Bacri-Badach-Baha

BACRI

Nom patronymique d'origine arabo-hébraïque, sans doute dérivé de "Bekhor", le fils aîné, et au figuré, un trait de caractère: l'homme précoce, empressé, qui devance les désirs des autres. En restant dans la même origine, et en se basant sur le fait que ce patronyme était dans le passé un additif à Cohen, Ismael Hamet avance une hypothèse plus audacieuse, se référant aux prêtres du Temple qui assuraient le premier service du matin, les Cohen, qui se levaient de bon matin. Autre explication, en restant toujours dans la racine hébraïque: dérivé de Baker, de la descendance d'Ephraïm. L'objection est que ce patronyme est également porté par les Musulmans. D'où l'explication proposée par le rabbin Eisenbeth basée sur l'autre sens du mot en arabe: indicatif d'un métier, bouvier, éleveur ou marchand de bétail. Autre hypothèse, basée sur l'origine italienne de l'illustre famille Bacri d'Alger, patronyme d'origine italienne, altération du patronyme arabe Bokhriss, l'homme à la boucle d'oreille (voir Bokhriss). On peut y trouver un début de confirmation dans le fait que, selon le rabbin Eisenbeth, ce sobriquet n'était au départ qu'un ajout au nom principal du fondateur de la famille: Cohen, Cohen-Bacri. En tout cas c'est ainsi que, dans leur propagande, les antisémites d'Algérie, si virulents à la fin du siècle dernier, interprétaient le nom de la famille pour se moquer de sa soit-disant origine italienne. Selon la tradition conservée dans la famille, elle serait originaire d'Egypte, ses ancêtres ayant ensuite quitté la vallée du Nil pour Livourne, en Italie, au début du XVlème siècle, pour répondre à l'appel du prince de Médicis, désireux de développer le port de Livourne pour desservir sa capitale, Florence. Les fondateurs de la célèbre famille Bacri d'Alger arrivèrent de Livourne au XVIIème siècle. Autre orthographe: Bacry. Au XXème siècle, nom peu répandu, porté uniquement en Algérie (Alger, Aïn-Beida, Constantine, Bougie, Oran, Blida, Cherchell).

  1. DAVID COHEN-BACRI: Fils de Samuel, rabbin-juge à Bougie au XVIIIème siècle.

MICHAEL COHEN-BACRI: Le fonda­teur de la maison de commerce la plus prospère d'Algérie à la fin du XVIIIème siècle, grâce au réseau de ses relations familiales à Marseille, Gênes, Livourne, Manchester, Naples, Alexandrie et Tunis. Né à Livourne, il se transporta pour ses affaires à Alger en 1774. Spécialisé dans les échanges internationaux, il fut le premier à recevoir exceptionnellement le droit d'exporter l'orge et le blé vers la France et l'Angleterre – denrées tradition­nellement interdites d’exportation dans les pays musulmans. Pour obtenir cela, il avait intéressé le Dey dans ses affaires, et c'est lui qui avançait les fonds nécessaires. Le montant de leurs transactions atteignait des sommes astronomiques pour l'époque, sans précédent dans l’histoire de l'Algérie. C'est ainsi qu'ils ravitaillèrent et sauvèrent de la famine au moment de la Révolution et du Directoire le sud de la France, et furent ensuite les fournisseurs des armées de Napoléon. C'est, on le sait, le différend sur le paiement de cette dette qui devait aboutir une quarantaine d'années plus tard à la conquête de l'Algérie. Prétextant les changements de régimes et le fait que, parallèlement, la maison Bacri avait ravitaillé Gibraltar, la base du pire ennemi de la France – l'Angleterre – les différents régimes se succédèrent à Paris sans apurer cette énorme dette.

JOSEPH COHEN-BACRI: Il réalisa par mariage la fusion avec l'autre grande maison de commerce d'Alger, en épousant la fille de Naftali Boujenah. La toute- puissance de la maison de commerce Bacri-Boujenah devait susciter de féroces jalousies et rivalités, surtout parmi les janissaires turcs. La hausse du prix du blé, conséquence de la liberté d'exportation, devait provoquer un très vif méconten­tement populaire, dont les Juifs étaient tenus responsables. Ce mécontentement des masses, attisé par les janissaires, aboutit au grand pogrom de 1805. Les émeutiers pillèrent les énormes entrepôts de céréales de la maison Bacri-Boujenah et les autres propriétés juives, faisant un très grand nombre de victimes parmi la population juive. Le Dey ayant réussi à rétablir l'ordre au prix d'une féroce répression, les Bacri reprirent leurs activités et leurs postes à la tête de la communauté. C'est ainsi que son fils, David, fut nommé Mokadem de la communauté, poste qu'il occupa jusqu'à son assassinat par des janissaires, en 1811. C'est son père, Joseph, qui lui succéda alors à ce poste. Les abus de sa gestion, surtout dans la répartition de l'assiette des impôts entre les membres de la commu­nauté, devinrent si criants, que les sept grands rabbins de la communauté, conduits par rabbi Itshak Aboulker, osèrent s'en plaindre devant son protecteur, le Dey. Mal leur en prit, car au lieu d'écouter leurs doléances, le Dey, qui était son complice, ordonna de les décapiter sur le champ. Ce scandale, d'une gravité sans précédent, finit par ternir définitivement son prestige, même auprès de son protecteur, le Dey lui- même, qui finit par lui retirer sa confiance et l'envoyer en exil à Livourne, où il devait mourir dans le plus grand dénuement. Mais la famille Bacri resta bien en cour. Il fut en effet remplacé comme Mokadem par son propre frère, Jacob, avec qui il était également en conflit.

DAVID COHEN-BACRI: fils de Joseph Il géra et aggrandit encore la maison de commerce familiale en maintenant les meilleures relations avec le Dey. C'est ainsi que, lorsque ce dernier enleva aux mar­chands français le port de Bône, il lui en confia le monopole. Mais quand le Dey se reconcilia avec les Français, il leur rendit le port et, en dédommagement, confia à David le monopole du commerce dans le port de Bougie. Il acquit un grand nombre de navires et se spécialisa notamment dans le rachat des prises des corsaires français sur les navires battant pavillon anglais – ce qui ne manqua pas de provoquer la colère de la Couronne britannique. La flotte anglaise saisit en 1807 un navire anglais racheté par la maison Bacri-Boujenah aux corsaires français et l'amena à Malte, ce qui provoqua de vives protestations du Dey en faveur de son protégé. Après les émeutes de 1805, il fut, comme nous l'avons dit, nommé Mokadem et restera à son poste jusqu'à son assassinat sur ordre du Dey ,en 1811.

JACOB COHEN-BACRI: Frère de Joseph. Il fut longtemps le représentant de la maison-mère à Marseille et à Paris. 11 y acquit le sens des relations diplomatiques, ce qui lui fut très utile à son retour en Algérie, quand il fut nommé Mokadem. Il conserva ce poste pendant plus de 15 ans, de 1816 à 1831, servant sous quatre Deys, jusqu'à l'occupation française. Il fut même maintenu un an à son poste par les nouvelles autorités militaires. Auparavant, il avait tenté, en vain, de trouver enfin une solution au problème toujours pendant de la dette française pour la fourniture de blé qui, avec le temps et le jeu des intérêts, avait pris des dimensions gigantesques et empoisonnait en permanence les relations entre les deux pays. En 1827, le Dey – qui avait avancé l'argent à la maison Bacri- Boujenah et était donc personnellement partie prenante – devait, au cours d'une audience tendue, exiger du consul de France que son pays honore enfin la dette qui l'avait sauvé de la famine. Devant sa réponse évasive, le Dey s’était emporté et avait jeté son éventail à la figure du diplo­mate. Ce qui est resté dans l'histoire comme "le coup de soufflet d'Alger" fut à dessein gonflé en France et présenté comme une offense à la nation, et donna à la Restauration, avide de prestige extérieur, le prétexte de monter une opération punitive qui aboutit au débarquement de 1830, avec les conséquences que l'on connaît.

HENRI: Educateur et hébraïsant à Alger. Il fut le premier et dernier directeur du lycée juif Rambam, fondé à Alger en 1943 et fermé en 1945, faute de moyens et d'intérêt de la part de la communauté qui, après l'exclusion de la guerre, ne voulait plus entendre parler que de l'école laïque française et abandonna le magnifique réseau d'écoles créé en 1941 pour pallier à la fermeture des écoles françaises sur ordre du gouvernement de Vichy.

HENRI: Fils de Jacques Bacry, prépa­rateur en pharmacie. Universitaire français, né à Alger en 1928. Docteur ès-sciences, agrégé en sciences physiques. Ancien attaché au Centre européen de recherches nucléaires. Attaché au C.N.R.S.. Il est l'auteur d'un grand nombre d’ouvrages scientifiques, dont: "Leçons sur la théorie des groupes et les symétries des particules élémentaires" (1967); "Locability and Space in quantum physics" (1988); "Introduction aux concepts de la physique statistique" (1990).

CLOTILDE: Fille de Jacques Bacri, antiquaire. Présidente de société, née à Nice en 1940, dans une famille originaire d'Algérie. Ancienne élève de l'Ecole du Louvre. Vice-présidente de la compagnie française de cristal, Daum.

ROLAND: Journaliste français, né à Alger en 1926, un des collaborateurs les plus connus du journal satirique parisien, "Le Canard Enchaîné", où il tient une mbrique depuis des dizaines d'années, réputée pour la saveur de son argot. Auteur de plusieurs romans dont: "Le petit poète" (Paris, 1957), "Et alors ! Et voilà!" (Paris, 1968), "Le beau temps perdu et Bal-el-Oued retrouvé" (Paris 1978), "Trésor des racines pataouètes" (Paris, 1983), "Les rois d'Alger" (Paris, 1988), "La légende des siestes" (Paris, 1973), histoire de la famille et de l'Algérie, "L'obsédé sexuel" (Paris, 1974), recueil de poèmes, et "Journal d'un râleur" (Paris, 1996).

BADACH

Nom patronymique d'origine arabe, au sens difficile à cerner. Il semble qu’il soit indicatif d'un trait de caractère, courageux, téméraire, identique au patronyme marocain Bettach (voir Bettach). Autre orthograhe: Badas. Au XXème siècle, nom très peu répandu, porté en Algérie (Ornais) et en Tunisie.

BAHA

Nom patronymique d'origine hébraïco-berbère, diminutif berbère de la région du Sous, au sud du Maroc, du prénom masculin hébraïque Abraham, porté aussi bien chez les Musulmans (voir la tribu des Ait Baha dans l'Anti-Atlas) que chez les Juifs. Ce nom figure sur la liste Tolédano des patronymes usuels au Maroc au XVIème siècle, précédé de l'indice de filiation: Ben Baha. Au XXème siècle, nom extrêmement rare, porte uniquement au sud du Maroc (Safi, Mogador).

  1. MESSOD BEN: Rabbin-juge à Meknès au début du XVÏÏIème siècle, contemporain de rabbi    Yaacob Abensour.

 YAHYA BEN: Un des 12 rabbins et notables de la communauté de Safi, signataire au nom des Tochabim de la Takana de1764 commune avec les Mégourachim. – avec son parent Shélomo Ben Baha.

LEVI BEN: Notable et riche négociant de, la communauté de Mogador à la fin du XVIIIème siècle

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