
  • On me payera une autre fois. Et il se mit à raconter à ses parents comment il a distribué la viande aux chiens. Et il ajoute: "Il y en a un qui n'a qu'un oeil. C'est lui qui payera pour tous les autres car il a aboyé plus fort que les autres".

La semaine suivante, Djouha est de nouveau dans sa boutique à attendre des clients, mais personne ne passa le seuil de son magasin. Par contre les chiens font leur apparition et, à leur tête se trouve celui qui n'a qu'un oeil. Toute la meute s'installe devant la boutique de Djouha et, ensemble, les chiens se mettent à aboyer sur un ton plaintif: "Hao, hao".

  • Où est l'argent? demande Djouha.

En guise de réponse, les chiens se mettent à aboyer en choeur: "Hao, hao, hao!"

Mais moi, je veux de l'argent! crie Djouha, qui est très fâché. Quand les chiens s'aperçurent que l'homme est fâché contre eux, ils déguerpirent. Djouha se met à courir après eux. Les chiens s'enfuient et lui, se lance à leur poursuite. Ou plutôt, il court après le chien qui n'a qu'un oeil. Celui-ci entre dans une cour et disparaît. Djouha entre à son tour dans la cour. Là, il voit, installé devant la porte de la maison, un Arabe costaud et de haute taille qui, lui aussi, n'a qu'un oeil.

"Qu'est-ce que tu veux?" demande le borgne à Djouha.

"Je veux que tu me paies le prix de la viande!"

"Quelle viande?"

"Celle que tu as prise chez moi, toi et tous les chiens!"

"Moi, j'ai pris ta viande? Moi et les chiens?" L'Arabe se met en colère et administre des coups à Djouha qui s'enfuit, heureux d'avoir la vie sauve.

Djouha rentre chez lui où ses parents l'attendent dans l'espoir qu'il leur remettrait l'argent nécessaire pour payer les frais du mariage. Ils lui demandent: "Où est l'argent?"

"Je n'en ai point reçu". "Où est la viande?" "On l'a mangée." "Où as-tu été?"

"Recevoir des coups parce que j'ai donné la viande sans argent". Lorqu'il eut prononcé ces paroles, Djouha tomba par terre et resta étalé, inconscient.

COMMENT DJOUHA A TROUVE UN HEROS JUIF

contes-populairesCOMMENT DJOUHA A TROUVE UN HEROS JUIF

Dans une ville vivait un Arabe très fort du nom de Djouha et personne ne pouvait le vaincre. Un jour, on lui dit: "A Marra­kech il y a un Juif plus fort que toi".

L'Arabe était hors de lui et il décida d'aller à Marrakech. Là, il rencontra un Juif et il lui demanda: "Dis-moi, sais-tu où habite le Juif qui est tellement fort?"

Le Juif lui répondit: "Oui, je le sais."

Djouha lui demanda: "Si je te donne de l'argent, me condui­ras-tu chez cet homme fort?"

Le Juif répondit: "D'accord, je t'y conduirai. Mais je ne peux pas quitter ce mur. Si je m'en vais, il tombera. Appuie-toi contre le mur jusqu'à ce que je revienne avec l'homme fort que tu veux voir."

Le Juif s'en alla et ne revint plus. Djouha ne quitta pas l'en­droit. Il attend et attend jusqu'à ce qu'un Arabe passât par là, par hasard. Djouha lui demande: "Sais-tu où habite le Juif qui est tellement fort?"

L'Arabe répondit: "Oui, je sais, mais pourquoi t'appuies-tu contre le mur?"

"Un Juif m'a dit de le soutenir, pour qu'il ne tombe pas."

L'Arabe se mit à rire et dit à Djouha: "Ce Juif s'est moqué de toi. L'homme fort, c'est lui en personne."

Djouha s'en alla, furieux. Il arriva au soukh et là il demanda à tous ceux qu'il rencontra: "Avez-vous vu l'homme fort juif?"

Un Juif qui se trouvait là par hasard lui dit: "Viens que je t'explique où il habite. Prends la pelote de ficelle que voici. Moi, je me mettrai en route avec le bout de la ficelle et toi tu tiendras la pelote. Lorsqu'elle sera complètement déroulée, tu sauras que je me trouve à l'endroit où habite le Juif que tu cherches."

Djouha prit la pelote entre ses mains et le Juif se mit en route. Il avança et avança jusqu'à ce qu'il eût disparu tandis que Djouha resta immobile sur place.

Un Arabe qui passait par là demanda à Djouha: "Pourquoi restes-tu là, debout et immobile?"

"Je cherche le Juif fort pour le rosser, car il s'est moqué de moi ce matin."

"Et que tiens-tu dans les mains?"

"Le reste de la pelote", répondit Djouha. "Lorsqu'elle sera complètement déroulée je saurai où habite le Juif. Qu'est-ce qu'il va prendre, le pauvre".

L'Arabe se mit à rire et dit: "Celui qui t'a donné la pelote n'était autre que l'homme fort que tu cherches. Il s'est encore moqué de toi."

  • Les deux se mirent en route et suivirent le fil; finalement ils arrivèrent près du Juif, qui était effectivement l'homme fort que Djouha avait tant cherché. Celui-ci n'avait plus aucune envie de se battre avec le Juif et il se réconcilia avec lui. Les deux hommes forts, l'Arabe et le Juif, devinrent de bons amis et en­semble, ils donnèrent des représentations et amusèrent les foules.
  • Yaacov Avitsouc (enregisteur; textes Nos. 1 à 23) : est né en 1924, à Vasloui (Roumanie), sixième enfant de David et Rahel Itzkovits, qui eurent, en tout, neuf enfants. Le père de Yaacov était tapissier. L'enfant fut élevé au Hêder et dans une école juive dont le programme accordait une place modeste à l'enseignement de l'hébreu. La famille Itzkovits était pratiquante et Yaacov fut membre des mouvements sionistes Gordonia et Bousliya; il fit sa hakhchara avant de venir en Erets-Israël. Durant la Deuxième Guerre, il travailla dans des camps de travaux forcés hitlériens.

Avraham (Albert) Allouche (narrateur; textes Nos. 1 à 12): Est né à Mogador, ville portuaire, en 1918. Sa mère était la fille d'un cordon­nier qui avait sa boutique au marché arabe. Son père était mar­chand de fruits

 

Histoire de la fille du Roi qui voulait tout savoir

12.contes-populaires

Comment Djouha acheta de l'huile

Un jour, la mère de Djouha demanda à celui-ci d'acheter de l'huile et elle lui remit une bouteille.

Djouha entra dans le magasin et le vendeur lui remplit la bouteille d'huile׳. Et il resta un peu d'huile car la bouteille était trop petite pour contenir toute la mesure. "Que feras-tu avec le reste ?" demanda le vendeur à Djouha.

"Verse ici", répondit Djouha et il renversa la bouteille de sorte que le fond fût en haut. Dans le fond de la bouteille il y avait un évidement et c'est là que Djouha demanda au vendeur de verser le reste. En tenant la bouteille dans la position renversée, Djouha prit le chemin du retour. En route, l'huile s'écoula et il ne resta plus rien dans la bouteille. Lorsque Djouha fut de retour, sa mère lui demanda: "C'est là toute l'huile que tu m'apportes?"

"Non", répondit Djouha, "de ce côté aussi il y en a". Et il remit la bouteille dans sa position normale. Et c'est ainsi que toute l'huile fut perdue.

13.

Histoire de la fille du Roi qui voulait tout savoir

Il était une fois un roi très riche — l'homme le plus riche du monde. Il avait une fille qui voulait tout savoir, tout ce qu'il était possible d'apprendre par l'étude. Elle s'imaginait que per­sonne dans le monde entier n'était aussi intelligent qu'elle. Un jour elle apprit qu'il y avait un vieux, qui savait lire dans les étoiles. Cela la déprima et elle se mit à pleurer. Son père, alarmé par ses sanglots, entra dans sa chambre et lui demanda: "Qu'as tu, ma fille, pour pleurer ainsi?"

"Il est un homme qui sait des choses que j'ignore. Je veux qu'il vienne pour m'enseigner son savoir".

On attela le carrosse d'or du roi et des émissaires se mirent en route pour chercher le vieux qui savait lire dans les étoiles. Le vieux les vit venir de loin et il se demanda: "Pourquoi viennent- ils chez moi?"

"Ne crains rien, le roi ne te fera aucun mal", dirent les émis­saires au vieux lorsqu'ils arrivèrent chez lui.

Le vieux arriva au château où on lui dit: "Nous avons appris que tu sais lire dans les étoiles. Nous voulons que tu enseignes ton art à la fille du roi et en récompense, tu recevras le tiers du royaume".

Le vieux était d'accord, mais posa une condition: "J'enseigne­rai tout ce que je sais à la fille du roi, à condition que personne ne vienne dans la chambre quand je lui donnerai des leçons".

Cette condition fut acceptée et le vieux s'isola avec la fille du roi dans une chambre et lui enseigna tout ce qu'il savait sur les étoiles. La fille du roi était contente et heureuse d'avoir acquis de nouvelles connaissances. Le vieux reçut le tiers du royaume et une grande somme d'argent et rentra dans sa ville. Après un certain temps, la fille du roi apprit que son vieux professeur connaissait l'endroit où se trouvait la montagne d'or. A part cela, on lui annonça que le vieux savait comment ouvrir et fermer la montagne et qu'il était en son pouvoir de disposer à sa guise de l'or qui s'y trouvait. Cela aussi déprima la fille du roi et elle se mit à pleurer. Et le roi alarmé par les soupirs de sa fille, entra dans sa chambre et lui demanda: "Que t'arrive-t-il, ma fille, pour pleurer ainsi?"

"Le vieux, qui était mon professeur, sait où se trouve la mon­tagne d'or et il sait aussi comment l'ouvrir et comment la fermer. Je veux qu'il m'enseigne cela", répondit la fille du roi.

Et de nouveau on attela le carrosse d'or du roi et on amena le vieux au château.

"Montre à ma fille l'endroit où se trouve la montagne d'or et apprends-lui comment faire pour l'ouvrir et pour la fermer!", or­donna le roi. Et il ajouta: "Comme salaire, tu recevras un tiers du royaume".

Le vieux se déclara d'accord, mais comme la première fois il posa une condition: "J'enseignerai à ta fille ce qu'elle désire savoir, à condition que personne ne se trouve avec nous dans la chambre, a l'heure où je lui donne une leçon".

Le roi accepta la condition et de nouveau le vieux et la jeune fille restèrent seuls dans la chambre. Au milieu de la nuit, exacte­ment minuit, le vieux dit la jeune fille: "Viens, je vais te conduire à la montagne".

Les deux se mirent en route dans l'obscurité et arrivèrent au but, à l'heure fixée. Le vieux prononça la formule qui ouvre la montagne à minuit et la referme à minuit et demi. La montagne s'ouvrit et les deux pénétrèrent à l'intérieur. Le vieux montra à la fille du roi l'or qui s'y trouvait et l'avertit: "A minuit et demi exactement, tu dois sortir d'ici. Si tu restes, la montagne se refermera sur toi".

Au bout d'une demi-heure, les deux sortirent de l'intérieur de la montagne et rentrèrent au château. Le vieux reçut le deuxième tiers du royaume et des pierres précieuses et rentra chez lui.

La nuit d'après, à minuit, la fille du roi se rendit seule à la montagne. Elle répéta la formule que le vieux lui avait apprise et entra à l'intérieur et elle revit tous les trésors qu'elle avait aperçus la nuit d'avant. Enivrée par la vue de toutes ces richesses, la fille du roi perdit la notion du temps. A minuit et demi elle se rappela qu'elle devait sortir, mais déjà la montagne se referma sur elle.

Le lendemain matin on entendit, venant de l'intérieur de la montagne, des cris: "Sauvez-moi, sauvez-moi!" Le roi se rendit à l'endroit et constata que la voix était celle de sa fille. Il donna ordre d'armer tous ses soldats de pelles et de pioches pour qu'ils creusent une ouverture dans la montagne de manière à ce que sa fille puisse être sauvée. Les soldats se mirent immédiatement au travail mais ils n'avancèrent pas car leurs outils se brisèrent entre leurs mains. Le roi les exhorta à redoubler d'efforts: "En avant: délivrez ma fille!" s'écria-t-il. Mais il se rendit bientôt compte que tous les efforts de ses soldats étaient vains. Les outils se cassèrent, car la montagne était faite de pierre, d'une pierre très dure.

Soudain, le roi se rappela l'existence du vieux et il fit immédiatement atteler le carrosse d'or pour l'amener. Les émissaires arivèrent à la maison du vieux et là, ils apprirent qu'il était mort. Les émissaires rentrèrent immédiatement et annoncèrent au roi: "Le vieux est mort".

Très ému, le roi se mit à pleurer et s'écria: "J'ai donné deux tiers de mon royaume pour que ma fille trouve la mort dans cette montagne".

Pendant de longs mois le roi porta le deuil de sa fille.

Et les vieux disent que tous les cent ans, on entend, la nuit, l'âme de la fille du roi qui s'écrie de l'intérieur de la montagne: "Sauvez-moi! Sauvez-moi!".

Contes populaires- Dr Dov Noy-L'enfant au nom bizarre et le Roi Salomon

contes-populaires

L'ENFANT AU NOM BIZARRE ET LE ROI SALOMON

Il était une fois deux marchands très riches qui achetaient et vendaient de la marchandise l'un à l'autre, mais qui ne s'étaient jamais rencontrés. Un jour, l'un d'eux décida de rendre visite à l'homme avec lequel il entretenait des relations commerciales afin de faire sa connaissance. Il prit congé de sa famille et s’em­barqua sur un grand bateau.

Lorsqu'il arriva chez le marchand, il lui dit: "Depuis long­temps je fais des affaires avec toi, mais je n'ai jamais vu ton visage et tu ne me connais pas. J'ai donc décidé de venir chez toi pour faire ta connaissance".

Le deuxième marchand était très content et lui fit cette pro­position: "Pourquoi acheter de temps en temps de petites quan­tités de marchandises? Maintenant, tu as l'occasion de prendre avec toi une grande quantité de marchandises. Gela m'évitera de te faire périodiquement des expéditions selon tes commandes". Ceci dit, le marchand invita son hôte à passer quelques jours dans sa maison.

Le visiteur tomba amoureux de la fenune du marchand et se dit: "Que puis je faire pour obtenir ses faveurs?" Un jour, il proposa a l'homme qui l'avait recu dans sa maison à rentrer avec lui et à être son hote. L'autre était d'accord et les deux mar­chands .s’embarquèrent sur le même bateau. Au milieu du voyage, le marchand qui renlrait chez lui dit a son ami: "Ta dernière heure a sonné; je te jetterai à la mer pour quetu périsses". L'autre le supplia de le laisser en vie, mais en vain. Lorsqu'il se rendit compte que l'autre était décidé de le tuer, il dit: "Si je ne puis échapper à la mort, je te prie de m'accorder une faveur: Dis a ma femme qu'elle donne à l'enfant qu'elle va mettre au monde le nom de 'Serviteur de la vérité'."

Le marchand jeta son ami à la mer et retourna dans la maison de celui-ci.

"Où est mon mari?" demanda la maîtresse de la maison. "Où est-il allé et pourquoi n'est-il pas revenu?"

"Il a pris un bateau et n'est pas encore revenu".

"Peut-être s'est-il noyé en mer", dit la femme.

Pendant plusieurs semaines, elle attendait le retour de son mari, mais celui-ci ne revint pas. Un jour, le marchand se rendit chez elle et lui dit: "Ton mari n'est pas revenu. Viens avec moi. Nous vivrons ensemble et tu auras beaucoup d'argent."

La femme accepta la proposition du marchand et lorsqu'elle allait donner naissance à son enfant, l'homme lui dit: "Donne à ton enfant le nom de 'Serviteur de la Vérité'. Ton mari défunt m'a dit un jour qu'il voudrait que son fils porte ce nom". Et elle donna effectivement ce nom à l'enfant.

Lorsque l'enfant avait dix ans, ses camarades l'appelèrent de son nom pendant qu'il jouait dans la rue, et par hasard le roi Salomon vint à passer. Lorsqu'il entendit ce nom étrange, il ap­pela l'enfant et lui demanda: "Pourquoi portes-tu ce nom?"

L'enfant répondit: "Demande à ma mère, c'est elle qui me l'a donné".

Le roi Salomon prit l'enfant par la main et alla avec lui chez la mère. Il lui demanda: "Pourquoi as-tu donné à ton fils le nom de 'Serviteur de la Vérité'?"

La femme répondit: "C'est mon premier mari qui a donné ce nom à notre fils. L'homme avec lequel je vis maintenant, m'a transmis ce désir de mon premier mari. Lui et mon mari actuel étaient de bons amis".

Le roi Salomon se rendit compte que le premier mari de la femme avait fait preuve de beaucoup de sagesse et d'intelligence et que ce nom trahissait un secret et il comprit que le mari actuel de la femme avait tué son premier mari. Il fit venir l'homme dans son château et lui ordonna de lui raconter toute la vérité. Le roi lui dit: "Si tu ne racontes pas toute la vérité, je donnerai ordre de t'exécuter, mais si tu dis la vérité, je te permettrai de continuer à vivre avec ta femme".

L'homme avoua son crime et dit au roi qu'il avait tué son ami, parce qu'il était tombé amoureux de la femme de celui-ci. Le roi dit à l'homme. "Apporte ici tout l'or et tout l'argent que tu possèdes".

L'homme apporta toutes ses richesses et les remit au roi qui les donna à la femme du marchand assassin et à son fils. Après, il fit exécuter l'assassin, car il n'y a pas de pitié pour les meur­triers et pour leur donner la punition qu'ils méritent il est même permis de ne pas tenir une promesse.

La femme et son fils, 'Serviteur de la Vérité', connurent encore de nombreuses années de paix et de bonheur.

Narrateur Chlomo Allouche

Chlomo Allouche (narrateur; textes Nos 13 à 15) : Né en 1945, à Fez où il était élève d'un Héder. Sa famille s'est établie en Israël en 1955 à Kiryath Malahi. C'est là que Chlomo a fréquenté l'école primaire, puis il a continué ses études au Centre de jeunes de Kiryath Gath. Il exerce aujourd'hui la profession de conducteur de tracteur et puis­qu'il est le fils aîné, Chlomo contribue une partie de son salaire au budget familial. La famille Allouche comprend neuf âmes, dont la grand-mère de Chlomo, âgée d'environ 100 ans. C'est cette grand- mère, Sara, qui a raconté à Chlomo la grande majorité des his­toires qu'il connaît. Ses nombreux petits-enfants, viennent la visi­ter souvent pour lui demander de leur raconter les histoires qu'ils aiment tant. Grand-mère Sara ne sait ni lire, ni écrire, et c'est pendant son enfance, à Fez, qu'elle a entendu tous les contes et lé­gendes qu'elle connaît. A la maison, la famille Allouche parle l'hé­breu (et c'est en hébreu que Chlomo a raconté ses histoires à Yaacov Avitsouc), mais avec leur mère et leur grand-mère, les enfants parlent l'arabe marocain.

Contes populaires racontes par ls juifd du Maroc-Dr Dov Noy-Histoire de trois enfants

contes-populairesHistoire de trois enfants

David Assouline -narrateur

Il était une fois un roi riche et prestigieux. Un jour, on lui rapporta qu'une femme, qui vivait dans son pays, avait mis au monde des trumeaux. Il se mit dans une colère terrible et s'écria: "Je ne veux pas de trumeaux dans mon pays!"

Il fit appeler l'un de ses esclaves et lui dit: "Prends un cou­teau bien aiguisé et tue les trois enfants. Tu mettras les trois cadavres dans un drap, puis tu déposeras le tout dans une tombe ouverte. Là, tu attendras ma venue. Puis tu fermeras la tombe"

L'esclave, qui avait bon coeur, se rendit chez la mère des enfants et lui dit: "Sache. que le roi a ordonné de tuer tes enfants".

La mère le supplia: "Prends trois de mes moutons et mets-les dans un drap blanc près de la tombe et si le roi te donne l'ordre de les enterrer, exécute son ordre en sa présence."

L'esclave liésita: "Et que ferai-je, si le roi découvre que je l'ai trompé? Il donnera immédiatement l'ordre de me couper la tête". Mais la mère réussit A le convaincre et il fit ce qu'elle lui avait demandé.

Lorsque l'esclave informa le roi qu'il avait exécuté son ordre, celui-ci le crut et lui dit: "Va enterrer les cadavres".

L'esclave enterra les trois moutons et, heureux, alla informer la mère des trois enfants que le stratagème avait réussi. La femme se rendit immédiatement chez le menuisier et lui dit: "Fais-moi une caisse qui puisse contenir trois années de nourriture pour trois enfants. Je veux mettre cette caisse à la mer; elle doit donc être forte et imperméable à l'eau. J'ai grand besoin de cette caisse. Si tu la fais de suite, tu auras double salaire".

Le menuisier accepta la commande et pour terminer son travail plus vite, il fit appel au concours de plusieurs autres menuisiers.

Quand la caisse fut terminée, la femme y mit les enfants et la nourriture et la confia à la mer. Les vagues emportèrent la caisse et les enfants se mirent à manger la nourriture et gran­dirent.

Quand les enfants eurent atteint l'âge de trois ans, ils consta­tèrent que les réserves de vivres étaient épuisées. Ils décidèrent de se frayer un chemin vers l'extérieur. Heureusement, la caisse se trouvait tout près de la côte au moment où ils gagnèrent leur liberté. Ils coururent donc tout droit vers la plage et se chauffè­rent au soleil. L'un des enfants se leva et dit: "Je vais voir si je peux trouver quelque chose à manger". L'enfant se mit en route et après un certain temps, il vit une jeune fille assise dans une grotte. Il lui demanda: "Pourquoi es-tu assise à cet endroit som­bre? Va et sors vers la lumière du monde".

La jeune fille répondit: "Je suis assise ici parce qu'il n'y a pas de jeune fille qui veuille me remplacer. Chaque année, mon père, le roi, doit sacrifier une jeune fille au lion et s'il ne le fait pas, le lion dévorera tous les habitants de la ville. Cette année le choix est tombé sur moi".

Lorsque l'enfant entendit cela, il fut très étonné. Il demanda à la jeune fille: "Pour quelle raison devez-vous chaque année faire le sacrifice d'êtres humains? J'essayerai de faire quelque chose". Puis il demanda: "Quand viendra le lion?"

"A minuit", répondit la jeune fille.

L'enfant retourna chez ses deux frères et en route, il cueillit des figues et des dattes. Il les partagea avec ses frères, mais ne leur dit rien au sujet de la jeune fille et de ce qu'elle lui avait dit.

Le soleil se coucha et la nuit vint. Les enfants n'ont pas de couverture. Comment les protéger du froid de la nuit? L'enfant qui avait vu la jeune fille leur dit: "Je vais chercher quelque chose pour nous couvrir. Peut-ctre trouverai-je une maison où nous pourrons habiter tous les trois".

Les deux frères étaient d'accord: "Va et essaye de faire quelque chose. Peut-être réussiras-tu, comme tu as déjà réussi à nous trou­ver à manger".

L'enfant alla tout droit vers la jeune fille et lui dit: "Cette nuit, je vais tuer cette bête sauvage". Puis il prit son couteau, l'enfonça dans son pouce gauche, mit du sel sur la blessure pour qu'il ne s'endorme pas et reste éveillé toute la nuit. Et tout le temps, il rassure la jeune fille en disant: "Quand viendra le lion, je le tuerai avec l'aide de Dieu".

A minuit, l'enfant entendit le rugissement du lion. Lorsque la bête sauvage s'approcha, l'enfant lui barra la route: "Pourquoi veux-tu dévorer cette jeune fille?"

En entendant la question, la bête sortit immédiatement l'épée du fourreau pour en transpercer l'enfant. Mais celui-ci esquiva le coup et le lion trébucha et tomba. L'enfant s’empara de l'épée et l'enfonça dans le coeur du lion.

En voyant cela, la jeune fille, au comble de la joie, rentra chez elle au château du roi. Lorsque celui-ci vit sa fille, vivante et en bonne santé, il fut très étonné. "Par quel miracle es-tu parvenue à rentrer à la maison?"

Et la jeune fille raconta à son père ce qui était arrivé.

"Où est ce garçon, qui a fait preuve de tant de courage?" de­manda le roi.

"Je n'ai même pas eu le temps de lui demander où il habitait", répondit la jeune fille.

Le roi fit alors transmettre à tous les habitants de son pays ce message: "Celui qui a fait preuve de courage extraordinaire et a tué la bête sauvage, obtiendra la main de ma fille et sera l'héritier du trône".

De nombreux hommes se présentèrent et déclarèrent qu'ils avaient sauvé la jeune ,fille. Mais le roi les présenta à sa fille et celle-ci déclara: "Non, ce n'est pas celui-ci, ni celui-là. Aucun de ces hommes n'a tué le lion."

Le roi fit alors défiler tous les habitants de sa ville devant sa fille, mais celle-ci les renvoya tous. Le roi demanda alors: "Est-ce qu'il n'y a plus d'hommes dans notre ville?"

On lui répondit: "Non, il ne reste plus que trois enfants, aban­donnés au bord de la mer."

La jeune fille dit alors à son père, le roi: "Fais les venir. Peut- être l'un d'eux a tué le lion."

On amena les trois enfants devant le roi. La jeune fille re­connut immédiatement le petit héros: "C'est lui, s'écria-t-elle, c'est lui!"

Le roi ordonna de donner aux enfants à boire et à manger. Il nomma l'un d'eux Ministre des Finances, au deuxième il con­féra le titre de prince et l'enfant qui avait tué le lion, il le mit sur le trône de son empire.

De nombreuses années passèrent. Un jour, une femme âgée vint trouver le roi et lui dit: "J'avais trois enfants et je les ai confiés aux vagues de la mer, parce que le roi qui t'a précédé, avait donné l'ordre à l'un de ses serviteurs de les tuer tous. J'ai imploré le serviteur d'avoir pitié d'eux et de moi et de tuer trois moutons à la place des enfants. Aujourd'hui, mes filles ne veu­lent pas travailler et leurs maris les ont renvoyées et moi, je suis sans revenus."

Les enfants reconnurent immédiatement leur mère, mais ils ne le lui dirent point, de peur que le bonheur subit ne lui cause une émotion trop forte et entraîne sa mort. Ils lui dirent: "Dans neuf jours, nous ferons un procès à tes filles et à leurs maris. En atten­dant, installe-toi au château comme si c'était ta maison."

Les trois frères profitèrent de chaque occasion pour s'entretenir avec leur mère et lui demandèrent des détails sur ses trois enfants disparus. C'est ainsi qu'ils apprirent que chacun des trois enfants portait une marque sur son corps — l'un en avait une sur le front, l'autre sur la poitrine et le troisième sur le cou. Les trois frères se firent alors connaître à leur mère et lui montrèrent les marques.

La joie de la mère fut immense. Elle n'avait pas seulement retrouvé ses enfants, mais elle était aussi une femme honorée, à présent que ses trois fils remplissaient de hautes fonctions et que l'un d'eux était installé sur le trône.

Les trois frères firent alors installer leur mère, leur père et leurs soeurs dans une magnifique maison située dans la cour du châ­teau et tous vécurent heureux jusqu'à leur mort.

L'avare mechant et l’emissaire d'Erets-Israel -Contes populaires Racontes par des juifs du Maroc

Dispertion et unite – בתפוצות הגולה

Contes populaires

Racontes par des juifs du Maroc

Publie et annotes par

Dr Dov Noy

Jerusalem 1965

L'AVARE MECHANT ET L'EMISSAIRE D'ERETS-ISRAEL

Chlomo Weizmann  narrateur

Dans une ville du Maroc vivait un Juif très riche et très méchant. Il ne permettait pas aux mendiants et aux pauvres de venir dans sa maison et pour être sûr de ne pas être dérangé, il se fit cons­truire une maison en dehors de la ville. Mais il n'était point satisfait de cela. Il fit entourer sa maison d'un mur élevé et l'uni­que porte qui donnait accès à son domaine était gardée par des chiens, méchants comme leur maître, qui mordaient sans pitié tous ceux qui s'approchaient de la maison. A part cela, il fit pla­cer devant le mur deux esclaves noirs, qui ne laissaient entrer dans la maison que les personnes que leur maître désirait voir. Les Juifs de l'endroit disaient, à propos de cet homme riche: "Depuis Aman, le méchant, il n'y a pas eu d'homme aussi mau­vais que celui-ci; mais Aman n'était pas Juif, tandis que cet hom­me fait partie de notre communauté …"

Un jour, un grand sage arriva dans la ville, un émissaire qui allait de ville en ville pour ramasser de l'argent pour les érudits qui, en Erets-Israël, consacrent toute leur vie à l'étude de la Tora. Le sage avait appris que dans cette ville vivait un Juif très riche, mais la somme d'argent qu'il parvint à réunir était petite et lors­qu'il s'en étonna, les habitants de la ville lui dirent: "Il y a parmi nous, en effet, un Juif très riche, mais sa maison est entourée d'un mur et des chiens et des esclaves noirs en défendent l'accès pour que leur maître ne soit pas obligé de contribuer aux bonnes oeuvres."

Le sage demanda: "Quel est le nom de cet homme?" Et lors­qu'on lui communiqua le nom, une voix du ciel lui dit que ce Juif était condamné à mourir bientôt et que seul lui, le sage, avait le pouvoir de le sauver.

Le sage ne communiqua rien de tout cela aux gens de la ville et se mit en route vers la maison du méchant homme. Avec l'aide de son pouvoir magique, le sage arriva en quelques secondes à l'endroit voulu, mais il s'aperçut, qu'à côté de lui, un serpent géant avançait, lui aussi, en direction de la maison et il se rendit même compte que l'animal faisait de grands efforts pour arriver avant lui.

Que fait le sage? Il prononce une formule sacrée et le serpent s'étale dans l'oued comme s'il était mort, incapable de faire le moindre mouvement.

L'émissaire d'Israël arrive devant l'entrée de la maison de l'hom­me méchant et les esclaves noirs essayent de le renvoyer. Le sage leur dit: "Je ne veux poser qu'une seule question au propriétaire de cette maison." Mais les gardiens ne veulent rien entendre. Le sage prononce de nouveau la formule sacrée et, en un clin d'oeil, il se trouve à l'intérieur de la maison sans que les chiens s'en soient aperçus.

L'homme riche voit subitement le sage planté devant lui, au milieu de la chambre, et il s'écrie: "Comment as-tu réussi à par­venir jusqu'ici, avec tes habits usés et sales?" Et il appelle ses chiens pour qu'ils le débarrassent de son hôte. Mais le vieillard s'asseoit sur le parquet de la chambre et ne bouge pas. Il est indifférent à ce qui se passe autour de lui et les chiens n'entendent pas l'appel de leur maitre et restent où ils sont. Le richard se rend compte de son impuissance. Fatigué de crier, il laisse son hôte dans la chambre sans lui accorder aucune attention.

Vers la fin de l'après-midi le sage sortit de sa poche un livre de prières et se mit à réciter la prière de Minha, tandis que les serviteurs de l'homme riche se mirent à dresser la table pour le dîner. Puis le maître de la maison, sa femme et ses enfants s'ins­tallèrent autour de la table. Le sage demanda un morceau de pain sec (il feignait d'avoir faim, car cet homme saint ne souffrait pas de la faim même s'il ne mangeait pas). Il supplia les maîtres des lieux de lui accorder au moins l'un des morceaux qu'ils avaient l'habitude de jeter aux chiens, mais, dans sa cruauté, l'homme riche refusa. La famille termina son repas et le sage ne bougea pas de sa place et tout le temps sa main était tendue vers la table, implorant un peu de nourriture. L'homme riche interdit même à sa femme et à ses enfants de donner quoi que ce soit au sage.

Lorsque les serviteurs se mirent à débarrasser la table, le sage, une fois de plus, demanda un morceau de pain et l'homme mé­chant jeta quelques miettes sur le parquet et dit sur un ton mé­prisant: "Attrape cela, avant que ne viennent les chiens!"

Mais le sage lui dit: "Je n'accepterai que ce que tu me donneras de ta main."

La femme et les enfants demandèrent alors à l'homme méchant d'avoir pitié du sage et, en fin de compte, il se laissa attendrir au point de donner un morceau de pain à son hôte.

Le sage se leva, se lava les mains, prononça la bénédiction sur le pain, en mangea une bouchée, puis dit à l'homme riche: "Je voudrais t'informer d'une chose que tu ignores."

Le riche s'effraya, mais le sage lui dit: "Envoie de suite ta fem­me et tes enfants loin d'ici, car cette nuit un grand danger les menace. Quant à toi, ne dors pas cette nuit. Reste éveillé et sache qu'il t'est interdit d'ouvrir la porte."

Pris de panique, l'homme riche fit ce que lui avait dit l'émissaire d'Erets-Israël, qui s'installa sur le parquet et récita des psaumes.

Et le serpent se mit à ramper et avança en direction de la maison.

Tout d'un coup l'homme riche se précipita vers le sage et lui dit: "Dehors, ma femme pousse des cris et demande que je lui ouvre la porte, car on veut l'assassiner".

"Retourne dans ta chambre et n'ouvre pas!", ordonna le sage.

L'homme riche fit ce qu'on lui avait dit, mais quelques minutes plus tard, il revint et dit: "Cette fois-ci les enfants, eux aussi, se sont mis crier: 'Aie pitié de nous et ouvre-nous la porte car des brigands veulent nous tuer'. Je cours ouvrir la porte, pour les protéger".

"N'ouvre pas et tiens-toi tranquille!" ordonna le sage et l'hom­me fit ce qu'on lui avait dit. Mais après un certain temps il revint: "Ma mère et tous les membres de ma famille m'implorent de sau­ver leur vie. Je cours ouvrir la porte".

Le sage poussa un cri terrible et l'homme riche s'excusa et se mit à pleurer, implorant la permission d'ouvrir la porte: "Si je n'ouvre pas, ils seront tous assassinés".

Et toute la nuit l'homme riche revint chez le sage pour lui demander la permission d'ouvrir la porte.

La nuit semblait interminable à l'homme méchant, mais le jour se leva enfin. Le sage lui dit alors: "Viens voir ce qui t'at­tendait devant la porte".

Il y aperçut un serpent géant, dont la tête avait la taille d'un tonneau et dont le corps était aussi long que le mur, qui en­tourait la maison; et le serpent était coupé en morceaux. Le sage se mit à expliquer: "Sache que les voix que tu as entendues étaient celles du serpent. C'est lui qui t'a parlé en imitant la voix de ta femme et de tes enfants, car il est venu pour vous tuer tous. Je savais cela et je suis venu pour te sauver. Si tu ne m'avais pas donné de ta propre main une tranche de pain, alors ton sort et celui de toute ta famille auraient été amers."

L'homme riche envoya ses serviteurs pour ramener sa femme et ses enfants et il leur montra le serpent coupé en morceaux et leur raconta à tous ce qui s'était passé durant la nuit. Bien sûr, pendant qu'ils étaient loin, la femme et les enfants ne pouvaient pas savoir ce qui s'était passé à la maison.

Ils étaient terrifiés en entendant le récit des événements de cette nuit terrible. Mais quand ils réalisèrent qu'aucun danger ne les menaçait plus, ils remercièrent Dieu de les avoir sauvés.

Apres cette aventure terrible, l'homme riche se transforma en un homme

charitable. Il donna de grandes sommes pour les bonnes oeuvres

et fit des dons importants pour Erets-Israël et pour les erudits qui y étudiaient la Tora.

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