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Pogrom de Fes-tritel-P.B.Fenton

רבי יוסף בן נאיים

רבי יוסף בן נאיים

Le pogrome de Fès

Nous disposons de plusieurs sources de première main pour reconstruire les circonstances du drame de Fès, dont la dimension juive n'a suscité jusqu'ici qu'une évocation accessoire de la part des historiens. Les divers récits se recoupent et se complètent, car on trouve des détails et des analyses chez les uns qui manquent chez d'autres. Trois d'entre eux furent rédigés par des non juifs qui, tout en couvrant l'ensemble de l'événement, fournissent des informations sur la tragédie juive. Cette dernière reçoit évidemment plus d'attention chez les auteurs juifs qui pour la plupart, ont choisi de relater l'épisode en détails, jour après jour.

Du côté non juif, on citera en premier lieu le témoignage du Dr Frédéric Weisgerber (1868-1946) (voir doc. Al), médecin militaire et explorateur alsacien qui entra au service du Makhzan en 1897 pour soigner le grand vizir. Il commença alors une carrière de voyageur topographe et signa plusieurs travaux scientifiques sur le Maroc, dont il élabora la cartographie. En 1899, il se rendit à Fès et publia le récit de son voyage dans la revue Autour du Monde (1900), accompagné de ses clichés. Spécialiste des affaires marocaines, il apprit l'arabe et devint correspondant au journal parisien, Le Temps (Cl-6) et en 1913, il fut nommé conseiller du protectorat. Au moment des tragiques «journées sanglantes» (17-19 avril 1912), il logeait chez son ami, le consul Henri Gaillard. Un de ses articles dans les colonnes du Temps, indiquait qu'il pressentait à la date du 12 avril le drame qui allait avoir lieu:

A Fez même et dans les tribus voisines, les dispositions de la population à notre égard sont moins bonnes qu'au lendemain de l'arrivée de nos troupes [en mai 1911]. Il s'est produit quelques attentats isolés commis par des fanatiques et — symptôme plus significatif— les enfants dans la rue recommencent à insulter les passants européens. Or c'est par la bouche des enfants que l'on apprend la vérité sur les sentiments de leurs parents.

Survivant au massacre de 1912, il en donna un premier compte rendu dans le Temps et prit des photographies les plus marquantes des rescapés juifs. Ses souvenirs de cette époque troublée donnèrent lieu à un ouvrage autobiographique, publié après sa mort, survenue à Rabat en 1946.

Le récit de Weisgerber est complété par les reportages d'Hubert Jacques qui couvrait l'événement sur place (C6-7). Natif d'Algérie, il devint correspondant de guerre en Algérie puis au Maroc, pour le journal parisien, Le Matin. Lui aussi rédigea ses souvenirs sous forme d'un ouvrage, dont nous donnerons quelques extraits plus loin (A2).

Un troisième journaliste, Rober-Raynaud, mettra également par écrit ses souvenirs de l'époque. Grand spécialiste des questions nord-africaines et correspondant de l'Afrique française, Rober-Raynaud fonda en 1905 la Dépêche marocaine, un quotidien francophone paraissant à Tanger, où il était en relations suivies avec la Légation de France (A3).

Du côté juif, nous disposons de plusieurs témoignages précieux, en partie inédits, rédigés par Amram Elmaleh (A4). Né à Tanger en 1878, Elmaleh était d'abord adjoint au directeur de l'école de l'Alliance Israélite Universelle à Mazagan, de 1906 à 1909, date à laquelle il assuma la direction de l'école de l'AlU àFès, où il resta jusqu'en 1916. Il était à son poste lorsque survint l'assaut du mellâh dont il donne le récit heure par heure et jour par jour. Sa correspondance avec le comité central de l'Alliance est un témoignage unique, non seulement du cours des événements mais aussi de son propre héroïsme. Agé à l'époque d'à peine 34 ans, mais doté d'un sens du devoir inégalable, cet enseignant sut, grâce à un courage et un dévouement inébranlables, surmonter la catastrophe et porter secours à ses coreligionnaires autant à l'heure même de la destruction que pendant les mois de reconstruction qui l'ont suivie. Ses lettres écrites au plus fort du drame et son rapport complet sur le déroulement des événements, se trouvent pour la plupart dans un dossier spécial conservé aux archives de l'Alliance.

Enfin Pascale Saisset, consigna dans son Heures juives au Maroc, Paris 1930, la narration d'un enfant, fils de Mimoun Danan, qui vécut le saccage du mellâh (A5).

L'historien a également à sa disposition deux témoignages de source hébraïque. Le premier c'est le journal personnel inédit de Joseph Ben Naïm dans lequel l'auteur nota les événements survenus à son époque. Nous publions dans la deuxième partie de notre ouvrage le chapitre relatif à l'émeute de Fès rédigé avec beaucoup de sobriété, dans un style dépouillé (A6).

Né à Fès en 1882, scion d'une lignée de rabbins célèbres, Ben Naïm étudia dans la célèbre bibliothèque de la famille Serero, fondant lui-même une yeshiva. Lorsque celle-ci ferma ses portes après les émeutes de 1912, il travailla comme notaire, officiant, et scribe jusqu'à son décès en 1966. Grand bibliophile, Ben Naïm collectionna sa vie durant des milliers de livres et de manuscrits qui lui servirent à rédiger son célèbre ouvrage Malkhey Rabbanan (Jérusalem, 1931), dictionnaire bio-bibliographique des rabbins marocains. Ses écrits, préservés par sa famille, comprennent des commentaires bibliques, des sermons et de la jurisprudence rabbinique.

Son contemporain le grand rabbin Saul Aben Danan ( 1880-1972), également natif de Fès, était le fils du rabbin vénéré Salomon Aben Danan (1848-1929), qui fit partie de la Commission de secours au lendemain du tritel. En 1934, Saûl fut nommé juge près du tribunal rabbinique de Marrakech, puis de Mogador en 1939, avant d'être élu grand rabbin du Maroc en 1949. Il consigna à la fin de son recueil de consultations juridiques en langue hébraïque, Ha-gam Shaul, une chronique historique des événements qui se sont déroulés au Maroc au début du XXe siècle, à la veille de la colonisation française (A7). Il suivait en cela une tradition familiale, puisque déjà l'ancêtre de la dynastie, le rabbin Sa'adya Ibn Danân, mit par écrit au XV־'siècle les circonstances historiques de l'installation des juifs andalous au Maroc, en 1492. Dans un style précieux et fort littéraire, empreint d'un certain lyrisme biblique, il dépeint les journées tragiques du mois d'avril 1912 qu'il a personnellement vécues. L'intérêt de son récit, qui comporte des détails que l'on ne trouve pas par ailleurs, réside dans son analyse personnelle des faits qui fait preuve d'une grande perspicacité.

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