Le château de Cambous-L’installation en Israël

Histoire contemporaine du chateau de Cambous

(Viols-en-Laval, Herault)

 De l'Aliyah des jeunes a nos jours1950-2010

EXTRAITS SANS ILLUSTRATION

transmis a M. Yigal Bin-Nun periode 1950-1972

Christian PIOCH

L’installation en Israël

Après notre arrivée à Haïfa, on nous a emmenés dans un troisième camp de transit, après ceux de Casablanca, au Maroc, et Cambous, en France, qui s’appelait Ramat Hadassah, situé à Kiryat Tivon, à côté d'Haïfa. Le village pour jeunes Ramat Hadassah Sald avait été créé en 1949 en mémoire d’Henriette Sald (Szold), une leader sioniste, fondatrice de l’association des femmes de la Hadassah et de l'Allyat Hanoar (Allya des jeunes) de l’Agence juive. Durant les premières années, le village servait de foyer d’accueil provisoire pour les enfants rescapés des camps de concentration, et durant les années qui suivirent, le villagea ccepta des enfants de l’Allyat Hanoar venus d’autres pays avant d'être ensuite transférés dans d’autres institutions en Israël. Je me souviens que nous sommes arrivés pendant les festivités de Shavouot, la fête des récoltes agricoles . Nous y vîmes des chariots attelés aux tracteurs, chargés des produits agricoles de cette institution.

A Ramat Hadassah, j’ai rencontré un ami qui venait de ma ville natale, Meir Zenati. Lor sde notre première rencontre, il testa mon hébreu. Je me souviens que nous sommes arrivés du Maroc avec un bon niveau d'hébreu. Nous avions ainsi le niveau en vocabulaire pour pouvoir distinguer entre gazon et simple ou mauvaise herbe. Les deux amis que j’ai rencontrés au cours de mon départ pour Israël, Shlomo Gabay, de Casablanca, et Meir Zenati, de ma ville natale, étaient particulièrement intelligents et jevoudrai les rencontrer afin de voir si eux aussi ont connu la même saga que j'ai vécue en Israël au moment de mon intégration et par la suite.

Après un mois passé à Ramat Hadassah, j’ai été transféré à Yakir, une institution située àcôté de Kfar Haroe, près de Hadera.

Une des images de mes premiers jours en Israël, profondément gravée dans ma mémoire,est celle des éducateurs et des personnes qui prenaient soins de moi. Les hommes avaient des pantalons courts, des chaussures de travail ou des sandales, et un chapeau rond en cloche. Les femmes avaient de longues robes et des chaussures hautes, semble-t-il de style russe ou d’Europe de l’Est. Tous avaient des numéros tatoués sur leur avant-bras,indiquant leur passage dans des camps de concentration durant la deuxième guerre mondiale.

Après tous ces préparatifs et le passage par trois camps de transit, j'espérais arriver enfin dans un lieu plus organisé, avec un programme scolaire cohérent et un service de soutien et d’orientation des élèves pouvant garantir leur développement, leur succès et leur avenir. Il se trouva que je me trompais complètement. Il semblait en effet que le but de l’allya était bien défini et plutôt restreint, consistant à déraciner les jeunes enfants de leur premier lieu natal pour juste les transférer en Israël, et ainsi surmonter l'hésitationde leurs parents pour qu'ils viennent ensuite les rejoindre dans la terre promise. Ce qui pouvait se passer avec eux par la suite n’avait aucune importance. Cela était leur problème. Et ce fut donc mon problème dans tous les sens du terme.

Je suis reste à Yakir pendant un an, en cinquième classe d'école primaire.  

En fin d’année on me transféra dans une autre école, du fait qu’il n’y avait pas de classe supérieure àYakir. J’ai donc été transféré dans une école du nom de Sejera, à côté de Tibériade. Là aussi, la même histoire se produisit,

j’étudiais deux ans en classes de 6e et 7e   et à l’issue de celles-ci il n’y avait pas non plus de classes supérieures dans cette école. Les élèves furent donc orientés vers des écoles professionnelles.

Jusqu’à aujourd’hui, je ne comprends pas comment, à l’âge de 14 ans, j’ai eu le bon sens et le courage, dans mon initiative, d’aller voir le directeur de l’école, Yitshak Wider. Je me souviens très bien de son visage comme si je l’avais rencontré hier, avec une barbe et une kippa sur la tête. C’était pendant la période de Pessah (la Pâque juive), période durant laquelle débutaient les préparatifs de l’année scolaire à venir. Je lui ai demandéd’autoriser mon passage au lycée général. Je me souviens qu’il me répondit alors, enricanant : Comment veux-tu passer au lycée sans avoir terminé la huitième classe et sans certificat de fin d’école primaire ? Je l'ai assuré de ne point devoir s’inquiéter et je lui proposais de m’envoyer passer les examens d’entrée. Si je les réussissais, je serais transféré au lycée pour poursuivre mes études en école secondaire. Si j’échouais, je resterais avec eux en école professionnelle. Je réussis à le convaincre de m’y envoyer afin de passer les examens que j’ai réussis avec succès et je fus donc transféré au lycée agricole religieux Kfar Hanoar Hadati, situé à côté d’un village, Kfar Hassidim, près de Haïfa, afin de poursuivre des études secondaires générales. Dans ce village pour jeunes religieux, et ceci comme dans d’autres institutions, nous effectuions une demi-journée des travaux agricoles et l’autre demi-journée était consacrée aux études générales et agricoles. Il est intéressant de constater que dans cette école l’histoire que j’avais déjà vécue se reproduisit à nouveau, comme dans écoles précédentes. Après trois années d’études, on m'annonçait ainsi que je ne pouvais pas rester pour la quatrième et dernière année de l'école secondaire, sous prétexte que jen’étais pas assez religieux pour terminer la dernière année d’études dans cette même école. J’ai donc été dans l’obligation de me chercher une autre école afin de compléter le programme du lycée, bien entendu une école religieuse, du fait que le programme d’études pour le baccalauréat dans les écoles laïques était différent dans certaines matières. J’ai donc terminé ma scolarité au lycée Mikve Israel, près de Holon et Tel Aviv,dans la section religieuse.

Apres le lycée, j’ai suivi le parcours normal : l’armée et ensuite l’université. En 1967, j’ai débuté mes études à la faculté des sciences naturelles de l’université hébraïque de Jérusalem. Les études ont toutefois été interrompues lorsque la guerre des Six jours éclata avec l’appel des réservistes au front.

Après la guerre, j’ai décidé de changer de direction et de continuer mes études à Bruxelles, en Belgique, à la faculté de médecine. À mon arrivée à Bruxelles, je neconnaissais personne. J’ai dû me débrouiller seul. Malgré la difficulté des études de médecine, j’ai réussi à trouver ma place et par la suite je suis devenu le tuteur de nouveaux étudiants israéliens qui venaient étudier à Bruxelles. À la fin de mes études à Bruxelles, j’ai passé les examens d’entrée pour médecins étrangers, afin de travailler dans les hôpitaux aux Etats-Unis. Par la suite, on me proposa aussi de travailler dans un hôpital juif de New York. Cependant, ma femme, Rachel, que j’épousais deux ans avant en Israël, préféra retourner en Israël.

Aujourd’hui, à l’âge de 71 ans, malgré le fait que je pratique encore la médecine, spécialiste dans trois spécialisations de celle-ci, et donc très occupé, je me sens encore avoir un surplus d’énergie et un potentiel qui n’a pas encore été bien exploité. Je ne peux résumer ce chapitre sans prendre en compte l’influence française au début de mon parcours et par la suite sa consolidation avec les études académiques. Cela en dépit de la courte période vécue sous protectorat français, onze ans au total, dont cinq ans àl'école de l’Alliance française. C’est ainsi que j’ai un rapport particulier à la langue française (je continue à compter en français) et au pays. Pendant les vacances de ski, je préfère les Alpes françaises aux Alpes italiennes ou autrichiennes, et quand j’arrive à Paris, bien que j’ai visité cette ville de nombreuses fois dans ma vie, je suis toujours heureux d’y retourner. Alors, je garde en moi un petit coin chaleureux pour cette langue et ce pays ».

Ce témoignage ne nous apportera rien de bien précis en ce qui concerne le château et le camp de transit de Cambous en 1956, mais est néanmoins intéressant en ce qui concernait le cadre religieux de naissance et les motivations de l’aliyah  pour l’intéressé, ainsi que pour certaines difficultés rencontrées ensuite en Israël.

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