הקסידה אצל יהודי ספרד והמזרח


  1. qsida image Qdssat. sidna Moulay Ighi"

La qsida débute par deux vers en hébreu :

Frères, je veux conter une histoire

Ce qui est arrivée au vénéré Moulay Ighi…

L'auteur relate l'histoire légendaire du célèbre Rabbin et rapporte ainsi certains motifs très intéressants inconnus jusqu'ici :

Jeudi il (le Rabbin) arriva à Telouet…

Jeudi soir vint l'annonciateur (le Maghid) dans le rêve

Et lui annonca sa fin

Et lui annonça sa fin…

L'annonciateur l'avertit que là où s'arrêterait la "colonne de feu", c'est là qu'il serait enterré. C'est alors qu'accompagné de vingt personnes le Rabbin alla dans la montagne à la recherche de sa tombe :

Le Rabbin allair devant,

La colonne de feu le devançait

Le Rabbin se tourna vers les gens et les questionna..

Ils lui dirent : où est la colonne de feu? . .

Il leur parla amicalement.

Il leur dit : allez enterrer quelqu'un en bas. . .

Ils lui dirent : seigneur, nous voulons parler,

Il ne reste plus de temps afin de retourner. . .

Il leur dit : le soleil restera là jusqu'à votre retour

Quand ils arrivèrent le Rabbin prit un bain rituel

Le linceul descendit du ciel et il s'en revêtit avec joie. ..

Il leur demanda de creuser une tombe,

Il entra dans la tombe seul, redoutable.

Au même instant, la tombe se referma.

Ils revinrent et retrouvèrent le soleil au même endroit…

             "La qsida de Moulay Ighi", comporte 13 couplets dont la rime est aaaB, bbbB, cccB etc. . . Sur Moulay Ighi voir L. Voinot, Pèlerinages judéo-musulmans du Maroc, Paris 1948, pp. 64-65.

  1. " Qdssat lhadem ulhurra"

"L'histoire de l'esclave et de la femme" est probablement une qsida ancienne qui relate une dispute entre une esclave et sa maîtresse. Intéressante est la façon dont l'auteur nous laisse deviner son nom : ". . . Comptez avec les lettres et tu le liras (nom) fidèlement, Aleph, u־veit u-teth doublé, Nun temman(?) fermera les portes. .." Ce qui donne Abttan (Marrakech?).

  1. "Qsida di sdt jwâr"

"La qsida des six concubines" est signée Sheikh Mekki. C'est la seule qsida dans notre collection qui soit l'oeuvre d'un Musulman célèbre par ailleurs pour ses qsaïd. Il est remarquable que cela ainsi que le fait que la qsida parle du "prophète" et des chorfa, n'ont pas gêné les auditeurs juifs.

  1. rada di 'ros Haman m'a Zerech

Le texte de la parodie est arrangé comme une vraie carte d'invitation à un mariage. Elle était lue à Purim33 ainsi que dans la période qui précède la fête. L'auteur non cité donne libre cours à sa fantaisie et le langage grivois et burlesque de la parodie se rattache à la joie traditionnelle à Purim, fête à laquelle il est prescrit de s'enivrer au point de ne plus pouvoir distinguer entre Haman et Mardochée: "Mademoiselle (en français dans le texte) Zerech, pour cause qu'elle n'a ni père ni mère qui puissent inviter, car elle fut trouvée jetée dans la rue, a l'honneur de vous inviter à assister à la honte qu'on va lui faire à l'occasion de son mariage avec Haman .. . Madame Hamidata, femme du Chef des joueurs, a la joie de vous inviter … Mardi vous assisterez à la fièvre qui va les saisir (pas de musiciens) et parce que les musiciens sont occupés on va leur réciter près de trois cents élégies. . . Les gens les accompagneront et les feront asseoir au W. C. . .  Mercredi 9 Av.

32 "Invitation au mariage de Haman et Zerech". L'éditeur, Hadida, frères.

33             Sur les parodies juives de Purim dont une marocaine, voir I. Davidson, Parody in Jewish literature, New York 1907, p. 121.

  1. "Ktouba di Haman"34

Seul le début de la qçida rappelle la ketouba en question. L'auteur relate en fait l'épisode de la chute de Haman et de son exécution dans un langage très vif et avec un usage renouvelé de mots grivois. Elle se termine par les voeux traditionnels :

Tous les juifs doivent lire tous les ans la Meguila…

Et doivent faire l'aumône aux pauvres, aux orphelins et aux veuves

Délivre-nous, ô Dieu…

Envoie-nous le Messie…

Rebâtis-nous le Temple afin que nous puissions t'offrir nos sacrifices… Ecoutez ma qçida, ô frères…

34  Après l'invitation au mariage vient le contrat de mariage dit Ketouba qui comporte 27 tiercets à rime aaa, bbb, ccc etc.. L'auteur est Mas'ud ben Itshak ben Avraham Chabbat. Voir aussi: H. Zafrani, la parodie dans la literature Judéo-arabe et le folklore de Purim au Maroc, R.E.J., 1969, pp. 377-393.

35 il est de tradition chez les juifs marocains le jour de Purim de faire des aumônes généreuses. Ce jour là, les pauvres et des membres d'institutions diverses font le t our des Synagogues pour recevoir les dons des juifs.

  1. HaSkava di Haman

Elle fait suite, en fait, à la "kétouba de Haman", et bien qu'elle ne soit guère signée, il est permis de supposer que l'auteur est le même Mes'ud Chabbat, qui se sert de la même technique. En effet, l’emploi de termes qui paraissent dans la prière originale (comme aussi dans la kétouba) et l'usage de mots grossiers sont communs aux deux qçaïd.

  La HaSkava est une prière pour le repos de l'âme des défunts.

  1. " Qessat ghder nsa,'37( l,histoire de la trahison des femmes)

Celui qui n'a pas connu la trahison des femmes ne peut comprendre. Heureux et calme

Il n'a pas souffert, n'a pas goûté aux chagrins.

Et celui qui n'a pas subi la vengeance des femmes, n'a pas goûté au malheur.

La qçida toute entière traite du thème de l'homme qui autrefois était riche et qui, ayant perdu sa fortune, se trouve abandonné, en fait, non seulement par les femmes, qui sont le symbole de la trahison, mais également par tous ses amis.

             La construction de cette qçida diffère des précédentes: Mowal: ababb, hruz: cdcdcdcdcd, mowal : cccd, etc..

  1. Bar Yohai bal 'arbiya moghrabiyà

La qçida accompagne deux Piyoutim sur Bar Yohai en hébreu. La qçida fait l'éloge du fameux rabbin et termine par une prière concernant le salut des juifs et leur rassemblement en Terre Sainte.

            "Bar Yohai en arabe marocain" comporte 15 quatrains à rime aaaa, bbbb, cccc… L'éditeur est Hadida. Cette histoire diffère de celle rapportée par H. Zafrani, Une qassa de Tingir, Hymne à Bar Yohay, in R.E.J., Vol. CXXVII Paris 1968.

  1.  Qsida min Tetuan

Cette qsida a été imprimée avant l'été 1965 en Israël.40 Elle prouve que la politique sait faire flèche de tout bois car cette qsida n'est pas autre chose qu'un texte de propagande électorale. C'est lors des élections municipales à Beit Chemech, petite ville des environs de Jérusalem et à forte proportion d'habitants originaires du Maroc qu'elle fut composée. L'auteur y dénonce avec force proverbes et force jeux de mots les défauts et la mauvaise admi­nistration du maire en place et chante les qualités du candidat auquel il voudrait concilier la faveur des électeurs. Fait remarquable et assez excep­tionnel, la qcida est accompagnée d'une traduction. Cette traduction hébraïque est probablement destinée aussi bien à faciliter la compréhension du texte original en judéo-arabe aux marocains (surtout de la jeune géné­ration) qui comprennent moins bien ce dialecte qu'à élargir le cercle des lecteurs de la qsida et en permettre la lecture aux autres habitants de la ville (polonais, roumains, etc… ).

 Le titre complet: Gozlan Abraham 'la Amram Louk. Qsida de Tetuan.

  • Sans auteur ni éditeur.

CONCLUSION

Il est incontestable que le genre de la qsida a joui d'un prestige remarquable chez les juifs marocains. Le choix présenté dans cette étude est loin d'être complet et il ne fait aucun doute qu'il existe des dizaines, sinon des centaines de qçaïd orales qu'il faudrait enregistrer d'urgence.41 L'usage de la qçida est tellement répandu que même en Israël les juifs marocains continuent à en rédiger et s'en servent pour diverses occasions. Celles que nous avons citées sur le tremblement de terre à Agadir ou la campagne électorale à Beit Chemech en 1965 ne sont que des exemples parmi d'autres. Il en existe plusieurs sur l'arrivée des juifs marocains en Israël, leurs difficultés dans le processus d'absorption dans le pays, leur joie de retrouver leur ancienne patrie, leur nostalgie pour les Saints inhumés au Maroc, etc . .. Il semble que la qsida dont les juifs étaient tous épris était un moule commode dont se servaient les poètes populaires•. La qçida est presque toujours découpée en quatrains. La rime la plus courante est aaab ou aaaa.

La qsida, comme nous l'avons souligné, est toujours chantée et le refrain est repris le plus souvent par le public. Toutes les occasions sont bonnes pour l'entendre. A l'occasion du mariage, des fêtes familiales, etc…, le chanteur chante sa qçida à la demande des auditeurs qui accompagnent leur voeu d'un don matériel. Très souvent, au cours des soirées d'été, le chanteur de la qçida arrive. Tout de suite un groupe se forme autour de lui et il commence à chanter. La qçida répond de ce fait à *des nombreux besoins tant sociaux que culturels. Les commentaires des événements politiques,42 la propagation de certaines nouvelles favorables à un certain groupe, tout autant que l'exposition des motifs merveilleux et imaginaires, des récits bibliques, etc… sont des éléments importants dans la récitation de la qçida.

L'absence d'une littérature populaire écrite chez les juifs marocains ne nous permet que difficilement de nous faire une idée sur les problèmes qui pré­occupaient le peuple.43 De par sa nature, la qçida est une oeuvre de circons­tance qui ne fait que souligner un fait qui a impressioné le peuple. L'analyse thématique de quelques qçaïd que nous avons décrites est, donc, importante en elle-même.

Un rapide coup-d'oeil sur les différents sujets et problèmes qui occupent l'esprit populaire suffit pour montrer la variété des problèmes soulevés par la qçida. Sans aucun doute, ce sont d'abord les problèmes quotidiens, les besoins journaliers qui accaparent le peuple ; mais nous voyons toutefois l'intérêt qu'il nourrit pour ses coreligionnaires éparpillés dans le monde (le sort des juifs sous le régime nazi) et aussi pour l'histoire mondiale (souhait de victoire pour les Alliés et prière pour un monde meilleur). Remarquable aussi est le voeu pathétique qui termine presque toutes les qçaïd pour la venue du Messie, la réunion des juifs dans leur pays, la reconstruction du Temple à Jérusalem.

  "Au Maroc, il ne se publie pas de journaux susceptibles d'imprimer aux foules la direction officielle . .. Dans ces conditions on jugea que la poésie serait de nature à influer sur l'opinion citadine et l'on commanda à un poète renommé, El Hadj Ahmed ei-Gherabbli, une qacida de circonstance. .. E. Aubin, Le Maroc d'aujourd'hui, Paris 1904, p. 407.

            Les contes publiés par D. Noy, Contes populaires racontés par des Juifs du Maroc, Jérusalem 1965, et notre étude "Mille et un proverbes juifs du Maroc" in Folklore Research Center Studies, Edited by D. Noy — I. Ben-Ami, Jerusalem 1970, sont loin de combler cette lacune.

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