MAROC-BESOUSSAN-MOGADOR


?À quand remontent les témoignages sur les razzias antijuives lors de la mort du souverain

Il etait une fois le Maroc

david bensoussanTemoignage du passe judeo-marocain

David Bensoussan

MORT DES MONARQUES ET RAZZIAS

?À quand remontent les témoignages sur les razzias antijuives lors de la mort du souverain

Le décès d'un souverain déclenchait souvent des émeutes et des pillages. Les témoignages à cet effet se trouvent tant dans les chroniques rabbiniques tout comme celles de Fès et de Meknès. Ils se trouvent aussi dans les descriptions de voyageurs. Ainsi, à la fin du XVIIIe siècle, le voyageur italien Romanelli auteur de Massa Be'arav raconte comment les Juifs de Mogador terrifiés s'enfermèrent à double tour, les armes à la main (il n'y avait pas encore de mellah dans la ville). Il demanda ce dont il retournait et on lui répondit : « Le souverain est décédé… Dans nos contrées de Berbérie, à l'annonce de la mort du souverain, le pillage et la rapine font loi. Ils (les envahisseurs) cherchent à tuer et font comme bon leur semble. Les femmes et les vierges sont violentées, les brigands s'en prennent aux passants, les vivres ne circulent plus et la famine règne. Et si vous demandez : « Jusqu'à quand? » Jusqu'à ce que les villes soient ruinées par la guerre et par la famine et jusqu'à ce qu'ils soient arrêtés par la force quand un des fils du sultan prendra le pouvoir et régnera d'une main de fer… Dieu nous protège et nous prenne en pitié 

  1. Aaron Bensimon qui anima la société Hévrat Dovévé Sifté Yésharim dont la vocation était de publier et de diffuser les écrits inédits du judaisme marocain écrivit en 1903 dans la préface de l'ouvrage Michpat outsedaka Beya'akov du rabbin Jacob Aben Tsour : « La sécurité de la vie et des biens, l'honneur, toutes les acquisitions et les valeurs de la société humaine, tout cela tient au Maroc, à un fil plus fin que celui d'une toile d'araignée… Partout ailleurs, à la mort d'un monarque, l'héritier presomptif ou tout autre prince digne de monter sur le trône, est couronné dans la joie et l'allégresse. Et l'avènement du nouveau roi s'acompagne de fêtes populaires. Au Maroc, dès que se répand la nouvelle de la maladie ou de la mort du souverain régnant, c'est la revolution; les institutions sont ébranlées. Les tribus berbères, sauvages et cruelles s'insurgent, coupent les routes, font des incursions dans les villes, pillent, assassinent… C'est ce qui arriva à la mort du roi pieux et misericordieux, Moulay Hassan… Pour notre malheur et notre détresse, qui_pensez-vous en fut la victime toute désignée, sinon Israël, le bouc emissaure perpétuel? Dans les villes et les villages, les populations juives furent pillées, les vierges volées, les hommes et les femmes massacrés en grand nombre

?Cela se perpétua-t-il tout le temps

Ajoutons que le réflexe qui consistait à se barricader au moindre signe d'instabilité se perpétua jusqu'au milieu du XXe siècle. Ainsi, beaucoup de jeunes ne comprirent pourquoi, à l'annonce de la mort du roi Mohamed V en 1961, leurs parents cloîtrèrent leur famille dans les maisons et fermèrent les volets. Il ne se produisit rien de fâcheux, mais le reflexe était là.

De fait, lorsque l'autorité gouvernementale était faible, les massacres et les pillages des communautés juives se déclenchaient. A titre indicatif, c'est ce qui se passa lors du bombardement de Mogador en 1844, lors de la chute de Tétouan en 1860, du bombardement de Casablanca en 1907 et meme, dans une moindre mesure, lors du débarquement américain à Casablanca en 1942. Il va sans dire que les scènes de pillage ne se limitèrent pas aux seuls quartiers juifs. Toutefois, comme le soulignait le chroniqueur Al-Naçiri à propos du bombardement de Mogador, « Les Juifs d'abord, les autres ensuite

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