Ouarzazate


Les Juifs de Ouarzazate et de sa région

ouarzazate 8Bienvenue sur le site de l'histoire de Ouarzazate

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Le Maroc et son histoire au temps du Protectorat m’ont toujours passionné. La province de Ouarzazate, où je séjourne souvent et que j’ai visitée pour la première fois en 1966, a beaucoup retenu mon attention du fait que la ville a été la base de départ de la pacification au Sud de la chaîne du Haut Atlas.

Depuis plus de dix ans, je me suis efforcé de rechercher les textes et le maximum de documents et photos sur Ouarzazate à l’époque du Protectorat. Beaucoup de textes manquent encore d’illustrations et tous les sujets n’ont pas été abordés.

Si vous pensez pouvoir apporter des éléments complémentaires ainsi que des photos d’époque 1928-1956, principalement sur la ville de Ouarzazate et ses environs, le site se fera une joie de vous accueillir et de les présenter sous votre nom.

Remarque:

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– les sources d'origine pour les textes

– les noms des photographes pour les photos

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Bien cordialement

  1. Gandini

 

Jacques Gandini

Communautés juives Les Juifs de Ouarzazate et de sa région

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Juifs de la kasbah de Taourirt
Archives Balmigère

Les juifs pourtant furent très présents dans la région de Ouarzazate. Charles de foucauld lors de sa "Reconnaissances au Maroc" en 1883 et 1884 avait noté les nombreux mellahs inclus dans les ksour musulmans des oueds Imini et Dadès.
Si on prend la première carte d’Etat Major du Cercle de Ouarzazate (1931), on peut retrouver la liste des villages alentours de Taourirt où De Foucauld dénombrait des familles juives, à peine moins nombreuses que les Berbères et les Arabes réunis. 

Tamassint : 18 familles; 

Zaouïa Sidi Otman (Athmane) : 5 familles; 

Tabount : 6 familles; 

Tigemmi djedid (Tigemmijdid) : 2 familles; 

Taourirt : 15 familles; Talmesla  : 20 familles (le plus important des mellahs de Ouarzazate et le plus éloigné); 

Aït Kedif : 10 familles. 

Soit un total de 76 familles pour les sept mellahs recensés à Ouarzazate et autour.
En remontant la vallée de l’oued Imini chaque douar réunissait des familles juives. De foucauld indique des douars sur la rive droite, tout près d'Ouggoug, où débute la mine. Iril (Irhil) : 8 familles; Tagnit (Tagounit) : 2 familles; Afella Isli : 6 familles et Taskoukt : 5 familles.
Dès le début de l’exploitation de la mine, à l’ouverture de la route du Tichka, des familles juives vinrent s’installer dans les douars près d'Ouggoug Sainte-Barbe.
Il ne faut pas oublier que les Israélites étaient marocains de nationalité, qu'ils vivaient au Maroc depuis plusieurs siècles, certains étaient établis au Maroc avant que les Arabes apportent l'Islam en pays Berbère. D'autres familles étaient arrivées nombreuses en 1492 venant d'Espagne. Ils parlaient très bien les langues du pays comme l'a observé De Foucauld qui connaissait l'arabe et l'hébreu et s'était déguisé en rabbin du temps où un chrétien ne pouvait circuler librement dans les parties du Maroc non soumises au Sultan. 
"Les Israélites du Maroc parlent l'arabe. Dans les contrées où le tamazirt est en usage, ils le savent aussi; en certains points le tamazirt leur est plus familier que l'arabe, mais nulle part ce dernier idiome ne leur est inconnu. Tous les Juifs lisent et écrivent les caractères hébreux; ils ne connaissent point la langue, épellent leurs prières sans les comprendre, et écrivent de l'arabe avec des lettres hébraïques. Les rabbins seuls ont appris la grammaire et le sens des mots et, en lisant, entendent plus ou moins. Les rabbins sont nombreux; sur cinq ou six Juifs, il y en a un. Ils se distinguent par leur coiffure; : ils s'enveloppent la tête d'un long mouchoir bleu qui encadre leur figure et dont la pointe retombe sur leurs épaules. Le titre de rabbin équivaut à celui de bachelier; sur dix rabbins, un à peine peut officier; le rabbin officiant, ou rabbin sacrificateur, a pour principal service d'égorger suivant le rite les animaux destinés à la nourriture des fidèles; puis il dit les prières à la synagogue, apprend à lire aux enfants, dresse les actes. On lui donne une légère rétribution et des morceaux déterminés des animaux qu'il tue. Les villes renferment plusieurs synagogues et de nombreux officiants. Il n'est pas de village ayant six ou sept familles israélites qui n'ait sa synagogue et son rabbin."
Ce texte de Charles de Foucauld est un document précieux, c'est la raison pour laquelle il est important de le citer. Un autre document le confirme; une curiosité linguistique pour les spécialistes des langues berbères a été révélée par le chercheur Haïm Zafrani. Une liturgie de la Pâque en tamazirt écrite phonétiquement avec des lettres hébraïques a été retrouvée. Il s'agit d'une pièce unique, la version intégrale en berbère de la composition liturgique récitée par les juifs au cours de la veillée pascale et dont le thème fondamental est l’histoire de la sortie d’Égypte, accompagnée du hallel (groupe des psaumes 113 à 118 qui entrent dans la liturgie des grandes fêtes et de certains jours solennisés). Les Juifs marocains de l'Atlas dans leur majorité connaissaient mieux le tamazirt que l'hébreu.
Cette méconnaissance de l'hébreu par le plus grand nombre et la connaissance générale de l'arabe et du tamazirt prédisposaient les juifs à rester au Maroc. En fait tous les juifs n'étaient pas dans la même situation. Les plus riches commerçants et surtout banquiers qui vivaient dans l'étendue des terres sous contrôle du Sultan étaient protégés car ils avaient su se rendre indispensables aux détenteurs du pouvoir politique ou judiciaire. Ailleurs, dans les zones rebelles à l'autorité Chérifienne, la vie des juifs comportait bien plus de risques. 
De Foucauld nous parle de leurs professions; les mêmes que celles du début du Protectorat :

"Les Israélites, qui, aux yeux des Musulmans, ne sont pas des hommes, à qui les chevaux, les armes sont interdits, ne peuvent être qu' artisans ou commerçants. Les juifs pauvres exercent divers métiers; ils sont surtout orfèvres et cordonniers; ils travaillent aussi le fer et le cuivre, sont marchands forains, crieurs publics, changeurs, domestiques dans le mellah. Les riches sont commerçants, et surtout usuriers. En ce pays troublé, les routes sont peu sures, le commerce présente bien des risques; ceux qui s'y livrent n'y aventurent qu'une portion de leur fortune. Les Israélites préfèrent en abandonner aux Musulmans les chances, les travaux et les gains, et se contentent pour eux des bénéfices sûrs et faciles que donne l'usure. Ici ni peine ni incertitude. Capitaux et intérêts rentrent toujours. Un débiteur est-il lent à payer ? On saisit ses biens. N'est ce pas assez ? On le met en prison. Meurt-il ? On y jette son frère. Il suffit pour cela de posséder les bonnes grâces du qaïd; elles s'acquièrent aisément : donnez un léger cadeau de temps en temps, fournissez à vil prix les tapis, les étoffes dont a besoin le magistrat, peu de chose en somme, et faites toutes les réclamations, fondées ou non; vous êtes écouté sur l'heure."

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