Le bateau Egoz – ses traversées et son naufrage-Meir Knafo-Revelations inedites

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DOCUMENT E Révélation inédite!

La catastrophe d" Egoz – compte-rendu d'enquête de l'équipage du "Kabo־de־Gata'

  • Témoignage de Benyamin Rotem, alors officier de renseignements à l'état-major à Paris:

Le 14.1.1961, Hertzel Sher a pris contact avec le port de Alméria afin de se renseigner si le bateau de pêche susnommé, qui a repêché les trois membres de l'équipage d'Egoz, était rentré à port. Il s'est avéré que le bateau était revenu à la base avant le lever du jour. Dans la soirée de ce même jour, je suis arrivé à Alméria, et j'ai questionné le capitaine et les membres de l'équipage du bateau.

  • Témoignages du capitaine du "Kabo-de-Gata" et de l'équipage du bateau:

Dans la nuit du 10.1.1961 au 11.1.1961, avant le lever du jour, leur bateau pêchait avec d'autres bateaux aux alentours de la baie de Al-Hoceima. Etant donné que la tempête s'amplifiait, le capitaine a décidé de chercher un abri dans la baie. Il se sont approchés du port et ont jeté l'ancre au-delà du brise-lames [signalé par un b sur la carte plus loin]. Entre 05:30 et 06:00, le 11.1.1961, ils ont entendu des appels en provenance d'une barque à rames qui s'approchait de leur bateau. Sur la barque, il y avait trois espagnols. Après qu'ils aient été hissés à bord, ils on: raconté qu'à 10 miles de ce même endroit, en direction de Gibraltar, leur bateau, sur lequel se trouvaient 40 personnes, a fait naufrage.

Le capitaine a démarré aussitôt et navigué vers cet endroit [signalé par un C sur la carte]. Ils sont arrivés sur les lieux après environ une heure, sachant que la vitesse maximum est de 9 nœuds à l'heure. Pendant environ une demi-heure, ils ont tournes dans les parages dans lesquels, selon les rescapés, leur bateau a fait naufrage, mais n'ont aperçu ni bateau ni autres rescapés. A 07:30, le capitaine a décidé de faire un rapport et de demander de l'aide pour effectuer des recherches. Selon ses dires il a retardé l'appel pour la raison que les rescapés lui auraient raconté la nature c; leurs activités et le type de passagers transportés sur le bateau qui a fait naufrage. C'est pourquoi, il avait conçu d'essayer de sauver ces personnes et de les faire passer clandestinement dans un port espagnol. L'absence d'annonce immédiate de la catastrophe provenait de l'espoir qu'il avait, en conformité aux informations reçues par les rescapés, de pouvoir sauver les passagers, mais craignait que les pouvoirs marocains n’empêchent leur transfert vers un port espagnol. Cependant, après des recherches qui ont duré entre une demi-heure à trois-quarts d'heure, et ayant constaté qu'il n'avait réussi à trouver aucun des passagers du bateau, c'est pourquoi il a décidé de lancer un appel à l'aide et de faire un rapport sur la catastrophe et sur les trois rescapés. Ils ont continué à effectuer des recherches et entre-temps se sont joints à eux d'autres bateaux de pêche. Plus tard seulement, avant midi, sont arrivés deux avions de Gibraltar qui ont commencé à indiquer aux différents bateaux l'endroit où se trouvaient les victimes de la catastrophe. Selon les indications des avions il devait retourner en direction sud-est, jusqu'à proximité des îles Penon de Al-Huceima [signalé par un D sur la carte].

Jusqu'à la tombée de la nuit, ils ont trouvé les corps d'une femme et de quatre enfants. Les cinq victimes sont mortes de froid et non de noyade. Toutes portaient des ceintures de sauvetage et leur tête se trouvait au dessus du niveau d'eau. Tout au long de la journée, il y eut des appels radio du propriétaire du bateau à Alméria lui demandant de rentrer à ce port et non à Al-Hoceima. Du fait qu'en raison de la tombée de la nuit les recherches étaient interrompues, il a décidé de naviguer en direction de l'Espagne, le garde-côte de la police marocaine l'a poursuivi et l'a contraint à entrer au port de Al-Hoceima.

A ce moment, un jeune homme espagnol a raconté aux membres de l'équipage avoir vu à 06:00 du matin sur la plage non loin de la ville, une ceinture de sauvetage du même type que celles portées par les victimes.

Aussi le médecin légiste me fit savoir que la femme repêchée par mon bateau était morte de froid deux heures environ avant son repêchement. Le médecin a raconté qu'en effet, l'un des corps trouvé par un autre bateau de pêche était encore chaud lorsqu'il a été retiré de l'eau. Les membres de l'équipage d'Egoz ont été arrêtés par la police. Le capitaine d'Egoz, frappé de stupeur, pleurait, et n'a formulé aucune demande à transmettre à ses proches.

  1. Compte-rendu de l'évènement raconté par le capitaine d'Egoz au capitaine de "Kabo-de-Gata'

(Le capitaine d'Egoz sera appelé Francisco):

A trois heures du matin du 11.1.1961, l'Egoz naviguait environ à 10 miles de Al-Hoceima en direction de Gibraltar, à une vitesse de cinq miles à l'heure. En raison du vent et des hautes vagues le capitaine a décidé de réduire sa vitesse, et d'attendre que se calme la tempête. Dans ce but, il a arrêté l'un des trois moteurs, et a fait fonctionner les deux autres à une vitesse de 900 tours minute, c'est-à-dire moins de la moitié maximum (2000 tours minute).

Soudain, l'un des membres de l'équipage s'est aperçu que de l'eau s'engouffrait par le fond du bateau. Francisco a activé les trois moteurs à la vitesse maximum et a dirigé le bateau en direction de la côte. Dans cet état, ils n'ont réussi à naviguer que quelques minutes seulement, alors que l'eau était arrivée à hauteur des moteurs qui ont cessé de fonctionner.

Francisco a alors ordonné aux quatre membres de l'équipage de descendre le canot de sauvetage qui était attaché au toit de la cabine des passagers jusqu'au pont, le radiotélégraphiste et le mécanicien sont descendus lancer des s.o.s et aider les enfants à mettre leurs ceintures de sauvetage. Francisco est retourné à la cabine de pilotage.

Le bateau a commencé à s'enfoncer de plus en plus vite. Deux membres de l'équipage ont eu le temps de descendre le canot en mer et de sauter dedans avant que le bateau ne s'enfonce totalement. Après le naufrage d'Egoz, les deux membres de l'équipage ont continué à appeler le capitaine, le radiotélégraphiste et le mécanicien et à les chercher. Après un certain temps, ils ont trouvé le capitaine [les membres de l'équipage du "Kabo-de-Gata" ont confirmé que Francisco était entièrement mouillé]. Ils ont continué leurs recherches sans trouver d'autres personnes et alors ils ont décidé de ramer en direction des lumières des barques de pêcheurs et demander de l'aide.

  • les observations du capitaine du "Kabo-de-Gata'
  1. Francisco s'est trompé dans l'indication de l'endroit de la catastrophe. Il est impensable qu'il se trouvait au moment du drame à 10 miles de notre bateau. Si en effet les heures indiquées par les rescapés sont exactes, c'est à dire: à 03:00 contatation du trou au fond du bateau. Ensuite Egoz navigue vers la côte jusqu'à 03:10 ou 03:15, l'heure à laquelle le bateau a coulé, et de 03:15 à 03:30 les recherches de rescapés sont effectuées et à ce moment ils décident de quitter les lieux afin de chercher du secours, donc ils ont réussi à ramer sur une distance de 10 miles dans une mer agitée et un violent vent de face pendant deux heures. Cela ne me parait pas plausible. A mon avis, l'Egoz a fait naufrage à un endroit beaucoup plus près [signalé par un E sur la carte]. Même l'endroit où l'on a trouvé les corps et également l'heure à laquelle le jeune espagnol a vu les ceintures de sauvetage prouvent que la catastrophe s'est produite beaucoup plus près de la côte.
  2. Un homme fort, qui sait nager, peut sauver sa propre vie et arriver à la côte par ses propres moyens.
  • Existence d'une possibilité de trouver des rescapés qui ont réussi à atteindre la plage:
  1. Si la ceinture de sauvetage qui a été vue sur la plage provient d'Egoz, on peut alors émettre l'hypothèse qu'elle est arrivée là-bas par l'un des rescapés. Selon les dires du capitaine, il est difficile de supposer qu'elle soit arrivée à l'aide de courant marin et qu'elle se trouvait déjà sur la plage à 06:00 du matin.
  2. Selon Hertzel Sher, l'un des pilotes d'avion qui a participé aux recherches lui a raconté qu'il a vu sur l'un des rochers un homme appeler à l'aide en agitant une chemise jaune. Le pilote a dirigé l'un des bateaux en direction de cet homme. Hertzl interrogera le pilote et vérifiera avec lui ce qu'il a vraiment vu.
  3. Le "Kabo-de-Gata" a pris une deuxième fois la mer, le 15.1.1961, pour se rendre à Al-Hoceima

Le bateau reviendra après 10 jours. Le capitaine avait promis qu'il rentrera au port et essaiera d'enquêter le plus possible sur les détails connus dans la ville à propos de la catastrophe. Lorsqu'il reviendra (25.1.1961) il nous fera part de ce qu'il a appris.

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