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11/12/2012 – 18:43

Abraham Hassan-Cohen

Jimmy Pimienta 

Les Juifs Espagnols du Maro 

Nous étions encore il y a 2000 ans, comme le reste des sépharades dans le monde, des juifs expulsés d'Espagne, au nord du Maroc, séparés de notre chère patrie seulement par le Détroit de Gibraltar. 

En 1860, nous avons vu débarquer, à Tétouan, Tanger, Ceuta et Melilla, des Espagnols à cheval et en uniforme.qui venaient faire leur guerre d'Afrique… 

Ils découvraient, les yeux grands ouverts d'étonnement, de vieux juifs, pour la plupart très pauvres, qui parlaient très peu l'arabe, mais un espagnol archaïque qu'ils écrivaient en lettres hébraïques cursives, pour rédiger les procès-verbaux des comités directeurs de leurs communautés, les sentences des tribunaux rabbiniques et les lettres à leurs banquiers Hassan ou Pariente de Tanger. Manuel Ortéga dans son ouvrage « Los Hebreos de Marruecos » (Les hébreux du Maroc), les décrit très bien, dans le style d'Angel Pulido, le sénateur espagnol qui, au siècle dernier, consacra sa vie à la défense des juifs sépharades :

 

"Pinhas Asayag, uno de los hebreos tange-rinos mas cullos de la época moderna, expresa el espanolismo de los israelitas marroquies con unas palabras entusiaslas… Somos aqui es-panoles en todo…en nuestros gustos ,impre-siones, exaltaciones y sentimientos. Somos espanoles par vocacion, par lemperamento y par simpatias; en nueslras venas circula san-gre espanola ; pensâmes en espano! y sentimos de igual modo; algunas de nuestras oraciones las hacemos en espanol…Espana es nueslra patria, es la lierra bendita donde descansan los restas de nueslros antepasados.y es natural que sinlamos par ella carino y veneracion. Hasta en la hora de la muerte resplandece el amor a la patria perdida, pues el cementerio Ilamado de Castilla, en Tetuan, es mostrado con orgullo par los sefardies a los exIran jeros. El Cementerio de Castilla !… En tierra africana se halla ese trozo de tierra bautizado con el nombre legendario de Castilla, pre-gonando el amor de unos espanoles a Espana, amor que no han entibiado las persecuciones ni los desprecios, parque es un amor mas fuerte que la voluntad de los nombres : es el amor del hijoa la madré." 

Ensuite est arrivé le protectorat espagnol au Maroc.

Nous sommes alors redevenus des Espagnols modernes, et les Espagnols du Maroc se sont, de leur côté, empreints de notre culture et de nos us et coutumes. Un peu de l'Espagne d'avant 1492 était redevenu une réalité dans le Maroc espagnol. Nous nous sommes mis alors à appeler nos enfants Miguel, Alberto, Fortunato, Estrella, Sol, Alegria. 

Nous apprîmes à lire, à écrire, et à vivre, avec nos frères espagnols, dans les écoles espag­noles telles que le « Collegio de la Esperanza » à Tétouan, ou le «Colegio Alfonso XIII » à Tanger. 

Nos habitudes sont devenues totalement es­pagnoles. 

A l'occasion de nos fêtes, nous organisions des «verbenas»; nos sorties étaient souvent pour aller manger des « tapas >; nous avions adopté la cuisine moderne espagnole, tout en conservant celle que nous avions apportée de l'Espagne d'avant 1492. Nous écoutions «la novela> à la radio, fré­quentions les «circulos récréatives »es-pagnols, la « hipica », les concerts de Machin et de Antonio Molina. Nous apprécions et al­lions massivement voir les spectacles de « zarzuela » et de « cante jonto » qui venaient faire des tournées dans nos villes. Même les journaux et périodiques des communautés juives étaient rédigés en espagnol moderne. Et puis symbole caricatural de l'intégration totale à l'Espagne, nous sommes même allés jusqu'à avoir un toréador juif :

« El Momi – Salomon : Elmomi. » 

Il fallait le voir, El Momi, traverser les rues de Ceuta pour se rendre aux arènes, porté par ses « aficionados », et suivi par d'autres, qui brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : El pueblo judio por fin tiene torero: EL MOMI – (le peuple juif a enfin son toréador: EL MOMI). Il paraît qu'il faisait fureur, à l'époque, aux Arènes de Ceuta. Nous n'étions plus des « Espagnols sans patrie », comme ceux qu'avait décrit Angel Pulido, car nous étions redevenus des Espagnols à part entière, y compris dans la titularité du passeport, comme ce fut le cas de ma propre grand-mère. Juifs, arabes et Espagnols catholiques vivaient ensemble dans la plus grande tolérance, le respect mutuel et l'harmonie. 

Il fait également préciser que nous avions reçu une importante et bénéfique influence culturelle marocaine, outre la protection du Royaume du Maroc. Fruit de cette symbiose entre les trois peuples et les trois cultures, notre savoureuse langue judéo-hispano-arabe, la « haquetia », réalise un merveilleux et attachant amalgame d'Orient et d'Occident. Les Espagnols catholiques et les Marocains musulmans venaient à nos fêtes, nous appréciaient, devenaient des amis intimes, et commençaient même à prendre les habitudes et les traditions juives; nous oserions aller jusqu'à dire que nous avons même « sépharadisé » un peu les Espagnols et les Marocains. 

Et puis vint la fin du protectorat, et les juifs espagnols marocains se retrouvèrent à nouveau quelque peu orphelins, face à un Maroc qu'ils ont considéré, à tort, relativement hostile en raison du conflit israélo-arabe. Commença alors encore une nouvelle dias­pora des juifs espagnols marocains vers l'Espagne péninsulaire, le Venezuela, l'Argen­tine, le Mexique, le Canada, la France, et, bien sûr, Israël. 

Tous ces juifs, au cours de ces 30 ou 40 dernières années, sont restés Espagnols, intégrés dans les pays d'accueil, mais assimilés à la sensibilité espagnole. 

En Israël on les appelle encore aujourd'hui, «les Espagnols», et non pas les sépharades. En Espagne nous sommes totalement des Espagnols. 

Lorsqu'en France ou ailleurs, nous rencontrons des Espagnols.et surtout des Espagnols qui ont vécu au Maroc, les affinités et l'amitié sincère surgissent immédiatement. Mais nous ne sommes pas des nostalgiques ; nous ne vivons pas sur le souvenir du passé, car nous continuons à vivre comme des Espagnols. 

Mabbatt veut dire en hébreu : regard vers le passé, le présent et le futur, sur tout ce qui, en nous est hispanique et oriental. C'est une association qui œuvre pour préserver ce patrimoine auquel nous sommes attachés et pour que nos enfants ne perdent pas cette sensibilité et cette culture qui sont les nôtres. 

Notre association regroupe les juifs originaires de l'ex-zone espagnole du Maroc, de Tanger et de Gibraltar. Sa vocation est d'œuvrer à la sauvegarde d'une culture et d'une tradition spécifiques qu'ils représentent, mélange de judaïsme traditionnel, d'hispanisme à la fois moderne et d'avant l'expulsion, et de racines marocaines. Elle a son équivalent dans tous les pays où vivent des originaires et des descendants de résidents dans ces territoires.

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במדריד הבירה הוחלט להאיץ את מימושו של רעיון ישן שלפיו כל יהודי שיוכיח את "ספרדותו" יוכל לקבל אזרחות בספרד. כעת, בעיצומו של משבר כלכלי חסר תקדים במדינה נראה שהממשלה מאמצת את הרעיון ש"היהודים" חסרים לה. על פי הפרסום בעיתון "אל פאיס" תוקן חוק האזרחות הספרדי ופורסמה רשימת שמות של אלו ששמם יקנה להם זכויות לקבלה מהירה של האזרחות הספרדית אם יוכיחו את היותם צאצאים למי שגורש מספרד גם אם הם תושבים של מדינה אחרת.

בעבר, דרש החוק הספרדי כי מי שמבקש לקבל אזרחות ספרדית חייב גם להתגורר בספרד לפחות שנתיים. כעת, דורש החוק אישור של הפדרציה של הקהילות היהודיות של ספרד לפיה מוכר המבקש כצאצא של מגורשי ספרד.

כמו כן על המבקש להוכיח את מעמדם באמצעות שמות משפחה, שפה ומורשת היסטורית ספרדית כגון מנהגים ספרדיים את הקשר שלו לספרד.

האישור לבקשה יאפשר למבקשים, בני זוגם וילדיהם להנות מהגנת המדינה הספרדית על פי חוקיה וכן לקבל עזרה קונסולרית במדינות זרות . לאחר מכן יוכלו בעלי התעודות להרשם כאזרחים לאחר שבועת אמונים לחוק הספרדי ולמלך. 

בעת שנחקק החוק החדש ציין שר המשפטים הספרדי שישנן סיבות ריגשיות למהלך הזה והוא נועד להחזיר את זהכרון הספרדי שכלל יהודים במדינה. הספרדים העריכו כי לאחר תיקון החוק תהיה דרישה גדולה לאזרחות ספרדית שכן עוד קודם ביקשו מאות יהודים את אזרחותם מחדש וקיבלו.

כידוע עשרות אלפים ממוגרשי ספרד נדדו ברחבי העולם, למדינות אירופה וגם לצפון אפריקה ולתוניסיה בפרט. מוכרת במיוחד קהילה יהודי ליוורנו שהיתה קהילה של יהודים ממגורשי ספרד וכן קהילות נוספות בתוניסיה שמוצאן מספרד. לכן יש חשיבות לידיעה וכל מי שמוצא עצמו מתאים להגדרות המחוקק הספרדי יוכל לפנות לפדרציה של יהודי ספרד ולהגיש בקשה.

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Prose pour un arc-en-ciel

par Amina Alaoui

Avec l'aimabilite d'Arrik Delouya

Pont de couleurs au firmament. Offrande divine en un instant. Seul en noir et blanc prétendent-ils que nous voyions ? Qu‘en est-il des couleurs ?

Aucun regret n‘imprégnera mon chant, ni la nostalgie n‘en sera la mesure.

La saudade est mélancolie, on le sait déjà ! N‘est-elle pas l‘humeur noire pour l‘Arabe ou la solitude affective de l‘Andalou ? Malgré tout, la joie des retrouvailles est plus étonnante que la pétrification. La nostalgie d‘Al Andalus n‘est pas ma joie !

 

La musique tend ici à transcrire une Péninsule ibérique portée vers le dialogue aux capacités du possible. Une géographie poétique caressant le rêve de l‘impossible : des horizons humains transcendant les frontières, des idiomes méditerranéens lyriques ouverts sur l‘univers et l‘intelligence d‘être, de communiquer ensemble.

 

Le chant et la musique sondent ce possible pour s‘ouvrir une autre voie : l‘expression originale. Nul besoin de discours sur l‘origine du Fado, du Flamenco ou d‘Al Andalusi, l‘Histoire et le discernement suffisent. Ici, La musique questionne, de ces styles, le creuset commun. Pourtant !

Esquissant le “mélo“ de l‘Histoire, la tension monte, s‘essouffle ets‘apaise dans la contemplation de l‘arc-en-ciel.

 

Ici, je disjoins l‘origine, la non-origine se joue dans l‘origine. Je ne regrette rien sans au préalable avoir mâché la racine. Encore faut-il avoir digéré sa propre racine pour intégrer la culture de l‘autre. Mais encore, la fusion exige d‘être pluriel, avec recul, pour dire concorder et non s‘identifier à. Je suis une artiste du présent ! Du simple fait de copier le style des anciens, je m‘abstiens ! Car je crains d‘altérer leur voix et de défigurer leurs valeurs.

                                                                      

Selon Goethe*(a), l’imitation sans apanage reproduit des « masques vides ».

 

J‘adhère au savoir poétique. Par le verbe, je m‘abrite à la pensée. En chantant le sens j‘affecte l‘être et la musique en sublimera la blessure. Car l‘art de distiller la sagesse en un distique est bien un don du ciel *(b) :

“Si ton passé est expérience

Que le lendemain soit sens et vision“.

 

Le drame de l‘histoire est fantôme du passé. Je m‘aventure sur les traces du Morisque du XVIème siècle. Loin de vouloir reconstituer sa geste et ses coutumes, seule la sensation de son âme me suffit : n’avoir plus de nom, plus de terre auxquels rattacher sa lignée. Acculturé, sa mémoire diluée, obligé d‘ensevelir son Dieu et la langue de ses aïeux, écrasé par la terreur de la purification du sang et de l‘identité nationale. Pourtant, les circonvolutions intérieures de l‘âme morisque sont aussi musicales et poétiques ; je les sublime !…“Les Dieux tissent les malheurs pour les hommes. Afin que les générations à venir aient quelque chose à chanter“*.(c)

Tarab et duende andalous !

 

En égarant la boussole qui nous a été confiée, nous réinventons nos pas, nous découvrons un chemin nouveau. Chaque fois que le chant m‘exile là où l‘origine se déchire, je navigue dans la perplexité et je questionne l‘essence. Au seuil de l‘inexploré, je défie l‘inconnu comme on défierait la mort dans une arène tauromachique. Mon chant libre lâche prise et vole vers le royaume du tarab, là où Garcia Lorca saisit le duende : « Pas de carte ni d‘exercice, on sait seulement qu‘il brûle le sang comme un topique de verre qui épuise, qui écarte toute la douce géométrie apprise, qui brise les styles…Un changement radical des formes sur de vieux schémas…“.

 

Dans la musique arabe ou andalouse…“ L‘arrivée du duende est salué par un cri : “Allah ! “ si proche du “Olé !“ : Vive Dieu ! Témoins profonds, humains, tendres d’une communication avec Dieu à travers les cinq sens.

 

Evasion réelle et poétique de ce monde sur un présent exact“*(d). Cette émotion porte en elle l‘équilibre de la voix, du son et de la geste musicale.

 

Une aspiration vers l‘essentiel !

La provocaçào des fadistes !

 

C‘est avoir l‘audace de la liberté et savourer le risque que d‘apprendre à marcher sur la lune. Un exercice d‘équilibre extra-ordinaire que les vieux repères ne suffisent plus à créer. Je pose un pied sur un sol inconnu. La droite la gauche vacillent. Le corps et la voix en suspension dans l‘atmosphère. Je pivote puis je glisse, je m‘égare et tente de ne pas choir.

 

Aspirée par une curieuse arabesque, enivrante, pulvérisant toute symétrie et tout centre sur son passage. Courbe d‘une vérité abstraite et relative, ligne sinueuse ad libitum, conjure le fini et badine avec l‘infini.

Pur équilibre sur ce champ lunaire ! Pourtant, la musique comme la mystique connaissent ce modus vivendi.

 

Cet exil me désarme et m‘enivre… Exil de l‘origine. Aussitôt jouet de la différence, j‘effleure une étrange souffrance, une étrange joie à la fois…

 

Être étrangère… J‘en sors enrichie ! Les reflets de l‘appartenance se fragmentent dans cet espace à découvrir, voilà tout : réapprendre à marcher, devenir. Le centre n‘est plus la pensée héritée mais l‘émotion de survie. La langue, la culture, la poésie, la musique, la cuisine ou le rire des pays traversés, font partie de moi désormais. Je médite sur la migration de l‘oiseau par delà frontières, barrières et points cardinaux. Quelle boussole lui sert de guide ? Si ce n‘est la survivance… Si ce n‘est l‘espoir de la recréation de la vie !

 

Entendimento !

 

La musique résonne dans une taverne ibérique au nom de retrouvailles chaleureuses, fraternelles, solennelles, entre artistes de çà et de là des rives du monde. Porté au zénith de l‘inspiration, le dialogue musical des oiseaux se tisse en dépit des frontières et des croyances. Cet arcane humain parle son langage propre : l‘alchimie du moment et l‘émotion de partage.

 

Là est la question ! Au-delà de l‘identité ! Certes, “L’identité est fille de la naissance. Mais en fin de compte, elle est l‘oeuvre de celui qui la porte, non le legs d‘un passé. Je suis multiple en moi… L‘identité est plurielle. Elle n‘est donc ni citadelle, ni tranchées.* (e)

 

Arco Iris !

 

Alors pourquoi ne voir qu‘en noir et blanc, lorsque les couleurs et leurs nuances existent? La violence bipolaire, n‘est-elle pas guerre sainte contre soi-même ! L‘homme au songe-creux sans couleurs contemple chaque matin le miroir de son identité. Que nous reste-t-il sans arc en ciel ? Ce don divin de subtilités, sens de l‘équilibre des différences chromatiques pour ceux qui ne savent percevoir.

 

Compositions et poésies personnelles sont ici vibrant hommage à l‘âme ibérique, aux tonalités de sa Péninsule…à ceux que j‘ai rêvés, à ce que j‘ai appris, aux musiciens rencontrés, aux êtres sensibles portant leur culture en offrande puis en partage.

 

Offrande et partage, tout un art ! Aimer c‘est mieux écouter et voir… Voir c‘est mieux comprendre…Comprendre c‘est mieux partager, mieux souffrir et rire… Aimer c‘est faillir au désespoir.

 

Pivotons légers ! Lâchons prise ! Aspirons l‘essence du parfum! Percevons l‘orientation cosmique. Jamais exercice d‘équilibre d‘avance n‘est acquis.

 

À nos yeux et à notre écoute… Laissons parler la musique… Pour un moment !

 

Amina ALAOUI

Prologue du disque Arco-Iris, éd. ECM Records, 2011.

 

(a) Goethe “Diwan Est-Ouest“

(b) Mahmoud Darwich- “Les fleurs d‘amandiers ou plus“ éd. Actes Sud, 2007.

(c) Homère “L‘Illiade“

(d) Federico Garcia Lorca – Conférence “ Teoria y juego del duende“.

Obras completas. Ed Aguilar, 1955.

(e) Mahmoud Darwich – idem

 

 

Sur Google:

Née en 1964 à Fès, au Maroc, dans une famille d’artistes, Amina Alaoui grandit dans la plus pure tradition arabo-andalouse.
Remarquée dès son plus jeune âge par le maître Ahmed Piro, Amina apprend le piano, la danse classique et la danse contemporaine mais aussi le chant arabo-andalou. A l’âge de 6 ans, elle publie ses premiers poèmes.
Elle fait des études de philologie et de linguistique qui lui permettent d’approfondir ses connaissances dans la musique et la poussent à se spécialiser dans le chant « Gharnati ».
En 1986, elle s’installe à Paris et continue sa formation musicale en étudiant le chant Médiéval et le chant classique.
En 1994, elle sort son premier album « Gharnati : Musique Arabo-andalouse du Maroc » et « Alcantara » en 1998.
Outre sa carrière solo, Amina Alaoui collabore avec de grands artistes tels que Pedro Soler, Pablo Cueco, Angélique Ionatos, Henri Agnel…
Amina Alaoui continue à perpétrer la musique arabo-andalouse à travers le monde avec subtilité et sensibilité. 

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Déclaration du Directeur Général Adjoint du Figaro : Thierry Desjardins

 

* Journaliste et Reporter, né en 1941

* Directeur général adjoint du Figaro
* Auteur d'un nombre considérable d'ouvrages politiques
* Lauréat de l'Académie française
* Prix Albert Londres 1975
* Prix Louis Pauwels 2000

 

Il serait grand temps que nous nous apercevions -enfin- qu'une nouvelle guerre de religion a éclaté et, cette fois, à l'échelle planétaire.

 

Les Islamistes massacrent les chrétiens en Égypte, en Irak, aux  Philippines, en Indonésie, au Pakistan, au Nigeria, un peu partout. Malraux avait dit : « Le XXIème siècle sera religieux ou il ne sera pas ». 


On a bien l'impression que ce siècle qui commence va voir le déchaînement sans pitié d'un Islam renaissant, voulant dominer le monde et faire payer à la civilisation chrétienne les quelques siècles pendant lesquels elle a régné sur la planète.


Cette haine du chrétien dépasse de beaucoup tous les problèmes de la foi. En s'attaquant aux églises, aux prêtres, aux religieuses, aux fidèles, les islamistes veulent abattre la civilisation occidentale, la démocratie, le capitalisme, ce qu'ils appellent le « néo-colonialisme », la parité hommes-femmes, les Droits de l'Homme, le progrès tel que nous le concevons.


Le XXème siècle a été marqué par l'affrontement Est-Ouest, le bloc communiste contre les pays « libres ». Marx, Lénine et Staline se sont  effondrés d'eux-mêmes sous les incohérences, bien souvent monstrueuses, de leur idéologie. Mais ils ont aussitôt été remplacés par Allah et son Prophète.


Le Coran a pris la place du Communisme, le drapeau vert de l'Islam celle du drapeau rouge, les imams prédicateurs des mosquées celle des commissaires politiques.


Le XXIème siècle sera une guerre sans merci car les foules immenses du Tiers-monde islamisé (et des banlieues de nos grandes métropoles) sont autrement plus dangereuses que
ne l'ont jamais été les chars du Pacte de Varsovie.. 

 

Nous pleurons, avec nos larmes de crocodiles habituelles, les coptes massacrés à Alexandrie et les chrétiens assassinés à Bagdad.


Mais nous restons les bras ballants..


Il faut bien dire qu'on voit mal ce que nous pourrions faire. Ce n'est plus guère le temps des croisades et nos dernières expériences en Afghanistan ou en Irak (où nous commençons à regretter la belle époque de Saddam  Hussein qui savait, lui, au moins, faire respecter la laïcité baasiste) n'ont pas été très concluantes, c'est le moins qu'on puisse dire. Il <http://dire.il/>  est bien loin le temps où Napoléon III pouvait envoyer un corps expéditionnaire protéger les maronites du Liban que massacraient les Druzes.
 

 

Mais au moins restons lucides et surtout arrêtons de ressortir une fois de plus la fameuse « repentance » qui nous sert désormais pour maquiller toutes nos lâchetés.

 

Hier, un imbécile de service nous a longuement expliqué à la télévision que si les islamistes égyptiens massacraient les coptes c'était parce que ces chrétiens de la vallée du Nil étaient « les représentants de l'Occident », les ambassadeurs de la culture européenne », les symboles vivants du capitalisme, du néocolonialisme, du dollar et du coca-cola. En un mot, les ultimes survivants de l'époque coloniale. Autant dire, à l'en croire, que les Islamistes avaient parfaitement raison de vouloir éliminer ces survivances d'un passé détesté.


*L'imbécile était, en plus, un inculte*. Les coptes sont les descendants du peuple des pharaons. « Copte » veut dire « égyptien ». Ils étaient sur les bords du Nil bien avant la conquête arabe et musulmane. S'ils sont plus nombreux au sud, entre Assiout et Assouan, c'est précisément parce qu'ils ont fui les cavaliers conquérants venus d'Arabie. Ils avaient leurs églises bien avant que nous ne construisions nos cathédrales.
 

On peut d'ailleurs dire exactement la même chose de tous les chrétiens d'Orient qu'ils soient catholiques (de rite d'Antioche, de rite syriaque comme les maronites libanais, de rite byzantin, de rite arménien, de rite d'Alexandrie) ou « non chalcédoniens » comme les coptes, ou orthodoxes (ayant leur patriarcat soit à Istanbul, soit à Alexandrie, soit à Jérusalem, soit à Damas). Tous sont « chez eux » dans ces pays-là depuis des millénaires, certains parlant encore l'araméen, la langue du Christ. En faire des ambassadeurs de l'Occident, des représentants du capitalisme colonial est évidemment une absurdité.  


Même si, en effet, ils sont « de culture chrétienne ». Mais ils l'étaient avant nous. Nous ne pouvons rien faire pour les protéger, mais au moins ne les trahissons pas en reprenant à notre compte les accusations odieuses de leurs assassins. Nous pouvons les accueillir, comme nous nous devons d'accueillir tous ceux qui sont persécutés. Beaucoup ont déjà fui leur pays. 

 

Mais, en tous les cas, ne continuons pas à nous boucher les yeux, à parler de "l'amitié islamo-chrétienne », d'un Islam à l'occidentale, de la cohabitation harmonieuse des trois monothéismes.

 

Soyons intransigeants avec les règles de notre laïcité, mais ne nous laissons entraîner ni vers la stigmatisation ni vers la discrimination (surtout si elle devait être « positive », comme le souhaitent certains), car ce serait, évidemment, faire le jeu des fanatiques


Aujourd'hui, la grande mode est d'évoquer, d'invoquer à tout bout de champ "les années les plus sombres de notre histoire". C'est souvent absurde  et parfois odieux.. Mais s'il y a une leçon qu'il ne faut jamais oublier c'est bien celle de Munich, Churchill avait dit : « Ils ont préféré le déshonneur à la guerre et ils auront les deux ».


Il ne faut jamais tenter de pactiser avec ceux qui vous ont déclaré la 
guerre. 

http://www.authorstream.com/Presentation/piloelie-1625241-la-france-en-2060/

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€urope  // Déclaration de Bruxelles du 9 Juillet 2012  

SVP, à diffuser largement. Merci

Cette Vidéo de la Conférence de Bruxelles est un Joyaux de Clairvoyance et de   Courage face au "Mal purulent du Jihad" (sic)

Enfin l'Europe se réveille. Même si aucun Media "Gaulois" n'a  le Courage de parler de cette Déclaration. Hollande ventre mou, a donné des Ordres pour ne pas froisser la Communauté Musulmane.

La Déclaration de Bruxelles 9 Juillet 2012
https://www.youtube.com/watch?v=uP88w-AArWg&feature=player_embedded

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Voici ma réponse aux questions sur l'antisémtisme en Europe de mon ami Michaël Bitton de Genève, originaire de Marrakech
Bises
Arrik
 
 
 

De : Arrik Delouya [mailto:a.delouya@orange.fr]
Envoyé : dimanche 27 janvier 2013 13:38
À : 'bitton michael'
Objet : Western Europe will soon be"Judenrein" – Norway now is. God have mercy

 

 

Mon Cher Michaël,

 

Voici mon humble avis

T’embrasse en amitiés

Arrik

 

Dans ton texte il y a trop d’arguments sur la culpabilisation de l'Europe envers ses anciennes colonies arabo-musulmanes & culpabilité envers la Shoa. C’est ainsi qu’on intellectualise l’affaire et qu’on tombe dans le piège des intellos européens voir d’extrême gauche & écologistes.

 

Je résume en 4 points cette affaire.

 

1 Antisémitisme et antisionisme

L’antisémitisme chrétien se nourrissant de l'antisionisme puise ses racines fortement ancrées notamment dans le rôle de la gauche et surtout de l'extrême-gauche & écologiste antisémite et antisioniste. Les « colonisations » galopantes Israéliennes (territoires disputés) n’ont pas adouci les angles. Israël est montré sous ce prisme et non pas en tant que Nation générant des progrès.

 

2 Absence de propagande juive Vs arabe

Dans la propagande des médias en Europe la population arabo-musulmane est aidée par les annonceurs pétro-dollars; Israël et les Juifs d’Europe n’ont aucun stratégie face à cette propagande depuis la fin des années 70.

 

3 Démographie galopante arabo-musulmane en Europe

La présence importante d'une population arabo-musulmane relativement élevée en Europe (on évalue à 15 millions cette population en France) & son poids électoral et l’appétit de mettre en avant cette population spécifique et son élite dans les nouveaux pouvoirs publics.

 

4 Influence des flux arabo-musulmans en Europe

L'influence omniprésente des flux arabo-musulmans dans une Europe en pleine crise économique, dans l’appareil économique et financier mais aussi médiatique.

 
 

De : bitton michael [mailto:michaelbitton@bluewin.ch]
Envoyé : dimanche 27 janvier 2013 08:19
À : Delouya arrik
Objet : Fwd: Western Europe will soon be"Judenrein" – Norway now is. God have mercy!

 
Mon cher Arik,
A un ami israélien, inquiet par l'antisémitisme européen, je lui ai brossé un tableau non exhaustif des raisons qui peuvent expliquer ce phénomène. Y verrais-tu d'autres explications?
Amitiés
Michael
Envoyé de mon iPad
Début du message transféré : 
 
De par mon rôle au comité da LICRA- Ligue contre le racisme et l'antisémitisme- je suis attentif au parcours de ce fléau qu'est l'antisémitisme en Europe. Malheureusement le contenu de l'article est vrai dans l'ensemble et cela pour plusieurs raisons essentielles: 
 
 1/ l'antisémitisme chrétien, vieux comme Jésus se nourrit actuellement de l'antisionisme lié au conflit israélo-palestinien. Les lois en Europe interdisent d'être antisémite, mais n'interdisent pas d'être antisioniste. 
 
 2/ la présence importante d'une population arabo-musulmane relativement élevée en Europe et dont les sentiments antisémites sont nourris par le Coran et une solidarité envers les Palestiniens. Il est probable que des mouvements palestiniens y jouent un rôle car en affaiblissant les communautés juives européennes, on affaiblit du même coup le soutien de l'Europe à Israel. 
 
 3/ Le poids électoral que représente la population arabo-musulmane en Europe face á la faiblesse démographique de la population juive. 
 
 4/ La culpabilisation de l'Europe envers ses anciennes colonies arabo-musulmanes. 
 
 5/ Le conflit israélo-palestinien offre le moyen à l' Europe de s'affranchir plus aisément de sa culpabilité envers la Shoa. 
 
 6/ Le rôle de la gauche et surtout de l'extrême-gauche qui pour des raisons électoralistes et par soutien aux mouvements palestiniens renforce la population musulmane au détriment de la population juive. 
 
 7/ Dans les médias la population arabo-musulmane développe un comportement victimaire qui rend rend toute attaque contre elle politiquement non-correcte. 
 
 8/ l'influence grandissante des marchés arabo-musulmans dans une Europe en pleine crise économique qui cherche une énergie bon marché et des débouchés pour ses propres produits. 
 
 Voilà, mon cher Amos, une réponse á ton inquiétude, toi qui est né en Europe et qui connaît bien ce continent. La liste n'est pas exhaustive, mais elle te permettra d'avoir un bon éclairage du phénomène. 
 
 Pensées affectueuses. 
 
 Michael           
 Envoyé de mon iPad 
 
 
 Europe again "Judenrein"
 
Le 13 janv. 2013 à 09:15, Amos Breskin <amos.breskin@weizmann.ac.il> a écrit :

Mes tres chers, 

 
J’ai recu le message dessous. Pouvez-vous me dire si le contenu est exact ? ca m’a fait dresser les cheveux sur la tete…. 
Bises 
Amos
 
In a few weeks Norway will  be"Judenrein".  The last 819 Jews stillliving in Norway are now leaving the country due to the rise in antisemitism.Thus Norway becomes the first European country in which Jews will no longer live.
A similar development can be observed in all the European countries.

When one hears nowadays reports regarding the terrorist attack against Jews in Bulgaria one does not know that Jews in Europe are subject to antisemitic manifestations daily. The Norwegian newspaper Aftenposten reported In February 2012 about the departure of Jews from the country. Anne Sender, the head of the Jewish community in Norway, once said: "Many immigrants brought antisemitism from their countries. The shame is in that nobody  speaks out against them."The waves of Muslim immigrants bring antisemitism back to Europe. 

 
A similar development is taking place in the neighboring country, Sweden, and in all the European countries. The Muslims are the ones who drive away the Jews everywhere. The information agency, Kopp Exklusiv, is one of the few to talk about this subject.
 
It started in France.  A day doesn't go by without Muslim attacks of Jews. The press hardly reports it. There are too many incidents. In the first five months of 2012, there were 268 attacks against Jews. France today is an extremely antisemitic country. The socialist Government under the leadership of Hollande does nothing to protect the Jews – on the contrary. The numerous Muslims are a very important part of the electorate for the elected officials and they are under the auspices of the socialists. On July 5, 2012, a 17 years-old Jewish youngster was nearly beaten to death near Toulouse by two Muslims of North-African descent because he was wearing a chain with the Star of David. The police were unable to collect evidence. The Jews are
publicly encouraged to leave the country.

The situation is not much different in Italy. Every Jew must fear for his life and live under the protection of a security unit. The media channels in Britain too, have been reporting for six years about the emigration of Jews from Britain. In 1990 there were 340,000 Jews. Today there are 240,000 left. The Muslim immigrants turn their life
into hell and chase them away. They have also succeeded in driving away the Jews of Jewish Antwerp. In the Netherlands, former politicians advised the Jews to leave the country soon. The former European  Commissioner, Frits Bolkestein, said that Dutchmen of Moroccan descent are antisemitic and that it would be best if the Jews left of their free will. They can immigrate to the United States (not for long! -BL) or to Israel.

 
Dutch politicians from the Social Democratic circles marched together with the Muslims who called for the construction of gas chambers in order to burn the Jews. In the German-speaking countries this is not reported in the press. The German journalists think that the Muslims are decent people who have no connection whatsoever to the extreme right . With this approach, journalists are helping to drive the Jews away from Europe. They suppress the nightmare of the Islamic immigration.

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L’Espagne et les Juifs : Retour ou repentance ?

http://www.crif.org/fr/tribune/l%E2%80%99espagne-et-les-juifs-retour-ou-repentance/35076 

 

Par Michel Gurfinkiel In. : Newsletter du Crif  – 11 Février 2013 

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy rend leurs droits aux descendants des juifs bannis d’Espagne au XVe siècle. Une mesure que les musulmans tiennent pour « discriminatoire » à leur égard. « Je jure fidélité à la Constitution et au Roi » : moyennant ce serment, un million et demi de « Sépharades », lointains descendants de Juifs ibériques bannis à la fin du Moyen-Âge, pourraient acquérir la nationalité espagnole moderne – même s’ils résident à l’étranger. La mesure, esquissée dès le début du XXe siècle, était inscrite dans la loi depuis 1988. Le gouvernement socialiste de Jose Luis Zapatero en avait restreint la portée en 2004 : les impétrants devaient avoir préalablement résidé dans le pays pendant deux ans au moins. Le cabinet conservateur de Mariano Rajoy vient de rétablir le texte originel. 

 

Derrière ces tergiversations, une question : les textes en faveur des Séphrades constituent-ils une« Loi du Retour » ou un acte de « repentance » ? 

 

Selon la première interprétation, qui a longtemps prévalu, l’Espagne rétablirait dans ses droits une population qui n’aurait jamais cessé d’être hispanique. Selon la seconde, à laquelle le gouvernement Zapatero semble s’être rallié, l’Espagne moderne se bornerait à réparer des dols autrefois infligés à une communauté. Ce qui ouvrirait la voie à des mesures analogues envers une autre communauté : les descendants, réels ou supposés, des musulmans ou convertis d’origine musulmane, qui avaient quitté l’Espagne après la Reconquête, ou en avaient été chassés. 

 

Les Juifs ont fait partie du monde ibérique – qualifié en hébreu de « Sépharade », d’après une source biblique – pendant mille cinq cents ans au moins, de l’époque romaine à la fin du Moyen-Âge. Et pendant huit cents ans, du VIIIe siècle au XVe – un double Âge d’Or, sous domination musulmane puis chrétienne – , ils avaient même constitué l’une des élites du pays, en dépit de diverses restrictions et de persécutions occasionnelles. Les Juifs étaient rabbins, philosophes, poètes, mais aussi traducteurs, médecins, ingénieurs, financiers, et même généraux ou ministres. Mieux : ils avaient été les créateurs d’une littérature de qualité en langue vernaculaire, alors que les autres lettrés s’en tenaient au latin ou à l’arabe. 

 

Mais en 1492, les Rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, somment les Juifs de choisir entre la conversion au christianisme et l’exil : c’est le « décret de l’Alhambra ». Hasards mystérieux de l’histoire : la date limite est fixée au 1er août. Ce qui correspond, cette année-là, au jeûne juif du 9 du mois d’Av, anniversaire de la destruction de Jérusalem. Mais aussi au départ de Christophe Colomb et de ses trois caravelles vers « les Indes »… 

 

On compte alors un peu plus de deux cent mille Juifs professant ouvertement leur religion dans les deux royaumes espagnols, sur une population totale de plus de six millions d’âmes. Cinquante ou soixante mille se convertissent. Cent soixante mille quittent le pays. D’abord réfugiés en Italie, en Afrique du Nord et dans l’Empire ottoman, ils s’établissent ensuite aux Pays-Bas, en France, en Angleterre, aux Amériques. Mais ils n’oublient pas pour autant leurs origines, leurs lignages, leurs patronymes (de Mendez à Toledo, de Sévilla à Catalan, en passant par Franco ou Castro), leur culture – et leur langue. Ils restent d’ailleurs souvent en contact avec leurs cousins convertis restés en Espagne, ou installés au Portugal voisin. Notamment pour affaires. 

 

Dès le début du XVIIe siècle, le comte-duc d’Olivares – le Richelieu espagnol – tient compte de cette fidélité et de la survivance d’une « Espagne juive » par-delà les frontières : il envisage de rappeler les Sépharades « pour rétablir les finances du Royaume ». Il y renonce devant l’opposition d’une partie de l’Église et de la Cour. Mais l’idée continue à cheminer dans de nombreux milieux. 

 

Lors de la rédaction de la première constitution espagnole, en 1811-1813, quelques députés libéraux proposent à l’Assemblée nationale de Cadix de rétablir la liberté de religion et donc de permettre la réinstallation de Juifs dans le pays. Quarante ans plus tard, sous la reine Isabelle II, les Cortès, où les libéraux sont désormais majoritaires, votent une première loi dans ce sens : quelques communautés se constituent immédiatement à Madrid, à Barcelone, et dans d’autres villes. Elles se composent de Sépharades venus d’Europe occidentale. Mais aussi du Maroc du Nord, où l’Espagne établit une éphémère tête de pont dès 1860, puis un protectorat en 1911. 

 

À partir des années 1880, les initiatives en faveur du « Retour des Séfardis » se multiplient. Le comte de Rascon, ambassadeur en Turquie, lance un appel dans ce sens en 1881. Un centre pour l’immigration juive est créé à Madrid en 1886. En 1887, les Cortes garantissent « les droits, les biens et la liberté de conscience » des Juifs revenus dans le pays. 

 

La campagne s’accélère au début du XXe siècle. Sous l’impulsion de la droite conservatrice et nationaliste. L’Espagne vient en effet d’atteindre son nadir géopolitique : vaincue par les États-Unis en 1898, elle a perdu ses dernières colonies, Cuba, mais aussi les Philippines. Elle cherche à se « réinventer » autour à travers un « Empire spirituel », l’Hispanité, qui réunirait tous les pays et toutes les communautés de culture espagnole. Dans ce nouveau contexte, la fidélité des Sépharades prend valeur de symbole et d’exemple. 

 

Angel Pulido, un sénateur catholique, est le principal propagandiste du « philosephardisme » ainsi entendu. Il a découvert les communautés juives hispaniques au cours d’un voyage dans les Balkans. En 1905, il publie un livre-manifeste, Espanols sin patria y la raza sefardi (« Les Espagnols sans patrie et la race sépharade ») que lisent tous les milieux cultivés, tant à droite qu’à gauche. En 1910, il fonde l’Alliance hispano-hébraïque, dont le roi Alphonse XIII accepte la présidence d’honneur. Sous son influence, un premier décret, en 1916, autorise les Sépharades étrangers à demander un titre de voyage espagnol. En 1924, le dictateur militaire Miguel Primo de Rivera, publie un second décret, plus large, qui facilite l’obtention de passeports, et donc l’immigration. Parmi les bénéficiaires de ces mesures, un juif turc, Isaac Carasso, qui fonde Danone à Barcelone dès 1919… 

 

Le jeune général Francisco Franco est marqué lui aussi par les campagnes d’opinion d’Angel Pulido. Il sait que son patronyme indique une éventuelle origine juive ; et plus encore celui de sa mère : Bahamonde. Héros de la guerre du Rif – la lutte contre une révolte berbère -, gouverneur de facto du Maroc espagnol en 1925, le jeune général sympathise avec les juifs locaux. Ceux-ci s’en souviennent en 1936, quand il revient au Maroc pour prendre le commandement de la « croisade » nationaliste contre une République passée à l’extrême gauche. Ils le soutiennent financièrement, mais surtout médiatiquement, en témoignant en sa faveur auprès de la presse anglaise et américaine. 

 

Maître de l’Espagne à partir de 1939, Franco louvoie diplomatiquement entre Hitler et les démocraties tout au long de la Seconde Guerre mondiale. Mais il refuse, même à un moment où le IIIe Reich semble victorieux, de mettre en place une politique antisémite. Il protège « ses » juifs marocains, mais ordonne également à ses diplomates d’appliquer les décrets de 1916 et 1924 dans les pays européens occupés par l’Allemagne : ce qui permet à plusieurs milliers de Sépharades, notamment dans les Balkans, en Hongrie et en France, d’échapper à la déportation. Par ailleurs, aucun fugitif juif arrivé en Espagne, sépharade ou non, n’est refoulé. Un bureau secret de l’organisation juive américaine Joint, chargé de faire parvenir une aide financière aux réseaux qui cachent des enfants juifs en Europe, notamment en France, fonctionne à Barcelone avec l’accord personnel du caudillo. 

 

Après la guerre, Franco est snobé par le premier gouvernement d’Israël, à direction socialiste, qui voit en lui un ancien « allié d’Hitler ». Il en conçoit du dépit, et aligne la politique étrangère espagnole sur le monde arabe. Mais il persiste à se garder de tout antisémitisme. L’historien britannique Stanley Payne, qui lui a consacré une biographie exhaustive, relève qu’il a publié de nombreux éditoriaux dans divers journaux, jusque dans les années 1960 : on n’y relève aucune attaque contre les Juifs, alors que les accusations contre les francs-maçons y sont fréquentes, pour ne pas dire obsessionnelles. 

 

En 1968, Franco tient d’ailleurs à abroger officiellement le décret de l’Alhambra, et donc à rendre de manière irrévocable leur « hispanité » aux Sépharades. Une leçon qu’entendent, après sa mort, ses partisans les plus « durs » : Blas Pinar, le chef du parti néo franquiste Fuerza Nueva, n’a cessé de manifester un vif respect pour le judaïsme hispanique. Certains franquistes extrémistes, soucieux de combiner l’attitude du caudillo avec leurs préjugés, en ont été réduits à échafauder une théorie des « deux judaïsmes » : les Ashkenazes (Juifs centre et est européens) liés au communisme, les Sépharades conservateurs… 

 

Sous Juan Carlos, monarque constitutionnel, le philoséphardisme varie en fonction des élections. Felipe Gonzalez, socialiste modéré, est à l’origine de la loi de 1988. Il veille aussi à établir des relations diplomatiques avec Israël. À l’occasion du cinquième centenaire de l’expulsion, en 1992, le roi rappelle solennellement que les Sépharades sont à nouveau « chez eux en Espagne ». Jose Maria Aznar, premier ministre conservateur de choc de 1996 à 2004, ne cache pas, jusqu’à ce jour, son engagement pour le peuple juif et Israël : « Israël, c’est l’Occident… Israël, c’est nous ». 

 

Mais Zapatero, issu de la gauche socialiste, est insensible à ces arguments. Il n’ose pas remettre en question les décrets de 1916 et 1924, l’abrogation de 1968, la loi de 1988. Mais il cherche à les « déjudaïser ». La politique du « retour » devrait, selon lui, être étendue aux musulmans chassés par la Reconquista, même s’ils n’ont jamais parlé espagnol, ni cherché à conserver un quelconque héritage espagnol. En revenant au texte de 1988, Rajoy valide à nouveau l’argumentation patriotique, par opposition à une idéologie de repentance. 

 

Cela ne pouvait que susciter des réactions indignées dans le monde musulman. Le journaliste marocain Ahmed Ben-Salh El-Salhi a observé le 3 décembre que cette « décision… est un cas flagrant d’inégalité et de discrimination… une injustice et une immoralité absolues qui devraient être condamnées par la communauté internationale… » Selon la presse arabe, on compterait aujourd’hui 5 millions de descendants musulmans expulsés d’Espagne après la Reconquête. La plupart utiliseraient une « loi du Retour » pour immigrer en Espagne, alors que la plupart des Sépharades, vivant aujourd’hui en Israël ou dans les pays occidentaux, n’iraient pas au-delà d’une « dénaturalisation symbolique ». On compte déjà plus d’un million de musulmans en Espagne. Mais moins de cinquante mille Juifs.  

L’Espagne n’est pas le seul pays où des « Lois du Retour » sont en vigueur. Israël, ouvert à tous les Juifs du monde, et aux non-juifs qui auraient pu être persécutés ou inquiétés en raison d’un lien avec le peuple juif, est un cas classique. L’Allemagne aussi, ouverte à tous les germanophones du monde, y compris les juifs est-européens de tradition yiddish. En France, des « Lois du Retour » ont existé autrefois en faveur des Alsaciens-Lorrains (jusqu’en 1918) ou des descendants des Huguenots (jusqu’en 1938). Des législations du même type existent en Pologne, dans les pays baltes, en Russie, en Hongrie, en Turquie.  

Détail : si la France promulguait une « Loi du Retour » pour les Juifs expulsés en 1396 par Charles VI, le roi fou, elle gagnerait plus de 13 millions de nouveaux citoyens. Presque tous les juifs ashkénazes sont en effet, d’une façon ou d’une autre, originaires de la France médiévale… En fait foi leur rituel synagogal : le Rituel de Vitry, composé en Champagne au XIe siècle. 

 

 

© Michel Gurfinkiel, 2013

 
 
 
 
Arrik Delouya                                                                                  

 

Sociologue chercheur 

GSM: +33 6 77 16 13 55
E-mail:  a.delouya@orange.fr

SkypeName : arriko9303 

 

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Lorsque Kamal frappa à ma porte

Détails

 

Par Ahmit Cohen, écrivain israélien.

Traduit par Soufiane Sbiti.

Lorsque Kamal Hachkar frappa à l'une des portes de la ville de Jaffa en Israel et que je lui ouvris, il ne s'attendait guère à ces mots que je lui lançai une fois que j'eus reconnu sa nationalité: «  Où êtiez-vous pendant tout ce temps ?! … Quel dommage que tous ces gens soient morts sur cette terre pour un rien… Dieu seul sait pourquoi nous continuons à nous entre-tuer ».

La foi nous a guidé et nous sommes venus à la recherche du messie, le fils de David qui reste notre idéal mais nous nous sommes retrouvés entre les griffes étrangères de l'Etat-nation judéo-européen. Aujourd'hui, nous sommes profondément engagés malgré nous dans une histoire. Nous n'essayons pas de comprendre ce qui nous est arrivé et comment de tels événements ont pu se produire. Comment avons-nous atterri ici alors que nous sommes des juifs marocains depuis 2000 ans ?

Quand nous sommes arrivés ici, la terre saignait. En1948, l'armée juive et européenne avait attaqué les arabes, démoli leurs maisons et pillé leurs terres. Personne ne fut épargné dans les villes et villages. Les mains qui ont commis ces crimes contre les arabes seront les mêmes qui abuseront de nous, les juifs marocains, et vont nous instrumentalisez comme un outil pour propager leurs idées nationalistes. Dès lors, les juifs d'Orient ont partagé avec les palestiniens le statut de réfugiés dans une société sioniste et européenne.

Tous les biens des arabes furent confisqués par les Ashkenases. Alors que nous, nous avons été exploités et humiliés. Ils nous ont traités comme des esclaves et nos enfants ont servis de cobayes pour des expériences médicales. Certains enfants ont même été vendus. On nous a aussi privé d'éducation et de logement adéquat. Notre culture fut écrasée. Nos traditions et notre histoire juive marocaine les empêchaient de réaliser leur rêve d'un Etat laic européen au Moyen-Orient. Où devrions-nous aller alors ?  Nous avons tout perdu et nos passeports marocains furent confisqués, ce qui nous a définitivement fermé les portes du Maroc, notre pays. Dès lors, nous sommes devenus des sionistes malgré nous.

En dépit de la souffrance des juifs d'Orient qui sont arrivés au pays et des injustices qu'ils ont subies, la majorité de ceux qui s'opposaient au régime sioniste étaient des juifs marocains : Mordekhai Faanounou Marrakchi qui avait alerté le monde sur l'existence d'une bombe atomique en Israël a purgé sa peine de 17 ans de prison, et demeure persécuté. David Ben-Harush qui avait dirigé la rébellion dansla Valléedela Croixcontre la discrimination raciale et qui avait milité pour l'égalité. Les protestations des Black Panthers d'où avait émergé Obergal Reuven et qui était toujours à la tête des luttes de beaucoup de juifs d'Orient et d'arabes. Talli Fahima, la marocaine qui avait franchi les frontières pour établir un contact avec les palestiniens. Voilà juste quelques exemples de juifs marocains ayant oeuvré pour la justice et l'égalité, parce que la solidarité fait partie de la culture des Mellahs où ils ont grandi au Maroc.

Ahmit Cohen

Ahmit Cohen

Ahmit Cohen

Alors que la pensée sioniste essaye d'effacer d'un seul trait notre histoire et de créer de toute pièce un nouvel être humain juif, israélien en rupture avec son histoire et son passé, le film «  Tinghir Jerusalem »  fait de cette Histoire sa priorité. J'ai visionné le film à diverses reprises, lors de sa projection en Israël, toujours avec la même émotion. Mes grands-parents, Tamou et Moshe, que Dieu les bénissent, sont nés dans le village de «  Tazki  »  au sud du Maroc, qui ressemble trait pour trait à celui de Tinghir d'où Kamal Hachkar est originaire. Les paysages du documentaire ressemblent comme deux goûtes d'eau à ceux du village de mes grands-parents. La langue est celle de ma famille. Pourrions-nous, 60 ans après leur départ, effacer tous ces liens, ces lieux, ces dates et cette Histoire ?

Vouloir effacer l'histoire des juifs marocains c'est comme vouloir effacer l'histoire des palestiniens en Israël. Cela fait le jeu de ceux qui veulent entretenir le conflit. L'histoire des juifs marocains ne pourrait en aucun cas devenir l'histoire des juifs-sionistes. Les 60 années d'un Etat sioniste ne pourront jamais changer l'histoire deux fois millénaire des juifs vivants en paix avec leurs voisins dans les pays arabo-musulmans.

Malgré les tentatives du pouvoir israélien de montrer notre Histoire comme étant sous-développée, nous sommes fiers de notre culture marocaine : De grands rabbins, des musiciens, des artisants de talent et une spiritualité. Nous sommes également fiers de nos racines et notre pluralité. Lorsque nous avions visité le Maroc, nos frères marocains nous avaient ouverts les portes de leurs maisons et nous ont fait part de leur nostalgie du vivre-ensemble. Nous sommes, juifs et berbères, les premiers habitants du Maroc. Notre histoire est enracinée dans les profondeurs du Grand Sahara. Le Maroc est présent dans les contes racontés par nos grands-mères dans notre langue natale. Nous avons le Maroc dans les tripes. Nous, la troisième génération, sommes attachée à la terre de nos ancêtres. Nous contribuons à sa culture et apprécions son art.

Pour cela, nous devrions tous nous unir contre l'oppression qui ravage notre région. Adressez vos critiques et protestations au pouvoir israélien qui oppresse le peuple palestinien et ne tentez pas d'effacer l'Histoire. Parce que ce n'est pas la voie des courageux.

L'histoire des juifs du Maroc constitue, en plus du refus de l'injustice, un pont culturel vers le vaste monde islamique. Elle doit servir comme base pour construire la solution.

Lorsque Kamal frappa à la porte, il ne s'attendait pas à des sanglots de Yacout qui sont en réalité, ceux d'un grand nombre d'israéliens d'origine marocaine, de la première à la troisième génération. Nul doute qu'une centaine de personnes en Israêl qui ont visionné le film de Kamal Hachkar le soutiennent. Ils sont fiers de l'Histoire plurielle du Maroc et voudraient appuyer les défenseurs d'une Histoire encore absente des ouvrages en Israël et au Maroc.  
C'est l'Histoire de l'émergence du peuple marocain : musulmans et juifs, berbères et arabes.

Que Dieu bénisse le peuple marocain

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הודעה מלכותית לחנוכת בית ההכנסה

"Alfassiyine גלם השלבים" בפס, שוחזר במלואו

מאמר זה נשלח אלי על ידי ענת לוי-כהן

טכס בהשתתפות אישים רבים יום רביעי סמן את הסופה של שיקום בית ההכנסה בעיר פס, "Alfassiyine גלם שלבים. בהזדמנות זו, מלך מוחמד השישי המלך הלל" העושר והמגוון של מרכיבים רוחניים "של מרוקו בהודעה קראה בשמו של ראש הממשלה האיסלמית. הטכס נערך במדינת פאס (במרכז), המורשת של אונסק"ו, בהשתתפות 200 איש, כולל ראשי הקהילה היהודיה מרוקאי אלא גם הנשיא הבונדסטאג (פרלמנט הגרמני פדרלי) נורברט למרט, שארצו תרמה לשיפוץ המבנה.

בהודעה ממלך מוחמד השישי קוראות בשמו על ידי ראש הממשלה Abdelilah Benkirane, המלך מעלה על נוסו את אלה שתרמו לשיפוצו של בית ההכנסה: "אנחנו רוצים בהזדמנות זו כדי לברך את היוזמה ראויה לשבח זה שהקרדיט מגיע הקרן למורשת יהודיה המרוקאית. גם אנחנו רוצים לחלוק כבוד לממשלה של הרפובליקה הפדרלית של גרמניה ועל אישים ומוסדות הבולטים למאמצים שנעשתה לשימור והשיפוץ אנדרטה זו, שהוקמה במאה ה -17 "." זה, הוא אמר, היא עדות משכנעת לעושר והמגוון של מרכיבים רוחניים של מרוקו והמורשת האותנטית שלו. מורשת זו ניכרת כור היתוך שבו התמזג-המרוקאי היהודיה הספציפית שההיסטוריה שלה יש שורשים במרוקו, דרך מנהגיה ומאפיינים משלה, במשך למעלה משלוש אלף שנה. "" וזה בדיוק מה עברית מאפיין שהוא עכשיו, והקדיש לנו חוקה החדשה של הממלכה, אחד מיובליו של זהות לאומית חילונית, וזו הסיבה שאנו קוראים להחזרה כל המקדשים היהודים בערים שונות ממלכה, כדי שהם כבר לא רק מקומות פולחן, אלא גם מקום לדיאלוג ותחייה תרבותית של ערכי היסוד של התרבות המרוקאית ", הוא אמר, ונזכר במסורת העתיקה של תרבות מרוקנית תיקו המהות שלהם היא שהמרוקאים חדורים עמוק עם הערכים של דו קיום, סובלנות והרמוניה בין המרכיבים השונים של האומה. "ביכולת שלנו כמפקד הנאמן, מחויב להגנה על אמונה ודת ו הבשלתי עם האחריות להבטיח חופש פולחן לכל הדתות השמימיות, לרבות יהדות, שהחסידים הם חלק נאמן נחשב לאזרחים שמקיפים אותנו בהמתמיד אוהב והטיפול-, אנחנו אומרים שאתה מוצא על ידי הוד מלכותנו המגן הנאמן של בעל coœur לקיים האידיאלים האלה, "אמר המלך. אחראי על קרן למורשת תרבותית יהודי מרוקנית (FPCJM), סרג' ברדוגו, לשעבר שר, קבע כי ty החוף הטכס "נושאת מסר של שלום וסובלנות." הבן של סיימון לוי, הנשיא לשעבר של FPCJM שיזם את הפרויקט בשנת 2005, גם דבר. "המסר שרצה ללבוש את האבא שלי הוא שהוא חלק מההיסטוריה של מרוקו שאנחנו עושים מרוקאים, ללא אפליה", אמר ג'ון לוי אז. שיקומו של בית ההכנסה "גלם השלבים Alfassiyine "הופק על ידי תרומות כוללים רפובליקה הפדרלית של גרמניה, קהילה היהודיה של הקרן ז'אק טולדנו פס, סרג' ברדוגו וז'אק ומשפחת לוי סיימון. מכה זו של התרבות היהודיה, שראשיתו מהמאה ה -17, היא המונומנט חשוב של המדינה, של פז, סווג כאתר מורשת עולמית של האנושות על ידי אונסק"ו. בית ההכנסה ממוקמת באל מלאח המפורסם והוא מגובה הדובר Merinid שהיא תופסת באחד המגדלים. אחרי המאה ה -17, הוא שמש כבית מלאכה ושטיח כמו חדר כושר. למרות שימושים אלה שונים ומצבו הקודם עניים מאוד, בבית ההכנסה שמרה על המראה המקורי שלו. מאז אמצע שנתי ה -90, הקרן למורשת יהודיה המרוקאית, בראשותו של סימון לוי ז"ל הצליחה לגייס שותפים נוספים ותורמים כדי להתחיל בשיקומו של מקום פולחן היהודי, נחשבים בתי ההכנסה העתיקה ביותר בפז.

להלן הטקסט של הודעת המלוכה:

"שבח לאלוהים תפילה וישועה על הנביא, משפחתו וחבריו ההוד, השרים, שגרירים ונציגים של מדינות ידידותיות, יואיל הוד, רבנים ונציגים של הקהילה היהודיה המרוקאית גבירותיי והרבות, זה עם תענוג שאנו מקבלים בברכה את כל המשתתפים המכובדים בטכס המפואר הזה אורגן לרגל הפתיחה, לאחר השיפוץ של בית ההכנסה "Alfassiyine גלם השלבים". החנוכה נערכה תחת החסות שלנו נתונה אנו מייחסים עניין מיוחד במורשת תרבותית ורוחנית של הקהילה המרוקאית היהודיה, שהוא שקוע בהיסטוריה והאבות הנכבדים שלנו תמיד להערכה רבה. האירוע שאנחנו רוצים לקדם בברכה זו ראויה לשבח יוזמה שהקרדיט מגיע לקרן למורשת יהודיה המרוקאית. גם אנחנו רוצים לחלוק כבוד לממשלה של הרפובליקה הפדרלית של גרמניה ועל אישים ומוסדות הבולטים למאמצים שנעשתה לשימור ושיפוץ של בניין ההסטורי שתחילתה במאה ה -17. זוהי עדות משכנעת לעושר והמגוון של מרכיבים רוחניים של מרוקו והמורשת האותנטית שלו. מורשת זו דומה לאמיתי כור היתוך שבו התמזג-מרוקאי היהודיה הספציפית שההיסטוריה שלה יש שורשים במרוקו, במנהגים ובמאפיינים משלה, במשך למעלה משלוש אלף שנה. וזה בדיוק מה תכונה שעברית היא עכשיו ונחנך חוקה החדשה של הממלכה, אחד מיובליו של זהות לאומית חילונית, וזו הסיבה שאנו קוראים להחזרה כל המקדשים היהודים בערים שונות בבריטניה, כך ש אם הם כבר לא רק מקומות פולחן, אלא גם מקום לדיאלוג ותחייה תרבותית של ערכי היסוד של התרבות המרוקאית. גבירותיי והרבות, את המסורת העתיקה של תרבות מרוקנית לצייר המהות שלהם היא שהם מרוקאים חדור עמוק עם הערכים של דו קיום, סובלנות והרמוניה בין המרכיבים השונים של האומה, תחת הנהגתו והדרכתו של הכס העלאווי המפואר, שיש לנו אלוהים עליון הפקיד. ביכולת שלנו כמפקד הנאמן מצורף להגנה על אמונה ודת, וקבל את האחריות על מנת להבטיח חופש פולחן לכל הדתות השמימיות, כולל יהדות, שחסידים הם חלק נחשב נאמן של אזרחים שמקיפים אותנו הטיפול-, המתמיד ואוהב שלנו שאנחנו אומרים שתוכלו למצוא הוד מלכות המגן הנאמן שלנו שיש cÂœur לקיים אידאלים אלו. ידי חידוש ביטוח עם כל הטיפול שלנו, אנו מבקשים מהקב"ה שכתר בהצלחה את המאמצים שעשית בשירותו של אינטרס כללי. Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh. "

 

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Histoire. Le Maroc avant l'islam

  • 12 Aoû 2012
  • Par : Abdellah Tourabi
  • La couv
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Histoire. Le Maroc avant l'islam

En 285, les Romains se replient et abandonnent le Maroc au profit des Vandales.

 

L’arrivée de l’islam au VIIème siècle est un moment fondateur et essentiel dans la formation de la nation marocaine. Mais avant que les troupes musulmanes n’atteignent les frontières du Maroc, ce dernier avait déjà une identité, une histoire et une spécificité géographique et culturelle. Retour sur les origines d’un vieux pays et une très ancienne nation.

 

De nombreux historiens marocains aiment rapporter, avec une certaine délectation, cette anecdote qui s’est déroulée dans la cour d’un calife abbasside à Bagdad. Un courtisan, croyant flatter le calife, explique à ce dernier que le monde ressemble à un immense oiseau, dont la tête se trouve en Orient, les deux ailes se déploient au Yémen et en Syrie, le cœur est en Irak, tandis que la queue se situe à son occident, le Maghreb. Un Marocain présent à la cour du calife intervient alors pour confirmer les propos du courtisan en disant : “Oui, le monde ressemble effectivement à un paon”, allusion faite au chatouillant et bel éventail de plumes que forme la queue du paon, la partie la plus noble de cet oiseau. Le calife a souri de la remarque de son hôte marocain et l’a récompensé, pour son mot d’esprit et sa fierté nationale. Comme l’indique cette anecdote, les Marocains ont toujours eu la conviction chevillée au corps d’appartenir à une entité géographique distincte et à une culture et une histoire spécifiques. Leur pays n’est pas exclusivement berbère, arabe, musulman, juif ou africain, mais il est tout ça à la fois. Un mélange, une synthèse.

Un pays mythique
Son ancien nom, Al Maghrib Al Aqsa, l’Extrême Occident, traduit cette singularité et cette spécificité, même aux yeux des étrangers qui le percevaient comme une terre lointaine, excentrée, qui fascine et intrigue. Divers mythes et légendes expriment la curiosité que suscitait le “Far West” du monde : c’est là que vivait Atlas, le géant de la mythologie grecque, qui donne son nom à la chaîne de montagnes, condamné par Zeus, pour son insoumission, à porter sur ses puissantes épaules la voûte céleste. C’est à Tanger que Hercule a ouvert le détroit de Gibraltar en fendant d’un vigoureux coup d’épée deux montagnes, séparant ainsi définitivement l’Europe de l’Afrique. Et c’est dans cette contrée que les Atlantes, peuple mythique descendant du dieu de l’océan, se sont installés pour fonder un empire puissant qui s’étale, selon la légende, du Sénégal aux îles britanniques. L’histoire du Maroc, avant l’avènement de l’islam au 7ème siècle, démontre la spécificité culturelle et géographique du Maroc, “pays détaché de tout autre pays”, comme le décrivait Ibn Khaldoun. L’histoire ancienne démontre comment le Maroc s’est fait et formé de mélanges entre des vagues successives de races, de cultures, de religions et d’influences venant de tout horizon, et dont l’islam et l’arabité ne sont qu’une composante, essentielle et importante.

“Soukan al maghrib al awaloun”
Sans remonter à des temps immémoriaux, il est généralement admis que les premiers habitants du Maroc sont les Berbères, un ensemble de populations apparues depuis plus de 9000 ans en Afrique du Nord suite à des vagues migratoires venues du Proche-Orient. Le déplacement de groupes venant d’Orient et leur installation au Maroc constituent une caractéristique de l’histoire du pays au fil des siècles. Un autre courant migratoire préhistorique est venu de la Méditerranée pour s’agréger et se fondre aux populations venues de l’Orient, pour donner aux habitants du Maroc et du Maghreb une originalité physique et culturelle.

Dans son monumental Histoire des Berbères, Ibn Khaldoun attribue l’origine du mot “berbère” à la difficulté des dialectes parlés par les populations du Maghreb, que les différents envahisseurs n’arrivaient pas à déchiffrer et comprendre. Le grand historien explique alors que le mot “barbara” en arabe signifie des cris incompréhensibles ainsi que les rugissements du lion. Ibn Khaldoun reprend dans son explication une origine plus ancienne du mot berbère, qui dérive du mot latin Barbarus, signifiant étranger à la langue et à la culture des Grecs, et désignant aussi les populations qui vivaient en dehors de l’empire romain.
La question de l’origine des Berbères a toujours été un enjeu crucial et important, qui dépassait le cadre de la connaissance scientifique. La recherche historique a été souvent mise à contribution pour servir des ambitions politiques et forger une vision idéologique de l’identité du Maroc et de son histoire. Ainsi, de nombreux auteurs colonialistes ont voulu prouver l’origine européenne des Berbères, en recourant parfois à des acrobaties scientifiques et des arguments vaseux. La présence de groupes au teint et aux yeux clairs dans certaines zones montagneuses du Maroc a été présentée comme la confirmation que les Berbères sont des descendants de tribus celtes venant du nord de l’Europe. Cette interprétation visait à légitimer la colonisation française en trouvant une origine ethnique commune avec la population autochtone et semer la division entre les Arabes et les Berbères. La recherche anthropologique et archéologique moderne a totalement démonté et invalidé l’hypothèse de l’origine européenne des Berbères, très en vogue sous la période coloniale.

Bienvenue chez les Maures
Dans l’Antiquité, la population berbère d’Afrique du Nord était appelée “les Libyens”. Ce nom recouvrait, chez les historiens grecs et romains, une vaste entité géographique qui s’étendait sur ce qui correspond de nos jours au “Grand Maghreb”. Connus pour leurs qualités militaires et guerrières, les Libyens, ou “les Lebou”, ont pu même accéder au pouvoir en Egypte, avec le roi Chéchonq 1er, pour fonder une nouvelle dynastie de pharaons en 950 avant J.-C. Cette date est considérée comme le début du calendrier berbère.

Mais un autre nom, plus précis, est apparu chez les auteurs grecs et romains pour désigner la population qui se situe à l’ouest de l’Afrique du Nord : les Maures. On ne connaît pas beaucoup de choses, à défaut de traces et de documents écrits, sur cet essaim de tribus berbères qui habitaient sur un territoire correspondant en grande partie au Maroc actuel. D’origine phénicienne, le mot Maures signifie “les Occidentaux” et servait à distinguer géographiquement ce territoire des autres régions d’Afrique du Nord. Le nom de ce peuple aura un autre destin, quand les Espagnols vont l’utiliser, suite à la fin de la présence musulmane en Andalousie, pour désigner ce que nous appelons de nos jours les Maghrébins. Située entre l’Atlantique et oued Moulouya, la population maure était composée essentiellement d’agriculteurs, de pasteurs et de nomades. Le contact avec les Phéniciens, qui ont installé des comptoirs et des escales dans différents endroits du Maroc, a permis aux tribus maures de développer des structures politiques et administratives qui se transforment à partir du IVème siècle avant J.-C en royaume. Les princes et les hauts fonctionnaires maures utilisaient le phénicien comme langue administrative et diplomatique, tandis que les différents dialectes berbères constituaient la langue d’échange entre les populations. La chute de Carthage, qui a entraîné l’effondrement de la puissance phénicienne et l’apparition de l’empire romain, a permis au royaume des Maures d’émerger et de sortir de l’ombre. Les rois maures vont alors entrer dans des alliances complexes avec les Romains pour élargir leur territoire au détriment des autres royaumes berbères d’Afrique du Nord, et notamment les voisins numides.

 

Jeu de rois…
Pendant trois siècles, la dynastie des Bocchus a régné sur le pays des Maures, qui ressemblait beaucoup plus à une confédération de tribus dotée d’un chef qu’à une monarchie centralisée. La fondation du royaume des Maures et son étendue exacte demeurent peu connues en raison de la rareté et la quasi-inexistence même de documents écrits. Les quelques mentions qu’on retrouve chez des historiens romains permettent de croire qu’il s’agit d’un royaume qui s’étendait du nord du Maroc jusqu’à l’Atlas et dont l’oued Moulouya était une frontière naturelle qui le séparait de la Numidie, royaume berbère oriental, parfois allié et souvent concurrent.

Pendant longtemps, le royaume des Maures était ami et soutien des Romains dans leurs différentes luttes en Afrique du Nord. Ainsi, à la fin du IIIème siècle avant J.-C, le roi Baga a fourni à Scipion l’Africain, le célèbre général romain, des contingents de combattants pour livrer un combat final contre la puissante Carthage. La victoire des Romains sur Carthage et la destruction de cette dernière ont dessiné un nouveau visage de la Méditerranée et de l’Afrique du Nord. Un empire est né de cette victoire. L’alliance des Maures avec l’empire romain a permis à la dynastie des Bocchus d’étendre son royaume, de grignoter sur le territoire des voisins et de gagner en pouvoir et en influence. Le déclenchement d’un conflit, entre Rome et le royaume berbère de Numidie, a été une occasion saisie par les Bocchus pour étaler d’une façon spectaculaire le domaine des Maures.
C’est alors que vers 109 avant J.-C, Jugurtha, le jeune roi numide, refuse le plan proposé par Rome de partager son royaume entre différents héritiers, déclenchant ainsi une longue guerre avec les Romains. Jugurtha se tourne alors vers son voisin et beau-père Bocchus 1er, roi des Maures, pour l’aider et le soutenir dans son combat. Mais le roi maure, craignant une réaction dévastatrice de Rome et pensant d’abord à son propre intérêt politique, a fini par livrer son gendre Jugurtha à ses ennemis. La contrepartie de la trahison a été grande : Bocchus 1er a reçu des Romains toute la partie occidentale du royaume numide, qui s’étendait sur une grande partie de l’Algérie actuelle. Les nouveaux sujets des rois maures ont perdu progressivement leur ancienne appellation et le nom de leur royaume déchu, la Numidie, va disparaître pour devenir le pays des Maures.
Mais l’emprise des Romains ne cessera de grandir et leur contrôle sur l’Afrique du Nord atteindra des proportions considérables. La chute du royaume des Maures en l’an 40 avec l’assassinat de Ptolémée, le dernier souverain de la dynastie des Bocchus, a mis fin aux royaumes berbères et placé l’Afrique du Nord sous administration romaine directe.

L’exception culturelle
Pays excentré, bordé de mers et traversé par de massives chaînes montagneuses, représentant peu d’intérêt économique pour les grandes puissances de l’époque, le Maroc antique n’a subi qu’une faible influence culturelle et politique de ses envahisseurs. Les Romains, les Vandales et les Byzantins ont pu successivement occuper le Maroc et empêcher la résurgence de royaumes berbères, mais sans parvenir à marquer profondément sa composition ethnique ou opérer des transformations radicales au niveau de son identité et sa culture. Seul l’islam et les vagues successives de migration arabe réussiront à s’agréger à la composante berbère et fonder les bases de la nation marocaine. Malgré une présence de plus de cinq siècles, les Romains n’ont marqué le Maroc que d’une façon superficielle et l’impact de leur colonisation a été très ténu. La région “Maurétanie tingitane” qui correspondait au Maroc, selon le découpage administratif romain, a été moins latinisée et moins imprégnée par la culture de l’empire, que l’Algérie et la Tunisie. L’occupation romaine est restée confinée à un territoire étroit dans certaines villes comme Tingis (Tanger), Lixus (Larache) et Volubilis. On trouve alors peu de trace de monuments d’envergure que les Romains ont laissés dans d’autres pays, comme les aqueducs, les ponts ou les grandes routes. Deux mondes coexistaient dans ce contexte : une civilisation romaine cloîtrée dans quelques villes-garnisons réservées aux militaires et aux fonctionnaires venus de la métropole et une population qui a gardé intacts ses coutumes, ses traditions et ses dialectes. Les marques de la présence romaine se sont amoindries et effacées avec le rétrécissement de l’empire et l’arrivée de nouveaux conquérants. Vers 429, les Vandales, hordes de tribus germaniques dont le nom est synonyme de destruction, déprédation et pillage, ont envahi le Maroc à la recherche de terres fertiles et de ressources naturelles. Ils se dirigent après vers l’est, pour atteindre l’ancienne Carthage, et ne laissent derrière leur passage que désolation et ruines. Malgré une présence de plus d’un siècle en Afrique du Nord, les Vandales ne laisseront que peu de traces de leur passage au Maroc. Les Byzantins, héritiers de l’empire romain, essayeront de restaurer la gloire et le prestige de leurs ancêtres en partant à la reconquête du Maghreb. Mais ils n’auront que peu de réussite au Maroc et leur zone d’influence est restée limitée à Tanger et Sebta, en raison de la forte résistance opposée par les tribus berbères. Le champ était alors ouvert à de nouveaux conquérants, venus d’Orient, galvanisés par leur religion qu’ils ont pour ambition de répandre et y convertir d’autres peuples : les Arabes.

Quand l’islam débarque
Après la mort du prophète Mohammed, les musulmans vont se lancer, tous azimuts, dans des conquêtes fulgurantes et rapides, avec des troupes légères et peu fournies en hommes et en armes. En quelques mois seulement et avec une petite armée composée de 4000 hommes, les guerriers arabes ont pu venir à bout des Byzantins en Egypte et annexer l’ancienne terre des pharaons au jeune empire musulman. Mais les choses sont différentes et compliquées au Maghreb face à la farouche résistance berbère. Pour l’armée musulmane, il a fallu plus d’un demi-siècle de combats, de raids et de négociations pour contrôler définitivement l’Afrique du Nord : autant de temps nécessaire pour conquérir la Syrie, l’Egypte, l’Iran et l’Espagne réunis ! Oqba Ibn Nafiî, personnage légendaire et combattant fervent et obstiné, symbolise la dureté de la tâche et la violence de la résistance opposée par les Berbères. Nommé par le calife Yazid en 669, Oqba s’est lancé dans une vaste offensive générale au Maghreb. Après avoir défait les Byzantins et construit Al Kairouan, la ville tunisienne, il pousse un long raid vers la pointe occidentale du Maghreb et atteint Tanger, puis chevauche jusqu’au sud du Maroc, pour arriver aux “pays des Noirs”. Selon la légende rapportée par des historiens musulmans, Oqba avança avec son cheval dans les flots de l’Océan Atlantique, ou “la mer des ténèbres” selon l’appellation arabe, et prend à témoin Dieu que s’il avait la possibilité d’étendre sa conquête au-delà de l’océan il n’aurait pas hésité à le faire. En route vers Al Kairouan, Oqba est tué, près de Biskra en Algérie, dans un combat contre la tribu des Awraba dirigée par Kousseila, le chef berbère. Après la mort de Oqba, de nouvelles campagnes militaires musulmanes sont menées au Maghreb et peu d’entre elles atteignent le Maroc. L’alliance des Byzantins et des tribus berbères a donné de la tablature aux troupes envoyées par les califes de Damas et retardé la domination musulmane sur l’Afrique du Nord. Une femme s’est illustrée dans la résistance des tribus berbères de l’Aurès, en Algérie, et a obligé les troupes musulmanes à battre en retraite. Dihiya ou Damiya, selon les sources, surnommée Kahina par les historiens arabes, est passée dans la mythologie maghrébine pour avoir fait face, jusqu’à sa mort, à l’avancée des troupes musulmanes. Mais une nouvelle et dernière offensive a été l’œuvre de Moussa Ibn Noussaïr en 704. Impétueux, fin négociateur et chef militaire déterminé, Moussa Ibn Noussaïr réussit à conquérir tout le Maroc et à convaincre les Berbères de se convertir à l’islam. La nouvelle religion adoptée par les Berbères leur offre alors un lien solide permettant de transcender les divisions locales et tribales et de cimenter les différentes composantes de la population vivant au Maroc. Beaucoup de Berbères ont intégré l’armée musulmane et participé activement et ardemment aux conquêtes menées sous la bannière de l’islam. L’un d’entre eux, Tariq Ibn Ziad, sera même chargé par Moussa Ibn Noussaïr de lancer les troupes à la conquête de l’Espagne. Tout un symbole

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Shlomo Elbaz – Texte établi par Emmanuelle Main (*)

Né en 1921 à Marrakech au Maroc, Shlomo Elbaz est mort à Jérusalem en 2003. Ce sioniste de la première heure, qui vécut au kibboutz Dorot et travailla à l'Agence Juive, ce professeur de littérature française à l'Université Hébraïque, spécialiste de Saint-John Perse, reste surtout dans les mémoires comme le défenseur du petit peuple juif marocain qui ne fut pas toujours accueilli avec beaucoup d'égards en terre d'Israël et comme le chantre d'un rapprochement entre Juifs et Musulmans, entre Israéliens et Palestiniens. 

 

 

En 1983, il fonda le mouvement « L' Orient pour la Paix ». C'est une excellente initiative qu'ont prise les éditions Avant-Propos de publier un florilège de textes de Shlomo Elbaz dont certains sont inédits. On y trouve, bien sûr, un hymne à la gloire des deux villes qui auront marqué sa vie : Marrakech et Jérusalem, des descriptions saisissantes de personnages de son enfance, telle sa grand-mère, Zahra dite Perla, « Imma léziza »qui, en 1900, fugua vers la Palestine, des poèmes également ainsi que des portraits de personnages connus ou moins connus : Yehuda Amihaï, André Chouraqui, Elias Canetti ou encore Ami Bouganim et une étude sur les Juifs berbères et sur le personnage fascinant de la Kahina. Un parallèle étonnant est établi entre Albert Memmi et Sigmund Freud. Ce que Shlomo Elbaz considère comme une « aventure équivoque », l'installation, par centaines de milliers de Juifs marocains en Israël, est raconté avec humour et avec amour, les « Morocco-Sakin » ( Marocains au couteau) des premières années, accueillis au DDT et rejetés d'une certaine façon par l'establishment ashkénaze, ayant fini, bien après la révolte des « Panthères Noires » de Mousrara en 1971, par être enfin acceptés à part entière dans le pays et imposant même à l'échelon national, l'une de leurs coutumes festives, la « mimouna ». Shlomo Elbaz ne manque pas de nous rappeler qu'en septembre 1997, lors d'une réunion du parti travailliste israélien, Ehud Barak formula une demande de pardon à l'adresse des Juifs séfarades. Partisan d'un rapprochement avec le monde arabe et d'une intégration d'Israël dans l'Orient, Shlomo Elbaz n'en était pas moins lucide, rappelant le statut infamant de la dhimmitude imposé aux Juifs en terre d'Islam ou encore les émeutes d'Oujda et de Djerrada en 1948 où 43 Juifs trouvèrent la mort et où 155 d'entre eux furent blessés. Sans oublier la tragédie de la malheureuse Solica Hatchuel décapitée à Tanger en 1834 pour avoir refusé d’embrasser l'islam et, dans un tout autre registre, l'attitude pro-hitlérienne du mufti de Jérusalem, Hadj Amine El Husseini.

 

Dans l'un de ses derniers articles daté de  2003, Shlomo Elbaz jette un regard critique sur l'attitude de l'Europe à l'égard du conflit israélo-arabe. « Le sentiment dominant ici est qu'on ne peut plus compter sur l'Europe » et il lance, entre espoir et scepticisme : « Ah ! Si seulement l'Europe élargie, doublant ainsi le nombre de ses membres, pouvait atténuer les préjugés, les partis pris et les excès consécutifs à la mobilisation anti-israélienne des immigrants nord-africains et islamistes dont l'action se fait sentir davantage en Europe occidentale (tout particulièrement en France et en Belgique) que dans les pays est-européens récemment affiliés ». On se prend à ce demander ce qu'aurait pensé Shlomo Elbaz des problèmes aigus que connaît de nos jours l'Europe et de l'évolution vers un islamisme de plus en plus radical des pays touchés par le « printemps arabe ».

 

Des photographies nostalgiques illustrent cet ouvrage qui, au-delà des « Mrakchis » qu'il séduira sans aucun doute, intéressera tous les Marocains, Juifs et Arabes et, plus généralement, tous ceux qui sont friands de textes agréablement écrits.

http://www.crif.org/fr/alireavoiraecouter/marrakech-j%C3%A9rusalem-patries-de-mon-%C3%A2me-par-shlomo-elbaz-texte-%C3%A9tabli-par-emmanuelle-main/36253

 

Jean-Pierre Allali

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AUJOURD'HUI MARDI 23 AVRIL

Journée mondiale du livre et du droit d'auteur

QUEL MALHEUR !

Et dire que je croyais le Maroc plus progressiste et d'avant garde…  

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Le Salon du livre de Casablanca: 

Salon de l’antisémitisme et de l’apologie du nazisme

22 avril 2013  

livres anti juif 

Pour répondre à Caron qui, face à Véronique Genest, affirmait que Mein Kampf n’était pas un best seller dans le monde musulman, le Salon international de l’édition et du livre (SIEL) de Casablanca s’est tenu où l’on a pu constater que beaucoup de livres présentés étaient des livres antisémites et des livres faisant l’apologie du nazisme. Mein Kampf, il figurait en bonne place !

«Il est effrayant de constater que, nonobstant le “printemps arabe”, la haine des Juifs demeure une constante implacable de la littérature arabe  exposée, laissant des taches indélébiles sur les stands du SIEL. »

« Le thème de cette édition, “La culture des images et l’image de la culture”, était en réalité une image qui fomentait une culture de la haine. »

 

Dans une lettre adressée à M. Mohamed Amine Sbihi, ministre de la Culture du Maroc, Shimon Samuels, directeur des Relations internationales du Centre Simon-Wiesenthal, a présenté les résultats de sa quatrième enquête annuelle sur l’incitation à l’antisémitisme sur les stands du SIEL (Salon international de l’édition et du livre). Ce salon, qui s’est tenu à Casablanca du 29 mars au 7 avril, est le salon du livre le plus important du monde arabe, avec 150 stands marocains, 30 libanais, 20 syriens, 10 égyptiens, 5 saoudiens, 2 palestiniens et 1 libyen. 

M. Samuels a déclaré : « Il est effrayant de constater que, depuis 2010 jusqu’à l’édition 2013 de ce salon, qui s’est tenue du 29 mars au 7 avril dernier, et nonobstant le “printemps arabe”, la haine des Juifs demeure une constante implacable de la littérature arabe exposée, laissant des taches indélébiles sur les stands du SIEL. »

Le rapport attirait l’attention sur les stands les plus problématiques d’Egypte, de Libye, du Maroc et de Syrie (dont plusieurs éditeurs diffusent depuis le Liban) :

« “Dar Al Kitab Al Arabi”, le récidiviste égyptien habituel, expose de manière compulsive théories de complots, déni de la Shoah et tous les stéréotypes antisémites possibles : [Veuillez trouver les photos correspondantes en piècesjointes]

1. “Le début et la fin du peuple juif”, Ahmad Ahmad Ali al Saqa.

2. “Qui crée les dictateurs?”, Majdi Kamel (Hitler, Staline, Mao, Franco, Idi Amin, Bokassa, Noriega, Saddam Hussein, George W. Bush comme créatures des Juifs).

 

3. De droite à gauche sur l’étagère du bas : une série de complots judéo-maçonniques : – “Les secrets des francs-maçons”, – “Les secrets cachés de la franc-maçonnerie”, – “Les scandales de la franc-maçonnerie”, tous par Osama Hamed Mar’i, – “L’organisation secrète la plus ancienne”, Mansour Abdul Hakim.

4. – A droite : “Mein Kampf – Adolf Hitler”, subrepticement placé à côté d’une biographie critique – à gauche : “L’autre visage de Hitler”.

5. “Les assassinats du Mossad”, Adel Al Jawjiri (Cheikh Yassin, Arafat, Meshaal).

6. “Le sionisme et le nazisme”, Abdul Karim al Aluji (les relations secrètes entre les nazis et les juifs dans la lutte pour un Etat juif).

7. “Les protocoles des sages de Sion – Le complot pour dominer le monde”, Mansour Abdul Hakim (la couverture représente des Juifs, des nazis, des communistes, des francs-maçons et de l’argent, tous unis pour dominer le monde).

8. “Iz-a-din Al Kassam : la victoire ou le martyre”, Abdul Karim Al Aluji.

9. “La malice des Juifs”, Said Muhammad Sayd Al-Sanari.

10. – A droite : “La page noire du Livre saint”, Muhammad Husni Yusuf. – à gauche : “Du mur al-Buraq à la barrière de la honte”, A.D. Zainab Abdul Aziz (le mur al-Buraq est l’islamisation du “Kotel” juif ou “Mur des lamentations”).

11. “Les règles des rabbins de Lucifer”, Majdi Kamel.

12. “La religion et la politique entre mensonges sionistes et lois divines”, Muhammad Yunes Hashem.

13. “Le début de la fin” : un rabbin juif prophétise que la dernière captivité des Israélites sera sous domination “ismaélite” (musulmane), Yusef Rashad.

 

L’invité d’honneur cette année a été la Libye, représentée par le stand de son ministère de la Culture, sur lequel nous avons découvert :

14. “Le sionisme et l’Occident impérialiste – qui sont leurs héritiers?”, Alaa-din Hasan Omar bin Dardaf, Al Fadil Press, Benghazi. La couverture représente des symboles ensanglantés de la croix gammée nazie et de l’étoile de David devant la statue de la Liberté. Le discours kadhafiste antisémite/anti-américain se poursuit sur le stand officiel de “la nouvelle Libye”.

15. Même livre, page intérieure.

 

Sur un des stands du pays hôte, le Maroc, Dar Afak a présenté :

16. – A droite : “Le sionisme non juif”, Regina Sharif, Al Shuruq Press.  – au centre : “L’extrémisme juif et les courants politico-religieux en Israël”, Huweda Abdul Hamid Mustafa. – à gauche : “Le messie juif et la fin du monde”, Rida Hilal.

17. “Le terrorisme saint en Israël”, d’après Noam Chomsky, Laula Hafez.

Les stands syriens masquaient les massacres du régime en exploitant l’éternel bouc émissaire juif :

18. Dar Al Awael Press, “L’Amérique, Israël et le 11-Septembre”, traduit  de l’ancien chef du Ku Klux Klan, David Duke.

19. Page intérieure du même livre.

20. Dar Al Awael Press, “Comment le terrorisme israélien et la traîtrise américaine ont causé le 11-Septembre”, traduit de David Duke.

21. Page intérieure du même livre.

22. Dar Al Awael Press, “L’Iraq d’abord : la Blitzkrieg israélienne sur le pétrole du Moyen-Orient : l’opération Shekhina”, Joe Vialls, feu le théoricien australien du complot antisémite.

23. Dar Al Awael Press, “Les secrets de la guerre sainte”, Tareq Mustafa Al-Jundi et Husam Hamad Badawi.

24. Les éditions Khatawat, “Le grand complot”, Hasan Latsh. La couverture affiche une étoile de David sur une carte de l’Afghanistan.

25. – Au centre : Madbuli Press, “Le Talmud”, Layla Ibrahim Abu al Mayd. – à droite : Madbuli Press, “Les judéo-francs-maçons dans les révolutions et les constitutions ».

26. Dar al Murshid al Thikafi, “Le lobby israélien et la politique étrangère américaine”, Meershesmer et Walt.

27. Riyad al Rayyes, Liban, “L’Amérique et les génocides culturels – la malédiction anglaise de Canaan”.

Les éditeurs syriens ci-dessus sont basés à Beyrouth. »

M. Samuels a laissé entendre que « ce qui est encore plus déconcertant, c’est que, apparemment, tous ces textes odieux ont été approuvés par le SIEL, d’après les Conditions de Participation figurant sur votre site Web :

Article 6: “Pour l’étude des dossiers des exposants et des listes des livres, une commission gouvernementale spécialisée est constituée de deux (2) représentants de chacun des Ministères : de la Culture, des Habous et Affaires Islamiques, de la Communication, en plus de deux représentants des éditeurs et d’un distributeur éditeur, et ce, conformément aux procédures règlementaires en vigueur.”

Article 9: “Ne peuvent être exposés ou vendus que les livres figurant sur la liste visée par la commission…”

Article 13: “Les publications exposées ne doivent pas porter atteinte aux bonnes mœurs, ou être contraires à la souveraineté du Royaume du Maroc ou à ses préceptes religieux ou encore heurter la sensibilité publique.”

Article 34: “Toute Infraction à ce règlement est passible d’une des sanctions suivantes : … Saisie des ouvrages qui ne figurent pas sur les listes… Fermeture du stand… Rejet définitif de participation aux éditions futures du Salon.” »

La lettre affirmait : « Il semblerait que les livres antisémites découverts lors de notre visite non exhaustive ne soient que la partie émergée de l’iceberg. Est-ce que cette liste de littérature haineuse a été approuvée par votre Commission? Est-ce que l’antisémitisme “ne porte pas atteinte aux bonnes mœurs”, “ne heurte pas la sensibilité publique”  ou n’est pas “contraire aux préceptes religieux du Maroc” ? »

Le Centre a signifié que « nous partageons avec le Salon du livre de Francfort cette liste d’éditeurs délinquants pour qu’ils soient bannis de son édition 2013.

De même, nous demandons instamment au Maroc de respecter l’article 34 des Conditions de Participation au SIEL et de refuser catégoriquement la présence de ces éditeurs délinquants à son édition 2014. »

La lettre soulignait que « le thème du Salon de Casablanca cette année était : “La culture des images et l’image de la culture.” En réalité, l’image de ce salon fomentait une culture de la haine. »

M. Samuels a conclu sa lettre en ces termes : « Le Maroc et sa diaspora juive ont de tous temps tissé une relation d’affection et un modèle de tolérance. Nous vous prions de faire en sorte que le Salon de l’année prochaine reflète ces valeurs et que la littérature arabe sélectionnée sur les stands contribue à une culture de la paix. »

Quatrième rapport annuel du Centre Wiesenthal sur l’antisémitisme au Salon international de l’édition et du livre (SIEL) de Casablanca

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Tribune

Publié le 9 Avril 2013

À Cordoue, on vivait en arabe, on pensait en grec, on priait en hébreu

http://www.crif.org/fr/tribune/%C3%A0-cordoue-vivait-en-arabe-pensait-en-grec-priait-en-h%C3%A9breu/36200

Par Jacques Attali 

Dans le cadre du dossier consacré aux successeurs de Maïmonide et Averroès qui figure dans le nouveau numéro de l’Arche, six personnalités évoquent ces deux penseurs et leur influence. Voici le témoignage de Jacques Attali, auteur de plusieurs livres sur le sujet.

Il est important, lorsqu’on parle d’Averroès, de citer son nom arabe Ibn Rushd. Averroès est un nom latin qui lui a été donné au XVe siècle par des gens qui ne l’aimaient pas. Ce qui rapproche ces deux hommes, c’est la concordance des dates. Ils sont nés au même endroit, avec quinze ans d’écart. Il est possible, et c’était d’ailleurs le sujet du roman que j’ai écrit à leur propos, qu’ils se soient rencontrés, bien que ce soit peu probable. Les deux sont des Espagnols issus de Cordoue. Ils sont partis au Maroc pendant un moment. Fils de juristes et avocats, ils professent le métier, entre autres, de médecin. On peut difficilement faire plus proches. Évidemment, ils sont aussi tous les deux, et c’est peut-être le plus important, des juges et de grands théologiens de leurs univers, musulman pour l’un et juif pour l’autre, mais surtout fanatiquement proches de la pensée d’Aristote. Sachant qu’Ibn Rushd a quinze ans de plus que Maïmonide, il est vraisemblable, en regardant leurs textes, qu’il a été influencé par son aîné. Pas le contraire. 

Ibn Rushd est plus audacieux dans ses propos que Maïmonide. En particulier sur l’éternité de l’univers. Par contre, Maïmonide est plus audacieux qu’Ibn Rushd sur un point précis : le caractère totalement abstrait de Dieu. 

Ce qui les distingue, c’est que l’un a fini sa vie très mal, progressivement abandonné par les dirigeants du monde musulman, conscients qu’il était trop audacieux pour eux. Si Ibn Rushd avait été suivi, il aurait amené l’islam dans une toute autre direction. Sa grande thèse étant qu’il n’y a pas de contradiction entre la raison et la foi. Une thèse oubliée peu après lui par l’islam… et par le catholicisme. Maïmonide est resté la référence suprême de son peuple, considéré comme un grand maître, rayonnant auprès des juifs, puis en Occident en général. Tandis qu’Ibn Rushd a été totalement censuré par l’islam qui a suivi, pratiquement jusqu’aujourd’hui. Ce qui est d’autant plus regrettable, Ibn Rushd étant un plus grand penseur que Maïmonide. Aristotéliciens, les deux hommes ont tenté de concilier le monothéisme et la science telle que le philosophe grec la concevait.

Maïmonide est clairement un penseur organique, tandis qu’Ibn Rushd se voulait organique. Mais en raison de ce qui s’est passé, à savoir la victoire de l’obscurantisme à ce moment-là, il s’est révélé un penseur critique. Mais aucun ne se voulait critique, désirant penser à l’intérieur de leur foi. 

Leurs successeurs sont nombreux. À commencer par Thomas d’Aquin, René Descartes et Giordano Bruno. Et puis, bien entendu les Lumières. C’est par eux, plus que par Byzance et Florence, que la pensée grecque va revenir en Occident. Ils vont donc être très importants dans la naissance du monde des Lumières. Maïmonide a été beaucoup utilisé et a nourri la pensée juive par ses commentaires, plus qu’Ibn Rushd, étudié depuis peu. En 1149, la victoire des plus orthodoxes à Cordoue a conduit progressivement à éteindre les Lumières de l’islam qui étaient alors bien plus audacieuses que les Lumières de l’Occident. Ceux qui aujourd’hui encore dans l’islam se réfèrent à Ibn Rushd sont souvent contestés. Tous les intellectuels musulmans modernes se réfèrent à lui comme tous les intellectuels juifs sont conscients de l’importance jouée par Maïmonide dans la transmission de la jurisprudence. 

L’âge d’or andalou se réfère à cette époque où on passait d’une religion à l’autre, on allait aux fêtes des uns et des autres. Comme disait un poète juif : « On vivait en arabe, on pensait en grec et on priait en hébreu. » Tout cela constituait une extraordinaire symbiose. Malgré tout, ils vivaient sous une dictature théologique. Les juifs, tout comme les chrétiens, vivaient comme des dhimmis, des citoyens secondaires. Cet âge d’or impliquait donc à la fois de grandes tolérances et de grandes fermetures. 

Propos recueillis par Steve Krief 

Jacques Attali est économiste et auteur du roman La Confrérie des Éveillés, consacré aux deux penseurs (Fayard, 2004).

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