David Corcos Reflexions sur l'onomastique Judeo-Nord-Africaine-Jerusalem 1976

Calahorano (קאלהוראנו), ethnique de nom de lieu: Calahorra où existe une des plus vieilles synagogues d’Espagne; il y avait à Calahorra une très riche communauté juive (cf. Calos Groizard y Coronado, “Los Judíos de Calahorra y Arnedo”, Boletín de la Réal Academia de la Historia XLIX [19061, pp. 237-240; F. Cantera Burgos, Sinagogas Españolas, pp. 185-188; Suarez Fernadez, p. 66). R. Hayyim קאלהוראנו était dayyan à Alcala de Henarès vers 1490; Yonah קאלהוראנו ne semble avoir quitté l’Espagne que vers 1550 (?); son descendant Ephraïm קאלהוראנו fut un des leaders de la communauté de Fès à la fin du XVIL siècle (cf. entre autres J. M. Tolédano, Ner ha-maarav, pp. 67, 107 et 124).

 

Cidicaro, ha-Lévy (סידי קארו הלוי), comme on le voit, ce nom de famille se compose d’un nom ou plutôt d’un titre arabe: Sidi (=Monseigneur, vulg. Monsieur), d’un mot espagnol; Caro (-Cher) et du nom Lévy; on peut le traduire par “le cher Seigneur ha-Levy”. Les Cidicaro étaient des financiers influents et des érudits; au XIV'-XV״ siècles ils vécurent à Villadiéogo en Aragon; les mieux connus étaient don Judah ben Shem-Tob Cidicaro (1348). don Shem-Tob (1365), probablement le petit-fils de ce dernier appelé ausi don Shem-Tob Cidicaro (1403) et don Salomon Cidicaro 1439) (Baer, t. I, pp. 192-195. 308). R. Moshé Cidicaro ha-Lévy était un des savants rabbins de Fès pendant la première moitié du XVI' siècle (Tolédano. p. 103).

 

Cota, Aben-Cota, de Cota (אבן קוטה), famille de conversos célèbre en Espagne au XIV' et XV״ siècles: Alonso de Cota de la ville de Tolède était un mercader muy rico é honrado; Rodrigo de Cota, poète de grand talent rédigea un poème contre les “chrétiens-nouveaux” bien qu’il en fut un lui-même. II vécut à la Cour de Henri IV d’Espagne puis à celle de la reine Isabelle (Kayserling, Sepharadim, pp. 92 sqq.; Baer, t. I, p. 383; Julio Caro Baroja, Los Judíos en la España, t. I, pp. 123-125). Une partie de cette famille revint au Judaïsme au Maroc où elle a vécu jusqu’au siècle dernier.

 

Crudo (קרודו) : en 1953. on a découvert près de Zamora un sceau en bronze de 16 mm. portant une feuille de lis à droite et à gauche, une étoile au milieu d’un croissant, en haut et en bas; au milieu, dans un carré, un château à six tours; autour de ce carré: אברהם בר משה קרודו־. Ce sceau peut être daté du milieu du XIV״ siècle. Parmi les nobles familles expulsées d'Espagne et réfugiées au Maroc dès après 1492, il y avait la famille Crudo. La synagogue “de Crudo” existait encore à Tétuan, il y a seulement une dizaine d’années (Millas et Cantera, pp. 369-370).

 

Dassa (דאסה), nom de famille d’origine portugaise: de Sa ou da Sa. Les Dassa, da Sa étaient au Maroc une famille d’anciens marranes. Vers 1725, Akiba da Sa a acheté à Fès une maison dans le Mellah à Joseph ben Abraham ben Judah Fiero, une famille également d'anciens marranes (cf. Abcnsur. t. 1. fol. 68). Remarquez que da Sa porte le prénom de ‘Akiba. ce qui indique ici. peut-être, son état de nouveau-venu au Judaïsme.

 

De Blanes (די בלאניש) : vers la fin du XIV׳ siècle Salomon de Blanès a été inhumé à Tarragonc (Millas et Cantera, pp. 354-356); R. Mose da Blanès était dayyan à Florence au XVII״ siècle et à la fin de ce même siècle, il y avait au Maroc, où vivait sa famille depuis longtemps, R. Judah de Blanès (cf. J. Benaïrn. Malhey Rabbanan, p. 51).

 

De Cuellar (די קואלייאר) : l’aljama de Cuellar dans l’Evêché de Ségovie était connue pour le savoir et le bien-être de ses membres. Elle fut durement éprouvée par l’Inquisition (Baer, t. I, pp. 522 sqq.; Cantera, Sinagogas, p. 202). Dans les années 1430, Jaco de Cuellar était procurador de toutes les aljamas des Juifs d'Espagne (Suarez Fernandez, pp. 126-127). Le regidor de Ségovie, Gonzalo de Cuellar, “chrétien-nouveau” se rendit à Rome avec une délégation pour protester contre les agissements du Grand- Inquisiteur Torquemada; à son retour en Espagne, il eut un procès retentissant (Barroja, Los Judíos, t. I, p. 144 et n. 35). Don Eliezer de Cuellar était un notable très respecté à Fès (cf. Ancaoua, Kerem Hemed, fol. 5a). Il est mort après 1563. Ses descendants étaient au Maroc jusqu’au milieu du XVIII״ siècle.

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