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Le Mossad et les secrets du reseau juif au Maroc 1955-1964 – Michel Knafo- Les premiers Agents du Mossad au Maroc

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Les premiers Agents du Mossad au Maroc

Shlomo Yehzquieli

J'ai ete nomme premier commandant de la Misgueret au Maroc au mois d'octobre 1955. Auparavant, j'avais suivi avec d'autres candidats a une mission en Afrique du Nord, un cours preparatoire. Nous y avons appris le francais et suivi un entrainement dans le maniement des armes et les methodes de filature. Au mois d'aout les equipes pour les differents pays ont ete formees.

En septembre, j'ai quitte Israel en route pour le Maroc en meme temps que Moche Kadoch.

J'ai trouve le pays tres ressemblant au notre par ses paysages, son clirnat et sa population.

Peu de temps apres, sont arrives Itsik Beer, ancien de la Hagana et officier de sabotage a Jerusalem pendant la guerre d'independance; Hagai Lev, un ancien de l'lrgoun Tzvai Leumi; Yona Zabin, entraineur en arts martiaux a Tsahal; Carmela Zabin, radio, ancienne du kibboutz Guezer assiege pendant la guerre d'independance; Shlomo Almog et Hasdai Doron.

 

Moche Kadoch

Moshe Kadoch fut envoye a Marrakech, Shlomo Almog a Oujda, et Hasdai Doron a Tanger et au Maroc espagnol, avec deux jeunes emissaires qui devaient etre repatries peu de temps apres leur arrivee.

Nous ne savions pas grand chose sur ce qui nous attendait.

Nous savions que nous etions les emissaires de l'Etat d'Israel et non de l'Agence Juive, mais que nous agirons sous son couvert. La consigne etait de coordonner notre action avec celle des emissaires de l'Agence Juive – sans pour autant dependre d'eux.

Il convient de rappeler qu'a l'epoque, l'Agence Juive oeuvrait encore ouvertement au Maroc ou elle etait representee par un grand nombre d’emissaires. Les Francais et les Espagnols dominaient encore le pays, meme s'il etait clair qu'a plus ou moins long terme, le Maroc recouvrerait son independance. Notre mission au Maroc etait differente de celle des emissaires israeliens dans le passe. Notre mission etait de mettre sur pied, le plus rapidement possible, des groupes d'auto defense pour la population juive marocaine. II nous fallait nous adapter rapidement a la situation sur le terrain, etablir des liens et commencer a agir. Au depart, nous avons cru qu'il serait possible de profiter de l'aide des emissaires de l'Agence Juive pour etablir les premiers liens avec les juifs locaux, mais il devait vite s'averer que e'etait une erreur. Non seulement nous n'avons recu aucune aide d'eux, mais ils nous consideraient comme des indesirables, nous manifestant une certaine opposition – l'opposition instinctive de tout corps a tout ce qui est nouveau.

 

La realite etait donc differente de celle que nous avions imaginee avant notre arrivee au Maroc. Nous avons donc ete contraints d'avancer et de "nager" de maniere independante. Nous avons commence a etablir des liens directs avec les juifs locaux, ce qui devait exiger du temps et une accumulation d'experience. Avec le temps, une cooperation s'est etablie avec un petit nombre d’emissaires israeliens de l'Agence Juive, en general des representants du Departement de la Jeunesse et du Hehaloutz, qui avaient compris plus tot l'utilite de notre mission.

 

II convient de souligner en particulier l'aide d'Abraham Cohen du kibboutz Houlda. Le soutien des emissaires religieux fut egalement tres important; comme le judaisme marocain est traditionaliste, leurs relations avec lui etaient plus naturelles. II convient de souligner que les juifs du Maroc ne voyaient pas d'un bon oeil les querelles entre les mouvements sionistes. Au bout de six mois, le Maroc acceda a l'independance et les emissaires de l'Agence Juive furent contraints de cesser leur activite et de quitter le pays.

 

Nous avons designe les premiers candidats aux stages de preparation et les premiers commandants locaux ont ete choisis parmi les meilleurs stagiaires. Deux mois apres mon arrivee, nous etions deja sept emissaires du Mossad. J'avais decide que trois d'entre eux seraient postes dans les villes de province, et les autres a Casablanca. Il etait urgent de leur trouver des couvertures adequates (identite et emploi). Au debut, nous n'avons pas trouve les methodes appropriees, et nos hommes attiraient trop l'attention ce qui mettait en peril leur mission. Inutile d'ajouter que le manque de couverture adequate devait entrainer apres lui la condamnation a l'inaction et au manque de discipline. Nous n'avons eu d'autre alternative que de renvoyer en Israel deux emissaires avec leurs families, ce qui devait contribuer a ameliorer la situation.

De meme nos relations avec les forces d'occupation francaises n'allaient pas pour le mieux, les services de securite franqais nous mettaient des batons dans les roues – dans la crainte de faction subversive de facteurs etrangers en ces heures d'ebullition politique.

Nous avons naturellement cherche a rapprocher la jeunesse locale de nos idees. Au depart nous avions craint que le contact avec les juifs – et une crainte au bavardage – ne donnent une publicity inopportune a notre action, mais nous nous sommes rapidement rendu compte que notre action n'etait pas le sujet de discussions publiques et que les juifs contactes savaient se taire et garder le secret. Cette description vise a expliquer pourquoi le resultat de notre travail etait limite au depart et le nombre de recrues etait de quelques dizaines seulement. En verite, il n'y avait a l'epoque aucune intention de former un mouvement de masse, et notre mission se limitait a la formation de cellules d'auto defense dans la clandestinite et au choix des commandants parmi ces recrues.

 

En novembre 1955, nous avons cree les premieres cellules de Gonen a Casablanca. Deux des cellules furent recrutees parmi les ex-membres des mouvements de jeunesse sionistes, et une troisieme par des instituteurs, des employes de bureau, et des membres dissociations sportives. Les membres des mouvements de jeunesse constituaient une unite en soi. Leur mission principale etait le recrutement et etaient toujours prets a l'Auto Defense en cas d'urgence.

Un des premiers commandants de cellules de Gonen recrute fut Meir Knafo dont le sumom de clandestinite etait "Ramon".

Meir ne en 1935 avait termine l'ecole de 1'Alliance a Casablanca et etait depuis 1948, membre du mouvement de jeunesse Habonim. A l'epoque, il dirigeait un hotel a Casablanca. Cet hotel, appartenant a un juif, avait cinquante chambres, logeant en permanence des officiers de police, des collaborateurs avec les autorites franpaises, et des membres des mouvements nationalistes. Apres l'accession du Maroc a l'independance, en mars 1956, devaient y arriver des dizaines d'officiers de la nouvelle police marocaine, mutes de province a Casablanca.

Cette conjoncture en faisait un objectif de renseignement tres interessant pour la Misgueret, d'ou l'importance du recrutement de Meir Knafo; en plus de son importance pour le renseignement, l'etablissement pouvait servir de cache d'armes. La presence permanente d'officiers de police en faisait un sanctuaire au-dessus de tout soupcon.

 

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