Dora Coriat-Je me souviens-Extraits d’un manuscript-Brit 27-Redacteur Asher knafo

ברית מספר 27

FIANCAILLES ET MARIAGE DE MARIE

Je vais essayer de raconter les fiancailles et le mariage de ma douce Maman et pour ce faire, me reporter a la vie de Tanger en 1908. Brillante.oui, mais vie de petite ville provinciate, ou tout le monde se connaissait , se critiquait. Les clans riches, ceux d’excellentes families pauvres et les pauvres. Grand-mere avait cinq filles a marier (puisque Rachel etait deja veuve, sans dot! voici le grand mot lache. Ces cinq filles ayant un succes fou des pretendant en quantite et des plus huppes mais n'ayant pas le courage de les epouser sans argent! Maman atteignait ving trois ou vingt quatre ans, cela devenait catastrophique.

A ce moment les Cazes se partageaient entre Londres et Gibraltar. Elles etaient par leur mere Aunt’Celina soeur de ma grand -mere, cousines germaines de Papa (Je feral plus tard des arbres genealogiques qui aideront a retracer nos liens de famille). Elles aussi voulaient se marier. A la meme epoque Tanger est en revolution, tous les salons parlent d’un bel et riche jeune homme venant de Mogador, ville essentiellement anglaise comme nous le savons. Ce jeune homme aux yeux splendides, a l’allure martiale, montait a cheval tous les matins. ; il etait muni de lettres de recommandation au pres des families les plus huppees de Tanger. II y venait avec sa jeune sceur (que j’ai appele plus tard Jita) chercher un epouse soit parmi ses cousines Cazes soit parmi les tangeroises qui se mettent en frais ; c’est a qui le recevrait le mieux, thes, diners, danses, lui presentera les plus belles et les plus riches filles « sur le marche tangerois » Lui disait non et continuait a chercher. Le temps filait, la date de depart approchait,, sa soeur perdait courage et avec ses amis le poussait a se decider. Un jour qu’il passait, comme il le faisait souvent par la ruelle « Bajada de la Playa », maman etait a la fenetre comme elle le faisait de temps en temps, a la mode espagnole. Papa la voit, lui fait un beau sourire et dit a sa soeur « La voila, ce sera elle ou personne!» Il se met alors en quete d’un de ses amis pour etre presente a la famille. Celui-ci (j’ai autrefois su son nom) un cousin eloigne des Amselem lui donne les meilleures references mais le traite de sentimental, de romanesque. « Voyons, tu as toutes les meilleures families et les plus riches a tes pieds et tu veux choisir cette petite qui n’a pas un sou? Evidemment, elle est d’excellente famille. Ils sont tres aimes, tres apprecies, ton choix,au fond est parfait si ce n’est le manque de dot» et Papa repond a peu pres ceci: « que m’importe la dot? J’ai assez d’argent pour deux, je n’epouse pas 1’argent mais la jeune fille ».

Avant tout ceci, Papa, en attendant de trouver 1’intermediate, passait et repassait plusieurs fois par jour sous les fenetres et lorsqu’il pouvait apercevoir Maman, lui faisait de grands saluts. Mes tantes, moins naives que maman comprenant la tactique, la poussait a se mettre a la fenetre ; Maman, elle n’en croyait pas ses yeux. Mais froide comme elle l’etait disait a ses sceurs: « ce n’est pas pour moi, vous revez et puis je ne veux pas quitter Tanger » Bref, arrive le moment des presentations, des receptions et de le demande en mariage. Papa avait tant de charme que grand-pere qui ne voulait jamais se separer de ses filles se sentit desarme devant lui, d’autant plus que Papa promettait de s’installer a Tanger apres deux ou trois ans. Grand-mere, femme lucide et de tete le raisonna et parvint a le convaincre que jamais il ne trouverait un parti aussi brillant pour leur fille et les fiancailles se firent. Fete des plus reussie, toilettes magnifiques, cassette de bijoux, qui deja firent du bruit a l' epoque.

Papa parlait et ecrivait l'anglais ; tres peu d’espagnol a l' epoque. Maman ne savait pas dire un mot en anglais. Papa part a Marrakech et lui ecrit des lettres pleines d’amour et de passion…mais en anglais! Qui lisait, traduisait et repondait a ces lettres? Licita, deja tres forte en anglais (elle avait treize ou quatorze ans a 1’epoque) Les lettres de Papa etaient lues a toute la famille et leur tiraient les larmes des yeux ; elles firent que Maman se mit a 1’aimer profondement. Papa revint de Marrakech une ou deux fois pendant les six mois que durerent les fiancailles et a explique qu’il ne pouvait quitter sa merveilleuse situation de Marrakech pour s’installer a Tanger ou le commence etait tres different de celui du sud mais que plus tard, il verrait si c’etait possible. Maman alors demanda a ses parents que Licita avec laquelle elle s’entendait bien l’accompagnat et passat la premiere annee avec elle- ce qui fut fait.

Inutile de dire le tohu-bohu souleve par ses fiancailles a Tanger: Jalousie, plaisirs etc… Certaines personnes qui ignoraient la famille faisaient des sourires des avances, felicitaient et rendaient visite. Les tantes jubilaient, belle revanche et Donna,la piquante, lancait des fleches et des sarcasmes pleins d’humour que malheureusement j’ai oublies.

Vinrent les ceremonies du mariage. J’ai des photos, vous les verrez. A l' epoque, il y avait de longues festivites et maman me racontait la beaute de ses toilettes, de ses bijoux, la somptuosite de la serie de receptions, son succes, sa joie melangee de larmes a l’idee du depart proche. Pour le mariage, la famille de Papa etait representee par Jita (son inseparable) et 2 de ses neveux: Haim Elmaleh (fils unique de Juanie sa soeur ainee) et Pinhas Toby (fils unique de Clara sceur plus agee que lui). Ces receptions defrayerent la chronique tangeroise.

Cette anecdote prouvera la largeur d’esprit de Papa, a cette epoque deja. Toute femme israelite pratiquante meme de nos jours doit avant le mariage et a epoques fixes de sa vie prendre un bain rituel froid. C’etait une eau presque stagnante a l'epoque. Maman que toutes ces ceremonies revoltaient se refusa absolument de se plier a cette coutume barbare. Papa tres gentiment accepte et lui dit qu’il en avait fait construire un personnel a la maison pour lui eviter les promiscuites obligatoires d’un tel bain. Je crois qu’elle l’a employe une seule fois pour lui faire plaisir. Puis elle l’a fait vider et il a servi de cave dans laquelle nous rangions nos fameuses « jabiat » pleines de confits, huiles, olives, confitures!

Dora CORIAT-Je me souviens-Extraits d’un manuscript-Brit 27-Redacteur Asher knafo

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