ארכיון חודשי: דצמבר 2015


Joseph Dadia A l'ombre du Bani L'ecole de l'Alliance a Akka

ALLIANCELa population juive, qui vieillit et qui s'use, place son espérance dans ses jeunes. J'ai entre les mains l'avenir et la relève de cette ancienne communauté, à laquelle j'accorde ma sollicitude et ma compréhension. Je me dois d'ajouter que les parents me facilitent la tâche. Ils recommandent aux enfants de bien se tenir en classe, d'être attentifs et d'apprendre les leçons. Les élèves sont assidus aux cours. Aucune fugue, aucune absence non justifiée. Tout au long de mon séjour à Akka, je n'ai eu à déplorer  aucun incident ni à l'intérieur de l'école ni à l'extérieur. Dans mes contacts avec tous, je me montre discret, ne me mêlant jamais de leurs affaires privées ou de la marche interne de la communauté. Tout le monde sait ce que je fais en classe. Chaque mois, les élèves font des progrès. Je n'ai pas eu le temps de remarquer que la matinée a passé rapidement, dans la bonne humeur et la décontraction. Les élèves ont repris confiance en eux, rassurés de voir que je tiens compte de leur personnalité, de leur mentalité et du contexte où ils vivent.

C'est l'heure du déjeuner. Au réfectoire tout est fin prêt pour accueillir les élèves autour d'un bon couscous préparé, pour cette heureuse reprise de l'école, d'après la recette du mâ'rouf, en signe de bon augure et de mazal tov. La bonne odeur du couscous se répand à la ronde. Un vieil homme, alléché par le fumet délicat de la cuisine, se présente à la porte de l'école. Il tient un mouchoir dans sa main. Je le remplis de viande et de semoule. Il me remercie et m'invite à venir voir son jardin et ses palmiers. C'est un voisin. C'est comme ça que j'ai fait la connaissance du tonitruant Mbark.

J'ai retrouvé mes élèves l'après-midi et j'ai examiné avec eux les livres et les cahiers, en remettant à chacun les fournitures scolaires dont il a besoin. J'ai esquissé le programme des prochaines semaines, y ajoutant un peu d'instruction civique, de gymnastique, de chant, de dessin et, chose importante et nouvelle pour eux, des sorties de découverte dans la nature. Il me restait à programmer les cours d'hébreu et à trouver un maître d'arabe classique, dont l'enseignement est obligatoire depuis l'Indépendance du Maroc.

Le vendredi après l'office, le cheikh Yitzhak m'entraîne chez lui pour le premier repas du shabbat. Nous pénétrons dans sa demeure par un corridor en chicane, qui aboutit à une grande cour entourée de nombreuses pièces. Une petite table basse est dressée sous la voûte céleste contre l'une des colonnes, qui soutiennent la galerie du premier étage. Nous sommes tous les deux à partager le repas. Le shabbat matin, la prière se déroula avec plus de solennité qu'à l'accoutumée, en présence d'une foule de fidèles venus faire ma connaissance. Rabbi Moshé dirigea l'office d'une voix douce et mélodieuse, en chantant des poèmes de circonstance. Après la lecture de la Tora, il prononça des paroles de bienvenue et de succès en mon honneur, le tout émaillé de citations bibliques et talmudiques.

Après la sieste, Raphaël m'accompagne chez son cousin Moshé. Il habite le village de Taourirt qui prolonge Tagadirt. Moshé habite avec sa femme et ses filles, les deux mignonnes nouvellement arrivées à l'école, dans une maison confortablement meublée. Moshé est grand de taille. Il porte l'habit européen, une montre à son bras et une grosse bague au doigt. Il travaille avec les neveux du cheikh Yitzhak, qui exploitent une carrière sur la route de Tindouf. Il passe la semaine à Goulimine et il revient chez lui pour shabbat. Nous nous installons sur le toit de la maison. Nous dégustons des fruits cueillis la veille dans son verger confié à un métayer, khamas. Du haut de ce toit, la vue sur l'oasis est grandiose. D'un côté, la chaîne du Bani frappe par la ligne continue de ses falaises de granit, s'étirant de Tiznit sur plusieurs centaines de kilomètres, avec la même composition et la même couleur, entrecoupées de gorges à Akka et à Tata. De l'autre côté, des milliers de palmiers à perte de vue jusqu'au lit de l'oued Dra. Au-delà de l'horizon, l'on peut deviner dans le lointain les hamadas du sud algérien et, avec un peu plus d'imagination, la dune des ergs.

Trois semaines après mon arrivée à Akka, la terre a tremblé à Agadir e lundi 29 février 1960 à 23 heures. J'apprendrai plus tard la disparition des membres de ma famille, à l'exception d'un seul rescapé.

Peu de temps après, la nature se pare de ses habits de printemps. Le rossignol chante et la tourterelle annonce l'arrivée de Pessah, tirant le mellah de son engourdissement hivernal. Les préparatifs commencent. Les femmes nettoient le four commun, préparent les fagots de bois et remplissent les jarres d'eau fraîche. Les hommes sortent les instruments nécessaires à la fabrication de la matsa

Monsieur Elias Harrus, Délégué-adjoint de l'Alliance et Inspecteur des écoles, est venu me voir à Akka. Il m'apprend comment répondre aux questionnaires administratifs, établir des devis et remplir des bons de commande. Je lui fais part d'un projet de réaménagement des locaux, afín de les rendre plus gais et aérés, en élargissant les fenêtres existantes et en ouvrant d'autres, de peindre les murs intérieurs et de créer un espace de verdure dans la cour. Il me donne son accord et il me dit qu'il est satisfait de ce que je fais pour les élèves et leurs parents. Pour la prochaine inspection il m'invite à le rencontrer à Tiznit, ayant une totale confiance en moi. Akka est un point reculé. Ses tournées dans le Sud marocain sont longues et fatigantes

La fin de l'année scolaire approche. Ahmed, maître d'arabe classique, m'offre des paniers et des présentoirs faits en feuilles de palmier, par sa mère et son épouse spécialement pour moi.

J'ai invité les grands élèves de l'école à venir me rejoindre à Mogador à la colonie de vacances de Marrakech pour un séjour gratuit de trois semaines, avec l'accord du directeur David Dayan, ami de longue date. Il vient de me confier le poste de surveillant général de la colonie. Ainsi, ils pourront rencontrer des enfants de leur âge et connaître les jeux et les joies de la plage. Un seul garçon de l'école se présenta à la colonie. Au bout de quinze jours, il a voulu retourner chez lui.

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