Tafilalet

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Presence juive au Tafilalet-Revue Brit 31

 

Brit – Revue des Juifs du Maroc

Redacreur – Asher Knafo

Aharon Abehssera

Preface

En 1856, un bateau a jete l'ancre dans le port de Jaffa. II avait a son bord 50 Juifs du Maroc. A leur tete se trouvait Rabbi Moche Elkaiam de Marrakech. Plus tard, Rabbi David Ben Chimon de Rabat, s'est joint a eux. Lui aussi etait arrive a la tete de ses eleves au port de Jaffa. Rabbi Moche Elkaiam et Rabbi Ben Chimon s'etaient rencontres auparavant, a la Yechiva du Rabbi Massoud Abehssera au Tafilalet. lis avaient ete recus a la Yechiva en 5600 (1840), apres avoir passe brillamment les examens d'entree

La Yeshiva du Tafilalet existait deja depuis des generations et seuls y etaient recus des etudiants exceptionnels, et les deux etudiants ont affirme n'avoir ete acceptes qu'apres avoir passe avec succes les examens. Ils ont etudie avec le Rav Yaacov Ab Abehssera, fils de Rabbi Massoud, chef de la Yechiva au Tafilalet.

En 1844 est arrive a la Yechiva Rabbi Yeouda Bibas. II a rencontre Rabbi Massoud et ensemble, ils ont preche l'Alya en Eretz-Israel, en affirmant que, plutot les juifs s'etabliront en Eretz, plus vite ils rapprocheront la Gueoula. L'Alya, l'objectif de Rabbi Moche, Rabbi David et Rabbi Yaacov, est a l'origine de leur arrivee a  Yaffo (Jaffa) en 1856.

J'ai raconte cet evenement afin de mettre en valeur le lien entre le Tafilalet, au Sud du Maroc et le monde juif marocain avec Eretz Israel. Les liens entre les trois amis ne se sont pas defaits. Et lorsque Rabbi Yaacov est decede a Damenhour, alors qu'il etait en chemin pour Eretz Israel, Rabbi Moche Elkaiam a voyage immediatement a Damenhour avec ses eleves Itshak Elbaz et Rabbi Elazar Ben Toubo, pour s'occuper de la sepulture de Rabbi Yaacov Abehssera.

La contribution des juifs du Maroc a l'etablissement d'Eretz-Israel, s'est traduite par une Alya continue, surtout, dans les quatre villes saintes. Rabbi David Ben Chimon (denomme Tsouf-Devach) a fonde a Jerusalem, le premier quartier en dehors des remparts, et s'est tenu a la tete de la communaute maghrebine a Jerusalem.

L'aspiration a la Gueoula et a l'etablissement en Eretz-Israel accompagne toute l'ceuvre religieuse des Rabbins du Maroc et cela est mis en valeur dans les livres de la famille Abehssera de la region du Tafilalet.

Le Tafilalet, au Sud du Maroc, est a une distance prodigieuse du centre pres d'un desert immense, le Sahara, a reussi a y proteger ses juifs et a garder, quand meme, des liens continus avec les autres communautes. Ce numero de Brit, la revue bilingue du Maroc, veut mettre en valeur le Judaisme du Tafilalet, en partie il est vrai. Car ce n'est que l'ouverture pour des debats et des recherches qui seront organises par la suite. La recherche sur le Tafilalet en particulier, son histoire, ses rabbins, sa culture est encore incomplete. II en est de meme pour tout le Judaisme marocain en general avec son histoire complexe et sa culture extremement riche et variee.

Lors des debuts de l'installation des Juifs du Maroc en Israel, la recherche sur les richesses de cette culture a ete completement negligee. La jeunesse marocaine a cru comprendre qu'elle etait inexistante. Meme les rabbins bien connus au Maroc ont ete consideres insignifiants. Cependant, le besoin de retour aux sources s'est manifeste et avec lui l'interet pour l'histoire et la culture juive du Maroc. Les universites ont cree des chaires d'etudes marocaines, des doctorats ont ete ecrits et la recherche sur les ouvrages de rabbins marocains a demontre que la communaute juive marocaine a de tout temps ete dirigee par d’eminents rabbins qui ont leur place parmi les plus grands Maitres du Judaisme. Mais tout cela est insuffisant et le chemin pour decouvrir tous les tresors de notre culture est encore long. Et, c'est a nous qu'il incombe, je parle des generations qui sont nees au Maroc, de tout mettre en oeuvre pour laisser a nos enfants et aux generations a venir, l'entite du patrimoine judeo-marocain.

Merci a mon ami Asher Knafo qui a pris la responsabilite de ce beau travail d'edition avec toutes les preparations necessaires. Merci a tous les auteurs honorables qui ont offert leur contribution. Merci a tous ceux qui ont aide a la parution de ce numero.

Aharon Abehsseia, fik de Rabbi Ytshak Abehssera (Baba Haki) ex-maire de Ramle, ancien membre de la Knesset. ancien ministre.

Presence juive au Tafilalet

%d7%91%d7%a8%d7%99%d7%aa-%d7%9e%d7%a1%d7%a4%d7%a8-31Ses fils

Rabenou Yaacov a eu quatre fils tous férus en Thora et pieux. Rabbi Massoud, Rabbi Aharon, Rabbi Avraham et Rabbi Ytshak. Le grand Rabbin Massoud a remplacé son père au Rabbinat au Tafilalet. Il a composé des poèmes qui furent imprimés dans le livre Yaguel Yaacov. Il était en correspondance intellectuelle avec Rabbin Chlomo Even Danan. Rabbin Massoud est décédé le 12 du mois de Iyar en 5668 (1908) et a été enterré dans sa ville Rissani. Il a laissé trois fils :

Rabbi David, hassid et kabbaliste. Il a écrit des livres sur la morale selon la Kabala. Sa méthode se basait sur le Remez et le Pchat. Il dirigeait la Yechiva à Rissani et a été assassiné en 5680 (1920) pour la sanctification de D.

Rabbi Israël, dénommé Baba Salé, était un juste, pieux et faiseur de miracles. Il a exercé les fonctions de rabbin à Erfoud et ses environs. Il a fondé des cercles d'études de Thora et vers la fin de sa vie s'est installé à Netivot. Il était célèbre pour ses grandes connaissances en Thora et pour sa piété extraordinaire. Des personnes de toutes origines et de tous genres venaient le voir tous les jours. Il y avait parmi eux des rabbins, des étudiants et des chefs de Yechiva qui voulaient avoir le privilège d'entendre des enseignements de sa bouche, recevoir une bénédiction et demander conseil, d'être à ses côtés et d'observer ses manières saintes. Il est décédé 3 Chevat 5743. Sa tombe, à Netivot, est devenue un lieu important où tous adressent leurs prières et leurs suppliques dans les temps de joie et d'angoisse. Et le jour de sa mort est devenu un jour de Hilloula pour tout le peuple d'Israël.

Rabbi Ytshak Abehssera était directeur de Yechiva et le bras droit de Baba Salé au Maroc. Peu de temps après l'avènement de l'Etat d'Israël, il a fait son Alya et a été élu Rabbin des villes Ramlé-Lod et le chef des Juifs d'Afrique du Nord en Israël. Il est décédé dans un accident le 25 Adar 5730 (1970).

Le grand Rabbin Aharon était le deuxième fils de Rabbi Yaacov. Dès 5645 (1887), il est arrivé en Israël pour faire imprimer les livres de son père. Il a reçu pour cela des recommandations des rabbins d'Israël. Il déploya beaucoup d'efforts auprès des donateurs afin d'obtenir des fonds pour l'impression des livres. Il réussit à faire imprimer une partie des livres. Il retourna au Maroc où il mourut jeune en 5661 (1901) lors d'un de ses voyages au village Talouat. Le lieu de sa sépulture sert de lieu de pèlerinage.

Son petit-fils est le grand Rabbin Makhlouf Abehssera qui était grand Rabbin et juge à Marrakech. Vers la fin de sa vie il est monté en Israël. Son fils Rabbi Yossef était juge dans la ville de Fès. Arrivé en Israël, il a été nommé Rabbin de Yavné. À sa mort, il a été remplacé par son fils Rabbi David.

Le grand Rabbin Rabbi Avraham est arrivé en Israël en 1873 et s'est établi à Tibériade. Sa tombe dans le cimetière de Tibériade a été réparée dernièrement.

Le grand Rabbin Rabbi Ytshak était le Benjamin du Rabbin Abir Yaacov. Il a été nommé chef de Yechiva. Du temps de son père, il a été envoyé par celui-ci afin d'organiser des collectes pour la Yechiva. Il a continué cette mission après la mort de son père. Pendant un de ses voyages dans la ville de Toulal il a été assassiné. C'était en 1912. C'est à Toulal qu'il est enterré. C'était un poète très sensible et il a laissé des poèmes et des compositions de son cru. Chaque année est organisée une Hilloula près de sa tombe. Les fils de Rabbi Yaacov honoraient et respectaient beaucoup leur père, et ils ont composé beaucoup de poèmes en son honneur. Chez les Juifs du Maroc, Rabbi Yaacov occupe une place si prépondérante que son nom et sa Hilloula paraissent aussi importants que la Hilloula de Rabbi Chimon Bar-Yohaï et de Rabbi Méir Baal Hanés. Dans un des poèmes connus qu'a composé son fils Rabbi Massoud, cette popularité arrive à son apogée. Ces poèmes sont connus et chantés dans beaucoup de communautés au Maroc pendant chaque fête et chaque événement. Les petits-fils de Rabbi Yaacov aussi sont célèbres pour leur piété et ont rempli des sacerdoces au Rabbinat et ont eu le rôle de chefs de communautés dans différentes villes du Tafilalet. Quelques- uns de ses fils et petits-fils ont vu leur souvenir honoré par une Hilloula, par certaines familles, à la suite d'un miracle qui leur est advenu grâce à l'invocation de Rabbi Yaacov et ses descendants.

Avishay Bar Asher Rabbi Chlomo Hayoun, disciple de Rabbi Yaacov Abehssera et la littérature kabbalistique au Tafilalet

Brit 31 - Presence Juive au TafilaletLe livre "Pitouhé Hotam"

À la fin de sa préface, Rabbi Chlomo Hayoun décrit le livre Pitouhé Hotam, et il insiste sur quelques détails intéressants. D'abord il signale la répartition des différents discours selon les quatre niveaux du commentaire de la Thora d'après la tradition kabbalistique : le Simple, le Sous-entendu, la Légende et le Secret. En effet, c'est le côté le plus caractéristique de ce livre en comparaison de ses autres écrits qui traitent uniquement d'une partie de ces quatre niveaux. Selon Rabbi Yaacov, la distinction de l'étude du Nisstar (du caché) et de ce qui est apparent n'exige aucune limite qui soit infranchissable, mais plutôt, elle est mue par le devoir d'investiguer « les cachettes et les secrets de la Thora ». En cela, il est fidèle à la conception courante dans la littérature kabbalistique que le sens simple de la Thora est l'habit de ses secrets. Le rôle du Mékoubal (celui qui approfondit l'étude mystique) selon ces dires est de dévoiler les secrets cachés dans la Thora ; de là émane la dualité de sa position envers le sens simple de la Thora : d'une part, du point de vue de sa place dans l'étude approfondie il est "le moindre de tous" ou selon ses paroles : "Si tu n'as étudié que le sens simple de la Thora, qui est le dernier, tu n'as pas accompli ton devoir et il faut que tu t'efforces à étudier les trois autres parties qui sont les plus élevées". D'autre part, le fait que ce sens soit secondaire ne veut pas dire qu'il perde quelque chose de sa valeur ou qu'il soit dédaigné mais plutôt qu'il est estimé plus que tout. Donc il ne faut pas s'étonner, par exemple, que la distinction que fait Rabbi Yaacov entre le sens sous entendu et le sens secret soit très floue par rapport à la distinction traditionnelle et sert surtout à reconnaître les démarches des différents exégètes du texte, mais en général les deux (le sens sous entendu et le sens secret) possèdent un fond caché et secret.

Hayoun souligne également que les secrets du livre  " sont d'aller dans le chemin du Moussar (morale), car la plus grande aspiration de notre Maître (R. Yaacov) était de prodiguer le bien à son prochain, d'enseigner à son peuple la crainte de Dieu, car c'est ce que nous demandent Dieu et ceux qui connaissent Sa pensée. » R. Yaacov lui- même ne se sert presque pas du terme Moussar pour expliquer la ligne de conduite principale de son enseignement. En effet, à la lecture de ses écrits, on se rend compte de la présence de coutumes kabbalistiques, toutes destinées à former le mode de vie rigoureux de l'homme, sans qu'elle soit obligatoirement attachée à la correction des mœurs. Ceci représente un pas hardi dans les relations entre les vertus dans « la littérature des vertus » et celle du « mode de vie kabbalistique » auquel appartient R. Yaacov. Ces coutumes ou ce mode de vie ne sont pas présentés comme des rajouts successifs à une autre méthode spirituelle mais comme la concrétisation d'une méthode kabbalistique évidente. C'est pour cela que j'ai proposé dans un autre article d'user d'un terme différent pour définir le livre Pitouhé Hotam qui pourrait mieux expliquer le terme Moussar : « La littérature du mode de vie et des Tikounim ». La primauté des bases qui ont trait au mode de vie religieux et spirituel dont le rôle et l'influence touchent directement différents points de la réalité qui dépend en général de la conception kabbalistique de Ha'ari (Rabbi Ytshak Louria). Une estimation différente des aspects sociaux et théologiques, qui à mon avis, ont reçu trop d'importance dans l'investigation de cette littérature et aussi un regard sur le caractère des relations entre le comportement selon la Halakha et les actes dictés par la « hitnahagout » (mode de vie).

Dans sa préface, Rabbi Chlomo affirme que Pitouhé Hotam est la sixième œuvre de R. Yaakov, ce témoignage est contraire à une autre liste dressée par son fils Rabbi Ytshak. Les œuvres qui ont précédé Pitouhé Hotam sont Guinzé Hamélekh, Lévona Zaka, à laquelle Rabbi Chlomo a écrit également, selon ses dires, une préface, perdue depuis. Sefer Chéélot outchouvot, qui n'est autre que Yorou Michpatekha Léyaacov que nous possédons ; Sefer Hadrouchim, dont le nom n'est pas cité par Hayoun et le livre Chita, livre perdu, dont le sujet est le Talmud.

En plus, Rabbi Chlomo donne deux explications au titre Pitouhé Hotam

; "car il ouvre et dévoile quelques sujets obscurs et hermétiques cachetés par le sceau", et "Le mot Pitouhé fait allusion au bon nom de l'auteur et à son enseignement".

Le souhait de Rabbi Chlomo exprimé dans la fin de sa préface : "Que notre Maître arrive à imprimer ce livre et les autres" n'a pas été exaucé du temps de son maître tout comme n'a pas été exaucée la prière pour sa Alia en Erets Israël. C'est seulement cinq ans après le décès de Rabbi Yaacov à Damanhour, le 20 Tevet de l'année 5640, que fut imprimé à Jérusalem Pitouhé Hotam avec la préface de Rabbi Chlomo.

Avishay Bar Asher Rabbi Chlomo Hayoun, disciple de Rabbi Yaacov Abehssera et la littérature kabbalistique au Tafilalet

La bibliothèque de R. Yaacov

Comme je l'ai déjà dit, l'importance de la préface de Hayoun pour la recherche sur la bibliographie de R. Yaacov est très grande car elle foisonne de rappels de ses autres ouvrages. Les noms des œuvres sont ingénieusement enchâssés dans l'écriture élogieuse de Hayoun. En général, les imprimeurs et les présentateurs ont tenu à souligner une partie de ces œuvres d'un signe particulier. On peut supposer que la liste est incomplète. Malgré cela, ce témoignage est d'une grande utilité pour esquisser l'ampleur de la bibliothèque du Rabbin-kabbaliste du Tafilalet. Comme règle générale dans ses écrits, Rabbi Yaacov nommait rarement les noms des ouvrages dont il s'inspirait (en dehors de livres bien connus comme le Zohar, Rabenou Ha'ari (Rabbi Ytshak Louria) qui eux aussi laissent au chercheur un labeur considérable). Voilà que cette préface nous permet un aperçu des livres qui étaient en permanence devant lui et dans lesquels il se plongeait et grâce auxquels il a pu faire ses découvertes dans l'étude des faces cachées de la Thora et les divulguer.

De nombreuses œuvres que Rabbi Yaacov a consultées et qu'il a citées dans son livre Yorou michpatékha léYaacov sont absentes dans la préface. D'ailleurs, il apparaît que Hayoun s'est contenté de faire un rappel général des œuvres. Il est intéressant de souligner qu'il cite avec le livre Arba'a Tourim les deux ouvrages secondaires : Darké Moché et Beit Yossef. Comme je l'ai déjà dit, les livres Hamapa et Choulhan Aroukh.

La liste des écrits de la littérature du Moussar est plus détaillée, mais également partielle « car tous ceux-là et ceux qui ne sont pas là ». De la littérature du moyen âge, sont citées quelques œuvres capitales : Hovat Halévavot (Le devoir des cœurs), Sefer Hassidim, (Le livre des Hassidim) Sefer Hayachar (Le livre de la droiture de Rabénou Tam), Sefer Yéréim (le livre des croyants de Rabbi Eliezer de Metz) et aussi Chaaré Téchouva (les portes du repentir de Rabbi Yona Guerondi). L'influence de ces œuvres sur son écriture est générale et relativement minime et, aucune d'elles n'est citée en toutes lettres. Les choses sont différentes quant à la littérature du mode de vie kabbalistique de l'époque de Safed et après elle. Hayoun en cite le Sefer Harédim du rav Azkari, Réchit Hokhma de Rabbi Eliahou de Vidash, qui comprend évidemment la pensée kabbalistique de son maître Rabbi Moché Cordovéro), Chaaré Kédoucha de Rabbi Haïm Vital et d'autres écrits plus tardifs. Mais l'influence des deux dernières œuvres que j'ai citées est la plus prépondérante. Sont cités également deux ouvrages condensés bien connus du livre Réchit Hokhma : Tots'ot Haim (condensé par son auteur) et Tapouhé Zahav de Rabbi Yéhiel Mili du 17ème siècle. On peut y trouver aussi Chné Louhot Habrit de Hachla (Rabbi Yéchayahou Halévy Horowitz), le célèbre livre Orh'ot Tsadikim dont on ne connaît pas l'auteur, et le livre Azharat Hakodech d'importance mineure. Très intéressante est l'allusion qui figure vers la fin de la préface : « Comme a fait Rabbi Yonatan Eybchitz zal dans Yaarato (son livre nommé : pain de miel) et comme il l'a prouvé et déclaré dans Hemdato (son livre nommé : l'objet de son aspiration). Par cette allusion comme l'a dit Dan Manor, Hayoun citait les deux livres de Rabbi Yonatan Eybchitz Hemdat Yamim et Ya'arot Dvach. Manor n'accepte pas le fait d'exagérer l'importance de ces deux œuvres à cause de leur promiscuité avec la littérature Chabtaïque. Par contre, pour le livre Hemdat Yamim, on peut prouver qu'il était, pour Rabbi Yaacov, une source d'inspiration et d'influence ; et qu'il se servait de lui de temps à autre sans toutefois le nommer.

La liste des livres kabbalistiques est la plus longue et elle comprend plus de quarante œuvres. Parmi elles, Hayoun compte évidemment les livres du Zohar et Tikouné Hazohar. Il nomme les ouvrages connus de Rabbi Yossef Jékatilia Chaaré Tsédek et Chaaré Ora, et les noms du Sefer Haplia, Sefer Raziel Hamal'akh et peut être fait-il aussi allusion au livre Sefer Harazim.

De plus, sont nommés quelques commentaires du Zohar : Or Yakar de Rabbi Moché Cordovéro, Zaharé Hama de Rabbi Abraham Azoulay (basé sur Yaréah Yakar de Rabbi Abraham Galanti – disciple de Rabbi Moché Cordovéro), Emek Hamelekh de Rabbi Naftali Bakhrakh, et aussi Zohar Harakia de Rabbi Yaacov Tsémah. D'entre les écrits de Rabbi Moché Cordovéro, sont nommés aussi Chiour Koma et Pardess Rimonim. Et avec eux Assiss Rimonim le commentaire du Pardess Rimonim par Rabbi Chmouel Galiko disciple de Rabbi Moché Cordovéro. Est nommé aussi le livre Maguid Yécharim de Rabbi Yossef Karo. Très surprenante est l'absence du livre Mikdach Melekh de Rabbi Chalom Bouzaglo qui était un des commentaires du Zohar les plus appréciés par Rabbi Yaacov.

Voici les livres de la tradition kabbalistique de Ha'ari : Rabbi Haim Vital – Ets Hahaim : Chaar Hakavanot, Chaar Hayihoudim, Chaar Hahakdamot (présenté par Rabbi Chmouel Vital), Chaar Haguilguoulim, Sefer Hadrouchim (présenté par N' Tboul disciple de Ha'ari), Otsrot Haïm, Méorot Nathan, Béér Mayim Haïm, (de Rabbi Chmouel Vital). D'entre les livres de Rabbi Yaacov Tsémah sont nommés Mavo Chéarim, Adam Yachar et Kol Barama (commentaire de Ha-Idra Raba). Il est bon de souligner que ne sont cités explicitement dans ses écrits que trois livres : Sefer Hakavanot, Ets Haïm, et Otsrot Haïm. Une recherche démontre l'impact des autres œuvres citées dans ses écrits bien qu'elles ne soient pas nommées. Il en est de même surtout pour les livres Chaar Hahakdamot et Chaar Haguilguoulim. En marge de ceux-là, il cite aussi quelques écrits absents de ladite préface. Pri Ets Haïm, Chaar Hamitsvot, Chaar Hapsoukim et Sefer Halikoutim. Il rappelle aussi plusieurs fois Likouté Ha'ari. L'examen démontre que par cette appellation, il pense presque toujours au livre Likouté Thora et non pas à d'autres ouvrages. Sont nommés aussi Maayan Ganim de Rabbi Menahem Azaria de Pano, trois textes de R. Nathan Hayérouchalmi fils de Réouven David Chapira : Touv Haarets, Matsat Chimourim et Yayin Haméchoumar; Zot Houkat Hathora de Rabbi Abraham Hizkouni, Mégualé Amoukot, (commentaire de la Thora) de Rabbi Nathan Chapira de Cracovie, livre qui a eu une grande diffusion, le livre de Rabbi Chlomo Delmadigo Mitsraf Lahokhma et aussi le recueil Taaloumat Hokhma (où ont été imprimées aussi Novlot Hokhma et Bh'inat Hadat du même auteur), Yod'é Bina de Rabbi Moché Zacout (et peut-être aussi du même auteur, Sefer Hachorachim – livre des racines qui traite des effets obtenus par l'assemblage des lettres).

Hayoun note aussi l'ouvrage de Rabbi Moché Ben Maïmon Elbaz Hékhal Hakodech sur la prière avec intention et Guinat Bitan de son disciple Rabbi Ytshak Hacohen sur les Sefirot et autres sujets. Cet ouvrage était manuscrit. Un autre texte qui n'a pas vu le jour était Gan Melekh avec des commentaires inspirés du livre Emek Hamelekh cité plus haut, sur des chapitres du Zohar.

Il est intéressant de savoir que Hayoun lui-même soulignait la différence entre les livres enseignant l'Hassidisme et les livres de Kabala. Pourtant, on peut y trouver des livres « sur le mode de vie et les tikounim ». Parmi ceux-là, il est juste de citer l'ouvrage tardif de Rabbi Immanuel Haï Riki Michnat Hassidim (et son condensé Yocher Lévav de l'auteur même) qui a été rédigé en Italie au début du 18ème siècle. Ce livre a eu une grande influence sur la pensée kabbalistique de Rabbi Yaacov au sujet du mode de vie et des tikounim. Ceci est vrai surtout pour sa manière de présenter la pensée Kabbalistique du Ha'ari comme un modèle d'existence bien organisé. Rabbi Yaacov cite l'ouvrage en plusieurs endroits et de plus, j'ai pu voir qu'il se servait des idées de ce livre sans le nommer. De toute façon le mode de vie et les tikounim dans ses écrits sont basés surtout sur les œuvres classiques de la Kabbale selon Ha'ari. Inutile de préciser que cette liste est partielle, et malgré tous les efforts de Hayoun d'y insérer un grand nombre de titres, il n'a pas réussi à les dénombrer tous. Parmi les titres absents, on peut citer les commentaires de Hahida (Rabbi Haim Yossef David Azoulay) tels que Nahal Kdoumim ou Homat Anakh ou les commentaires de la Thora (Or Hahaim, « Haalchékh », qui est le Thorat Haim de Rabbi Moché Alchékh), les recueils attribués à Rabbi Haim Vital (les Likoutim (recueils) et recueils de la Thora et d'autres livres. Malgré cette carence, la valeur de cette liste sur nos connaissances de la littérature kabbalistique du Tafilalet pendant le 19eme siècle, n'est pas amoindrie.

Pour terminer, du point de vue littéraire, le lecteur découvrira le charme et l'intérêt du langage riche en inventions, en images et en trouvailles originales de la préface de Hayoun.

Ses propos sont une suite de citations de la Bible, du Talmud et du Midrach par lesquelles il va en accumulant des éloges sur son Maître vénéré. En tête des chapitres, il a fixé l'acrostiche de son nom : « Je suis Chlomo, fils de notre maître Rabbi Makhlouf ». Tous les chapitres de la préface sont terminés par le nom : Yaacov.

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