Contes populaires racontes par les Juifs du Maroc-Dr Dov Noy-Jerusalem 1965

LA VERITE FINIT TOUJOURS PAR TRIOMPHER

Le sage Rabbin Salomon Tamsouth. que sa mémoire soit bénie, était aussi marchand de parfums. Un commerçant arabe était l’un de ses fidèles clients et ses commandes, il les payait parfois au comptant, mais la plupart du temps il achetait à crédit jus­qu’à ce que sa dette atteignît une grosse somme. Voyant que le rabbin n’avait pas beaucoup de clients, l’Arabe lui dit: “Si tu as besoin d’argent, viens dans ma maison et je te paierai tout ce que je te dois.”

Le rabbin avait vraiment besoin d’argent et il se rendit chez l’Arabe. Celui-ci l’invita à entrer dans sa maison. Quand le Rabbin Salomon eut passé le seuil de la porte, l’Arabe se jeta sur lui et le tua. Il enterra le cadavre dans un domaine près de sa maison.

La mère et la femme du sage attendent son retour mais le Rabbin ne revient pas. Le lendemain, toute la famille attend son retour, mais en vain. Finalement, la mère du Rabbin éclate en sanglots et s’écrie: “Où te trouves-tu, Salomon, mon fils? Où te trouves-tu?” et elle est inconsolable dans sa douleur.

La nuit, dans son sommeil, elle voit en rêve le sage et celui-ci lui dit: “Le marchand arabe m’a tué et m’a enterré dans son domaine. Là, tu me trouveras dans ma tombe.”

Le lendemain, la mère du Rabbin Salomon se rendit avec des policiers dans la maison du marchand arabe et lui demanda: “Où est mon fils?”

“Je ne l’ai pas vu”, répondit l’Arabe.

La mère cria alors de toutes ses forces: “Salomon, mon fils, où es-tu?”

On entendit alors un faible soupir, mais on ne savait pas d’où venait la voix. Que fit la mère? Elle se mit à crier une deuxième fois de toutes ses forces: “Fais-moi signe Salomon, pour que je sache où tu te trouves.”

Que fit le sage, bénie soit sa mémoire? Il sortit sa main de la terre et les policiers et tous ceux qui se trouvaient là virent le signal. Ils se mirent à creuser la terre et finirent par trouver le corps de l'homme saint. Ils exhumèrent le mort et l’Arabe fut jeté en prison. Le roi condamna le malfaiteur à être empri­sonné à perpétuité et ordonna par ailleurs que tout ce qui se trouvait dans sa maison, soit remis à la mère du sage.

Jusqu’à ce jour, de nombreux malades, surtout ceux qui souf­frent de paludisme, visitent la tombe du Rabbin Salomon Tamsouth. Ils se prosternent sur la tombe, récitent des prières et gué­rissent, car même après sa mort, ce juste a encore un grand pouvoir sur les hommes.

LA CHAMBRE DE LA JUIVE DE MARRAKECH

En l’an 1557, le roi du Maroc dit à son Grand Vizir: “Trouve- moi dans la ville de Marrakech un endroit convenable pour la construction d’un nouveau quartier juif.”

Le Vizir lui dit: “Votre Majesté, près de Touznan el-Afiya, non loin du château du roi, il y a un endroit qui conviendrait à ce projet.”

Ainsi fut fait: les Juifs de Marrakech changèrent de quartier et le roi qui s’efforçait toujours d’être juste fit en sorte que les Juifs ne perdent pas au change. Ceux qui voulaient échanger leur maison contre une autre étaient autorisés à le faire et ceux qui préféraient recevoir de l’argent obtinrent la contre-valeur en espèces. Chacun était libre d’arranger les choses selon ses intérêts et sa volonté.

A cette époque vivait à Marrakech une veuve, qui ne voulait à aucun prix quitter sa maison et aller habiter dans un autre Mellah. “Jamais, dit-elle, je ne quitterai l’endroit où ont habité mes pères;

Le roi donna ordre d’amener la femme rebelle devant lui et il lui dit: “Femme, quitte l’endroit où tu habites et va t’installer dans le nouveau quartier.”

La femme répondit: “Votre Majesté, je ne quitterai jamais l’endroit où j’habite et où ont habité mes parents, mes grands-parents et mes arrières grands-parents, et si on m’évacue de force, le péché pèsera sur le roi.”

Le roi ordonna à ses soldats: “Laissez-là où elle est, mais le jour où cette femme mourra, faites-le moi savoir.”

Un jour, la vieille mourut et les Juifs l’enterrèrent au cime­tière et les Musulmans allèrent chez le roi pour lui raconter ce qui s’était passé. Le roi donna alors cet ordre: “Que la chambre de cette Juive reste fermée et qu’on ne l’ouvre jamais.”

Et ainsi fut fait: la chambre fut fermée et sur la tombe on fit construire un mur qui s’y trouve encore aujourd’hui. Et au­jourd’hui encore on appelle cet endroit: “La chambre de la Juive”.

LE HEROS EST CELUI QUI DOMINE SES INSTINCTS

Un jour, le roi convoqua chez lui les représentants des diffé­rentes religions — un Musulman, un Chrétien et un Juif. Aux dignitaires de chaque religion, il dit: “Désignez vos héros pour qu’ils participent aux compétitions et celui qui vaincra obtiendra un prix.” Le roi n’avait pas précisé de quel genre de compétition il s’agissait.

Dans les communautés musulmane et chrétienne de nombreux candidats se présentèrent, mais aucun Juif n’osa présenter sa candidature car aucun membre de la communauté ne se con­sidérait comme un héros. Mais au dernier moment, un pauvre petit Juif, qui avait à peine la force de traîner son corps misérable, se présenta. Ce fut un éclat de rire général et on se moqua du malheureux. Mais celui-ci croyait en Dieu et il se fit, à lui-même, cette réflexion: “Ou bien j’obtiendrai le prix ou bien une fin sera mise à ma vie malheureuse. Dans les deux cas je serai ré­compensé de mes efforts.”

Le roi appela le Musulman et lui dit: “Mange ce cornichon épicé, mais sans dire: ‘akh!’.”

Le Musulman se mit à manger le cornichon qui était très épicé. Au début il se tut, mais après un certain temps il ne pouvait plus se retenir car le cornichon lui brûlait la langue et le palais et il cria: “akh!” Le roi le renvoya en se moquant de lui…

Le Chrétien subit le même sort que son prédécesseur.

Arriva le tour du Juif. En mangeant le cornichon, il avait l'impression que les épices brûlaient sa bouche et ses intestins. Mais il se mit à chanter en tirant en longueur la dernière syllabe de chaque vers: “Mon nom est Zemakh, et j’habite au Mellakh. Je suis connu au Mellakh car je m’appelle Zemakh…” Le roi s’aperçut que le Juif chantait et ne criait pas “akh” comme ses prédécesseurs et il lui donna de nombreux cadeaux. Il déclara également que le Juif avait fait preuve d’héroïsme en dominant ses instincts. Dans sa générosité, le roi n’accorda aucune attention au fait que le dernier mot de chaque vers que le Juif chantait se terminait par la syllabe “akh”.

Contes populaires racontes par les Juifs du Maroc-Dr Dov Noy-Jerusalem 1965-page 79-82

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