Les veilleurs de l'aube-V.Malka

LES VEILLEURS DE L'AUBE – VICTOR MALKA

Le poète est confronté au cours de son travail à une autre difficulté qu'il vit comme « une souffrance et une douleur». Il est conscient d'écrire non dans sa langue —maternelle, mais dans une langue étudiée et qu'il s'est à moitié (à moitié seulement) appropriée. Il reconnaît avec amertume, dans un de ses poèmes les plus représentatifs, que l'hébreu le met face à de « grands problèmes ». Pourtant, c'est la langue qu'il aime par-dessus tout, celle dans laquelle il est le plus heureux et le plus épanoui, dit-il. Celle des hymnes qu'il aime à chanter, ainsi que le faisait le roi David. 

Il affirme que l'hébreu qu'il utilise est celui de la Bible mais il a conscience qu'il s'agit là, par la force des choses, à cause de ce qu'ont été les « exils et les errances », « d'une langue courte et qui ne permet pas au poète d'ex­primer totalement la gamme des différents sentiments qu'il peut éprouver ». Il se sent relativement diminué dans ses possibilités, freiné dans ses élans poétiques, prisonnier d'un vocabulaire forcément réduit et parfois inadéquat. Certes, cet hébreu est la langue dans laquelle les prophètes ont jadis parlé au nom  de Dieu, mais il n'hésite pas à ajouter que, à ses yeux, l'arabe est pour lui une langue plus vaste et dans laquelle le poète peut à loisir choisir ses mots. 

Cependant, afin que nul n'en ignore, il écrit coup sur coup deux poèmes où il chante la gloire de l'hébreu et son amour pour la langue de ses origines. En analysant ces deux textes, Yossef Chétrit relève ce qu'il appelle une influence de poèmes ayant paru dans des journaux juifs en Europe. Elkaïm ferait, en outre, une légère allusion à l'œuvre d'Eliezer ben Yehouda qui, en Europe, a entrepris d'œuvrer pour la renaissance de la langue hébraïque. 

Dans un de ces poèmes, David Elkaïm compare l'hé­breu à une rose dans un jardin : « Réveille-toi, langue de vérité, langue claire, pourquoi sommeilles-tu ? Retrouve les jours de ta jeunesse, glorieuse, et n'éprouve pas de honte. 

Voici ce qu'écrit Yossef Chétrit en guise de conclusion à l'étude qu'il consacre à l'œuvre de ce poète :

Nous sommes là confrontés à une poésie qui a des accents personnels particuliers. Nous nous trouvons face à des sources d'inspiration nouvelles et même surprenantes. Bref, nous avons affaire à l'œuvre d'un grand poète qui a réussi à restituer un monde spirituel et culturel, celui d'un artiste et d'un disciple des sages dans une des commu­nautés juives de la fin du xixe et du début du xxe. Il s'agit d'un des plus grands poètes hébraïques en Afrique du Nord, peut-être du plus important d'entre eux.

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