Histoire des juifs de Safi-B. Kredya

Cette dernière précise que le nom de Safi dérive du mot hébreu « assif ».

En l'approfondissant, nous trouvons :

le verbe « assafa » qui signifie « rassembler » ;

le nom « assafi » qui veut dire « l'assemblée, la société, le rassemblement et le consei» 

La dernière inondation de la ville de Safi a eu lieu en 1927, et immédiatement après, les autorités du Protectorat ont dévié le cours de Oued Chaâba, creusant un profond canal côtoyant les remparts nord de la ville et consolidant ses rives en pierre et en ciment. Les travaux furent achevés en 1928., 

Le titre de l'étude du professeur Simon Lévy nous amène à penser que par « assemblée », c'est la communauté juive qui résidait dans la ville qui est visée. Armand Antona conforte notre conviction quand il écrit que les juifs ont habité cette ville en des temps lointains et que c'étaient des Berbères judaïsés, que le judaïsme a été répandu à Safi plus longtemps que dans n'importe quelle autre partie du Maroc et que cette ville a toujours abrité une communauté juive importante.

 Le chercheur contemporain de Safi, Timoule, va même plus loin, disant que Safi a longtemps été « une ville juive » et que l'islamisation de ses habitants a demandé plusieurs siècles de prêche continu invitant à la nouvelle religion.

Certains contextes penchent en faveur des conclu­sions de Antona et de Timoule. Nous en relevons les exemples suivants :

Les Berbères de Safi faisaient partie des tribus Berghouata qui ont paru à la fin du premier quart du deuxième siècle de l'hégire. Leur pouvoir s'est « étendu sur les plaines de Tamesna et sur la côte atlan­tique de Salé, Azemmour, Anfa et Safi».

Ce qui nous intéresse chez les Berghouata réside dans leurs croyances étranges, ayant fait l'objet de beaucoup d'études parmi lesquelles nous choisirons les travaux de Nahoum Slouch, de Gaston Doufrain et de Brahim Harakate.

 Ils sont unanimes à dire que les Berghouata étaient de religion juive, par leur origine et par beaucoup de leurs rites. Ils en donnent les preuves suivantes

Le Dieu Yakich des Berghouata est probable­ment le prophète Youshaâ les titres des versets du livre sacré établi par le fondateur de la religion berghouata contiennent beaucoup de noms juifs.

les Berghouata plaçaient le prophète Moussa (Moïse) avant le prophète Aïssa (Jésus) [Que le Salut de Dieu soit sur eux !]

Dans les noms des rois des Berghouata, on trouve beaucoup de noms de prophètes des Bnei Israël, comme « Yasouâa, Israël et Ilyas… » 

Berghouata peignaient leurs cheveux en tresses comme certaines les communautés juives

les Berghouata s'adonnaient à la divination, à la sorcellerie, et à l'astrologie, arts dans lesquels les Hébreux anciens s'étaient illustrés

Il n'y a jamais eu de quartier juif (mellah) à Safi comme dans les villes voisines : Marrakech, El Jadida et Essaouira, les isolant derrière des murailles infran­chissables du reste de la population musulmane ; les juifs de Safi ont toujours vécu « sans mellah », ce qui aurait diminué leur valeur et aurait porté atteinte à leur citoyenneté et à leur personne.

Abdelkader Timoule, « Le Maroc à travers les chroniques maritimes », Seconde édition complétée et développée, Tome I, 1989, p. 70

Berghouata est un État amazigh fondé par Salih ben Tarif. Son autorité a duré de l'an 127 (745) à l'an 542 (1147) de l'hégire. Les Idrissides et les Almorávides les ont combattus, mais ce sont les Almohades qui les ont vaincus sous le règne du calife Abdelmoumen ben Ali Al Koumi.

Tamesna est un mot amazigh signifiant « les plaines », attribué au pays de Chaouia.

Ibrahim Khalaf Al Abdi, « Burghouatiyoune fi el Maghrib » (« Les Berghouata au Maroc »), Casablanca, 1983, pp. 10 et 11.    

Ils étaient « répandus dans les quartiers de la ville, sans obligation de se cantonner dans un mellah », et ils vivaient parmi les musulmans « en tonte quiétude », excluant toutes les raisons de tension qui avaient conduit les rois du Maroc, dans d'autres villes et à des époques diffé­rentes, à séparer les deux communautés, « érigeant des murailles entre elles et construisant derrière ces murailles un mellah pour les juifs pour les protéger, indépendants dans leur habitat, tranquilles pour leur vie, leurs traditions, pour leurs affaires et pour eux-mêmes ».

Jusqu'à ces derniers temps, la population de Safi – juifs et musulmans -, se partageait des rites communs, dont le plus récent était la visite des tom­beaux des saints Oulad Ben Zmirro, pour solliciter la bénédiction et la guérison.

Doutté, Voinon et Ben Ammi ont relaté des récits à ce propos, attribuant aux sept frères Ben Zmirro des miracles et des prodiges. Et plus que cela, les juifs reconnaissaient à une famille musulmane le rôle d'intercesseur entre ces saints et les visiteurs, y compris les juifs eux-mêmes.

Ces données indiquent que l'existence des juifs à Safi s'avère profondément ancrée dans le temps, et qu'elle était forte et active à travers les siècles, au point qu'elle a influencé de nombreux aspects de la vie des habitants.

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