TEBOUL

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LE LIVRE DES TAQANOT

Meknes   LE LIVRE DES TAQANOT

Pour réglementer la vie sociale religieuse et économique de la nouvelle communauté des Taqanot, ordonnances dites des Sages de Castille, Taqanot hakhmé Castilla, commencèrent à être édictées à Fès dès 1494 et le furent sans interruption jusqu'à leur compilation en 1753 pour la première fois par rabbi Yaacob Abensour (1673 -1753). Les premières Taqanot furent d'abord rédigées en espagnol, qui restait la langue vernaculaire des expulsés et de leurs descendants aussi bien à Fès qu'à Meknès. Puis le castillan fut graduellement abandonné pour laisser place à l'hébreu araméen talmudique, avant que le judéo-arabe ne s'impose définitivement et que parmi les signataires de ces taqanot de Castille se retrouvent des descendants des Tochabim – preuve manifeste de l'achèvement de la greffe et de la fusion des deux communautés.

C'est à la suite de la réussite de cette greffe que la communauté de Meknès pourra commencer à compter dans l'histoire du judaïsme marocain en se prévalant de son identification avec la tradition séfarade. Rédigées et publiées à Fès, le centre incontesté de la Torah jusqu'au XVIIIème

ISOLEMENT SOUS LES SAADIENS

La greffe des expulsés d'Espagne aurait pu être pour le judaïsme marocain l'occasion d'une ouverture vers les autres communautés d'Europe et de l'Empire ottoman, mais elle se heurta au repliement sur soi forcé du Maroc. Résultat d'une double conjoncture défavorable, interne et externe. Fragilisé par ses dissensions internes, la division de fait du pays entre le nord encore sous domination des derniers Watassides, et le sud déjà partiellement sous contrôle de la nouvelle dynastie montante des Saadiens, le Maroc ne pouvait efficacement faire face aux menées du Portugal et de l'Espagne qui installent des comptoirs tout au long du littoral atlantique et méditerranéen, et choisit comme défense le repli sur soi. En tournant le dos au monde moderne en gestation, le Maroc y entraîna sa communauté juive qui peu à peu se coupa des nouveaux centres de création juive, s'isola du nouveau centre de gravi­té européen pour n'être plus qu'une branche du judaïsme, certes vivante et créatrice, mais jamais centrale. L'hostilité espagnole et l'arrêt des échanges commerciaux avec cette grande puissance devaient jouer un rôle capital dans l'isolement du judaïsme marocain du reste du monde juif avec l'absence d'im­primerie pour publier et diffuser les œuvres de ses maîtres à l'intérieur, et les faire connaître à l'extérieur du pays. Pourtant une première tentative avait été prometteuse. Né à Tolède, rabbi Eliezer Tolédano avait fondé à Lisbonne en 1489 la première imprimerie hébraïque au Portugal. Après l'expulsion de 1497, il avait transféré ses machines à Fès, y fondant la première imprime­rie dans le monde musulman. Elle fut contrainte de fermer ses portes dès 1522, faute de papier, l'Espagne en interdisant son exportation vers le Ma­roc. Ce fut l'éclipsé de l'imprimerie au Maroc, aussi bien hébraïque que gé­nérale jusqu'à la fin du XIXème siècle – qui fut longtemps interprété au sein du monde juif comme la preuve de la stérilité de création de sa branche ma­rocaine.

C'est le prestige de la lutte contre les empiétements des Portugais et des Es­pagnols sur les côtes marocaines, qui devait permettre à la nouvelle dynastie des Saadiens de s'affirmer progressivement avant d'asseoir définitivement son autorité sur l'ensemble du pays, à partir du sud, redonnant de nou­veau à Marrakech son statut de capitale. La prise d'Agadir aux Portugais en 1541 marqua l'étape la plus importante vers la réunification du pays sous la conduite du sultan Moulay -es -Cheikh qui entra triomphalement à Fès en 1554.

En l'absence de documents sur la vie intérieure de la communauté à cette époque; une précieuse indication sur l'existence d'un début d'épanouisse­ment de la Torah mêlant Mégourachim et Tochabim nous est donnée par la personnalité d'un éminent kabbaliste, rabbi Slimane Ohana. Né à Meknès; il a sans doute étudié à Fès, d'où il était monté à Safed en 1526, à un âge déjà avancé. La capitale de la Galilée, dont le nom n'est même pas mentionné dans la Bible, avait attiré des sommités de toutes les communautés de la diaspora. Il fut avec rabbi Messod Azoulay dit l'Aveugle, parmi les " lionceaux " (dis­ciples) du fondateur de la Kabbale pratique; rabbi Itshak Lourié, dit Haari (le Lion). Fier du patrimoine propre aux Tochabim, il devait par exemple s'éle­ver contre un autre éminent kabblaliste d'origine marocaine, rabbi Yossef Te- boul, qui avait abandonné la direction spirituelle de sa communauté d'ori­gine pour prendre la tête de la communauté séfarade d'Egypte : " Et maintenant vous les avez trahis et abandonnés à leur sort …Certes nous sommes tous les fils du même patriarche; et tous les enfants d'Israël sont des princes, mais notre dispersion aux quatre coins de la terre nous a divisés en groupes et familles; chacun parlant une autre langue et ayant d'autres cou­tumes. Cette appartenance à un groupe et à une langue; chacun est tenu d'y rester fidèle jusqu'à ce que l'Eternel nous prenne en pitié et nous ramène dans notre pays reformer un seul peuple …"

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