Prese. juive Tafilalet- Brit 31


Presence juive au Tafilalet-Revue Brit 31-Amnon Elkabets Tafilalet – Sijilmassa

Amnon Elkabets

Tafilalet – Sijilmassa 

Les Juifs du Maroc lorsqu'ils parlaient du Tafilalet avaient coutume de dire

 "Si tu cherches la Halakha et le Pilpoul va vers le Nord a Fes, si tu cherches la Thora et la Kabala, va au Tafilalet." Car le berceau de l'expansion de la Kabala au Maroc etait la region du Tafilalet. Cette communaute par sa creation kabbalistique considerait l'exil comme une situation temporaire, passagere et ephemere jusqu'au retour au pays des Peres. Ils se specialisaient dans le sens cache de la Thora selon Ha'ari. La famille Abehssera se distinguait dans ce domaine.

La Kabala impose une vie de saintete, de solitude et d'ascetisme. Or les conditions de vie, a l'oree du desert, convenaient au developpement d'idees decrites dans des dizaines d'ouvrages qui eurent beaucoup d'echos aupres des Kabbalistes. C'etait presque le domaine exclusif auquel participaient tous les membres de la famille. Car la vie dans cette region ne s'etait pas ouverte au modernisme comme cela est arrive dans les villes du Nord : Rabat, Fes, Meknes et Casablanca, villes europeennes a tous points de vue.

La musique andalouse non plus n'est pas arrivee au Tafilalet car les "expulses d'Espagne" n'y sont presque pas parvenus. C'est une musique locale qui s'est developpee la. Elle etait chantee surtout en l'honneur de la famille Abehssera pendant les fetes religieuses. Les melodies locales composees etaient en general monotones et ressemblaient aux chants des berberes des environs.

La survie ethnique de la communaute juive dans cette region, malgre ses problemes au contact de la population musulmane dominante, etait due surtout a la force morale des differentes lignees de rabbins qui l'ont dirigee, en particulier pour l'education des jeunes. Les chroniques juives de l'epoque comme "L'histoire de Fez" dEben-Danan, rapporte des incidents douloureux endures par la communaute juive durant les regnes de rois fanatiques. Pour le musulman, le Juif etait toujours considere comme inferieur, voila pourquoi les sentiments de haine surgissaient chaque fois que la situation financiere du pays s'aggravait ou quand regnait l'instabilite surtout au moment de changement de sultans.

 La premiere a souffrir etait la minorite juive qui se serrait dans les mellahs et subissait l'horreur des foules qui attaquaient les Juifs et s’emparaient de leurs biens. Cela se passait surtout a l'epoque des cherifs. Tandis que la situation anarchique faisait rage a cause des guerres entre peres et fils, freres et neveux de la meme dynastie, qui voulaient tous s’emparer du pouvoir. Les conflits ont touche la communaute juive. Cependant leur souffrance n'etait pas pire que celle des autres populations comme les Chretiens, les berberes, les africains et meme les nobles musulmans.

Par contre, la chronique fait l'eloge des chefs droits et justes qui rendirent la situation des Juifs aisee pendant leur regne. L'un de ces « rois » est cite pour sa sympathie envers la minorite juive: il permit a celle-ci de fleurir. C'etait Moulay A Rachid fondateur de la dynastie des Alaouites. Rabbi Yaacov Sasportas ecrit a son sujet : "Nous apprenons maintenant que le roi du Tafilalet (Moulay A Rachid) a conquis tous les pays de Si Mohamed Adrad… et on dit de lui qu'il aime beaucoup Israel".

Presence juive au Tafilalet-Revue Brit 31-Amnon Elkabets Tafilalet – Sijilmassa

Amnon Elkabets

Tafilalet – Sijilmassa

La minorite juive habitait dans des centaines de villages musulmans ou ils recherchaient la proximite d'autres Juifs. Dans certains villages musulmans vivaient seulement quelques families juives, dans des cours mitoyennes dont la taille ne depassait pas quelques dizaines de metres carres. Ce voisinage ne plaisait pas toujours aux musulmans qui pretendaient que l'islam puise sa force dans le jihad, la lutte jusqu'a la mort pour la gloire du Prophete. C'est pourquoi la presence etrangere est interdite en terre musulmane.

 Mais les Juifs ont survecu malgre l'inimitie musulmane causee par la rivalite entre les deux religions quant a l'appartenance a la famille d'Abraham et le droit d'ainesse. La prosperite commerciale et economique qu'apportaient les Juifs permettait l'existence commune autour du meme puits, des memes fours et dans les memes villages. D'une part, il y avait parmi les musulmans un nombre negligeable de musulmans qui haissaient les Juifs d'autre part, on leur faisait confiance, on avait foi en eux et reciproquement.

Un temoignage des rapports ambivalents qui regnaient entre les deux groupes ethniques peut etre trouve dans les expressions de l'Arabe maghrebin que les Juifs ont adopte et dont ils se servaient dans leurs relations avec leurs voisins musulmans. Elles etaient differentes des expressions dont ils se servaient entre eux. L’emploi de locutions particulieres demontre clairement que le contact entre les deux cultures etait limite. Cela provenait du manque de connaissance de l'Arabe litteraire par les Juifs c'etait un obstacle pour eux dans la comprehension profonde de la religion et la culture de leurs voisins musulmans.

C'etait une des raisons de la mefiance du Juif envers son entourage etranger. Malgre tout, les Juifs ont continue a mener un commerce prospere avec les musulmans tout en prenant garde a ne pas defier l'islam car l'exil les obligeait a etre prudents. Les Juifs du Tafilalet souffraient parfois d'agressions de la part de leurs voisins musulmans.

 La famille Abehssera etait dans le meme cas et a eprouve quelques tragedies qui l'ont touchee des le debut du XXe siecle et meme pendant de nombreuses annees plus tard. La premiere tragedie concerne le sort de Rabbi Ytshak Abehssera, le plus jeune fils de Rabbi Yaacov, assassine par un musulman, bandit de grands chemins, pres du village de Toulal, non loin de Gourama ou vivait une grande communaute juive. Le deuxieme cas est l'assassinat de Rabbi David Abehssera, fils aine de rabbi Massoud (mort en 1908)  et petit-fils de Rabbi Yaacov.

Il etait surnomme Ateret Rochenou. Rabbi David etait le frere de Baba Sale, petit-fils de Rabbi Makhlouf, le fondateur de la dynastie rabbinique. Pendant une des guerres civiles qui devastaient la region du Tafilalet, un musulman fondamentaliste a conquis la region et s'est proclame descendant du Prophete Mohamed. Ce souverain a decide de convertir a l'islam par la force tous les Juifs de la region sous peine de mort.

 Dans ce but, il s'est adresse au chef de la communaute Rabbi David, grand kabbaliste repute, pour le convaincre d’embrasser l'islam. Lorsque celui- ci a refuse, il a ete mis a mort ainsi que deux de ses aides. La mort de Rabbi David a frappe de stupeur la communaute et son frere Baba Sale a pris son deuil pendant longtemps. Les femmes juives de la region, egalement, ont ete victimes d'attaques et d'atteintes a leur honneur et meme de meurtres nombreux. Ces actes ont envenime les relations entre la communaute juive et ses voisins. Cependant, la sagesse et la personnalite des rabbins de la famille ont arrete le declin des relations entre les deux populations de la region.

Malgre le grand malheur, les Juifs de la region ont continue a jouir d'une liberte totale en matiere de religion, les circoncisions, les Bar-mitsva, les mariages et les naissances ainsi que les fetes religieuses, l'observance de la cacherout et tout ce qui concerne la religion juive. Ils jouirent aussi d'une autonomie qui s'exprimait par l'attribution d'un large pouvoir judiciaire au Beit-din local et le droit de nommer des rabbins et des juges aux postes vacants. C'etaient en principe les membres de la famille qui s'occupaient d'obtenir les permis necessaires a la nomination et l'investiture des rabbins au Grand Tribunal rabbinique qui se tenait dans la capitale, Rabat. Ils ont continue a maintenir la direction de la communaute jusqu'au terme de la presence des Juifs dans le Sud du Maroc.

Presence juive au Tafilalet-Revue Brit 31-Dr Dan Manor  Rabbi Yaakov Abehssera, l'homme et sa pensee

Brit – Revue des Juifs du Maroc

Redacreur – Asher Knafo

Dr Dan Manor

 Rabbi Yaakov Abehssera, l'homme et sa pensee

Cet article est un condense (par son auteur) du texte de Dan Manor : Kabalaet Morale au Maroc. Editions Yad Ben Zvi, Jerusalem, 5742.

Rabbi Yaakov Abehssera, est ne au Tafilalet en 1807 il comptait parmi les personnalites les plus remarquables des juifs d'Afrique du Nord. Son empreinte est visible dans la tradition populaire et son image est connue dans toutes les couches de la population marocaine. Chaque annee est organisee en son souvenir, une Hilloula (celebration de la date de sa mort) avec de nombreux participants. Son portrait se trouve present dans toutes les maisons avec ceux d'autres personnages admires tel celui de Maimonide. Mais les sources populaires qui peuvent nous donner des details sur sa vie sont seulement au nombre de deux.

  1. "Maasse Nissim", un recueil d'histoires elaborees au coeur de la famille, des proches et des fideles qui se sont repandues parmi les juifs du Maghreb. Abraham Mougrabi les a publiees en ajoutant quelques-unes entendues de la bouche de "personnes dignes de foi". "Maasse Nissim" est un recueil semblable aux recueils connus comme "Shivhe Ha'ari", (Louanges de rabbi Ytshak Louria), Shivhe HaBecht, (Louanges du Baal Chem Tov), Chevah Haim (Louange de rabbi Haim Vital) et d'autres encore. De ce texte, on comprend le personnage de Rabbi Yaakov Abehssera, homme exemplaire, faiseur de miracles et de merveilles selon le besoin, Tsadik parfait, sujet de toutes les conversations.
  2. Les prefaces ajoutees a ses livres constituent une autre source ; trois d'entre elles furent ecrites par ses fils. Contrairement aux histoires, elles sont plausibles et decrivent en traits generaux son savoir et son travail litteraire. Cependant on y trouve quelques details biographiques.

Arbre genealogique 

On ne trouve pas de traces de l'arbre genealogique de la famille dans les sources hebraiques ecrites entre le XVIIe et le XIXe siecle comme les chroniques et la litterature des Responsa. Dans ces sources paraissent les families bien connues qui ont laisse leur empreinte sur la communaute juive, comme les families Eben Danan, Eben Tsur, Toledano, Serero, Berdugo … Sur la famille Abehssera aucun mot. C'est seulement avec l'apparition de Rabbi Yaakov Abehssera que la tradition populaire a commence a s'interesser a ses ancetres et a designe Rabbi Chemouel Elbaz comme le fondateur de la dynastie. Selon cette tradition, Rabbi Chemouel devait prendre le bateau jusqu'au Maroc un vendredi, mais le voyage fut repousse au samedi a cause d'un probleme technique. Pour eviter la profanation du Shabbat il a navigue sur une Natte – hassera -A cause de ce miracle son nom a ete change en Abehssera.

En effet, parmi les grands sages de Fes au XVII siecle, il y avait un Hakham du nom de Chemouel Elbaz. Cependant, Rabbi Chemouel Abehssera etait connu dans les communautes orientales et au Maghreb comme venant de Damas. C'etait un homme modeste qui se tenait assis sur une natte dans la synagogue alors que tous les prieurs etaient assis sur des oreillers et des coussins, c'est pourquoi on le surnommait Abehssera. Nous comprenons par la que cette appellation signifie une certaine moralite de conduite et non un miracle. La tradition populaire a, selon l'habitude, mele les deux personnages et en voici le resultat.

La version la plus logique est celle de Rabbi Eliahou Abehssera, selon laquelle le fondateur de la dynastie etait le Rabbi Aiouch : "Voici nos origines, notre pere fondateur etait le sage parfait… Rabbi Aiouch Abehssera." Puisqu'il a copie les faits d'un arbre genealogique, comme il le dit lui-meme, « .II ne faut pas douter de leur verite 

Presence juive au Tafilalet-Revue Brit 31

Dr Dan Manor

Rabbi Yaakov Abehssera, l'homme et sa pensee

Cet article est un condense (par son auteur) du texte de Dan Manor : Kabala et Morale au Maroc. Editions Yad Ben Zvi, Jerusalem, 5742.

L'entourage geographique et social du R. Y. A

Ce sujet est largement traite autre part, nous n'en parlerons qu'en quelques mots ici. Le Tafilalet se situe dans la vallee du Ziv au pied de l'Atlas dans sa partie sud. C'est une region montagneuse aux multiples territoires et microclimats visibles dans ses differents paysages. Les debuts de l'etablissement des juifs dans la region ne sont pas clairs. On suppose que les premiers habitants a s'installer etaient des refugies de la ville de Touat, detruite par les Berberes. Ils ont fonde la ville juive de Sijilmassa, au centre du Tafilalet. Cette population juive avec sa civilisation rurale est tres differente de celle des villes cotieres et du Nord. Cette difference provient du fait historique que les villes des cotes tirent leur tradition spirituelle et leur civilisation du Judaisme espagnol, qui, il faut le croire n'a pas atteint les communautes rurales. C'est pourquoi nous avons elargi la discussion autre part en apportant des exemples nombreux de cette difference. En voici un : Rabbi Yehouda Ben Attar ecrit dans une reponse aux Rabbins d'Erets Israel, en  que la Ketouba des expulses de Castilia a ete reconnue dans les villes de Fes, Meknes, Sefrou Elkatsar, et non au Tafilalet et ses alentours.

La personnalite de R. Y. A

La tradition dit qu'a l'age de 17 ans il etait "plein a deborder du verger de la Thora" et qu'il a pour cela regu des louanges d'un des sages de sa generation du nom de Rabbi Mordehai Ben Chaoul. En effet, il en temoigne lui-meme ainsi : " Quand j'etais agneau, je commentais des passages de la Thora et c'est par la suite que j'ai vu que les anciens avaient deja ecrit cela". On peut imaginer que par le surnom d'agneau il voulait parler de sa prime jeunesse, comme le dit la tradition.

Pour designer sa position de maitre de Halakha, on trouve a son sujet dans les prefaces de ses ouvrages : "II juge selon la Halakha ; il est considere comme un des decisionnaires, et il atteint les profondeurs de la justice."

L'echange de questions-reponses entre lui et les Grands de sa generation comme Rabbi Ytshak Ben Oualid auteur de Vayomer Ytshak et Rabbi Amor Abitbol auteur de Minhat Omer prouvent ces dires. L'une des questions qui ont ete posees a R. Y. A et a Rabbi Ytshak ben Oualid traite du rappel a un verdict au sujet du testament d'un mourant qui s'etait retabli. Couverture de Vedition originate de Pitouhe Hotam de R. Y. A

Cette question a ete posee en l'annee 5601  quand il avait 33  ans. Une autre question parle des benefices de l'argent remis entre les mains d'un goy qui s'en sert le Shabbat. R. Y. A en a permis l'usage, tandis que Rabbi Ytshak l'a interdit et voici son temoignage : "Voici ce que j'ai ecrit au sujet du jugement qu'a prononce notre maitre le Rabbin Yaacov Abehssera qui permet …"

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Dr Dan Manor

Rabbi Yaakov Abehssera, l'homme et sa pensee

Ses activites sociales

Le recueil Maasse Nissim parle de l'activite de R.Y.A comme educateur, enseignant et decisionnaire, comme celui qui oeuvre pour la paix entre tous, et qui donne des exposes sur la Thora ..

. Dans ces legendes ressort le cote picaresque de ses voyages de communaute en communaute. Ce qui est ecrit dans les legendes s'appuie sur d'autres temoignages comme  celui de Rabbi Raphael Elbaz qui a couronne le R.Y.A du titre "Voit des Visions de Dieu, arrive au sommet du savoir." De plus, il raconte les visites nombreuses du R.Y.A dans la ville de Sefrou. II en est de meme pour le temoignage de Rabbi Haim Ovadia dont la demeure paternelle servait de logis permanent a R.Y.A.

Le temoignage de la fille de Rabbi Abner Tsarfati est tres revelateur. Pendant l'une des visites de Rabbi Yaacov dans sa maison paternelle, elle etait sur le point de mourir. Grace a sa priere, elle a gueri. De R.Y.A lui-meme, nous n'avons qu'un temoignage : "Quand j'etais de passage a Tanger, mon ami Rabbi Moche Ben-Jo m'a montre une decision… et ainsi de suite…" De la, on peut comprendre que ce n'etait qu'un voyage parmi tant d'autres et que la ville de Tanger etait une sorte d'etape intermediate entre ses differentes destinations.

Pendant ces voyages, il a pu se familiariser avec la civilisation urbaine et tout ce qu'elle represente. La preuve en est la critique qu'il fait contre : la permissivite, contre le laxisme courant dans la societe d'abondance ; les vetements luxueux, les plaisirs de la table et de la boisson ; le relachement des moeurs ; la mauvaise langue, la tricherie … II s'agit ici d'un temoignage de visu comme le dit R.Y.A : "Quand nos yeux voient". La raison de ces manifestations est bien sur les seductions de la vie dans les villes, a l'oppose des villages ou le traditionalisme protege les habitants des manifestations d'hedonisme.

En effet, sa critique ne s'etend pas seulement au relachement des mceurs, elle va jusqu'au domaine des croyances et des opinions, comme par exemple la croyance en la Providence et que Dieu a connaissance de tous les details. Ces deux sujets ne s'accordent pas avec la pensee philosophique : " Ceux qui nient la providence de Dieu et ne pensent pas qu'elle veille sur chaque detail et connait les pensees des hommes". Une autre opinion contre laquelle il s'eleve a rapport au fait que le sens des Mitsvot a une importance primordiale qui libere l'homme de leur application. II desavoue les personnes qui ont cette opinion en le considerant comme "des etres malfaisants qui inventent ce qui est oppose a la Thora". Ils savent le sens des Mitsvot mais "leur intelligence meme les induit en erreur."

Nous apporterons ici une reflexion qui a un rapport avec le rationalisme. Dans ses propos, R.Y.A. parle de la superiorite de Moche ;

 il conclut son discours en disant ce qu'il definit comme une chose connue :

 " Les sages disent que celui qui trame son ami devant le juge dit a celui-ci

 « Moche, et ne dit pas :

 rends-moi justice comme Maimonide". Cependant, le plus important de sa critique sur le rationalisme de son temps est qu'il montre l'importance de l'esoterisme contre les detracteurs de la Kabala. II favorise les sciences occultes la Kabala, contre les detracteurs dont il rejette l'esprit nefaste et, (comme je l'ai suggere autre part), il s'agit des maskilim

Rabbi Yaakov Abehssera, l'homme et sa pensee

 

Dr Dan Manor

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II definit la mystique juive (Kabala) comme une verite spirituelle, comme le moyen unique pour vous approcher le plus possible de la Divinite. C'est la, a son avis, la signification de l'ecrit: " Vous vous presentez devant Dieu, votre Dieu" (Devarim 29,9); en changeant l'ordre des lettres ATEM אתם (vous), on obtient EMET אמת (verite) qui est la science du sens cache de la Thora. La signification de "Devant votre Dieu" est de vous approcher le plus possible de la Divinite. La Kabala offre a l'homme la plenitude spirituelle: " La Kabala est la purification de l'ame dans le but de se rapprocher du Saint Beni soit-Il." La superiorite de la Kabala se revele dans la distinction entre les quatre genres de commentaires PARDES פרד״ס en parallele avec la distinction entre les mondes de AVIA (Atsilout Bria, Yetsira, Assia). Le Pchat (simple, evident) est l'equivalent du monde de Faction qui est l'echelon le plus bas, le Drach (legende) equivaut au monde de l'elaboration, le Remez (allusion) au monde de la creation, et le Sod, (secret, sens cache) au monde de la Atsilout, le plus eleve de tous. Cette differentiation est faite aussi au sujet des forces de l'ame quand on considere que la place du Pchat est dans l'ame, celle du Drach dans l'esprit, le Remez dans la Neshama et le Sod dans l'unite la plus elevee.

Parfois il insiste surtout sur la difference entre le Sod et le Pchat en se servant de metaphores diverses. Le Pchat ressemble aux eaux ameres et le Sod aux eaux douces. Les eaux ameres sont les forces du jugement qui font obstacle sur la route de l'homme dans sa quete de la verite, ou, selon une version differente, le rapport entre le Pchat et le Sod est la meme que le rapport entre la lumiere et l'obscurite.

A ce sujet, l'auteur n'innove pas, mais il suit le Zohar qui exalte l'importance de la Thora du Sod en exprimant des mots durs envers le Pchat, et ce n'est pas tout, car il menace du fouet de la critique, le Talmud, qu'il compare a l'esclavage en Egypte. En effet, a ce point, R.Y.A exprime une position personnelle. Car non seulement dans sa critique du Pchat il n'y a aucune allusion au fait qu'il veut parler du Talmud, mais il defend celui-ci contre la critique du Zohar. 

Le Talmud a son avis, n'est pas de l'esclavage mais le moyen d'adoucir son gout amer. Le Talmud ne provient pas du Din – jugement Divin- comme dans la conception du Zohar mais du Hessed. En fin de compte, il consacre un discours special de louanges de la Guemara. C'est done un des exemples dans lesquels R.Y.A n'est pas en accord avec les sources dont lui-meme se nourrit

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Ses ecrits

Malgre son activite sociale et ses nombreux voyages pour visiter differentes villes, R.Y.A a reussi a ecrire douze ouvrages. Dix d'entre eux traitent de sujets Kabbalistiques, ce sont:

Mahssof Halavan, Pitouhe Hotam, Guinze Hamelekh, Dorech Tov, Elef Bina, Maaguale Tsedek, Chaare Aroukha, Chaare Tchouva, Bigde Hasrad, Chabbat Kodech Et les deux ecrits qui traitent de la Halakha Yorou Michpatekha leyaacov (responsa) et Levona Zaka, un commentaire de plusieurs livres du Talmud. Tous ces ecrits sont entre nos mains sauf le livre Chabbat Kodech qui a disparu selon le temoignage de son fils Rabbi Aharon

Son enseignement kabbalistique

Le R.Y.A montre un profond interet pour la Kabala du Ha'ari bien qu'il n'admette pas toutes ses idees theosophiques, entre autres le principe du Tsimtsoum (diminution des proportions) qu'il ne cite pas. Car d'apres une des formules kabbalistiques du Ha'ari, les limites de la matiere ont pousse le Ein-Sof – l'infini-, a diminuer ses proportions afin qu'elles puissent etre decouvertes. Bien entendu cette formule est contraire a la croyance en la toute puissance de Dieu. De plus, on peut aussi en deduire la preexistence de la matiere, supposition problematique en soi du point de vue theologique. C'est pourquoi il commence par presenter la science de la Divinite comme une emanation divine voulue et decidee par Dieu. Ein-Sof־l'infini- a emis deux rayons de lumiere : l'un en forme de cercle et l'autre une ligne droite. Ces cercles en matiere materialises servent de recipient au Yocher-Rectitude- qui est spirituel. Car l'esprit n'est pas capable de tenir de lui-meme, sans recipient pour le contenir ; de meme que la Nechama-l'ame -ne peut s'accomplir sans resider dans un corps

Cependant, il faut signaler tout de suite que dans le mot Homer-matiere- cite ici et autre part, il ne s'agit pas de la matiere similaire a celui de notre monde, mais d'un element tout a fait transcendant un peu plus complet que la lumiere de l'Ein-Sof- l'infini. L'auteur compare le rapport entre les cercles et la ligne droite, au rapport entre l'ame et l'esprit: l'ame elle-meme est un element spirituel mais son degre de spiritualite est inferieur a celui de l'esprit

C'est des cercles et de la ligne droite qu'a ete reflete l'Adam Hakadmon (Adam), la premiere revelation du Yech (l'existence). Malgre l'appellation «Adam » il s'agit d'une tangibilite transcendante inaccessible a la comprehension humaine. C'est une sorte de Golem ou selon le langage des Kabbalistes un Yech simple, et dans le monde metaphysique, bien entendu, le simple est superieur au compose. Ce Yech defini comme Adam Hakadmon represente dans sa materialisation dix Sefirot, qui ne sont pas encore revelees comme dans leur composition finale.

Le degre suivant est la reflexion du monde des Akoudim – les trois lumieres – qui decoulent des orifices de la tete d'Adam Hakadmon: oreille, nez, bouche. Ces lumieres de natures distinctes, selon l'orifice dont elles s'epandent, se sont frotte l'une a l'autre. Et de ce frottement a ete cree un recipient qui recueille en lui les dix Sefirot. Ce monde aussi, comme le precedent, se trouve dans l'espace de la transcendance divine, et les Sefirot qui y sont ne sont pas discernables. Et de toutes fagons, il ne s'agit pas la de divinite revelee et agissante avec laquelle l'homme peut etre en contact spirituel, c'est pourquoi le processus de la revelation de l'etre doit se poursuivre

Dans le processus de la revelation divine active et dynamique, il est advenu un accident grave, nomme dans la Kabala du Ha'ari comme la Cassure des vases. II s'agit du monde des Nekoudim dans lequel ont ete crees les vases destines a recueillir les dix Sefirot; chaque Sefira possedant son propre vase, mais les vases se sont brises quand les lumieres y ont penetre

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R.Y.A traite de ce sujet de son propre point de vue. De meme que dans la revelation du monde des Akoudim, il a evite les formules qui eveillent des questions theologiques. Ainsi, au sujet de la Cassure des vases, il devoile une partie et en cache une autre. La Cassure, a son avis, provient de la volonte formelle de Dieu et non d'un accident technique selon une des explications dans la Kabala du Ha'ari. II en trouve la preuve dans les six lettres qui composent le premier mot de la Thora בראשית Berechit. En se servant de ces six lettres on obtient : " Par Sa volonte, il a d'abord casse les lettres" Akoudim, Nekoudim et Broudim, rayes, pointilles et griveles sont les taches apparues sur les moutons quand Jacob voulut separer ses moutons de ceux de Laban (n.d.t)

Meme plus, il considere la Cassure comme un monde complementaire aux Akoudim qui lui etaient anterieurs et aux Berudim qui lui succedent: " Et il veut en cela faire allusion a Bara chit (Berechit), Akoudim, Nekoudim et Broudim, pour dire que tous sont la base et le fondement de tous les mondes". Cela veut dire que le poids des trois mondes pour l'institution de l'etre est egal. De la, on peut comprendre le sens tragique de la Cassure selon la theosophie de Louria qui ne lui convient pas

II est vrai que R.Y.A. se conforme a la conception du Ha'ari qui dit que la Cassure provient du Din-jugement- contenu dans les vases, mais seulement pour marquer le cote tragique de la Chekhina qui a ete atteinte plus que toute autre Sefira des suites de la Cassure. Ceci arrive dans l'intention pragmatique de donner vigueur au devoir religieux envers la Chekhina. Gardez-vous bien et sachez que le nom B"N (synonyme de Chekhina est le feu ardent ou a eu lieu la Cassure. Et il est necessaire de faire tous les jours le Tikoun : la reparation. Que vous preniez l'habitude de faire des Mitsvot et des bonnes actions ainsi que des prieres comme il se doit. L'expression "feu ardent" represente les Dinim-jugements- difficiles dans lesquels se trouve la Chekhina

Le monde du Tikoun, celui des Beroudim, est destine a corriger les defauts de la Cassure afin de consolider une divinite devoilee et dynamique avec laquelle l'homme peut avoir un contact spirituel. Elle a deux aspects 

  1. L'essence meme des Sefirot en tant que faces, C'est-a-dire que la Sefira est composee de dix nombres primordiaux: Le Hessed, Tiferet, Netsah…
  2. Le classement des Sefirot est selon le Din-Jugement- et la Rahamim- Par exemple les Sefirot de la colonne de gauche Gvoura et Hod, decoulent du Din-Jugement-, tandis que Sefirot dans la colonne de droite Hessed, Netsah, relevent de la Misericorde.

Le debut du Tikoun, d'apres la Kabala du Ha'ari est l'augmentation du volume des recipients pour qu'ils puissent contenir la lumiere, alors que l'auteur ici, pense que la puissance de la lumiere a ete restreinte non seulement pour qu'elle convienne aux recipients, mais aussi pour permettre a l'homme d'adorer Dieu

 "Car l'essentiel (la diminution de la lumiere) c'est d'encourager l'homme a adorer Dieu. La dissertation sur ce sujet est vaste et complexe et n'a pas de place dans le cadre de cet article. Nous mentionnerons seulement quelques problemes qui n'ont pas recu de solution et c'est a l'homme qu'incombe la responsabilite de les resoudre

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  1. Dans le point de jonction entre les deux faces supérieures (Hokhma, Bina qui sont le père et la mère), on se rend compte d'une déviation qui entraîne la disharmonie entre les deux faces. Ce phénomène empêche leur accouplement d'être parfait. En raison de quoi les lumières diminuent et l'abondance vers les mondes inférieurs est retardée. " Car l'accouplement est parfait et excellent lorsqu'Israël fait la volonté de l'Éternel."
  2. Une carence dans la structure des deux faces, Tiferet et (Le Saint Béni soit-Il et sa Chekhinà), Tiferet nommée aussi Zeïr Anpin, contient seulement six Sefirot. À cause de ce manque, il se nomme aussi Vav Ktsavot (six extrémités). La Se/ira Malkhout possède une Sefira unique.
  3. Léa et Rahel, d'après le Zohar, symbolisent la Sefira Bina comme mère {Chekhinà) supérieure et la Sefira Malkhout comme mère (Chekhina) inférieure. Mais R.Y.A s'en tient à la version du Ha'ari qui dit que Léa n'est pas une Sefira, mais un être féminin tombé des Dinim-jugements- de Bina et est parvenu jusqu'à la poitrine de Cette situation provoquée par la Cassure empêche l'accouplement parfait de Tiferet avec Malkhout, sa conjointe véritable. Le 77/coM«-réparation- de tous ces dommages dépend d'une vie de Thora et de Mitsvot**** et bien entendu des concentrations mystiques des kabbalistes. Seul, une personne versée dans le sens caché de la Thora sait arriver au sens profond des Mitsvot, bénédictions et prières ou tous autres rituels pour ces réparations.

À partir de là, le débat se concentre sur la place de la Sefira Kéter et sur l'essence des Sefirot comme lumières et récipients. Après une controverse compliquée et riche en problèmes théologiques, se dessine une Divinité différente totalement du Dieu Unique, Créateur et Guide dont on parle dans la Bible et la littérature de Hazal (nos Rabbins de la Michna). C'est une divinité à dix degrés dont les trois supérieurs: Keter, Hokhma et Bina sont insaisissables pour la compréhension humaine. Celles qui sont accessibles à la compréhension humaine et à son mode de vie religieux sont : Hessed, Gvoura, Tiferet, Netsah, Hod, et Yessod qui sont les six Sefirot du Binian-La Structure- de même que la Sefira Malkhout. S'adresser à l'une d'elles exige de la lier en pensée aux autres.

C'est là le processus du Yihoud. S'adresser à une seule Sefira est un péché défini comme Kitsouts Banétiot – Tailler les plants.

Plus bas, dans le monde de YAtsilout décrit ici, découlent trois autres mondes selon ce modèle : Bria, Yetsira, Assia. Avec le monde de YAtsilout, on les nomme A.V.I.A 27.\3.X (Atsilout Bria, Yetsira, Assia) et ils sont classés selon les valeurs de bien et de mal qui se trouvent en elles. Assia est entièrement le mal, Yetsira est à moitié bien, moitié mal, Bria appartient surtout au bien et Atsilout est entièrement bien. Le monde dAssia est le domaine de l'humanité.

Devant ces mondes, se dresse le monde du Sitra Ahra (l'écorce, le mal et l'impureté) construit selon la même forme mais dans le sens inverse. La Sefira la plus puissante se trouve dans la partie la plus basse, la plus faible se trouve dans la partie la plus haute. Ce monde, qui d'après Ha'ari, est une entité indépendante, a un conflit constant contre la Divinité et on peut dire que c'est l'impureté contre la sainteté, le mal contre le bien. Ce monde tient à faire échouer les hommes par les péchés dont il se nourrit. Chaque péché le renforce et en même temps affaiblit la sainteté.

De plus, le Sitra Ahra ne se nourrit pas seulement des péchés de l'homme mais surtout des étincelles divines tombées à la suite de la Cassure et qui ont été en partie englouties dans la matière immobile, dans le végétal et le vivant. Le devoir religieux de l'homme d'Israël comporte donc trois missions :

  1. L'élévation de MN (eau – femelle) pour éveiller l'attraction entre le couple divin, Tiferet et Malkhout : (Hakadoch Baroukh Hou et la Chékhina). Comme on s'en souvient, leur lien a été endommagé par la
  2. La délivrance des étincelles et leur remontée à leur source Divine.
  3. L’empêchement d'imposition de défauts supplémentaires sur la Divinité. Le principal moyen de concrétiser ces missions est l'étude constante et profonde de la Thora, et l'accomplissement des Mitsvot avec intention et concentration.

Dans toute cette affaire où il s'agit de la lutte entre le monde de la sainteté et le monde de l'impureté, R.Y.A suit la voie du Ha'ari. Mais à cause de sa tendance à éviter toute croyance qui porte atteinte à la foi en la suprématie de Dieu, comme il l'a fait pour le Tsimtsoum et la Cassure, là aussi, au lieu de l'opinion que l'éparpillement des étincelles émane d'un processus intérieur indépendant du Créateur, il propose une opinion que l'éparpillement des étincelles émane de la décision du Créateur.

" Car l'homme doit contempler les actions que Dieu a accomplies pendant la création du monde… que les Rafah n"D־i (388) étincelles se sont dispersées dans tout ce qu'a créé le Saint Béni Soit־il… Et le Saint Béni Soit-il a donné à son peuple Israël la Thora et les Mitsvot afin de polir et faire briller les étincelles éparpillées et qui reviendront à leur place, une place sainte". Il s'ensuit que la dispersion des étincelles est un défi religieux que Dieu a placé devant l'homme. En d'autres termes, la dispersion des étincelles a un but et n'est pas le résultat d'un accident comme il est suggéré dans une des formules de la Thora du Ha'ari.

Dr Dan Manor Rabbi Yaakov Abehssera, l'homme et sa pensee

La création du monde: une des opinions du R.Y.A sur le but de la création

D'après la foi orthodoxe, Dieu a créé le monde pour que les créatures reconnaissent sa grandeur. Une des expressions de la foi se trouve dans les paroles du Tana (Rabbin de la Michna) : " Tout ce qu'a créé le Saint Béni soit-Il, n'a été créé qu'en son honneur". Donc, la création est un besoin de Dieu. Cependant l'auteur prétend que le terme kavod – Honneur-, correspond au monde de la Atsilout : donc la signification des paroles du Tana serait que le Maatsil Haelion (Ein-sof) (Créateur) a créé l'univers pour le monde de la Atsilout. Donc, la création n'est pas un besoin divin. Ici l'auteur repousse la pensée orthodoxe et lui préfère la pensée philosophique qui considère Dieu comme parfait, qu'on ne peut pas taxer d'absence. Or l'usage du terme « besoin » démontre l'absence

L'homme

R.Y.A adopte l'attitude anthropocentrique répandue dans la pensée juive, dans la Bible, les écrits des sages et jusqu'à nos jours. L'homme est un besoin divin. Il est la couronne de la création et, comme il est dit plus haut, le Tikoun de la Divinité dépend de lui. " Pour quelle raison Dieu a- t-il créé l'homme sur terre, sans doute pour qu'il fasse la volonté de son créateur, et il faut savoir que le ciel et la terre ont été créés pour l'homme… Le plus important dans la création de l'homme c'est qu'il est l'essence de la perfection des mondes supérieurs, car sans l'homme, il n'importe pas qu'ils soient parfaits

Sans doute, le côté spirituel qui offre à l'homme la supériorité sur toute la création est la Néfech – l'âme- dont disserte l'auteur avec profusion et en profondeur. Mais comme d'habitude dans cet article, nous nous attacherons seulement à quelques paroles qui semblent être le fruit d'une pensée originale de l'auteur, tout en distinguant le niveau du Pchat et du Drach de celui des commentaires kabbalistiques

Au niveau du Pchat et du Drach, R.Y.A. définit l'âme comme un objet spirituel et abstrait, dont l'existence ontologique est absolue, de même que la parole : " Et comme les âmes sont des objets insaisissables et spirituels et vraiment grands, de même la parole". À première vue, il s'agit là d'une apposition fausse, car d'après les lois de la logique le rapport doit se faire du connu à l'inconnu mais ici le rapport est de l'inconnu (l'âme) au connu (la parole)

Mais pour l'auteur, l'existence de l'âme comme objet spirituel est une évidence connue qui n'est pas contestée ; alors que la spiritualité de la parole n'est pas connue, mais elle (la parole) est considérée par beaucoup comme une action purement physique, c'est pourquoi on s'en sert avec légèreté. D'après l'auteur, il y a là un lien entre ce qu'il écrit autre part au sujet de l'abstention de parler comme d'une valeur morale importante. Quoiqu'il soit logique de supposer qu'il y a là une relation à la pensée philosophique quant au terme "l'âme parlante" comme étant synonyme de l'intelligence

Le corps et l'âme

De l'étude de quelques articles apparaît la tendance duelle présentant le corps et l'âme comme deux éléments représentant le contraste entre la matière et l'esprit. La position de l'âme dans le corps ressemble à celle d'un exilé dans un pays étranger, et sous le joug du corps sa lumière diminue. Une prophétie de consolation fait allusion à la situation de l'âme dans le corps : " Et je briserai les barres de votre joug" (Lévitique 26-13)

Par contre, dans d'autres écrits, R.Y.A. considère le corps positivement. Face à l'opinion qui décrète que le spirituel ne se lie pas au matériel, étant donné que la réunion de l'âme et du corps soulève un problème théologique, l'auteur répond que le corps aussi a été créé à l'image de Dieu et que c'est à son avis l'intention du Tana quand il parle de deux images: l'âme et le corps. " Et c'est pourquoi, dit le Tana, l'homme est aimé car il fut créé à l'image de Dieu". Il s'agit à son avis de l'image spirituelle, mais (L'homme) jouit de beaucoup d'amour car il a été créé à l'image de Dieu (Avot 83-18)' c'est l'âme

Étant donné que la majorité des Mitsvot sont imposées au corps il est nécessaire à l'intégralité de l'âme, en particulier quand il obéit à ses ordres et se dédie à sa raison d'être. Mais il ne s'agit pas pour l'auteur de brimer le corps par l'ascétisme mais de le rapprocher de l'âme comme on peut comprendre dans ce qui suit

Dr Dan Manor- Rabbi Yaakov Abehssera, l'homme et sa pensee

Son commentaire du piyout Had Gadya commence par l'opinion courante que l'homme est un organisme formé des éléments : Feu, Vent, Eau, Terre. À son avis, dans chaque élément se cachent deux composants : positif et négatif. Dans la lutte qu'ils se livrent, le positif peut vaincre le négatif. Par exemple réchauffement des sens comme agent négatif du feu peut être apaisé par l'élément positif qui se trouve dans l'eau. On peut aussi faire agir un facteur positif contre un négatif dans le même élément. Par exemple : l'étude de la Thora avec enthousiasme (chaleur positive) refroidit réchauffement des sens (chaleur négative) ce sont là, deux agents de l'élément « Feu ».

Une autre éventualité est l'orientation du facteur négatif vers une voie de sainteté comme l'orientation de l'impétuosité de l'eau comme facteur négatif en impétuosité dans l'accomplissement des Mitsvot. En principe, il s'agit ici d'un processus sublimant qui n'exige pas d'étouffer les tendances naturelles, mais à faire régner l'harmonie entre tous les éléments "Et comme le Saint Béni Soit-Il les a mis en égalité (les éléments) et les a attachés à un même corps, de même, l'homme doit leur permettre de rester dans leur complexité et ne doit pas en faire valoir un aux dépens des autres et s'il le faisait c'est comme s'il rendait un jugement erroné".

Le Yetser hara' – Le Mauvais penchant

C'est une composante psychologique dans la pensée religieuse. Mais nous ne parlerons pas ici du mauvais penchant qui pousse l'homme à la faute, comme il apparaît dans différentes sources, mais – comme à notre habitude – nous n'allons tenir compte que des quelques opinions qui portent le sceau de l'auteur.

L'idée de l'infériorité de l'homme en tant que "né de la femme à la vie courte" (Job 14.1) est considérée parfois comme de l'humilité servant de prétexte au manque de volonté à se mesurer avec les défis. Il s'agit bien entendu, pour l'auteur, des défis dans le domaine de l'esprit. (Par exemple : je ne suis pas digne d'étudier la Kabala). C'est pourquoi il prétend que c'est un conseil du Yetser hara' qui se pare de l'état d'auteur de sermons et non de celui qui incite au péché.

De même le Yetser hara' se déguise en ami du pêcheur et le dirige vers les Écritures pour justifier l'infraction, comme : "Là où se trouvent les Baalé Tchouva (les repentants) ne peuvent pas se trouver les Tsadikim absolus". (Berakhot 34.72) ou :"Meilleure que la sagesse et l'honneur, un peu de bêtise" (L'Ecclésiaste 1.2 )

L'analyse de la composition biologique de l'homme découle également des tentations du Yetser car elle mène à la négation de la raison d'être de l'homme et de la règle qui dit que l'homme sera récompensé pour ses actes, de là pour la généralité que : "Mangeons et buvons car nous mourrons demain." (Isaie 22.13) la route est ouverte. "Quand l'homme comprendra que son origine provient d'une goutte puante et que son destin est poussière, il éprouvera du ressentiment dans son cœur et dira que dorénavant son labeur est vain car il n'a aucune valeur ni par sa naissance ni par sa mort, dès lors, pourquoi s'occuperait-il de Thora et de bonnes actions?"

Jusque-là, je vous ai présenté le résumé de la discussion du R.Y.A sur la science de l'âme, selon l'explication du Pchat dans lequel Nefech et Nechama ont la même signification. Il n'en est pas ainsi au niveau kabbalistique où les termes Nefech et Nechama ont un sens tout à fait différent dans la perception des kabbalistes avec lesquels il a des affinités. Mais ce n'est pas ici que nous ferons une place à l'extrême minutie qu'il déploie dans son traité à ce sujet. Nous citerons seulement les choses superficiellement.

Dans l'essence spirituelle de l'homme, il existe cinq puissances spirituelles découlant du monde de L'Atsilout et se trouvant dans le monde de Abir Yaacov : ce sont : Nefech, Rouah, Nechama, Haya, Yehida. Il est superflu de souligner que l'origine de ces noms est dans la littérature de Hazal, mais tous sont des attributs de la Nechama. (Berechit-Raba 80.14)

Dr Dan Manor Rabbi Yaakov Abehssera, l'homme et sa pensee

Dr Dan Manor

Rabbi Yaakov Abehssera, l'homme et sa pensee

La source de Nefech est la Sefira Malkhout, proche des Klipot (les écorces). C'est pourquoi sa place est dans le monde de la Assia – l'action- qui est surtout mal ; Rouah vient de la Sefira, Tiferet (Zéïr Anpin) qui elle aussi est guettée par les Klipot et pour cela elle est dans le monde de Yétsira dont la moitié est « mal ». Nechama dans la Sefira Bina est éloignée du domaine des Klipot et c'est pourquoi sa place est dans le monde de la Bria (création) qui est 'bien' dans sa majorité. Haya, son origine est dans la Sefira Hokhma et par conséquent sa place est dans le monde de la Atsilout qui est le bien suprême. L'origine de Yehida est dans la Sefira Kéter et elle est inaccessible, comme la couronne.

À l'encontre de Nefech qui pénètre dans le corps et est le patrimoine de chacun, les degrés dont on parle ici ne se développent pas dans l'homme dès sa naissance, mais ils sont acquis à force d'étude et d'actions. L'étude de la Bible uniquement octroie à l'homme Nefech. Celle de la Mishna lui donne Rouah, la Guemara Nechama et Torat Hasod (les sens cachés de la Thora) Haya. Selon une autre formule, celui qui étudie le Pchat a droit à Nefech. Celui qui étudie le Drach a droit à Rouah. Celui qui étudie le Remez a droit à Nechama, et qui étudie le Sod reçoit Haya. Les propos de RY.A.sur l'application des Mitsvot ne sont pas définitifs mais il est bien compris que l'accomplissement des Mitsvot avec intention mystique offre à l'homme trois degrés : Nefech, Rouah, Nechama.

Quant à Yehida elle est, comme nous l'avons dit, dans le domaine de la Divinité Transcendante. C'est pourquoi nul ne l'a obtenue sauf Moché, car pendant le Matan Thora, (le don de la Thora) il a saisi en une fois les 600 000 commentaires de la Thora. C'est une illumination intellectuelle surhumaine. Cet avis est proche de celui du Rambam, Maïmonide, qui affirme que Moché est arrivé à une intensification intellectuelle surhumaine en captant toute la réalité (du monde) dans sa véracité.

Il ressort de cela que les différents degrés de l'âme marquent le processus de la connaissance de l'homme, Nefech représentant le grade le plus bas, Haya le plus élevé. La position du Talmud au-dessous du Sod, est presque parallèle à la catégorisation de Maïmonide qui lui aussi place le Talmud au- dessous de la philosophie avec cette différence que les sages du Talmud dans l'exemple de Rambam, ne savent pas que la philosophie est le juste moyen pour atteindre la vérité de l'essence Divine alors que l'auteur pense que les maîtres du Talmud sont pleinement conscients de l'importance du Sod en tant qu'unique moyen de parvenir à Dieu.

C'était un condensé de son enseignement sur la science de la Divinité et sur la condition humaine. En résumé, il faut se contenter de cela, bien que son enseignement comporte d'autres sujets, comme la position du peuple d'Israël dans le monde, la signification du mal, la loi de la récompense, la diaspora et la guéoula, la repentance et les valeurs. Il est entendu que ce cadre ne peut contenir tout son enseignement. Il faut seulement signaler que sur ces sujets aussi, il exprime des opinions originales à l'exemple de celles que nous avons vues sur les sujets traités dans l'article. Voici un exemple de ses brillants commentaires.

Dans son commentaire des propos de Hazal : " Que les anges ne peuvent pas chanter là-haut jusqu'à ce qu'Israël chante d'abord en bas" (Houlin 71.2), Il explique que les anges ne peuvent pas chanter car ils se trouvent en manque de perfection, à la suite de l'imperfection du monde de la Atsilout. Le chant d'Israël rend le monde de VAtsilout parfait et en même temps les anges aussi parviennent à la perfection ce qui leur permet de chanter.

Par là, on comprend que le rapport entre le chant d'Israël et la perfection de YAtsilout est semblable à celui qui existe entre le moyen et le but et d'après la logique, le moyen est inférieur au but. Le chant des anges également, d'après Hazal, n'est pas un but en soi mais est destiné à servir Dieu. Donc, même le chant des anges est un moyen seulement, mais un moyen utilisé par un facteur extérieur c'est-à-dire par le fait du chant d'Israël. Donc le rapport entre le chant d'Israël et le chant des anges est identique au rapport entre la cause et le facteur. D'après les règles de la logique, la cause est supérieure au facteur. Donc le chant d'Israël est supérieur à celui des anges. L'interprétation de l'auteur du texte de Hazal est basée sur sa pensée philosophique et ceci n'est qu'un exemple parmi les perles de ses commentaires.

Nous terminerons par une remarque d'actualité. La célébrité de R.Y.A comme "Homme remarquable, faiseur de miracles", a porté atteinte à sa science. C'est un fait regrettable surtout lorsque nous savons que dans ses écrits, on ne trouve aucune allusion qui le désigne comme Tsadik "remarquable par sa grandeur, ses miracles et ses merveilles" à l'exemple du Tsadik dans la littérature hassidique.

La personnalité du Grand Rabbin Yaacov Abehssera-Rabbin Professeur Moché Amar

ברית 31 - תאפילאלת 001Rabbin Professeur Moché Amar

La personnalité du Grand Rabbin Yaacov Abehssera    

L'origine de la famille Abehssera

La famille Abehssera est originaire du sud du Maroc, de la région de Sijilmassa nommée aujourd'hui Tafilalet. Cette famille descend de Rabbi Chmouel Abehssera (Abouhatsiri) né à Jérusalem et qui a vécu à Joubar en Syrie. Rabbi Haim Yossef David Azoulay (Hahida) écrit au sujet de Rabbi Chmouel, dans son livre Chem Hagdolim : " Notre Maître Rabbi Chmouel Abehssera est un saint homme de D. qui s'isolait à la synagogue à Joubar dans une ville nommée jusqu'à aujourd'hui Joubar. Comme il se tenait à l'écart de la société et des choses de ce monde, on l'appelait Rabbi Chmouel Abouhatsiri. J'ai entendu des anciens des faits extraordinaires et miraculeux par lesquels il a sauvé Israël de bien des problèmes et j'ai vu de mes yeux ses actes pour le secours d'Israël. Que son mérite nous protège". Nous apprenons des paroles du Hida que l'origine du nom Abehssera provient de la coutume du père de la dynastie de s'isoler dans la cour de la synagogue et de ne pas se montrer à l'extérieur.

Donc, Abouhatsiri veut dire celui qui vit dans la cour ihatser). Une autre tradition dit que le fondateur de la famille se tenait à l'écart de la société et des choses de ce monde ; et qu'il dormait uniquement sur une natte (hatsira) sans matelas ni couvertures. Une autre traduction parle du miracle qui s'est produit en faveur de l'ancêtre lors d'un voyage en bateau, une tempête s'est déchaînée et le bateau a commencé à couler. Rabbi Chmouel a pris sa natte l'a mise à l'eau, s'est assis dessus et a navigué ainsi jusqu'à terre. D'autres disent que le nom provient de l'occupation du chef de famille qui fabriquait des nattes.

Rabbi Yaacov, fils de Massoud, est né en 5567 (1807) et a reçu le nom de son grand père. Quand il a grandi, il a reçu un enseignement de la Thora et dès son jeune âge on a découvert en lui des dons supérieurs. Il étudiait avec tant d'intérêt qu'il ne sortait presque pas du Beit- Hamidrash. À l'âge de 15 ans, il savait à fond la Michna et les Poskim (décisionnaires). Vers l'âge de 18 ans, il a commencé à étudier la Kabala.

Son père, rabbin et chef de la communauté, l'a accoutumé à s'occuper des affaires sociales. Et à chaque question qui lui était posée, il l'adressait d'abord à son fils, pour le préparer à le remplacer en tant que chef spirituel. Rabbi Yaacov lui-même s'était imposé une vie de hassid et d'ascète. Il s'isolait avec D., parlait peu, étudiait la Thora et priait beaucoup.

Déjà dans sa jeunesse, il a assumé le rôle difficile de rabbin. Il était aussi juge et dirigeant de la communauté. Il a dirigé la communauté avec humilité et simplicité. Par ses vêtements aussi il ne sortait pas de l'ordinaire, ne portait que des habits simples, si bien que ceux qui ne le connaissaient pas pouvaient croire qu'il s'agissait d'un des pauvres de la ville.

Quand il arriva avec quelques Juifs de sa ville au Tafilalet, une région reculée du Maroc, lieu où il n'était pas connu mais où il était renommé, le chef de la communauté voulut leur préparer une chambre pour dormir, chez les plus simples des gens, comme il était de coutume de faire avec de simples voyageurs de passage. Mais quand il leur demanda d'où ils venaient, ils répondirent : du Tafilalet. Il leur demanda s'ils connaissaient Rabbi Yaacov Abehssera et s'enquit de sa santé. À ces questions, Rabbi Yaacob se tut mais un de ses compagnons ne put se retenir de rire, c'est alors que le chef de la communauté comprit que Rabbi Yaacov lui-même était devant lui. Il lui demanda pardon et le pria de venir loger chez lui, mais Rabbi Yaacov refusa en disant que le privilège en revient au Juif de modeste condition prévu et qu'il ne logerait chez personne d'autre dans cette ville.

Rabbi Yaacov dirigeait la Yechiva dans sa ville, s'entourant d'élèves. Il les poussait à être studieux pendant qu'il pourvoyait à leurs besoins. De sa Yechiva, sont sortis des rabbins qui ont exercé dans toute la région. La Yechiva a existé pendant 100 ans environ. Jusqu'à Rabbi Yaacov, la ville de Tafilalet et les environs étaient pauvres en Thora et grâce au Rabbin toute la région est devenue un lieu de Thora, de foi et de Hassidout. Pendant son sacerdoce, la situation financière des Juifs était très précaire et Rabbi Yaacov a secouru les pauvres. Sa maison était largement ouverte aux nécessiteux;  il recueillait des fonds qu'il distribuait aux pauvres. Il se déplaçait de ville en ville au Maroc, en Algérie et même en Tunisie., Il organisait des quêtes et ramassait les fonds nécessaires à l'entretien de sa Yechiva et au soutien des pauvres de la ville. Sa grande préoccupation pour les habitants de la ville forçait le respect et faisait l'admiration de sa communauté et de tous les Juifs du Maroc. Ses nombreux voyages ont fait connaître sa sagesse, sa foi et sa piété.

En tant que dayan, il a jugé les pauvres avec beaucoup d'abnégation. Il a fait en sorte de résoudre des problèmes judiciaires sans provoquer de préjudices comme dans le cas suivant: une femme a prié Rabbi de l'aider dans une querelle qu'elle avait avec son mari. Comme le Rabbin et son aide passaient alors par un endroit périlleux, le Chamach pria la femme de se taire jusqu'après le passage périlleux, mais Rabbi Yaacov le réprimanda en disant: "Le danger ne se trouve que dans les lieux où l'on peut faire déformer le jugement." Et il ne bougea pas de là jusqu'à ce qu'elle ait dit ses doléances et qu'il lui ai écrit son verdict. Parfois ses décisions étaient étonnantes et paraissaient contraires à la Halakha écrite. Par la suite, on s'apercevait que ses décisions étaient justifiées.

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    LA MERE CRUELLE Yitsak Massas-narrateur Il y a longtemps, longtemps, à une époque très reculée, il y avait une famille qui vivait, heureuse, dans son village. Avant de mou­rir, le chef de cette famille appela ses fils et leur dit: "Après ma mort, ne versez jamais de l'eau chaude sur le seuil de la porte." Plusieurs jours passèrent et après la mort de leur père, les jeu­nes gens durent faire de grands efforts pour subvenir à leurs be­soins. Très tôt, le matin, ils sortaient au travail et ils rentraient chez eux, peu de temps avant le coucher du soleil. Il

  • יהדות מרוקו, הווי ומסורת –רפאל בן שמחון-הילד המרטיב

     הילד מאחר לדבר היו מקרים רבים שילדים בגיל שנה ושנתיים טרם התחילו לדבר. אחרים איחרו ללכת וזחלו כל הזמן על בטנם והמשיכו לינוק בגיל שנתיים ויותר. ההורים נהגו לקחת אותם לבית העלמין ביום שישי אחר הצהרים לפני קבלת שבת, בזמן שהרבה אנשים נמצאים בבית החיים, לעריכת סעודות ליד קברי הצדיקים. ההורים הושיבו את בנם על־יד הקבר של הקדוש, ונתנו לו לטעום מן הסעודה וללגום מן התה ומכל אוכל שהוגש לנוכחים. בגמר הסעודה, ההורים הניחו צלוחית מלאה מים על הקבר, וכעבור ימים חזרו ונטלו אותה. הם השקו את ילדם כל אימת שביקש לשתות. המים האלה בנוסף לברכה שבהם (ברכת הצדיק) זירזו

  • קהילת תאפילאלת/סג'למאסא-מעגל האדם-מאיר נזרי

    צהלי רני עדה שלמה רקע לפיוט: הפיוט נכלל ב׳יגל יעקב׳ למהדורותיו במדור ׳פיוטים של מתן תורה'. על פי תוכנו מתאים הוא לכבוד הכנסת ספר תורה הנזכר בבית חמישי ׳יגל הכותב… וגם הקונה׳. אולם קהילות תאפילאלת שרות פיוט זה גם בחתונה. שילוב שירים לכבוד התורה בשירי חתונה קיים גם בקהילות אחרות כמו קהילות הצפון במרוקו כמו השיר ׳היא תורה לנו נתנה׳ המכיל כ״ב בתים על פי סדר א׳׳ב אותיות התורה ויוצר דימוי של ׳טקס הובלת הכלה לבית החתן לזה של הכנסת ספר תורה להיכל׳. שילוב שירים לכבוד התורה באירוע של חתונה קשור כנראה בדימוי הכנסת כלה להכנסת ספר תורה המצוי במקורות


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