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LA TOMBE DE SIDI EL-ITSHAC-Contes populaires-Juifs du Maroc

LA TOMBE DE SIDI EL-ITSHAC

De nombreux Arabes avaient coutume de prier sur la tombe de Rabbi Itcontes-populairesshac, auquel ils avaient donné le surnom de "Sidi el- Itshac". Un homme malade ou une femme stérile que venait implorer Dieu sur la tombe sacrée savaient que leurs prières seraient exaucées. Mais on ne permettait pas aux Juifs de visiter la tombe. Une femme arabe, très riche, était restée sans enfant après de nombreuses années de mariage. On lui conseilla: "Va prier sur la tombe de Sidi el-Itshac et tu mettras au monde des enfants".

Elle suivit le conseil et alla prier sur la tombe sacrée. Sa prière fut exaucée et elle donna la vie à un enfant. Cette femme arabe avait une voisine, une Juive, qui désirait beaucoup avoir un enfant, mais qui était, elle aussi, stérile. Mais que pouvait-elle faire? Il était interdit aux Juifs de se rendre sur la tombe sacrée et d'y prier. Et si elle s'y rendait malgré l'interdiction, les gar­diens certainement l'arrêteraient et la tueraient. Sa voisine arabe lui donna ce conseil: "Mets les vêtements d'une femme arabe et va prier sur la tombe et, toi aussi, tu auras des enfants".

La Juive mit des vêtements arabes, se rendit sur la tombe de Rabbi Itshac et le supplia de lui accorder un enfant.

Mais la femme arabe, que fit-elle pendant ce temps? Elle courut chez les gardiens arabes et leur dit: "Venez voir! une femme juive, déguisée en Arabe, est allée profaner la tombe de Sidi el-Itshac. Votre devoir est de la tuer".

Les gardiens s'approchèrent de la tombe et la femme juive entendit leurs pas et leurs voix. Elle se mit à pleurer et s'écria: "Rabbi Itshac, rabbi Itshac, toi seul, tu peux m'aider. Dieu et toi. êtes les seuls, qui puissiez me sortir de là". Et subitement elle vit que le mur qui entourait la tombe s'ouvrit devant elle. Elle se précipita vers cette ouverture et s'enfuit.

Les Arabes cherchèrent partout et ne purent retrouver la Juive. Persuadés que la femme arabe s'était moquée d'eux, ils s’emparèrent d'elle et la tuèrent.

Yaacov Avitsouc (enregisteur; textes Nos. 1 à 23) : est né en 1924, à Vasloui (Roumanie), sixième enfant de David et Rahel Itzkovits, qui eurent, en tout, neuf enfants. Le père de Yaacov était tapissier. L'enfant fut élevé au Hêder et dans une école juive dont le programme accordait une place modeste à l'enseignement de l'hébreu. La famille Itzkovits était pratiquante et Yaacov fut membre des mouvements sionistes Gordonia et Bousliya; il fit sa hakhchara avant de venir en Erets-Israël. Durant la Deuxième Guerre, il travailla dans des camps de travaux forcés hitlériens.

Yaacov se rendit en Israël en 1946, à bord du bateau "Hagana" qui transportait des immigrants "illégaux". A son arrivée en Erets- Israël il fut interné au camp d'Atlith. A sa libération, il se joignit à un noyau de pionniers, au Kibouts Ayanoth (Ramath David). En 1948, le groupe passa à Hédéra comme unité indépendante, puis s'établit sur ses terres à Tel Guézer, à proximité de Latroune. Après la Guerre d'Indépendance, le kibouts ne put se maintenir et fut dissout. Yaacov travailla comme moniteur de jeunesse dans des villages de nouveaux immigrants. En 1955, il obtint le diplôme qui lui permit d'enseigner à l'Ecole Normale de Beerchéva, puis il enseigna au Centre de Jeunes de Kiryath Gath et aux écoles des villages Arougoth et Talmé Yéhiel. Pendant un certain temps il fut instituteur au Centre de Jeunes de Kiryath Malahi, où il commença à écrire: articles de journaux, nou­velles et poèmes. En 1961 il fit paraître une plaquette de poèmes.

Yaacov Avitsouc compte parmi les meilleurs enregistreurs des "Ar­chives Israéliennes du Conte Populaire". Il a enregistré 136 histoires dont quelques-unes lui furent transmises par des membres de sa fa­mille, mais dont la grande majorité furent recueillies parmi les ha­bitants du village d'immigrants de Kiryath Malahi qui compte des représentants de nombreuses communautés.

Avraham (Albert) Allouche (narrateur; textes Nos. 1 à 12): Est né à Mogador, ville portuaire, en 1918. Sa mère était la fille d'un cordon­nier qui avait sa boutique au marché arabe. Son père était mar­chand de fruits.

Quand Avraham avait cinq ans, sa famille se fixa à Casablanca et c'est là qu'il passa sa jeunesse avec ses trois soeurs (dont deux se trouvent maintenant à Paris) et ses cinq frères (dont deux sont établis aujourd'hui à Acre et à Beerchéva). Avraham a épousé, à l'âge de 26 ans, Sultana, fille d'un inspecteur du domaine de Léon Corcos, qui est l'un des Juifs les plus riches du Maroc. Avraham a cinq fils, dont l'aîné qui a été élevé au Kibouts Afikim, accomplit aujourd'hui son service militaire. La famille est pratiquante et, au­jourd'hui encore, la langue parlée à la maison est l'arabe marocain. Avant sa venue en Israël, en 1955, Avraham était mécanicien, mais aujourd'hui il possède un camion et exerce le métier de chauffeur à Kiryath Malahi.

Avraham a entendu les histoires de Yaïch Odmizguine aujour­d'hui âgé de 90 ans, qui a exercé pendant longtemps le métier de pêcheur. Yaïch était ami de la famille Allouche et le soir il aimait raconter des histoires aux enfants de la famille. Il habite en­core aujourd'hui à Casablanca avec un des frères Allouche. Avraham, qui a transmis ses histoires à Yaacov Avitsouc, nous informe que le vieux Yaïch est une véritable mine de contes et de légendes. "Je re­grette", nous dit-il, "qu'il ne soit pas venu en Israël, car il aurait pu me raconter un grand nombre d'histoires".

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