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(Le massacre des Juifs de Settat, prélude au terrible tritel (janvier 1908


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(Le massacre des Juifs de Settat, prélude au terrible tritel (janvier 1908

Les lettres et les rapports envoyés par les représentants de l'AIU au siège parisien de l'association font également état de vexations, d'attaques, d'assassinats et de massacres dans d'innombrables villes et villages, disséminés dans tout le pays, entre autres à Azemmour, Demnat, Fès, Marrakech, Meknès, et Sefrou. Une menace de siège par des tribus du Maroc atlantique provoqua l'exode massif de la population juive de Mazagan. Comme leurs coreligionnaires casablancais, elle se réfugia à Settat situé à 70 km au sud de Casablanca. Ce chef-lieu de la province de la Chaouïa dans laquelle la France livrait une guerre continue afin d'y faire régner l'ordre, deviendra le théâtre d'une atroce tragédie. Settat, avait déjà été durement éprouvée en décembre 1903 et de nouveau en novembre 1907 lorsque la tribu de Myanza, profitant de l'état d'anarchie, l'avait sauvagement pillée.

Or, le 12 janvier 1908 une colonne française, sous le commandement du général d'Amade, quitta Casablanca pour soumettre une forte mehalla loyale à Mawlây al-Hâfid, campée dans les environs de Settat. Après avoir délogé les troupes marocaines, l'infanterie française entra le 15 janvier à Settat, désertée à l'exception des Juifs. Ceux-ci n'avaient pas suivi les fugitifs musulmans préférant remettre leur sort entre les mains de la colonne française qu'ils attendaient avec des drapeaux blancs. «Au départ des Français … les Arabes se sont jetés sur le mellah avec l'idée de les exterminer pour avoir acclamé les troupes françaises. Une quarantaine d'israélites ont été tués». Lorsque l'armée française repassa par Settat quinze jours plus tard, elle retrouva dans un bâtiment leurs malheureuses veuves et orphelins, «brutalisés et affamés à mort», qui les supplièrent de les emmener à Casablanca.

La situation à Fès

L'accession au trône de Mawlây al-Hâfid n'améliora en rien la situation des Juifs de la capitale qui sur un total de 100 000 habitants formaient environ un dixième de la population, soit entre 10 000 et 12 000 âmes. Le 15 décembre 1907 les rebelles ralliés à Mawlây al-Hâfid entrèrent de force à Fès, mirent à sac les bâtiments des impôts, les marchés, la poste française et le mellâh. Commença alors une période de cruelles vexations pour les Juifs de Fès, perçus comme les laquais de l'envahisseur français. Contrevenant aux termes du firman accordé par son ancêtre à Moses Montefiore en 1864, et malgré des promesses de tolérance faites par écrit au ministre français à Fès, le sultan Mawlây al-Hâfid contraignit les Juifs à travailler dans ses manufactures de poudre (Makîna) et ses écuries, sans salaire ni nourriture. En outre, ils étaient persécutés par son chambellan qui les obligeait à œuvrer le sabbat et même le jour du kippûr, n'hésitant pas à leur infliger la punition ignominieuse de la bastonnade. Il fallut l'intervention énergique de l'Alliance en la personne de Monsieur Amram Elmaleh, directeur de son école à Fès, pour mettre fin à ces abus.

Ensuite, le Makhzan interdit aux résidents du mellâh, ayant vue des fenêtres ou des toits de leurs demeures sur l'intérieur du palais, d'y poser leur regard, sous peine de mort. Ceci eut pour conséquence l'obstruction des fenêtres du quartier juif et l'arrêt de toute arrivée de lumière et d'air frais. En juin 1910, à la suite de la destruction des récoltes par le feu, les Juifs furent assiégés dans leur quartier, coupés de toutes communications et de commerce du quartier musulman.

Au début de l'année 1911, le petit-fils du grand rabbin de Fès Rafaël Abensur (1830-1917) fut enlevé et converti de force à l'islam. L'enfant fut séquestré dans la maison du cadi qui refusa de le restituer et il fallut l'action combinée des consuls français et britannique pour obtenir sa libération.

Selon les conditions de l'acte de son investiture, Mawlây al-Hâfid devait lancer un jihâd contre les infidèles et chasser les Français de la Chaouïa. Les négociations traînèrent en longueur et finalement l'accord du 4 mars 1910 soumit l'évacuation française de la Chaouïa et du Maroc oriental à la formation des tabors marocains, instruits et encadrés par des officiers français

  • Tabors- Soldats appartenant à des unités d'infanterie légère composées de troupes indigènes sous encadrement français.
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