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Le Mossad – Michel knafo

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Il semble que la politique de libéralisation soit entrée dans la routine après que le parti de l'Union des Forces Populaires n'ait pas réussi à la faire annuler. Plus encore, le public marocain s'est habitué à la sortie des juifs en vertu du principe de la liberté de circulation. Mais d'un autre côté, il ne faut pas perdre de vue la campagne anti-sioniste dans la presse, qui servait en fait également de paravent à une attaque contre le régime lui-même, prenant des aspects dangereux. A sa suite nombre de cercles musulmans ont redoublé d'attention, cherchant partout une empreinte de l'influence sioniste subversive, développant de vains soupçons contre les juifs. L'illustration: les articles sur les Protocoles des Sages de Sion et l'attitude hostile de nombre de jeunes Marocains.

Les positions des partis politiques envers les juifs étaient d'une grande importance pour le statut des juifs dans la nation marocaine. Jusqu'en 1959, c'était le parti de l'Istiqlal qui fixait la politique du pays dans tous les domaines, y compris dans le domaine juif.

Le parti avait une position dominante et voulait contrôler tout l'appareil administratif du pays, ce qui provoquait des frictions entre le pouvoir central et la population berbère. Le parti voulait aussi contrôler l'activité dans le secteur juif. Il faut rappeler que peu de temps après l'Indépendance, le parti hésitait encore à accepter dans ses rangs des militants juifs – invités à rejoindre le Wifaq. En plus du Wifaq, il y eut quelques autres tentatives éphémères dans le sens de l'intégration. C'est ainsi, que Jo Ohana devait fonder le "Mouvement National Marocain" et le "Groupe d'études judéo-musulman pour l'unité nationale".

En janvier 1956, le prince héritier Moulay Hassan avait déclaré devant un auditoire juif qu"il est naturel qu'un musulman soit attiré par Le Caire et un juif par Jérusalem, mais cela ne saurait justifier que nous nous séparions". Ce à quoi un porte-parole juif lui a répondu "les juifs marocains doivent s'intégrer au Maroc et non penser à partir vers Israël."

Fin 1956, l'Istiqlal acceptait enfin d'ouvrir ses rangs aux juifs, dans certaines conditions. Dans les réunions communes, les juifs devaient le plus souvent exprimer leurs plaintes contre la discrimination dans la délivrance des passeports et dans l'accès à la fonction publique. De leur coté, les musulmans leur faisaient comprendre que ces problèmes n'étaient pas en tête des soucis prioritaire du pays – source d'un nouveau malentendu. En 1960, la vie politique du pays connut un réveil avec les élections municipales et aux Chambres de Commerce, les partis politiques retrouvant parallèlement un intérêt dans les voix des électeurs juifs. Les dirigeants de la gauche qui avaient fondé en septembre 1959 leur nouveau parti, l'Union Nationale des Forces Populaires, devaient être les premiers à apprécier à sa juste valeur le potentiel des voies juives dans les grandes villes. Depuis le début de 1960 le leader de la gauche, Mehdi Ben-Barka avait commencé à mener une propagande électorale adaptée au secteur juif, promettant un allégement dans la délivrance des passeports.

La propagande dans la rue juive était menée par l'avocat Méir Tolédano par le biais du "Centre d'Etudes Juives" et par David Azoulay, le secrétaire général de la Communauté Israélite de Casablanca.

Les élections municipales se sont déroulées le 29 mai 1960. Dans ces élections les partis étaient comme nous l'avons dit intéressés par les voix juives. L'affrontement le plus serré eut lieu à Casablanca où les juifs étaient majoritaires dans deux des trente circonscriptions.

La campagne électorale fut très animée. Un candidat musulman, Abdelkader Benjelloun, futur ministre du Travail, présenta sa candidature dans une circonscription juive, se prévalant d'avoir été l'avocat des émigrants clandestins arrêtés. En fin de compte furent élus Méir Tolédano et Max Loeb, tous deux candidats de la gauche. Tolédano devait être élu Vice président du conseil municipal. Méir Ovadia, le président de la communauté et candidat de l'Istiqlal ne fut pas élu.

Au total dans tout le pays 17 candidats juifs avaient été élus. Il convient de souligner la discipline des candidats de la gauche: le parti avait menacé d'exclusion David Azoulay s'il se présentait contre Méir Tolédano et il avait renoncé à se présenter. A Rabat, deux juifs furent élus au Conseil Municipal, dont l'un d'eux Albert Chichportich devait émigrer en Israël. A Tanger, l'écrivain Carlos de Nesry avait présenté un plan pour le développement de la ville. Comme militant actif du Parti Démocratique pour l'Indépendance, il avait œuvré pour l'intégration des juifs dans le Maroc nouveau. Cela ne devait pas l'aider à se faire élire, battu seulement de quelques voix.

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