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Contes populaires racontes par les Juifs du Maroc-Dr Dov Noy-Jerusalem 1965

L’AMOUR FILIAL ACCOMPLIT DES MIRACLES

Il était une fois une jeune fille, enfant unique, qui avait une tête d’animal. Toute sa vie durant, elle avait été enfermée dans sa chambre et il lui était interdit de sortir. Personne n’avait vu son visage et on lui remettait sa nourriture par une petite ouverture pratiquée dans le mur. Mais cette jeune fille était très intelli­gente et elle avait amassé plus de connaissances que les plus grands savants du pays.

Dans un pays voisin vivait un jeune homme, qui étudiait la Tora jour et nuit. Il allait de ville en ville pour entendre les grands érudits et les rabbins fameux commenter la Tora. Un jour, le jeune homme arriva dans la ville où vivait la jeune fille qui se distinguait par son intelligence et que l’on tenait enfermée dans une chambre. Les notables de la ville avaient entendu parler de l’intelligence extraordinaire du jeune homme et le reçurent avec beaucoup d’honneur.

Un jour, le rabbin de la communauté posa une question à ses élèves et demanda qu’on lui fournisse la réponse l’après-midi du même jour. C’était une question très difficile et les élèves étaient incapables de trouver la réponse. Lorsque le jeune homme revint chez le rabbin, il trouva sur sa table une feuille sur laquelle était inscrite la réponse. Il demanda aux élèves: “Qui a écrit la missive que j’ai trouvée sur ma table?”

“La jeune fille qui est enfermée dans sa chambre”, répondirent les élèves. “Elle est très intelligente et sait répondre aux questions et résoudre les problèmes dont nous ne connaissons pas la solution.” “Je la prendrai pour femme”, décida le jeune homme.

Mais ses camarades lui dirent: “Les parents de la jeune fille ne t’accorderont pas sa main car elle est infirme.”

Le jeune homme pria ses camarades d’essayer de convaincre les parents de la jeune fille de lui accorder sa main. Mais les parents refusèrent catégoriquement, sous prétexte qu’il était impossible d’épouser cette fille malheureuse. Le jeune homme in­sista. “Cela m’est parfaitement égal, c’est elle que j’épouserai.” Les parents ne pouvaient plus s’opposer à ce mariage et ils accordèrent la main de leur fille au jeune homme.

La nuit après le mariage, le jeune homme ne resta avec sa femme que jusqu’à l’aurore. La mariée ne cessa de pleurer en raison de son infirmité. Le matin, son mari s’en alla, mais avant de partir, il laissa son alliance et son châle de prières.

Une année passa. Et la femme mit au monde un fils qui gran­dissait chez ses grands-parents. Quand il alla à l’école ses cama­rades se moquèrent de lui et lui dirent: “Ton père est mort et tu as deux mères et un père adoptif.”

L’enfant ne pouvait plus supporter ces insultes et un jour il demanda à sa grand-mère: “Dis-moi, es-tu vraiment ma mère? Ou est-ce que j’ai une mère que je ne connais pas?”

“Je suis ta mère”, répondit la grand-mère pour lui éviter des peines inutiles.

Mais quand l’enfant fut plus grand, la grand-mère ne pouvait plus lui cacher la vérité. Le garçon se rendit chez sa mère et lui demanda: “Chère mère, où est mon père?”

Elle lui répondit: “II est loin d’ici, mais un jour il reviendra.” L’enfant attendait un an, mais lorsqu’il vit que son père ne revenait pas, il décida de se mettre à sa recherche. Et sa mère malheureuse lui donna le châle de prières et l’alliance et lui dit: “Ton père habite une autre ville. Il m’a quittée.”

Le fils prit les affaires de son père et se mit en route. De nom­breux mois passèrent sans que le garçon eût pu trouver son père. Mais finalement, le garçon arriva dans la ville où habitait son père. Il se rendit tout droit à la synagogue et là il rencontra son grand-père paternel. Mais comme ils ne se connaissaient pas ils ignorèrent leur lien de parenté. Le vieillard demanda au gar­çon: “D’où viens-tu et que fais-tu ici?”

“Je suis venu chercher mon père qui a quitté ma mère”, dit le garçon au vieillard qui était son grand-père. Puis il lui raconta toute l’histoire de sa vie.

Le lendemain matin le vieillard demanda à son fils, qui était le père de l’enfant: “Où est ton châle de prières mon fils?”

    Je l’ai oublié quelque part, mon père.

Le vieillard regarda les mains de son fils et demanda: “Et où est ton alliance;, mon fils?”

       En me baignant dans la rivière, la bague a glissé de mon doigt.

Le vieillard demanda alors: “Reconnaîtras-tu ton châle de prières et ton alliance si je les retrouve?”

-— Sans aucun doute.

Le grand-père montra le châle et la bague qu’il avait reçus du garçon et il savait qu’il avait découvert le secret de la vie de son fils. Le vieillard fit appeler son petit-fils et le présenta à son fils.

Le jeune homme demanda à son père de revenir à la maison, mais celui-ci refusa. Le fils dit: “Père, retourne à la maison. Ma­man est la plus belle et la plus intelligente des femmes. Pourquoi ne veux-tu pas vivre près d’elle? Est-ce qu’on t’a obligé à l’é­pouser?”

Le père comprit alors qu’un miracle s’était produit et il dit à son fils: “Rentre à la maison; je viendrai plus tard.”

Le fils se mit immédiatement en route et à mi-chemin il ren­contra un vieillard qu’il n’avait jamais vu auparavant. Celui-ci dit au jeune homme: “Je sais que tu aimes beaucoup ton père et ta mère. Prends cette bouteille et donne-la à ta mère. Lorsqu’elle se lavera avec l’eau de la bouteille, elle deviendra très belle.”

Le jeune homme remercia le vieillard et se dépêcha de rentrer. Il remit la bouteille à sa mère qui se lava avec l’eau qu’elle con­tenait. L’effet fut imédiat. Elle se transforma en une femme jeune, d’une beauté éclatante. Le fils et la mère savaient alors que le vieillard qui avait offert la bouteille avec l’eau miraculeuse n’était autre que le prophète Elie. Le père ne tarda pas à rentrer, lui aussi. Et il était très heureux d’avoir une femme aussi belle et un fils aussi sage, qui avait ramené la paix au foyer et qui avait rendu ses parents heureux.

Contes populaires racontes par les Juifs du Maroc-Dr Dov Noy-Jerusalem 1965

Contes populaires racontes par les Juifs du Maroc-Dr Dov Noy-Jerusalem 1965

 

 

contes populaires

L’ARBRE TEMOIN

A l’époque où le Rabbin Hayim Ben-Attar, auteur de “La Lu­mière de la Vie”, exerçait les fonctions de rabbin dans la ville de Salé, près de Rabbat, il arriva qu’un habitant de l’endroit perdit toute sa fortune. L’homme quitta sa ville et, voyageant dans tout le pays, il travailla dur jusqu’à ce qu’il eût réuni une somme importante. Il décida alors de rentrer dans sa ville natale pour y faire l’acquisition d’un terrain.

Sur le chemin du retour, il passa par la ville de Salé où il avait un bon ami et, comme il y arriva la veille du Sabbat, son ami l’invita à rester chez lui jusqu’au début de la nouvelle semaine. L’homme accepta l’invitation et remit même à son ami tout son argent pour qu’il le garde jusqu’à la fin du Sabbat.

A la fin du Sabbat, l’homme demanda à son ami de lui rendre l’argent qu’il lui avait confié, mais celui-ci s’indigna: “Je n’ai rien reçu de toi! Comment oses-tu me demander de l’argent!” L’homme demanda que l’affaire soit jugée par le Rabbin Hayim Ben-Attar. Lorsque les deux parties apparurent devant le rabbin, celui-ci dit à l’homme qui avait abusé de la confiance de son ami: “L’homme que tu as accueilli dans ta maison demande l’argent qu’il t’a remis la veille du Sabbat.”

Mais l’autre continue à nier: “Il ne m’a jamais rien remis et sa plainte n’est pas fondée.”

Le Rabbin Hayim dit alors au plaignant: “Peux-tu procurer un témoin pour soutenir ta cause?”

L’homme répondit: “Il n’y a pas de témoin. Je lui ai remis l’argent devant un arbre.”

“Mais c’est magnifique, s’écria l’auteur de ‘La Lumière de la Vie’. Va chez l’arbre et invite-le à témoigner ici.”

L’homme savait que le Rabbin Hayim savait faire des miracles et il se mit en route sans hésiter et le coeur rempli de joie. Au bout de quelques minutes, le rabbin dit à mi-voix: “Sans doute, le plaignant est déjà arrivé près de l’arbre.”

“C’est impossible qu’il y soit déjà,” réagit l’homme qui avait accueilli le voyageur.

“A toi de rendre immédiatement l’argent!”, ordonna le Rabbin Hayim Ben-Attar, car si tu n’avais jamais reçu l’argent comme tu le prétends, tu ne connaîtrais pas l’endroit où se trouve l’arbre.”

L’homme s’exécuta et rendit tout l’argent qu’il avait reçu.

 

L’ATMOSPHERE DE JERUSALEM

Le Rabbin Hanina Yaguel qui vivait au Maroc, savait faire des miracles. Il aimait beaucoup la ville sainte de Jérusalem et en avait la nostalgie. Mais comme il ne pouvait pas lui-même s’y rendre, il économisa, douze mois durant, de l’argent et le remit à son père pour qu’il fasse le voyage en Terre Sainte.

Le père du Rabbin arriva à Jérusalem et y resta un certain temps, mais il ne pouvait pas s’adapter à la vie de la ville et à son climat et décida de rentrer au Maroc.

De retour chez lui, il expliqua à son fils pourquoi il avait quitté la ville sainte. Le Rabbin Hanina regretta que son père n’ait voulu rester à Jérusalem et dit: “C’est vraiment regrettable, mon père. Ce n’est pas le climat qui t’a incommodé, mais tu n’as pas su apprécier l’atmosphère de Jérusalem, car Jérusalem exige le coeur de l’homme. Si ton esprit s’était accordé avec l’atmosphère de Jérusalem, tous les parfums de la ville seraient parvenus jusqu a toi.

Les paroles de Rabbin Hanina s’imprégnèrent dans le coeur du père et, la même année, il retourna à Jérusalem et y resta jusqu’à la fin de sa vie.

Contes populaires racontes par les Juifs du Maroc-Dr Dov Noy-Jerusalem 1965-page 95

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