Le Mossad et les secrets du reseau juif au Maroc 1955-1964 – Michel Knafo- Les premiers Agents du Mossad au Maroc

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Les premiers Agents du Mossad au Maroc

Meir Knafo ajoute: "J'ai ete charge de recruter d'autres membres pour les cellules de Gonen. Je me suis lance immediatement et de maniere intensive dans la recherche d'amis qui pourraient y convenir, transmettant leurs noms pour verification de leur credibilite Au bout d'un an, j'etais a la tete d'une unite de 5 cellules, chacune comptant cinq a six membres. Le cloisonnement etait tres strict, me permettant de rester inconnu des membres des autres cellules, n'ayant de contacts qu'avec leurs responsables.

J'ai ete charge d'une lourde mission: la defense des juifs habitant le Mellah, ou co-habitaient juifs et musulmans, et de ceux de l'Habitat Israelite, face a la piscine municipale de Casablanca.

Dans ces deux quartiers, la densite etait tres grande, au voisinage de musulmans. Apres avoir choisi des maisons "strategiques" pour servir de base d'action aux cellules en cas de danger, nous avons egalement recrute des habitants disposant d'appareils telephoniques – en general des coiffeurs ou des tailleurs, proprietaries de magasins au mellah. Ces juifs devaient nous servir d'yeux et d'oreilles. Un hommage particulier a Albert le coiffeur, qui mit a notre disposition son salon et son telephone. Les va-et-vient de nos gens au salon pouvaient facilement passer inaperqus, sans soulever de soupcons dans la population arabe.

Nous avons appris a connaitre le terrain, repere les sites sensibles et commence a planifier et organiser la defense de la population, des synagogues, des lieux de reunion etc… Quand les armes ont ete introduites au Maroc, nous avons entrepris l'entrainement au tir reel de revolver, mitraillettes et grenades. Je reste convaincu qu'en cas de necessite ces cellules auraient rempli au mieux leur role.

Avant meme mon recrutement, j'avais secretement acquis, en novembre 1954, un fusil de calibre 9 mm d'un Franqais qui quittait le Maroc, et un revolver d'un autre francais; tout cela sans savoir qu'un jour la Misgueret serait creee et disposerait d'armes. Une discipline militaire stricte etait de rigueur dans mes cellules. Chaque recrue devait preter serment dans une chambre obscure a la lumiere de deux bougies. Apres cette ceremonie, il etait baptise d'un sumom qu'il devait utiliser cxclusivement a partir de ce jour.

Le recrutement a Gonen repondait a plusieurs criteres; etre juif, majeur, age de 21 ans au moins (plus tard l'age devait etre abaisse a 18 ans), etre sain de corps et d'esprit, ne pas avoir de easier judiciaire et avoir une bonne moralite.

Le reglement de l'organisation etait copie sur celui de Tsahal, clair et precis. Les membres de la Misgueret avaient les memes droits et les memes obligations que les soldats de Tsahal. En operation, il est interdit de discuter les ordres, il faut les executer immediatement et sans discussion. On ne peut faire appel qu'apres execution. Obligation de respecter les regies de securite de la clandestine, obligation de se conformer a la "legalite" de l'activite et de se conformer aux lois marocaines. Les membres de l'organisation devaient se montrer prudents dans leurs conversations, n'utiliser pour designer les lieux de rencontre que des noms de codes. Des noms de code etaient egalement donnes aux appartements, et des mots de passe prevus pour les situations d'urgence.

Gonen disposait d'un arsenal varie, allant de revolvers F.N. aux Mauser, Colt P38 en passant par les fusils et les mitraillettes Sten, Tomigan, Bereta, Chmeisser… Seuls les membres de Gonen etaient autorises a porter des armes en operation, mais il leur etait interdit d'en faire usage contre les forces de police marocaines. L'autre commandant de cellule, mon parallele, etait Habib Abitbol.

Habib est ne a Marrakech en 1925, vit depuis l'age d'un an a Casablanca; il fut membre du mouvement de jeunesse Gordonia.

En 1945, il fut recrute dans Magen, une organisation d'auto defense des juifs du Maroc, et dans son cadre il avait suivi un cours de moniteur de sports et arts martiaux.

A la fin de 1955, l’emissaire du Mossad, Moshe Kadoch, qui avait besoin d'une salle d'entrainement pour les recrues, devait faire appel au mouvement de jeunesse "Charles Netter". Le responsable de l'entrainement au sport et aux arts martiaux n'etait autre que Habib qui fut ainsi recrute et recut pour mission la formation d'une cellule de Gonen.

Habib fit appel a son epouse Anita, a Marie et Raphy Vaknine, a son frere Albert Abitbol, a Yehouda Attias (aujourd'hui Doron) a son epouse Elise, a sa sceur, a Haim Hamou et a son epouse Jeanette pour former cette cellule. Deux ans plus tard, Yehouda Doron, Raphy Vaknine et Haim Hamou fonderent leur propre cellule. Sur ces premiers jours d'activite, son epouse Anita Abitbol-Lasri, raconte: "Je suis nee a Marrakech en 1933. J'ai epouse Habib en 1952 a Casablanca. J'etais infirmiere chez le docteur Brami. A la fin de 1955, j'avais senti un changement dans la conduite de Habib. J'etais intriguee par ses absences de plus en plus frequentes et mysterieuses, au point de le soupponner d'avoir une maitresse. Dans une explication, il devait me reveler la verite, a savoir son recrutement par un emissaire du Mossad, Moche Kadoch, et sa mission de former une cellule. C'est ainsi que j'ai ete a mon tour recrutee par la Misgueret, qui avait pour mission l'entrainement de jeunes a l'auto defense des communautes juives.

J'ai prete avec emotion le serment de fidelite a la Misgueret. A partir de ce jour, c'est dans notre appartement que devaient se derouler les activites de la cellule de Habib, y compris les prestations de serment, dans toutes les regies de la ceremonie. En sortant de la chambre, les nouvelles recrues avaient des larmes d’emotion et de fierte pour la confiance qu'on leur accordait. Habib leur donnait des cours sur le montage et le demontage des revolvers et grenades.

Pour que notre servante arabe ne se doute de rien, nous commencions par jouer aux cartes, notre petite fille d'un an, Guili, assise avec nous autour de la table.

A la fin de 1956, et avec les debuts de la Alyah clandestine, nous avons passe des fins de semaine a la reconnaissance des lieux de plages choisies au depar clandestin des Juifs du Maroc.

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