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Itineraires Spirituel et intellectuel, activites litteraires du Judaisme Machrebien – Haïm Zafran

Itineraires Spirituel et intellectuel, activites litteraires du Judaisme Machrebien

Haïm Zafrani

La création littéraire et ses finalités

Mes études et recherches, entreprises depuis plus de vingt-cinq ans pour sortir au jour le patri­moine culturel du judaïsme héritier de l'Age d'Or judéo-arabe et vivant en Terre d'Islam, mettent en lumière l'effervescence religieuse et intellectuelle, l'atmosphère de spiritualité optimiste qui ont régné au sein de communautés oubliées. Celles-ci ont cependant engendré une production littéraire qui constitue une contribution non négligeable à la formation du patrimoine culturel de leurs terres d'origine ou d'adoption d'une part, aux huma­nités et aux sciences juives, d'autre part.

Mes travaux sur la pensée juive en Occident musulman, ceux déjà réalisés et ceux en cours de réalisation ou en projet, témoignent et témoi­gneront précisément de la présence du judaïsme de ces contrées dans les domaines privilégiés de la science écrite (pensée juridique, poésie, littérature mystique, exégétique, homilétique) et de la transmission orale du savoir (créations littéraires d'expression dialectale et populaire judéo-arabe, judéo-berbère, outre celles en judéo-castillan étu­diées par d'autres spécialistes, notre collègue H. V. Sephiha, entre autres).

La finalité première de cette pensée a été d'as­surer la sauvegarde d'un patrimoine intellectuel et spirituel légué par les ancêtres castillans et auto­chtones. Les communautés maghrébines, durant les derniers quatre siècles obscurs de l'histoire du Maroc, ont su d'instinct, garder, comme on garde la braise sous la cendre, le trésor de culture qui leur fut confié, pour le ranimer, le réactiver et le féconder en période de conjoncture favorable. En dépit de conditions d'existence incertaines ou inégales, souvent préoccupés de la survie reli­gieuse ou même physique de leurs communautés assaillies par toutes sortes de dangers, y compris celui des divisions internes, des conversions for­cées ou volontaires, les guides spirituels clercs et laïcs, les hakhamim "sages et lettrés", ont fait l'effort constant d'étudier, de cultiver et d'en­seigner la Loi et la Tradition.

On notera qu'en ces siècles d'indigence de la production intellectuelle ( 16e/19e siècles), compa­rée à l'effervescence et à la prospérité de l'Age d'Or, les oeuvres de l'esprit sont le reflet d'une culture polarisée sur la foi et la religion.

La finalité seconde de cette activité intellec­tuelle est intimement liée à la finalité première. Interprète des valeurs universelles du judaïsme, elle est aussi le miroir où la communauté se regarde, le moyen d'exprimer un monde, très peu exploré jusqu'ici, un environnement socio- économique et religieux, une société juive origi­nale, qui témoigne d'une exemplaire solidarité avec les autres communautés juives du monde, en dépit de son isolement et de sa propre détresse.

J'ai été amené ainsi à interroger l'histoire, l'imaginaire social, à poser un regard sur les struc­tures socio-économiques, sur la vie culturelle, religieuse et mystique, suivant un itinéraire qui mène du plus simple au plux complexe, selon une pédagogie vieille de deux mille ans et inscrite déjà dans ce petit livre d'éthique juive fondamentale, le traité des Pères, le Pirqé Abot (V, 30): A cinq ans la lecture de la Bible, à dix, l'étude de la Mishnah…, à quinze, le Talmud…, à quarante, le dis­cernement c'est à dire du sens caché, de Sod: de la kabbale…

Cet itinéraire est celui de tout lettré juif, Talmid hakham qui consacre sa vie entière à l'étude.

Mon propre itinéraire d'enseignant chercheur et écrivain est passé par les mêmes voies.

Le livre le plus récent, celui que je dédie aux écrits kabbalistiques et à la vie mystique, s'inscrit dans cet itinéraire intellectuel et littéraire. C'est en quelque sorte l'itinéraire obligatoire qui mène de l'étude de la Bible, à l'étude de la kabbale, du sens obvie apparent, au sens caché, ésotérique des textes. Ce livre, intitulé Kabbale, vie mystique et magie, est l'aboutissement, le terme de ceux qui l'ont précédé, une tâche entreprise il y a plus d'un quart de siècle, consacrée à des études et recherches sur la vie intellectuelle juive des cinq derniers siècles, dans les domaines de la pensée et du paysage culturel où se développent la con­science et la mémoire d'une communauté établie au Maghreb depuis près de deux millénaires et la création littéraire de ses grands lettrés.

Haim Zafrani Conscience historique et mémoire collective judéo- marocaines

Haim Zafrani

Conscience historique et mémoire collective judéo- marocaines.

Haïm Zafrani passe en revue deux millénaires d'histoire juive au Maroc – de l'époque de Tyr et de Sidon à celles gréco-romaine et de la conquête arabe en passant par l'accueil des Expulsés d'Espagne de 1492 jusqu'à l'indépendance du Maroc. Une histoire riche tant au plan intellectuel (l'influence considérable des rabbins marocains sur le judaïsme espagnol) qu'au plan des échanges entre les hommes. A noter entre les deux ־sociétés, la juive et la musulmane, une véritable symbiose, ses espaces de convergence et une coexistence paisible.

Une histoire privilégiée donc qui reste enracinée dans la mémoire des juifs marocains établis aujourd'hui en Israël, en France ou au Canada.

Les grands courants historiques

Le judaïsme d'Occident musulman plonge ses racines dans un passé lointain. Historiquement, les Juifs sont le premier peuple non berbère qui vint au Maghreb et qui ait continué à y vivre juqu'à nos jours.Sur l'établissement de colonies proprement juives sur les côtes africaines, à l'époque de Tyr et de Sidon, nous n'avons pas de documents epigraphiques, et guère d'autres témoignages. Ce monde appartient au domaine de la légende, et les récits concernant cette période n'ont été recueillis qu'à une époque récente. En divers lieux du Maghreb, dans l'île de Djerba (Tunisie), à Tanger, à Fès, dans la vallée du Drâ, aux confins sahariens du Maroc, ces récits apparaissent, parlent de pierres-frontières posées par Joab ben Seruya, chef des armées du roi David, venu jusque-là à la poursuite des Philistins qui, pour certaines populations juives des montagnes, ne sont autres que les Berbères (on notera qu'on traduit ici l'hébreu Phlistim de la Bible par Braber ).

Sur l'époque gréco-romaine, il existe une information précieuse dans la littérature talmudique et homilétique (Midrash et Aggadah ), dans les documents épigraphiques et archéolo­giques actuellement disponibles, dans les récits d'historiens, anciens et modernes, juifs et non juifs qui ont eu à traiter de cette période historique, évoquant le judaïsme de Cyrénaïque, la révolte juive sous Trajan, les récits de Procope, etc… Une communauté juive habitait la ville romaine de Volubilis . Dans les ruines de cette cité ont été trouvés un chandelier en bronze à sept branches et un débris de pierre tombale portant l'inscription hébraïque …matrona bat rabbi Yehuda nah … "dame, fille de rabbi Yehudah, que repose (son âme). Il semble que la colonie juive ait continué à y vivre jusqu'à l'arrivée des Arabes. Les historiens arabes eux-mêmes mentionnent l'existence, non loin de là, dans le Zerhoun , de tribus berbères judaïsées, au moment de la fondation de Fès, en 808.

La théorie selon laquelle la majorité des juifs maghrébins serait d'origine berbère est soutenue par un certain nombre d'historiens chez qui la "judaïsation des Berbères" a acquis la réputation d'une donnée fondamentale. D'autres la révoquent en doute, comme H.Z. Hirschberg qui s'exprime en ces termes: "Il semble, dit-il, qu'il n'existe aucune base solide à la théorie des Berbères judaïsés, ceux qui se seraient faits juifs en toute chose et qui constitueraient ainsi l'élément ethnique fondamental du judaïsme maghrébin… La preuve déterminante de l'absence de toute assimilation de groupements berbères importants est l'inexistence absolue de la pénétration des langues berbères dans la littérature juive. A l'opposé, il existe des textes en judéo- arabe maghrébin" (Histoire des Juifs d'Afrique du Nord, Jérusalem, 1965, en hébreu, volume H, p. 86 et 36). Il convient de compléter, sur ce point précis, l'information que donne Hirschberg sur les parlers juifs du Maghreb et la charge culturelle qu'ils véhiculent. Nos enquêtes en milieu juif berbérophone du Maroc (mellahs du Sud marocain et des vallées de l'Atlas) montrent bien que l'enseignement traditionnel utilisait, dans ces communautés, le berbère comme langue d'explication et de traduction des textes sacrés au même titre que, dans le reste du pays, les autres communautés employaient, aux mêmes fins, le judéo-arabe ou le judéo- espagnol (voir Journal Asiatique , 1964, fascicule 1; Revue des Etudes Juives , 1964, fascicules 1 et 2, et Pédagogie Juive en Terre d'Islam , Paris, 1969).

Nous nous trouvons devant un vide profond et un silence quasi total des sources quant à la période qui sépare l'époque romaine la plus tardive des débuts de la conquête arabe. Avec cette conquête, on assiste à une islamisation progressive des populations autochtones ou immigrées, y compris une bonne partie des tribus berbères judaïsées. Il faut, à cet égard, abandonner au domaine de la légende, la geste merveilleuse et les récits fabuleux qui travestissent l'histoire de la Kahéna et qui mettent en scène cette reine et "prêtresse" judéo-berbère qui opposa à l'invasion arabe du Maghreb une farouche résistance.

 On peut supposer que dans le Maroc antéislamique se mêlaient christianisme, judaïsme et paganisme Les chroniqueurs du XlVe siècle disent qu'Idris 1er trouva devant lui, lors de ( ses conquêtes, des tribus chrétienne juives et idolâtres. Les Juifs furent admis par Idris II dans les murailles de la Fès primitive. Ils habitèrent, jusqu'au moment où les Mérinides fondèrent l'actuel mellah de Fès Jdid, la zone comprise entre la Quarawiyin et Bab Gisa qui conserve encore le nom de Funduq-l-Ihudi. Parmi eux se trouvaient certains des savants et des écrivains juifs les plus illustres du Xe siècle et du commencement du XIe Rabbi Isaac Alfasi né en 1013 à Qual'at Ibn-Hammad dirigeait, à Fès, une yeshibah et, dans la Vieille-Ville, se trouve encore une maison, à moitie délabrée, que distinguent treize cloches( en cuivre suspendues à une balustrade et qu'on dit avoir été la demeure de Maïmonide pendant son séjour da cette cité.

Il est notoire qu'à l'époque de "l'age d'or" espagnol, au moment où l'Andalousie et le Maroc entretenaient des rapports étroits, les communautes marocaines de Fès, Salé, Sijilmas Der'a, etc… avaient de grandes yeshivot dirigées par des maîtres qui jouissaient« d'une immense réputation dans le monde juif.

Proverbes Judéo-arabes, choisis de 'Trésor des proverbes judéo-arabes marocains" Hanania Dahan

Dàr bla ulàd hima bla utad

Une maison sans nourrissons ressemble à une tente sans piquets

Lli sedd fdmmu ma yuslùh hmùm

Qui ferme sa bouche, s'épargne des soucis

Nhi rask l-elmuja hta tduj

Courbe l'échiné jusqu'à que la vague passe

Sbah el-hir ya jâri nta fadarak w-ana fddâri

Bouiour mon voisin.

toi dans ta demeure et moi dans la mienne

lla sufti el- afya fddàr jarek wujjed-el-ma fdardk

Si le feu prend chez ton voisin prépare des seaux d'eau chez toi

Qùm y al mezyan faynn igles el mesrar

Retire toi bel homme,

que le charmant prenne place

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