David Corcos Reflexions sur l'onomastique Judeo-Nord-Africaine-Jerusalem 1976

Batash, Batas, Bataj (בטאש, באטג'), nom d’homme d’origine arabo-espagno- le(?) devenu patronyme avec parfois l'indice de filiation ben, aben, ibn et l'article al=le\ Benyamin et Jucef Abenbitals, fils de Salomon Abenbitals, notables à Hucsca en 1170(!); don Bittas Halleva fillo de Samuel, notable de la “Aljarna” de Saragosse; en 1382 Bitas de la riche famille Avengayos de Jaca; au XIV״ siècle la famille Abenbitas est une des plus importantes de Saragosse; don Mose Abaltax, financier et collecteur d’impôts, est un des Juifs les plus influents du royaume de Castille à partir de 1350. De nombreuses autres personnalités juives d’Espagne appartiennent à la famille Batash. Abenbitas etc. Quelques Juifs de langue arabe écrivaient ce nom (פטש), ex.:

  1. Isaac בן אלפטש de Tolède (m.le 16 Novembre 1332) dont le nom a été mal lu: “El-Fats”(!) (Millas et Cantera, pp. 94-95) est, selon mon opinion, incorrectement corrigé par “El- Fatesh”(!) (J. Schirmann, dans Tarbiz XXVII [1958], p. 565). Certains membres de la famille vivaient à Fès au XV״ siècle: le puissant vizir juif Harun ben Batash assassiné en 1465; au début du XVI״ siècle, Moshé aben Batash était un des leaders des Juifs hispano-portugais à Fès; dans cette dernière ville eut lieu en 1705 la mariage de la riche héritière ‘Azzuna bat David ben Ismaël ben Yosef aben Batash (Ms. 880/478, HTS New York). La famille Batash a vécu au Maroc jusqu’à ces dernières décades.

 

Ben-Chabbat (בן שבת), Bensabat, Benshebat, Benchebat etc.; en Algérie l’indice de filiation a été supprimé avec la francisation du pays; c’est un nom patronymique: Shebbat est un prénom arabe assez courant jusqu’au XVI״ siècle, plus rare après ce siècle. Rattacher Ben-Shebbat au Shabbat juif ne serait sans doute pas exact bien qu’alors ce patronyme prendrait le sens de “fils du Shabbat = observateur du Shabbat = l’homme de religion mosaïque”; mais peut-être est-ce avec cette idée qu’en Afrique du Nord quelques Juifs qui n’avaient pas de nom de famille l’avaient-ils adopté à une époque récente? Au Maroc, les authentiques Ben-Shebbat, mal prononcé et mal écrit Bensabat etc., étaient des Levyim (des Lévy): Ben- Shebbat ha-Lévy ou Levy-Ben-Shebbat (voir Liste Coriat). En Espagne, il y avait vers 1330 don Cag aben Xabat qui appartenait à une des premières familles de Cordoue (Baer, t. II. p. 54); le fameux financier Joseph de Ecija était un Abi-Shebbat; son nom complet est R. Joseph ha-Lévy ben Ephraïm ben Isaac ha-Lévy ben Abi-Shebbat (cf. Sevet Yehuda, pp. 52, 53); en 1492, la famille Abensabad laissa de nombreux biens en Espagne

 

Ben-Kassouma (בן קסומה),nom patronymique de Juifs vivant dans la région de l’Oued Draa au XVI et XVII" siècle, puis à Meknès et à Larache vers 1735 (cf. Abensur, fol. 42). Kassouma est le féminin du prénom arabe Kassem. A ma connaissance, seules les femmes juives portaient le prénom Kassouma par contraction K-ssouma et le nom de famille qui en dérive n’a pas existé en dehors du Maroc.

 

Ben-Lu’lu’, Benloulou, Benlolo, Belolo etc. (בן לולו), nom patronymique arabo-berbère, ex. Maala ben Lü’lü', gouverneur de Taroudant sous les Almorávides (Lévi-Provençal, Doc. p. 219) et l’historien Zarkashi ben Lü’lü’ dit al-Lü’lü’i, auteur de la Chronique des Almohades et des Hafsides. Lü’lü’ signifie “perle”, il est l’équivalent du mot “al-Jawhar” devenu synonyme de Lü’lü’ au Maghrib (cf. H. P. J. Renaud et G. S. Colin, Tuhfat al-Ahbab, p. 109). Jawhar prononcé Zohar et aussi Zohra sont des prénoms courants chez les femmes juives et musulmanes de l’Afrique du Nord; Ben- Lü’lü’ et Ben-Zohar comme noms patronymiques sont également répandus chez les Juifs.

 

Ben-Moha (אבן־מוחה), Moha est un prénom de femme chez les Juifs du Sud et du Sud-Est marocain. Une famille connue de rabbins, auteurs d’ouvrages sur divers sujets religieux, de la communauté de Marrakech, écrivaient leur nom: aben-Moha, se rattachant ainsi, suivant la tradition, aux anciens éxilés d’Espagne. Le prénom féminin Moha a peut-être existé en Espagne.

 

Ben-Mu‘iza (בן מעיזא) : Mü'iza est un prénom qui a été rarement porté et seulement par des femmes berbères de religion musulmane ou juive; c’est le féminin de Mü‘iz (qui est en fait un titre, devenu prénom) illustré par Mü‘iz ben Ziri ben ‘Attiya. Une famille Ben־Mü‘iza a vécu à Meknès au XVIL et XVIIL siècles .

 

Ben-Tejeda (בן תג׳ד־ה), ethnique de nom de lieu avec le ben dans le sens “originaire de”: Tejeda, ville espagnole située non loin de Salamanque. Il y avait une petite communauté juive (cf. Suarez Fernandez, p. 70). Les Ben-Tejeda, connus pour leur adresse dans le travail des métaux précieux, n’existent plus depuis la fin du XVIIIe siècle. A cette époque, cet ethnique n’était connu qu’au Maroc.

 

Ben-Zanou (בן זנו) : Zannü (Zanou=Zano) est un nom de femme berbère de la “race” des Zenata: une des filles du sultan mérénide Abu ‘Inàn (1329-1352) s’appelait Zannü (cf. Ibn Al-Ahmar, Radwat an-Nisrln, p. 81).

 

Ben-Zerri (בן זרי), ne pas confondre avec Ziri, nom d’homme chez les Berbères Sanhaja, qui est aussi comme Ben-Zerri un nom patronymique chez les Juifs du Nord de l’Afrique. La tribu des Aït-Zerri dans la haute vallée du Draa a été composée de Berbères musulmans et de nombreux Juifs. En 1930, ces derniers n’y étaient plus qu’au nombre de soixante- quinze personnes environ (Villes et Tribus du Maroc, Tribus Berbères, t. II, pp. 94 et 128) et il n’en reste plus aujourd’hui.

 

Ait Zerri (Aït Zerri) is a tribal area (class L – Area) in Region de Souss-Massa-Draa (Souss-Massa-Drâa), Morocco (Africa) with the region font code of Africa/Middle East. It is located at an elevation of 853 meters above sea level.
Aït Zerri is also known as Ait Zerri, Aït Zerri, Oulad Jerri.

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