Le mari. trad. chez juifs maroc.


Le mariage traditionnel chez les juifs marocains-Issachar Ben-Ami

 

LE MARIAGE TRADITIONNEL CHEZ LES JUIFS MAROCAINS

לעילוי הנשמות הטהורות אסתר וגלאוסיה וייזר ז״ל

extrait du livre " le Judaisme Marocain "

Issachar Ben-Ami

avant-propos

Il semble que les centaines et milliers d'articles et publications qui concernent les Juifs d'Afrique du Nord, écrits généralement en diverses langues, sont loin de nous donner une image profonde et équilibrée de ce Judaïsme.

La négligence volontaire d'une part, de divers chercheurs non-juifs qui ont enquêté cette aire culturelle de tout ce qui concerne les Juifs et de l'autre côté, le peu d'intérêt qu'ont montré les Juifs nord-africains en tout ce qui concerne l'écriture de leur histoire et de leur vie culturelle, permettent difficilement au chercheur de s'adonner à l'enquête systématique de cette culture afin de remonter à leurs sources et racines.

 En effet, même une comparaison superficielle entre le nombre de manuscrits et documents que ce Judaïsme nous a légués, et malheureusement seule une petite partie en est restée, et ce que d'autres groupes ethniques ont écrit, nous permet de mesurer l'activité spirituelle intense des Juifs marocains. Seules quelques matières telles que l'Exégèse biblique, les Responsa, etc… ont été publiées en nombre limité, qu'on peut considérer aujourd'hui comme manuscrits.

 Une grande partie de ce patrimoine, et certainement la partie onde, est encore a ce jour resté inexploré. Une partie des articles présentés dans ce livre expose certains problèmes, mais est loin de les traiter a fond. Notre désir est non seulement de présenter certains aspects de cet héritage qu'il faut encore étudier, mais aussi de proposer un moyen d'étude.

 La plupart des recherches est basée sur un travail de terrain qui a duré de longues années en Israël et dansla Diaspora. Certains sujets traités ici sont presque inconnus tel que "l'humour juif marocain" qu'on connaît tout aussi mal que l'humour des Juifs orientaux.

Ceci est aussi vrai pour l'étude de certains rites magiques telle que la nouerie de l'aiguillette ou les rites d'accélération du mariage. Les articles concernant la vénération des Saints fait allusion au rapport très étroit entre ce groupe ethnique et ses Saints. Il est probable que certains sujets donneront place à l'avenir à des monographies détaillées.

Bien que parfois les relations entre les Juifs et les Musulmans étaient très tendues et malgré les persécutions,la Communautéjuive était magis­tralement organisée. Quand nous voyons aujourd'hui le reste des manuscrits et des archives où on copiait la plupart des documents, et aussi le nombre très grand des accords entre deux parties qu'on consignait par écrit sur la demande d'une des parties, on ne peut que s'émerveiller sur cette puissance d'organisation.

Malgré la destruction de plusieurs archives dela Communauté, l'abandon de grands archives familiaux vu le départ souvent précipité du Maroc et la venue en Israël, et aussi à cause des restrictions des autorités marocaines, le reste des documents peut nous permettre de pénétrer le monde intérieur de ce Judaïsme dans les derniers siècles.

On ne peut comprendre non seulement le processus d'absorbtion en Israël des Juifs d'Afrique du Nord, par rapport aux autres Communautés, ainsi que leur attitude vis-à-vis des différentes valeurs sociales, mais aussi leurs processus internes et spécifiques sans la dimension perspective et de ce point de vue la recherche du passé historique, social, économique et culturel de ce Judaïsme est indispensable.

Il m'est personnellement agréable de remercier tous ceux qui ont per­mis la publication de ce volume: M. Shaoul Ben-Simhon, Président de l'Or­ganisation Mondiale des Juifs d'Afrique du Nord, qui a montré un intérêt constant à mes recherches et publications, à l'Edition Rubin Mass qui a tout fait pour faciliter la parution du livre, ainsi qu'à l'Imprimerie Alpha pour leur studieux travail.

Jérusalem, Août 1975 Université Hébraïque de Jérusalem

I.Ben-Ami

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains

יהדות מרוקו - פרקים בחקר תרבותםINTRODUCTION

 Buts et méthode d'approche

Ce travail décrira les cérémonies traditionnelles du mariage juif marocain, telles qu'elles se célébraient au dix-neuvième et au début du vingtième siècle. La date limite est celle de 1912, date à laquelle fut signé le Protectorat français au Maroc. Cette reconstitution de ce mariage est entièrement basée sur les diverses descriptions que j'ai recueillies chez des informants.

 Nous nous sommes efforcés, après le recoupage et les vérifications de ces informations, de distinguer entre ce témoignage, qui a une valeur intrinsèque, et nos explications, qui se basent sur des théories actuelles, dont la valeur est relative. C'est une méthode de travail que les ethnologues n'ont pas toujours suivi.

L'enquête directe auprès des Juifs marocains, qui a duré cinq mois (Janvier-Juin 1965), a englobé plus d'une centaine d'informants. Né au Maroc et ayant vécu plus d'une vingtaine d'années dans ce pays, notre connaissance du milieu juif nous a permis d'éviter certaines erreurs, dont quelques chercheurs, étrangers à une certaine culture, ne sont pas toujours exempts. Le fait d'avoir, en tant qu'enfant, assisté à ces cérémonies, nous a par ailleurs facilité aussi le travail.

Nous avons eu la chance d'avoir d'excellents informants; certains, âgés de plus de quatre-vingt-dix ans, vivent encore cette culture. En général, le témoignage des femmes interrogées a été plus détaillé et plus fidèle que celui des hommes.

Nous possédons quelques descriptions partielles d'un mariage juif à Rabat, Salé, Tanger et Fez que nous citerons plus loin. Tout le matériel ici exposé parait pour la première fois. Une littérature très abondante sur les cérémonies du mariage musulman en Afrique du Nord, bien que pas toujours précise, nous permet de faire une bonne comparaison avec le mariage juif de cette région.

Les coutumes du mariage musulman en Afrique du Nord sont très différentes d'une région à l'autre et il serait souhaitable d'entreprendre une étude comparative, qui engloberait tous les rites de mariage de cette partie de l'Afrique.

Nous avons largement puisé dans les écrits de nombreux auteurs, qui ont, à partir du seizième siècle, visité l'Afrique du Nord, et nous ont laissé de précieuses descriptions ethnographiques.

Nous avons essayé, dans ce travail, de relever certaines coutumes prati­quées en Israël durant la période biblique et talmudique. Malheureusement, il n'existe aucun ouvrage ni aucune étude sérieuse, qui auraient pu faciliter notre comparaison, qui restera de ce fait incomplète.

 Dans la plupart des cas, nous avons dû puiser à la source même. "On ne trouve point dans la Bible, clairement indiqué, l'usage d'un cérémonial quelconque aux mariages des premiers Hébreux". Toutefois, la procession de la fiancée, de la maison paternelle à celle de l'époux, avec danses et musique, parait tenir une place particulièrement importante dans ces cérémonies, tout comme chez les Musul­mans et les Israélites.

Une longue cohabitation avec les indigènes du pays, l'isolation de certaines communautés juives, surtout de l'Atlas, ont grandement influencé la phy­sionomie de ces communautés. Les Juifs, particulièrement ceux du Sud, ne se différenciaient pas de leurs voisins, même en ce qui concerne l'habillement,sauf pour la couleur, qui devait être noire.

En effet, dès le Moyen Age, nous sentons déjà le fruit de cette acculturation, même dans le domaine religieux. Selon l'usage musulman, il est interdit de pénétrer chaussé dans une mosquée. Certaines communautés juives adoptèrent au Moyen Age cette coutume étrangère àla Synagogue.

 Des Juifs s'interdirent de maudire un Cohen, descendant d'Abraham, parce que, dans ce pays, c'est une injure grave de maudire un descendant du Prophète Mahomet. Certains documents juifs commencent par une formule hébraique analogue au célèbre premier verset du Coran.

 Ainsi, la vie, côte à côte dans le même pays, tend, dans une certaine mesure, à unifier les habitudes des groupes ethniques. Nous verrons combien cela est vrai pour les coutumes du mariage.

Nous avons, pour la description des cérémonies du mariage, préféré suivre l'ordre chronologique, afin de rendre au maximum la réalité de ces céré­monies. Ainsi, une cérémonie déjà décrite n'est pas répétée ailleurs, mais seulement citée, avec les nouveaux détails relatifs à ce lieu. Néanmoins, nous nous sommes plus particulièrement concentrés sur la description de quelques cérémonies parmi les plus importantes.

La transcription des mots et expressions arabes est celle adoptée par Colin. La traduction des citations arabes et hébraïques est littérale.

Les Juifs marocains ont, tant en arabe qu'en hébreu, une prononciation défectueuse (aucune différence, par exemple, entre le "ch" et les différents "s"). Nous transcrivons les mots tels qu'ils sont prononcés au Maroc.

LE DEBUT DU MARIAGE

"Qui prétend que la cérémonie du mariage est simple essaie seulement".(Proverbe juif marocain)

Le mariage chez les Juifs marocains dure généralement deux à trois semaines. Selon les informations que nous avons recueillies, cette durée varie entre dix et vingt jours dans les villes, avec une légère préférence pour une période de douze jours; dans la zone espagnole, elle est de quinze jours, et dans l'Atlas, entre dix et vingt jours, le cadre de quatorze jours étant ici le plus courant. Cette durée va en diminuant avec la pénétration de la civilisation européenne. R. Tadjouri décrit, au début de ce siècle, un mariage à Salé qui dure vingt-six jours.

Pour mieux éclairer le mécanisme des rites du mariage nous avons préféré suivre l'ordre chronologique, car, si la célébration de la cérémonie nuptiale a lieu généralement un mercredi, le jour où débutent les cérémonies du mariage n'est pas le même chez tous les Juifs marocains.

Ce chapitre décrira les différentes cérémonies qui ont lieu jusqu'au dernier samedi y inclus, qui précède le mercredi, jour de la bénédiction nuptiale. A part ces cérémonies, il faut rappeler que les fêtes elles-même, animées par des chants et des danses, se prolongent sans interruption du premier au dernier jour.

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains

Côte atlantique

A Casablanca, les cérémonies du mariage commencent un jeudi, intitule "nhar hsäb sab' iyyäm". Ce jour-là, !a mère du fiancé, ses soeurs et les tamzwarät de la famille, ainsi que plusieurs invitées, rendent visite à la famille de la jeune fille, et offrent des plateaux contenant de la farine, du henné, du savon, des chaussures, des fruits secs et des bijoux.

On confectionne ce soir-là une amulette appelée srira, que les fiancés doivent porter au poignet jusqu'au jour du mariage. La srira contient du hermel (peganum harmala), réputé pour surmonter la peur des démons. Les fiancés ne pourront plus quitter la maison, sauf pour certaines céré­monies, et doivent être toujours accompagnés.

Tout en chantant des chants appropriés, les femmes s'adonnent aux pré­paratifs du mariage, qui dureront jusqu'au lendemain après-midi.

Vendredi soir, les deux familles assisteront ensemble à l'office religieux à la synagogue. D'après Nataf, , à la fin de l'office le fiancé va baiser la main du futur beau-père, et, de suite après, sous un prelexte, quelconque, se fâche avec lui. Le beau-père doit alors, par tous les moyens, essayer d'apaiser sa colère. Un diner copieux les réunira encore dans la maison de la fiancée, où les hommes et femmes prennent leur repas dans des chambres séparées.

Samedi est le "sebt el badiän" – ou "sabt erray".Le samedi du commencement", début du mariage. Les Musulmans se servent aussi du même terme: el bdou, "le commencement".. Au matin, le fiancé et ses amis prennent part à la prière dans la synagogue du père de la jeune fille.

 Après l'office, tous les assistants sont invités par les parents de la jeune fille, qui servent à cette occasion de !a viande, des oeufs, de pommes de terre, des salades et de la mahia.

En même temps, les amies de la fiancée, habillées de leurs "ksswa alkbira", viennent admirer son trousseau, qu'on expose ensuite à la vue de tous les invités présents. La jeune fille offre du thé et des gâteaux à ses amies, qui lui tiendront compagnie jusque tard dans la nuit.

Le fiancé, accompagné de ses amis, vient alors surprendre la fiancée, couchée dans son lit recouvert d'un voile et entourée de ses compagnes. Ils soulèvent le lit, découvrent le voile et donnent cours à leur joie. Mes informateurs n'ont pu éclairer le sens de ce jeu. Un déjeuner, réunissant les deux familles, ainsi que quelques invités, terminera les diverses réjouissances.

Comment expliquer ce jour-là, la liberté avec laquelle les jeunes gens abordent la fiancée et ses amies, dans une société où la séparation des sexes est si stricte? En effet, ils possèdent certains droits, qu'ils gardent jalousement. La clef du problème réside dans la réunion, ce soir-là, d'un certain nombre de jeunes gens dans la maison du fiancé, à l'occasion de laquelle un groupe communément appelé ici 'zara ou lslan  se formera.

 Leurs fonctions sont bien claires et bien définies, mais les renseignements abondent moins sur la formation pratique du groupe. Au cours de la réunion, cinq jeunes hommes seront choisis, et, à partir de ce moment, resteront attachés au service du fiancé. Les principaux critères pour l'élection de cette cour sont: a) le fait d'être un ami personnel du fiancé, et b) la possession d'une certaine expérience de la vie: un jeune homme nouvellement marié peut faire partie du groupe, qui joue aussi un certain rôle dans la préparation sexuelle du fiancé. Celui- ci est nommé Sultan. Il choisit un vizir et distribue d'autres fonctions, dont la plus importante est celle de trésorier. On constitue une caisse qui servira à couvrir les frais des repas pris en commun.

Après cela, le fiancé, accompagné de sa cour, va à la maison de la jeune fille, où une grande assistance l'attend. A son arrivée, commencera la curieuse cérémonie intitulée azmomeg. La signification du vocable ainsi que le sens de la cérémonie sont tombés dans l'oubli. Ce qui est encore plus remarquable c'est que Y azmomegn'est pas très connu des Musulmans d'Afrique du Nord. Ce serait donc une cérémonie particulière aux Juifs marocains.

La mère du marié aura pris la précaution d'offrir ce jour-là, un plateau spécial contenant du sucre, du henné, un oeuf, du qronjal (clous de girofle), un miroir, du calicot blanc, le tout recouvert d'un foulard. Le soir, quand toute l'assistance est rassemblée, un jeune homme, jamais le fiancé, prend l'oeuf et le brise sur la tête de la fiancée, pendant que les femmes scandent : " 'bâto, 'bâto : Elle l'a pris, elle l'a pris, ollâh ma hbbàto": Par Dieu, elle ne le cache point. Ensuite, une des tamzwarâtdépose sur la tête de la fiancée du henné, un miroir, du qronfal, et couvre ses cheveux avec le morceau de calicot. Elle devra rester ainsi jusqu'au mardi soir ou mercredi matin. 

 A partir de ce soir, les jeunes filles amies de la fiancée forment une cour dont la principale occupation est de lui tenir constamment compagnie.

A Azemmour, le samedi matin, le père de la jeune fille invite les assis­tants de la synagogue à venir chez lui. C'est le "sebt al badian". Les deux familles déjeunent ensemble. Le soir, on expose le trousseau de la jeune fille, qui sera admiré par tous les invités.

A Mogador, les cérémonies commencent un jeudi, intitulé "nhar rssim".Les femmes se réunissent dans la maison de la fiancée. Dans le plateau où on pétrit le pain, on met des pièces de monnaie conservées de génération en génération et destinées à porter bonheur au nouveau couple. Samedi est le "sabt al qdïm", que les deux familles fêtent chez la mariée. Le soir, les musiciens viennent agrémenter la réunion. Ici, on pense que briser l'oeuf sur la tête de la jeune fille adoucira la vie des futurs époux.

A Safi, c'est aussi le "sabt al badian" qui réunit les deux familles et plu­sieurs invités dans la maison de la fiancée. On aura pris soin de préparer beaucoup de nourriture pour cette journée.

A Rabat-Salé, le mariage commence le samedi "sabt rssim", le mercredi d'après a lieu un bain froid de la fiancée; jeudi, Yazmomeg, et le samedi suivant est le "sabt erray".

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains

Villes de l'Intérieur

A Fez, les cérémonies du mariage débutent généralement un dimanche. C'est le "nhar ltarf lbyad"." Le jour du tissu blanc "Ce jour-là, les femmes de la famille du fiancé, ainsi que des invités, se rendent chez la fiancée et lui remettent de la part du jeune homme un plateau contenant des bonbons et du henné. Les femmes mettent du henné sur la tête de la jeune fille et la coiffent d'un morceau d'étoffe blanche, qu'elle doit garder jusqu'au lendemain. Lundi, en effet, les femmes reprennent le tissu et le plaçent sur la taille du fiancé, tout en nouant sept noeuds.

 Certaines familles utilisent une étoffe verte, que le marié doit garder jusqu'à la nuit nuptiale. C'est un bon fal, afin que "leur vie soit verte telle que la verdure. Le samedi d'après est le "sabt erray"ou "sabt l'ors".Toutes les amies de la jeune fille viennent lui rendre visite. La fiancée leur offre un foulard contenant des bonbons. Durant cette journée la famille et de nombreux invités viennent souhaiter un "bessiman tov" (heureux présage). La couleur verte est une couleur reputee pour porter bonheur.

 Le matin, des zzgratat vont à la maison du jeune homme et poussent des zgarit quand il veut se rendre à la synagogue avec ses amis. Après l'office religieux, les membres de la société de Rabbi Simon Bar Yohai accompag­nent le fiancé, qu'on installe sur une chaise, soulevée par ses amis. En route, on jette sur lui des bonbons et des raisins secs. C'est encore un bon fal, qui fera pleuvoir sur le futur mari des jours "doux".

A Sefrou, "nhar al badian" est un jeudi. Les parents du jeune homme présentent à la fiancée un plateau avec du henné, un habit, des bonbons, un bouquet de verdure et une ceinture, avec laquelle on lui entoure la taille. Pendant ce temps, le jeune homme réunit ses amis chez lui et se fait déclarer sultan. Il est aussi ceint d'une ceinture dite hzàm. Le samedi donne lieu à une fête qui dure toute la journée. Le soir, des femmes enduisent les mains et les pieds de la fiancée de henné, pendant que d'autres chantent et dansent. Le fiancé, entouré de sa cour, ne quittera pas sa maison ce jour-là.

A Meknès, le premier jour du mariage est un mercredi, le "nhar tsart" : le jeune homme offre à sa fiancée un plateau contenant un oeuf, du henné et un morceau de calicot. nhar tsart  – le jour de oa condition Au cours de la fête, une des tamzwarâtbrisera  l'œufsur la tête de la jeune fille, aux cris de "byad asse'd" (heureuse destinée). Le samedi, chaque famille reçoit des invités chez elle.

A Settat, le jeudi, les tamzwarât de la famille du jeune homme et de la jeune fille se réunissent chez cette dernière, pour nettoyer les grains de blé et préparer la farine. Aucun homme ne peut assister à cette cérémonie, où on confectionne pour les fiancés une srira contenant du hermel et du sel.

 Une des tamzwarât habille la jeune fille d'un drap blanc et l'installe sur une planche posée sur une table. Ensuite, elle lui met sur la tête du henné, un oeuf, un morceau de pain, du sucre, cinq dattes, et couvre le tout d'un morceau de tissu, qu'elle gardera jusqu'au jour du mariage.

On lui ceint la taille d'un hzâm en soie rouge, pendant que les femmes chantent. La fiancée ne devra à aucun prix quitter cette planche pendant sept jours,même pour manger et dormir. Nuit et jour une des ses amies sera près d'elle et ne la laissera jamais seule, car on pense que la jeune fille se trouve en état de danger. Si la cérémonie a lieu en été, les femmes sortent dans la cour intérieure et dansent. On offre à manger aux assistantes. Les tamzwarât prépareront ce soir unemahia spéciale, que le marié fera boire à la mariée dans la chambre nuptiale.

A Marrakech, un mois avant le mariage, un lundi ou un jeudi, les femmes des deux familles se réunissent pour la fssala. La famille de la jeune fille donne une somme d'argent et celle du jeune homme du tissu, destinés à préparer des habits pour la fiancée. On prend soin de ne pas couper le tissu avant que les femmes ne poussent des zgarit. Durant la journée, un peintre vient dessiner sur le mur extérieur de la maison de la fiancée une hamsaou main, signe que bientôt sera célébré ici un mariage. Les voisins et les passants offrent de l'argent au peintre, aux cris des "youyous" des femmes.

Quinze jours après, a lieu une nouvelle réunion des femmes chez la fiancée, à l'occasion de laquelle un ouvrier juif prépare le matelas nuptial, pendant que les femmes chantent et lui remettent une grama. ׳ On confectionne ce soir là une srira contenant duhermel et du sucre, qu'on fourre dans le matelas. Ainsi la femme sera aussi douce que le sucre à son mari. Une distribution de mahia et de douceurs terminera cette rencontre.

Le samedi précédant le jour de la cérémonie nuptiale est le "ssbt al bedian". La famille du jeune homme est invitée à goûter aux shâin  dans la maison de la fiancée. L'après-midi, en présence de ses parents et des invités, le fiancé est habillé d'un selham(djellaba) blanc et ceint d'un hzâm par ses amis. On sert aux invités du thé et des gâteaux.

Le soir, aura lieu chez le jeune homme la cérémonie de l'lslan, et chez la jeune fille, celle de Yazmomeg. La soirée chez la fiancée est intitulée "lilt el hanna azgirà". Les tamzwarât préparent du henné en présence des invités, pendant que jouent les musiciens. Le batteur du tarr met un plateau avec du henné sur sa tête et danse, en même temps que les invités y déposent une offrande.

Le mariage trad. chez les juifs marocains

 Vers minuit, la mère de la jeune fille, aidéé de cinq tamzwarât, mettra du henné et du sucre dans les cheveux, sur les pieds et les mains de la fiancée. Une tamzwarâ fera de même pour le fiancé. Le jeune homme place dans la main de la jeune fille une pièce de monnaie ou une bague, et lui offre un foulard blanc, avec lequel sa mère lui fermera les mains. On sert aux assistants des pois chiches, des olives et mhammar

A Boujad, jeudi soir, les tamzwarât habillent la jeune fille d'une farazya (longue tunique en soie) et d'un kzâm, avant la cérémonie de Yazmomeg. On asseoit les fiancés sur une table, recouverte d'un tapis. Un repas composé de viande, d'oignons et de mahia est servi aux invités.

Un groupe de femmes bat du tarr et agrémente la soirée de chants et de danses. Elles reçoivent des assistants une grama. Quand les invités se retirent, les parents de la jeune fille la soulèvent et la déposent dans sa chambre, près d'une rha (ma­chine à moudre) et d'un gidd (entrave pour empêcher les bêtes de prendre la fuite). Les gens disent que le but de la rha et du gidd est d’empêcher le mari de battre sa femme. Il est probable que le sens exact du rite est que la femme doit entretenir son foyer (moudre le blé) et être attachée à son mari comme le gidd.

Vendredi, le jeune homme envoie aux parents de la jeune fille des cadeaux sous forme de nourriture pour le samedi. Les deux familles dînent ensemble vendredi soir. Le fiancé assiste seulement au repas et revient chez lui ac­compagné de ses amis

Samedi matin, après l'office religieux, un buffet réunira une grande assis­tance. Le soir, après l'élection des islan, les deux familles et les invités chantent et dansent jusque tard dans la nuit.

Zone espagnole

A Tanger, un mois avant le mariage, a lieu la première réunion des deux familles. A partir de ce soir, elles recevront de nombreux invités qui viennent les féliciter.

Mercredi, huit jours avant la cérémonie nuptiale, on fait prendre à la fiancée un bain  à la maison. Dès ce soir, elle ne peut plus quitter son lit.Les musiciens jouent pour les invités qui emplissent la maison et la cour. 

Le jeudi est consacré aux invitations faites par les parents aux divers amis, et le vendredi, aux préparatifs du samedi, le "sabt erray". Le fiancé prie dans la synagogue de son futur beau-père. Un déjeuner réunira les deux familles et des invités. Ce jour là, on expose Yajuar ou trousseauà l'admiration des invités. Les femmes chantent 

Ajuar nuevo                               : Mon nouveau trousseau,

delante vos la pondri                   : je l'expose à vos yeux,

Suegra y cunada                         : ni la belle-mère, ni la belle-soeur

no tienen que decir.                     : n'ont rien à dire.

Le soir, les femmes mettent du henné dans les mains de la fiancée et la fête durera jusqu'au matin. 

A Tétouan, quelque temps avant le mariage, on peint en blanc les murs extérieurs des maisons des fiancés, sur lesquels les jeunes gens écrivent: "Félicité, heureux mariage". Ils dessinent un arbre à cinq rameaux, un bouquet de fleurs. On blanchit aussi le portail de toutes les maisons devant lesquelles le marié devra passer le jour du mariage. 

Quinze jours avant la noce, la suspension d'une grande lanterne à l'entrée des maisons des fiancés est un signe que les réjouissances vont bientôt commencer. Samedi, "el maïs", est la première occasion pour les familles d'inviter leurs amis au mariage et d'ouvrir les fêtes. Lundi, la jeune fille envoie à sa future belle-mère un plateau de fruits secs. Cette dernière lui prépare ce jour un plat spécial, alfeha, fait d'oignons, d'ail et de miel qu'on ajoute à la viande et qui ne sera consommé que la semaine d'après par les mariés. 

 Mardi est le "lavado primero" (premier bain) de la fiancée. Jeudi est le "bab el'ors".׳ Le fiancé envoie à la jeune fille un plateau avec des raisins secs, des douceurs, un ruban, un foulard et des bougies. Les femmes éparpillent les cheveux de la fiancée, qu'elles attachent ensuite avec le ruban et couvrent d'un foulard en soie. Après la prière du soir, les amis du fiancé, accompagnés de plusieurs invités, prennent des bougies et des manches à balai et se rendent en chantant chez le fiancé, et ensuite chez la fiancée. où ils sont reçus joyeusement.

Samedi est le "sebt erray", qui réunira les deux familles et des invités pour le déjeuner. La jeune fille offre aussi un repas spécial à toutes ses amies. Le soir, un tribunal composé des amis du fiancé se réunit chez lui pour le juger et le condamner. Celui-ci monte sur les épaules d'un de ses amis, pendant que les autres essayent de le frapper avec des mouchoirs. L'ami sur lequel est juché le fiancé saute, afin d'épargner les coups à son protégé. 

Dans le Rif, mercredi est le "nhar al bodian" ou "nhar al hazba". ( Le jour de la retraite ) Une femme, "dont le coeur est pur et qui est heureuse", met du henné dans les cheveux de la fiancée, ainsi qu'un oeuf et du miel, et lui couvre la tête d'un morceau de tissu. Elle la ceint avec un hzàm. Pendant ce temps, le jeune homme reçoit ses amis chez lui et forme une cour intitulée uzara.Ce soir-là, sa future belle-mère lui envoie cinq plateaux avec cinq pains, cinq kilos de fruits et cinq unités de tout autre produit expédié. Le lendemain, c'est à son tour d'envoyer de la viande et des légumes pour la préparation des repas du samedi

Samedi soir, les uzara habillent le jeune homme et l'installent au milieu de la cour. Tous les assistants tiennent une bougie à la main. Les femmes chantent et dansent et les uzara font de même autour du fiancé. A un moment donné, l'un d'eux s’empare d'une ceinture rouge, avec laquelle il le ceint.Ses amis le soulèvent et le font danser, à la grande joie des assistants. La soirée se terminera tard.

Le mariage trad. chez les juifs marocains

Chez les Juifs du Sud

a. Dans le Haut-Atlas occidental. C'est dans cette partie de l'Atlas que se concentrent le plus de Juifs.

A Amizmiz, les cérémonies du mariage débutent un jeudi matin. C'est le "hrozs elqâmh".  ( La sortie du ble ) Les tamzwaràt concentrent dans la cour tout le blé destiné à être consommé pendant le mariage. Un groupe des femmes bat du tarr et commence à danser. La mère de la jeune fille apporte des fruits secs et un plat composé d'olives, appelé aslai ou dislain, qu'elle dépose au milieu des grains de blé. Une des tamzwaràt verse le contenu d'un panier de blé sur le plat d'olives, pendant que les femmes poussent des zgarit.

 On distribue des fruits secs et du thé. Les femmes dansent autour du blé. C'est alors qu'on commence à le nettoyer, opération qui durera jusqu'au soir. Le travail se fait au milieu des chants. Les femmes offrent une grama aux danseuses. Vendredi, on prépare de grands plats de viande, de poulet et cinq kaka' ou pains ronds. Samedi matin, les hommes de la famille du fiancé, ainsi que plusieurs invités, se rendent à la synagogue du père de la mariée. Au milieu de la prière, le père de la jeune fille invite les assistants à venir chez lui.

 On leur offre de la mahia, du mhammar et du poulet. Ils remercient, en disant: "Mbark Mas'ud! Allah ikammal bal hîr" (Heureuse destinée! Que Dieu fasse tout dans le bien). Après la fin de l'office religieux, ils se rendent de nouveau chez le père de la fiancée, et sont accueillis avec des dattes et de la mahia. Seuls les membres des deux familles restent pour le déjeuner. Les jeunes gens soulèvent la jeune fille et la déposent dans la chambre familiale. La maîtresse de maison leur donne à boire et à manger, en disant : "C'est votre part du samedi". Les femmes prennent des plateaux et battent la mesure. Le soir, aura lieu la cérémonie d'islan, où seront choisis les amis qui, désormais, resteront au service du fiancé, et avec qui ils partageront tous les repas jusqu'à son mariage.

Amizmiz (du berbère Amz-miz, en tifinagh , en arabe : أمزميز) est une petite ville de 13 000 habitants au Maroc situé à 55 kilomètres au sud deMarrakech. Il se situe au pied du Haut Atlas, chaîne montagneuse.

Le village est séparé en deux parties par un oued portant le même nom. Le principal bourg se nomme Amizimiz-Amadel et est situé en rive droite de l'oued, l'autre bourg nommé Amizmiz-Regraga est situé sur les hauteurs en rive gauche de l'oued.

La population est constituée principalement de Berbères qui parlent le dialectechleuh.

Le souk réunissant les gens des villages berbères alentours a lieu le mardi.

La ville est facilement accessible par les taxis (environ 13 dirhams, équivalent à 1,3 €) et les bus de Marrakech au départ de Bab Rob.

Une ligne directe de bus en provenance de Casablanca et au départ de Aïn Barja assure le trajet tous les jours

A Ntifa, les cérémonies débutent aussi un jeudi. Les femmes se réunissent dans la maison de la jeune fille. La mariée est lavée, aux cris des youyous et des chants des tamzwarât, et ensuite revêtue d'un drap. On lui couvre aussi le visage d'un voile rouge, qu'elle ne pourra plus enlever jusqu'au mariage. Tard dans la soirée, aura lieu chez la fiancée la cérémonie de l'azmomeg, et chez le fiancé les amis et invités se réunissent pour élire le cheik, qui choisira une cour de cinq célibataires.

Samedi soir est le '"qid islan". ( nœuds ) Le fiancé invite ses amis, qui viennent et surprennent sa mère en train de pétrir. Ils font alors quelques noeuds à la pâte et se font offrir des oeufs et du poulet. Les jeunes gens chantent et la fête se prolonge jusque tard dans la nuit.

Ntifa (Foum Jemaa, et la région)

Ntifa (Ar. Nṭīfa) se réfère à une confédération tribale dans les hautes montagnes de l'Atlas dont le règlement région s'étend au sud de Tadla, en bordure Aït ʿ Atab, Aït MSAD, et Azilal sur la Mousa est, Beni, au nord, à l'ouest Sraghna et Tanant sur le sud. Pour la plupart de l'année, et en dehors des terres cultivées localement près des sources dispersées et Oued El Abid ʿ, les voisins des hautes plaines de l'Atlas Bzou et Foum Jemaa sont secs et stériles.

A Imintanout, les cérémonies de mariage débutent un samedi, le "sabt al badian". Les deux familles, ainsi que la plupart des Juifs du mellah, viennent à la maison de la fiancée. Chacun apporte sa s'hina. On sert de la mahia à volonté. Le soir, en présence d'invités, les tamzwarât pétrissent une pâte d'eau et de farine. Un membre de l'assistance se lève et dit : "Baruh haba baflàn" (Bienvenu un tel), et chaque interpellé offre une somme d'argent. Le fiancé est le premier nommé et est suivi par sa famille, celle de la fiancée et par les invités.

A Demnate, un mois avant le mariage, le jeune homme envoie tous les jeudis à sa fiancée un tdbq  contenant de la fakia ou fruits secs, un poulet et de la mahia. Les cérémonies proprement dites commencent un jeudi, qui réunit les deux familles au cours d'un repas. Samedi est le "sabt al badian". Le fiancé ne prie pas ce jour-là dans la synagogue de son futur beau-père. Le soir, en présence d'invités, on procède au l'ab. Les femmes chantent et dansent. Les tamzwarât mettent du henné aux mariés et à la jeune fille un halhâl, auquel on accroche une srira contenant du sel et du hermel, ainsi qu'une hamsa en argent.

 Après cela, on couvre les mariés d'un drap et on les installe sur une table, près du mur. Une des tamzwarâtvient et fait baisser avec sa main la tête de chacun, aux cris de l'assistance: "galbha, galbha"  (il l'a vaincue, il l'a vaincue). Les islan ramènent le marié chez lui, aux cris des "youyous". L'azmomeg aura lieu ici le mercredi, jour du mariage

A Sidi Rehal, les cérémonies de mariage débutent lundi par le nettoyage du blé par cinq tamzwarât. On offre aux assistants des amandes et de la mahia. L'écorce des grains de blé est soigneusement conservée et sera servie à la mule qui transportera la mariée chez son époux, le jour du mariage. L'eau salée, avec laquelle on travaille la farine, sert à laver la fiancée. Ensuite, on lui met du khol et du swâk. On défait ses cheveux dont on couvre son visage, qui ainsi ne peut plus être vu. Ce jour-là, les islan sont élus dans la maison du fiancé. L'azmomeg aura lieu mercredi.

Le mariage trad. chez les juifs marocains

A Tesra, les fêtes de mariage commencent jeudi soir par la première céré­monie du henné, qui se répétera pendant huit jours  dans la maison de la fiancée, en présence des familles et des invités. Les tamzwarât mettent à la jeune fille du henné et lui font L'azellumin – le rite de defaire les cheveux de la mariee – On la peigne et on couvre son corps d'un drap, qu'elle gardera jusqu'au mariage. Les femmes poussent des zgarit et font des l'ab.

 Samedi soir a lieu le pétrissage du pain en présence de nombreuses femmes, qui chantent et dansent. A cette occasion, la mère de la mariée met du henné dans les mains de sa fille et y dépose une pièce d'argent. La mère surveille depuis jeudi l'assiette où est conservé le henné, car des ennemis peuvent, en renversant l'assiette, lui compter le nombre d'années pendant lesquelles la femme restera stérile. Les islan, déjà élus lors des fiançailles, se réunissent chez le fiancé pour choisir le cheik. Ils envoient à la fiancée une jarre, qu'ils décorent eux-mêmes.

Dans l'anti-Atlas. A Ait-Baha, le samedi, "sabt alahtanim", met en pré­sence les deux familles et des invités au cours d'un repas copieux. Le soir, on prépare la pâte. Chaque tamzwarâ met le plat dans lequel on pétrit la farine sur sa tête et danse. C'est à ce prix-là qu'elle pourra plus tard prendre part à la coiffure de la mariée. Quand la pâte est prête, le fiancé se lève et jette une offrande dans le plat. Son exemple est suivi par d'autres.L'argent est recueilli par la mère de la fiancée. Les jeunes gens, réunis entre eux, concourent à raconter la meilleure blague.

 Même des jeunes gens mariés sont admis à concourir. A un moment donné, le fiancé est entouré par deux islan. On lui attache le pied droit au pied gauche d'un ami et son pied gauche au pied droit d'un autre. Les deux islan dansent, tout en essayant de soulever le fiancé. A la fin de la danse, les jeunes gens s'enfuient et l’emmènent avec eux. Ses parents le rachètent avec une offrande de cinq pains de sucre.

Vallée du Dadès. Jeudi, "nhar aseb – le septieme jour ". la jeune fille, en présence des tamzwarât, est lavée et couverte d'un drap. On lui met un bracelet appelé az,ebg, porté seulement à cette occasion. Les femmes chantent et dansent durant toute la nuit. Dans la maison du fiancé, ses amis l'habillent d'un vêtement neuf. L'élection des islan donne lieu à une fête, qui se prolongera jusqu'au matin.

Vendredi matin, le jeune homme fait envoyer, par l'entremise des amies de la jeune fille, quelques cadeaux, principalement des habits, que la fiancée mettra le jour du mariage. Ensuite, accompagné de quelques islan, le fiancé quitte son village pour aller inviter la famille et des amis qui habitent dans d'autres centres. Il ne rentrera de sa tournée que le mardi. Les islan restés au village vont le vendredi après-midi chez la fiancée, pour assister à la cérémonie du henné et de L'azellumin.

Samedi, "sabt el henna les deux familles déjeunent ensemble. Le soir aura lieu la cérémonie du henné, en présence d'une grande assistance.

Vallée du Draa. Ici, les fêtes commencent le mercredi. L'après-midi, en présence de nombreux invités, le haham  remet une bague à la fiancée, en la bénissant. Le soir, chez le fiancé, on élira l'uzara.

Vallée du Todra. Mercredi, "nhar azomg", la famille du fiancé remet à la jeune fille des paniers contenant du henné, des fruits secs, une pièce de tissu, un foulard et un peigne. Tout au long de la route les femmes chan­tent et dansent. L'isli (le fiancé) vient ensuite. C'est le père de la jeune fille qui lui met du henné et chante à cette occasion. Une tamzwarâ dépose sur la tête de la fiancée un miroir et du sel C'est L'azomg. Ensuite, la mère du fiancé ou sa soeur met du henné au fiancé, qui, à partir de ce soir, se fait accompagner toujours par deux amis, appelés sosbinin. Les invités offrent aux femmes de l'argent et des oeufs.

Samedi, "ssbt alhatan", les hommes des deux familles et des amis viennent prier dans la synagogue du fiancé. Après l'office, a lieu un repas en commun. L'après-midi, les femmes se rendent à la maison du fiancé et de la fiancée. Elles portent des cruches, qu'elles battent avec leurs souliers. La soirée et une grande partie de la nuit donnent lieu à des réjouissances. Les sosbinin soulèvent le marié et le font danser. Ils vont aussi chez la jeune fille, à qui ils font subir le même traitement.

lmeghrane. Jeudi est le "nhar azomg". Il est intéressant de signaler qu'ici le mot "azmomeg" est synonyme de "henné". On dit: on fait aux mariés sept jours d,azmomeg ou sept jours de henné. La cérémonie la plus impor­tante aura lieu ce soir-là chez le fiancé.

 On choisit cinq de ses amis qui formeront sa cour. Es doivent être de préférencecohen, ïevi ou mazwâr.Ce seront ses hkamim Ils le lavent et le revêtent d'un habit neuf. Les tamzwarât moulent le henné, chantant en l'honneur du marié: "Que le sel soit sur toi, ô fiancé! ".

 Elles appliquent ensuite du henné au fiancé et aux cinqislan. Une tamzwarâ met du henné sur le côté gauche de la poitrine du fiancé, en lui collant sa main pleine de henné, de façon à obtenir l’empreinte de la main ("hamsa"). Elle lui enduit encore la tête, les mains et les pieds. On lui met en même temps du khol autour des yeux. Le lendemain, un levi ou un cohen lui appliquera du henné et sa mère du khol autour des yeux, opération qui se répétera tous les jours suivants jusqu'au mariage. Ses amis se font mettre du henné sur la tête. La mère leur distribue ensuite du barkuks.

Vendredi après-midi, la famille du jeune homme, accompagnée de nombreux invités, se rend chez la fiancée. Ils lui offrent des paniers pleins de henné et de sucre, portés par des tamzwarât. En route, on offre aux passants à boire et à manger, et les femmes poussent des zgarit. La famille de la jeune fille accueille le convoi à l'entrée de la maison, avec des chants et des danses. On leur sert dumhemmer et de la mahia.

Le marié apparaît juste pour assister à l'application du henné à la fiancée. IL lui est interdit de marcher et ce sont les islan qui le soulèvent sur leurs épaules. Ce sont eux aussi qui portent la fiancée et la déposent au milieu de la cour. Les tamzwarâtappli­quent du henné sur toutes les parties du corps de la jeune fille. A ce moment, on procède à la grama. Ce sont les islan qui donnent les premiers, suivis par les autres invités. Les islan dénouent ensuite les tresses que les tamzwarât avaient faites la veille à la fiancée.

Samedi matin, les hommes se réunissent à l'office religieux, où le jeune homme est invité à lire un passage de la Tora. Onoffre à l'assistance de la mahia. Après l'office, les invités se rendent à la maison de la fiancée, où ils déjeunent. Si le père du jeune homme est généreux, il proposera au père de la jeune fille d'accueillir une part des invités chez lui.

Le mariage trad. chez les juifs marocains

Dans le Sous. Les cérémonies de mariage commencent ici, généralement, le premier jeudi qui suit le début du mois juif. Le soir, les tamzwarât coiffent la fiancée, en lui faisant des nattes, et lui appliquent du henné aux cheveux, pendant que les femmes chantent et dansent. Seules les amies donnent à ce moment une grama. En même temps que se prolonge cette fête, on élit chez le jeune homme les islan. Son père fait égorger une bête, qui sera con­sommée ce soir-là. La fête, intitulée nbita, durera toute la nuit. 

Samedi matin, après l'office religieux dans la synagogue du père du fiancé, celui-ci distribue aux assistants le taqsim ou nourriture sous forme d'amandes, de noix, de dattes, d'oeufs et de mahia. Chez la fiancée aura lieu ensuite un grand repas, qui donne son nom au samedi: "sabt taqdim". On sert d'abord les jeunes gens. Vers quatre heures, les amis du fiancé se réunissent chez lui. Ils mettent aux enchères le titre de cheik, qui dorénavant dirigera le groupe, et aura le privilège d'assister aux prières avec le marié pendant les huit jours qui suivent son mariage. Le cheik dispose d'une grande auto­rité. Sous n'importe quel prétexte, il inflige aux jeunes gens des amendes sous forme de nourriture, qu'ils consomment ensemble. 

Samedi soir, a lieu chez la mariée L'abraz, lors du travail de la farine, qui durera toute la nuit. Une grande assistance est présente. C'est une fête à laquelle chacun peut assister, même sans être invité. On met dans un grand plat de la farine, du sucre et de l'huile. Les femmes commencent à pétrir la pâte, aux cris des "youyous" et des chants. Des danseuses et des musiciens agrémentent la soirée. On distribue de la mahia et des fruits secs. Les invités lancent au milieu de la pâte leurs offrandes en espèces. On fait asseoir la fiancée sur une table durant toute la nuit. Pendant ce temps, les islan et d'autres invités font la nbita chez le fiancé. Ils n'admettent aucun homme marié à leur fête. Des musiciens jouent et les islan chantent. Ils couvrent le marié d'un drap et lui mettent des bijoux. Deux islan le soulèvent et le font danser, pendant que les autres chantent : 

Hadâ 'lâ hoho                             : Ceci est pour Hoho

Li sâb si ilôhô                             : Celui qui trouvera, jettera

Odi qahar lhtàn, mahobbô          : Celui qui n'aime pas le marié,

ou l'opprime

Ithorz rôhô       : Celui-là mourra. 

On procède ensuite à une grama. On dit: "Dieu est avec un tel" et le nommé remet une somme, jusqu'à ce qu'on remplit une agenza d'argent.

LA VEILLE DUMARIAGE (Dimanche à mardi soir)

Côte atlantique

A Casablanca, on procède le dimanche à la décoration des maisons des mariés. Le peintre  dessine à l'entrée de la maison une hamsa pour chacun des fiancés, et ensuite toutes sortes de rosaces et autres figures géométriques.Pendant qu'il s'adonne à son travail, les femmes poussent des "youyous" et lui offrent unegrama. Il décore aussi l'intérieur de la maison. Le soir, chaque famille reçoit chez elle de nombreux invités. 

Lundi est le "nhar chebu'a" ou "jour du serment". Vers onze heures, le fiancé, sa famille, deux notaires et plusieurs invités arrivent dans la maison de la mariée. Le scribe rédige la Ketouba. Le juge tend un mouchoir, qui est tenu par ses extrémités par les fiancés ou par leurs pères, s'ils sont encore jeunes. Il fait promettre au fiancé de respecter les clauses du contrat. Le geste de tenir le mouchoir équivaut à un acquiescement. Les musiciens jouent toute la journée. Un grand repas clôturera la cérémonie. 

Mardi matin, on prépare et on décore la chambre des mariés. Les islan construisent le talamon, une espèce de trône où le jeune couple recevra mercredi la bénédiction nuptiale. On prend généralement deux chaises, qu'on installe sur une table et qu'on couvre de tapis. Certains installent aussi une sorte de paravent. Une femme, généralement une vieille, fait le tour du mellah pour inviter les gens à la cérémonie du lendemain. 

Dans la même matinée, aura lieu la curieuse cérémonie de l'abattage de la vache, dans la cour de la maison de la fiancée. La bête est habillée d'un habit semblable à celui de la mariée, d'une "ksswa elkbira". On la ceint d'un hzâm, on lui met un voile et on la pare de bijoux. Les musiciens sont là et jouent des airs de circonstance. On promène la vache dans la cour, pendant que les femmes lancent des zgarit stridents. Le fiancé et ses amis font une offrande à rabatteur. 

La fiancée donne un déjeuner d'adieu à ses amies. Les musiciens ne quittent pas la maison ce jour-là. Les jeunes filles font des fumigations d'encens et arrosent les murs d'un extrait de fleurs d'oranger. Le fiancé aussi offre ce jour-là ou le lendemain un repas à ses amis, à qui il remet à leur départ un petit cadeau. 

Le soir aura lieu chez la mariée, la cérémonie la plus somptueuse du mari­age, celle du henné. On prépare pour cette occasion une quantité considérable de henné. La fiancée, habillée de la "kaswa olkbira" ou grand costume, le visage couvert, est installée sur le talamon. Les islan emmènent le fiancéet le font asseoir près d'elle. A ce moment, le jeune homme tente d'écraser le pied de la jeune fille, afin de commander le ménage.

 Si celle-ci n'a pas honte, elle essaye d'être plus rapide que lui. Pendant ce temps, l'assistance pousse des zgarit. L'ambiance est éclatante. Les femmes ont leurs plus beaux  habits et leurs plus chers bijoux, qui brillent d'un eclat incomparable. Les musiciens jouent sans repit, interrompus seulement par les cris de l'heraut, qui annonce les sommes de grama offertes par les invites. Tard dans la soiree, unetamzwara s'approche et met du henne aux mari6s, pendant que d,autres chantent:

Jour heureux, o filles,

 La mariee a mis le henne

Les beaux jours sont arrives

 Et chez elle sejournent.

Avec peches et grenades

 Se sont assises les filles,

Les beaux jours sont arrives

 Et chez elle sejournent.

Le mariage trad. chez les juifs marocains

 

A Azemmour, on expose dimanche le trousseau, et le lendemain, les islan le transportent chez le marie. Lundi a lieu la chebu'a, et mardi matin, l'abattage rituel. On met un tapis sur le dos de la bete, qui est richement paree de bijoux. Une grama est offerte aux musiciens presents et non a l'abatteur. Le soir se deroule la cerdmonie du henne. La mere du marie ou sa future belle-mere lui applique un teba de henne dans sa main. A la fiancee, on peint les pieds et les mains. Les fiances mangent seulement en compagnie des islan et des jeunes filles. A la fin de la soiree, les islan ramenent sur leurs epaules le marie.

A Mazagan, la chebu'a a lieu lundi, ainsi que l'abattage. On met un foulard sur le dos de la bete et on la presente a la jeune fille. Ensuite, l'abatteur egorge la vache. Une partie de cette viande est gardee pour un repas special destine aux pauvres. Mardi soir, a l'occasion de la grande ceremonie du henne, une des tamzwarat met une piece d'or dans le creux de la main de la mariee et la-dessus du henne.

A Mogador, lundi apres-midi, les families et les invites se reunissent dans la cour de la maison du fiance. Un des islan fait asseoir le jeune homme sur ses epaules et le fait danser, pendant que ses amis tirent continuellement des coups de fusil. Mardi soir, c'est une vieille qui mettra le henne aux maries. Les parents se partagent les offrandes regues.

Villes de I'interieur

A Fez, dimanche a lieu la ceremonie de l'azmomeg. Des femmes de la famille du fiance remettent a la jeune fille un plateau contenant des bonbons, du henne, un oeuf, du miel et des bijoux. On ecrase l'oeuf sur la tete de la mariee, en lui disant "heureuse destinee". Les musiciens animent la fete, que termine une distribution de gateaux. L'abattage de la bete est fait dimanche ou lundi. On couvre la vache d'un voile et on lui fait pendre aux cornes des boucles d'oreilles et autres bijoux. Les musiciens jouent en route, pendant qu'on achemine la bete vers la maison de la mariee.

Lundi soir, la ceremonie du henne  sera particulierement brillante. Le fiance n'est pas present. Apres avoir enduit de hennd les mains et les pieds de la mariee, on en propose aux membres des deux families. Ce sont generalement les femmes de la famille du fiance qui mettent le henne a la jeune fille.

Mardi est intitule "nhar qiman sssora" ou jour de l'evaluation de la dot. En effet, ce jour-la, deux notaires viennent et evaluent, en presence des invites, la valeur de chaque objet composant la dot. La somme obtenue, majoree de trente pour cent et ensuite quadruple, sera inscrite dans la Ketouba.Dans la journ6e, le trousseau sera transporte a la maison du marie.

A Meknes, dimanche est le "nhar qiman assora", fait en presence de juges. Le fiance fait envoyer a la mariee du henne, des fruits sees et du sucre. La jeune fille invite ses amies et fait distribuer du henne a la famille du jeune homme, aux voisins et aux amis.

A Settat, se deroule lundi le premier abattage de la bete, achetee par le pere de la mariee. On ceint la vache d'un hzam appartenant a la jeune fille, on la voile et on lui fait ainsi le tour de la ville, pendant que les hommes et les femmes chantent et poussent des "youyous". Apres que l'abatteur egorge la bete, on lui retire les membres interieurs, et la fiancee est tenue de placer son pied sur le corps de la victime eventree. Les islan ne la liberent que quand son pere leur verse une indemnite en especes.

 Pendant ce temps, les femmes dansent et poussent des zgarit, et les jeunes gens font du baroud (tir au fusil). Le fiance n'est pas present a cette ceremonie. L'abatteur regoit comme salaire une partie de la bete. On grille de la viande sur place, qu'on sert aux assistants avec de la mahia. Toute la journee se passe ainsi en rejouissance. Ce meme rituel d'abattage aura lieu mercredi, avec une bete que le pere du jeune homme aura achetee.

A Boujad, dimanche matin, on sert aux invites, qui ont passe toute la nuit a festoyer, une soupe appelee hrira, de laquelle on envoie une part au fiance.

On sert ensuite du the et des kaka' ou gateaux secs en forme de couronne. Les gens du mellah sont invites ce jour-la a dejeuner.

Une des femmes de la famille de la fiancee, portant un seau plein de henne, fait le tour de la famille et des amis, auxquels elle en offre. Durant la journee, toutes les amies de la jeune fille viennent lui rendre visite et demandent a ce qu'on leur mette du henne sur la tete. C'est une preuve d'attachement a la fiancee

Lundi, avant le sacrifice de la vache, on la couvre d'un drap blanc et d'un hzam. Les femmes chantent et dansent et les jeunes gens se servent de leurs fusils. Le soir, le fiance, juche sur les epaules d,un de ses amis, est acueilli par les parents de la jeune fille. Les jeunes gens et les jeunes filles prennent un repas en commun. On installe ensuite les maries sur une table et une tamzwara leur met du henne. Elle ferme la main du jeune homme, qu'elle entoure d'un morceau de tissu. Ainsi il n'aura pas l'occasion de battre sa femme. Les assistants offrent de l'argent, et, a la fin de la ceremonie, les islan ramenent le marie en chantant "Adon olam".

Le mariage trad. chez les juifs marocains

 

LE MARIAGE TRADITIONNEL CHEZ LES JUIFS MAROCAINS – ISSACHAR BEN-AMI

A Marrakech, le dimanche est consacre aux preparatifs du mariage. Chez le fiance, les jeunes gens prennent un repas ensemble, alors que les jeunes filles son recues le lendemain pour un repas par la fiancee.

Lundi, "nhar qiman ossora", deux notaires, des leur arrivee a la maison de la jeune fille, verifient sa dot selon la liste inscrite sur le carnet que sa famille avait remis lors des premieres negotiations. Une grande assistance est presente. Le juge tend aux fiances un mouchoir, qu'ils tiennent aux extremites. Les notaires redigent sur place la Ketouba. Ce meme jour ou le lendemain a lieu l'abattage. On couvre la bete d'un drap blanc et d'un foulard vert ou rouge, et on orne ses cornes de bijoux. Les femmes organisent le I'ab et les assistants leur offrent une grama. On sert aux invites des pastel, de la viande et de la mahia.

Mardi soir, on celebre le "hgnna alkbira" (le grand henne). Des le debut de l'apres-midi, les islan et les invites arrivent chez la fiancee. Les musiciens sont la et jouent des airs gais. Les jeunes filles presentes portent leurs plus beaux habits. Le soir, on installe les fiances sur le talamon. La fiance est habillee de la "kaswa slkbira" et porte une couronne d'argent. Son visage est entierement recouvert. Sa mere ou une tamzwara enduit de henne ses mains, pendant que le jeune homme, habille d'un cafetan blanc, place un cadeau dans le creux de sa main. Elle prend soin de ne pas teindre le bout des doigts, afin de lui permettre au besoin de se gratter.Une tamzwara lui couvre alors la main d'un mouchoir. Le lendemain matin, en presence des musiciens, les parents du fiance denouent ce mouchoir et lui remettent un cadeau et du sucre; les parents de la jeune fille font de meme au fiance.

A Beni-Mellal, de nombreuses tamzwarut se reunissent dimanche matin chez la jeune fille, en presence des families et d'autres invites, pour moudre le henne. Pendant la duree de cette operation, les femmes poussent des zgarit, font le I'ab et repetent "Mbark Mss'ud, Mbark Mas'ud" (heureuse destinee, heureuse destinee). On sert de la mahia et des fruits secs. Vers onze heures, apparait la marie, a qui on applique du henne sur les cheveux. La mere du jeunne homme lui offre a cette occasion une robe et du sucre. On teint de henne les mains de toutes les jeunes filles presentes. Chaque femme, en partant, recevra une part du henne prepare.

Lundi matin, 1'abattage comprendra au moins deux betes. Une vache, a laquelle on met du henne et du sucre sur la tete, sera d'abord sacrifice. La deuxieme, "tor di islan", Le boeuf des jeunes gens- est decoree par le cheik, qui lui place un hzam autour des cornes, en disant: 

elhdya, lila,                                 : "Le cadeau, pour le soir,

el hdya dal seh"                          : le cadeau du cheik".

Lundi soir est le "lilt alhanna alzgira" ou la nuit du petit henne. La famille du fiance presente a la jeune fille un mouton, vingt-cinq oeufs, quatre kilos de pois chiches et du henne. Les jeunes gens, portant le fiance, sont accompagnes des femmes qui poussent des zgarit. A la tete du convoi marchent deux islan avec des bougies allumees et une femme qui fait des fumigations d'encens. Les islan chantent des Piyoutim. A leur arrivee, ils installent les fiances sur une table. C'est la mere du jeune homme qui leur appliquera le henne sur les deux mains, qu'elle lie a l'aide d'un mouchoir.Les invites offrent de l'argent aux maries, que la mere de la jeune fille garde pour elle. On sert a boire et a manger, pendant que les femmes s'adonnent aux danses.

L'informatrice ajoute qu'on attache ensemble les deux mains du fiance, comme a un poulet, afin qu'il ne batte jamais sa femme,

Mardi est le "nhar alhanna alkbira" ou jour du grand henne. Une grande fete a lieu chez la jeune fille, qui dure jusqu'au matin. Il n'est pas permis de dormir cette nuit־la.

Le mariage trad. chez les juifs marocains

 

LE MARIAGE TRADITIONNEL CHEZ LES JUIFS MAROCAINS – ISSACHAR BEN-AMI

לעילוי הנשמות הטהורות אסתר וגלאוסיה וייזר ז״ל

A Sefrou, la ceremonie du henne est celebree dimanche soir. Le fiance n'y assiste pas. On sert a l'assistance du the et des gateaux. Lundi, le jeune homme donne un repas a ses amis, et la jeune fille fait de meme a ses compagnes le lendemain 

Lundi matin aura lieu l'abattage rituel. Ici aussi on deguise la vache et on fait une grama a Pabatteur. Mardi soir, on coiffe le mari6 en presence de ses amis. On lui met alors de la cendre sur la tete et il prononce les versets celebres: "Si je t'oublie, o Jerusalem, que ma droite soit oubliee! ".

Zone espagnol 

A Tanger, on decore dimanche la maison des maries. Le soir, les tamzwarat emportent le trousseau de la jeune fille chez le fiance. L'abattage de la vache costumee a lieu lundi. On entoure les cornes de la bete d'un hzam. Mardi soir, a la ceremonie du henne, la mariee est vetue de la "Ropa berbe risca" (c'est la "koswa elkbira"), qui est ici toute en or. 

 Ses amies et les autres femmes sont aussi richement habillees. 

Autour de la cour sont assises les amies de la fiancee, parees de leurs ajustements les plus magnifiques. Ce ne sont que robes de drap d'or, corsages de velours ou de soie a couleurs eclatantes charges de broderies d'or, diademes et mitres d'or et d'argent constelles de perles, de diamants, de rubis et d’emeraudes; colliers de perles soutenant des plaques de diamants, pen- dants d'oreilles richement ciseles et tombant en anneaux masifs sur les epaules; bracelets, anneaux d'or et d'argent autour des jambes et jusque sur les pieds; enfin, le faste 6blouissant des antiques nations orientales".

 Des gens honorables con- duisent la fiancee dans la cour. lis tiennent des bougies allumees et chantent pendant la procession. Apres avoir fait le tour de la maison, la jeune fille s,approche du fiance, qui tente de lui ecraser le pied, pendant que l'assitance s'ecrie: "encore, encore! " N.cotte 

Dans le Rif, la ceremonie du henne a lieu pratiquement tous les soirs. Celle du lundi soir est particulierement importante. On installe les fiances sur une table et on les couvre d'un drap. Une tamzwara met du henne aux mains du fiance et dessine toutes sortes de dessins sur le corps de la jeune fille.  Celle-ci recoit de la famille du fiance un louis d'or, qu'on met dans sa main  avant de la bander. Tout le temps, les femmes lancent des z.garit et d'autres battent du tarr et du bendir. Les femmes dansent la "danse des couples". 

Mardi, on transporte le trousseau de la fiancee au domicile conjugal.

A Tetouan, dimanche est le "nhar chebu'a" ou le "nhar ketouba"."En

presence de nombreux invites, les notaires preparent la Ketouba et verifient le trousseau  de la jeune fille. Le soir, a la lueur des torches, les islan transportent le trousseau chez le fiance. 

L'abattage rituel a lieu lundi. Le meme jour, le fiance envoie a sa fiancee un plateau contenant un habit, du henne, du parfum, etc. Le soir, la fiancee invite ses amies et les femmes de sa famille a une fete, a laquelle aucun homme n'est admis. Les femmes chantent et dansent. 

Mardi, les jeunes gens decorent avec des tapis, couvertures et foulards la chambre ou aura lieu la benediction nuptiale, ainsi que le talamon. Le soir, a la ceremonie du henne, la fiancee et ses amies sont teintes de henne. La fiancee porte la "ropa berberisca". Les yeux fermes, elle est conduite a la maison du fiance. Elle ne doit pas en route ouvrir ses yeux. Son pere accorde, a tour de role, 1'honneur de guider les pas de sa fille. Les gens de la procession crient des abergualas ( zgarit ) Ce soir-la, la mariee dormira avec sa future belle-mere.  ou avec sa mere 

Le mariage trad. chez les juifs marocains

 

LE MARIAGE TRADITIONNEL CHEZ LES JUIFS MAROCAINS – ISSACHAR BEN-AMI

לעילוי הנשמות הטהורות אסתר וגלאוסיה וייזר ז״ל

Chez les Juifs du Sud

Dans le Haut-Atlas occidental. A Demnate, on sert dimanche matin, dans la maison de la jeune fille, un petit dejeuner aux invites qui ont veille toute la nuit. Les islan, chacun avec son ane, vont chercher du bois qu'ils remettent a la mere de la fiancee. Ce sont eux qui pourvoient au combustible necessaire durant toute cette periode.

On abat un tower ou boeuf chez le fiance et un autre chez la fiancee. Les betes sont costumees, Au moment de l'abattage, la mere de la jeune fille a en main une grenade sucree, ou elle recueille du sang qui coule de la bete. Elle en enduit apres le visage de sa fille.

A Sidi Rehal, se deroule lundi la ceremonie du henne. Vers le soir, les islan installent les fiances sur une table placee dans la cour. La jeune fille est recouverte de telle facon qu'elle ne peut etre apercue du jeune homme. C'est une tante, une cousine ou une soeur qui leur applique du henne aux mains et aux pieds. C'est un bon fal.

L'abattage du boeuf a lieu mardi, en presence des deux families, des invites et des musiciens locaux. On entoure les cornes de la bete d'un hzam et on y depose des bracelets. Les femmes poussent des "youyous" et les islan surveillent l'animal. A un moment donne, ils le mettent a terre. La mere du fiance accourt pour reprendre le hzam et les bracelets. Pendant que l'abatteur fait son oeuvre, la mere de la fiancee s'approche.

 Elle porte deux grenades, deux oeufs, des dattes, du sucre, du sel et un qendil neuf allume, qu'elle depose pres du boeuf. Durant ce temps, le I'ab bat son plein. La mere recueille le sang du tawer et le met dans les grenades, dans lesquelles elle aura depose cinq dattes et du sucre.

 Elle enduit du sang de la grenade la figure de la mariee. Ensuite, sur le lieu meme ou a coule le sang de la bete, elle enterre le quandil, les œufs, les dattes, le sucre, le sel et les grenades. Ceci est fait de liberee la fiancee de toute magie faite contre elle.. Le I'ab continuera jusqu'a la nuit ou jusqu'au mercredi matin.

A Ourika, mardi est le "nhar elhenna elkbira". Le matin, on procede a 1'abattage. La bete est recouverte d'un drap et porte des bracelets aux cornes. On lui met du henne sur sa tete et du khol aux yeux. Ici, donc, le deguisement est comple ; la bete est costumee telle une mariee. Certaines traditions qui concernent la parure du bœuf se retrouvent chez differents pauples eurpeens

 On chante et on danse jusqu'a ce que 1'animal soit cacher. La mere de la jeune fille recueille du sang dans une grenade, qu'elle aura videe de ses grains. Elle garde soig- neusement cette grenade. Le soir, a lieu la derniere ceremonie du henne, que cloturera un repas.

A Tesra, les families dejeunent ensemble le dimanche. Ils mangent du couscous au poulet. Lundi matin, avant 1'abattage du boeuf dans la maison de la jeune fille, on entoure les cornes de la bete d'un hzam rouge, on y pose des bracelets et on lui attache les pieds. La mere de la fiancee recueille du sang de 1'animal, qu'elle melange au henne. On fait griller de la viande et on en sert aux invites. La fete dure toute la journee. Le soir, a la cere- monie du henne, la mere de la fiancee applique a sa fille du henne prepare avec le sang du boeuf sacrifie le matin. La mere du jeune homme en fait de meme a son fils. On leur d6pose aussi de l'argent dans le creux de la main, afin de "les rendre heureux".

Le mariage trad. chez les juifs marocains

 

 

LE MARIAGE TRADITIONNEL CHEZ LES JUIFS MAROCAINS – ISSACHAR BEN-AMI

לעילוי הנשמות הטהורות אסתר וגלאוסיה וייזר ז״ל

A Ntifa, lundi matin, un petit dejeuner avec des oeufs, de la mahia, du kaka' et des fruits secs est servi aux invites chez les fiances. Le jeune homme fait envoyer un repas pret a la jeune fille et a ses amies. Dans la matinee, les islan dirigent le boeuf vers la maison de la jeune fille. En route, les jeunes gens chantent. Quand le convoi arrive a la maison, le I'ab commence; on fait une grama aux femmes qui dansent. Si le boeuf n'est pas cacher, on sacrifie alors un mouton .

Pendant une ou deux heures, on chante afin de rendre la bete cacher. Les chants ici ne sont done pas un accompagnement, mais font partie integrate du rite de 1'abattage. On fait aussi mettre les pieds de la fiancee sur l'animal, ( une coutume semblable chez les arabes de Ulad Bu Aziz ) sitot qu'il est declare cacher, pendant que les femmes lancent des zgarit. Vers quatre heures a lieu la berza dans la cour de la maison de la mariee qu'on couvre de tapis. Les femmes se tiennent au centre de la cour. Elles chantent et font les eloges des fiances.

 A un moment donne, le pere de la mariee rentre a la maison et ramene sa fille sur ses epaules. Elle est completement recouverte. On chante en son honneur, pendant qu'on lui fait faire le tour de la maison. Quand les femmes prononcent, en chantant, le nom de l'un des maries, sa mere ou sa soeur doit lancer un zgarit. Vers la fin de la ceremonie, une petite fille, une soeur de la fiancee, doit danser. La nuit, a la ceremonie du henne on fait asseoir ensemble les maries. Le jeune homme donne a la fiancee, a cette occasion, des dattes et autres fruits sees.

 II peut lui adresser la parole, mais elle n'est pas tenue de lui repondre. Vers trois heures du matin, la mere de la marine, la premiere, execute la danse du henne. Elle danse tout en portant le plateau de henne sur sa tete. C'est ensuite au tour de la mere du marie et des soeurs d'apparaitre. Cinq personnes en tout doivent danser. Les islan accompagnent les danseuses. La mere de la jeune fille met dans les mains des maries une piece d'argent qu'elle recouvre de henne. On leur couvre les mains et les pieds d'une etoffe rouge jusqu'au lendemain. Au matin, un petit dejeuner est servi aux assistants.

Le fiance retourne chez lui porte par ses amis. Au debut de l'apres-midi, les islan le ramenent chez la jeune fille. Ils se tiennent l'un pres de l'autre. Une vieille femme pose ses mains sur leurs tetes. A un signe donne, les maries tentent de s'asseoir le plus vite possible, aux cris des "gslbha, galbto " ( il l'a vaincue, elle l'a vaincu ) Le fiance offre des douceurs a la' fille et lui parle, mais elle ne lui repond pas. Le soir, aura lieu la nbita avec Fab, qui durera jusqu'au matin.

A Amizmiz, le pere de la fiancee fait abattre dimanche matin une bete, qui sera consommee dans la journee. La mere prepare du couscous et des fruits sees, et on invite tous les Juifs du mellah a dejeuner. Le couscous est depose dans des plateaux en sparterie, appeles tboqa. Chaque groupe de six- sept personnes recoit un plateau. Des seaux pleins de mahia sont mis a la disposition des invites. Une grande cuvette est deposee pres de la porte d'entree, et chacun, en partant, y depose son offrande. C'est pour cela qu'on intitule ce jour "nhar algrama".

Lundi est destine aux differents preparatifs du mariage. La maison de la mariee est decoree de tapis et de foulards. A l'entree, on pose un tapis ainsi qu'un drapeau. ( c'est une coutume berbere de placer un drapeau dans une maison pu on fete un mariage ) Ce jour-la, le jeune homme offre a ses amis un repas.

Mardi, vers midi, on fait sortir un boeuf couvert d'un tissu rouge sur la place centrale du mellah. Les femmes l'accompagnent en chantant et en dansant. Pendant l'abattage, un groupe de danseurs rend la replique aux danseuses et les islan "font parler" leurs fusils. La mere de la mariee sert a l'assistance de la mahia et des fruits secs. Dans la journee les tamzwarat preparent le pain pour le lendemain, tout en chantant la beaute de la fiancee. Le soir, tout le mellah est invite a la berza, au cours de laquelle aura lieu la ceremonie de l'azmomeg. ( on met sur la tete de la mariee du henne, du sucre et une datte )  Le I'ab dure toute la nuit.

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