La persecution anti-juive-Joseph Toledano-L'accueil des réfugiés d'Europe

La persecution anti-juiveLe choc de la défaite

Dès le déclenchement de la guerre, le sultan, comblant les attentes légitimes de la communauté juive, se place sans hésiter dans le camp de la civilisation contre la barbarie nazie, identifiant son destin avec celui de la France, même si son appel ne n'adressait nommément qu'à ses sujets musulmans:

Le croyant est celui qui reste toujours fidèle à ses engagements. C'est aujourd'hui que la France prend les armes pour défendre son sol, son honneur, sa dignité, son avenir et le nôtre, que nous devons être nous-mêmes, fidèles aux principes de l'honneur de notre race, de notre histoire, de notre religion… A partir de ce jour et jusqu'à ce que l'étendard de la France et des alliés soit couronné de gloire, nous lui devons un concours sans réserves, ni ne lui marchander aucune de nos ressources et ne reculer devant aucun sacrifice… Nous ne doutons pas que la victoire finale sera pour le droit et la vraie civilisation… Sans y avoir été appelée, la communauté juive voulait apporter plus que son soutien financier et des centaines de jeunes se portèrent volontaires pour la durée de la guerre pour combattre dans les rangs de l'armée française. Des centres de recrutement sont ouverts dans toutes les villes. Mais contrairement à leurs compatriotes musulmans, très nombreux, les volontaires juifs ne furent pas mobilisés – à leur immense déception.

Evidemment il est permis de regretter que notre concours n 'ait pas été accepté avec la spontanéité que nous avons mise à l'offrir. Mais il ne faut pas pour autant que notre fidélité soit affectée par cette réserve. (L'Avenir Illustré, mai 1940).

Cette déception se transforma en stupeur panique à l'annonce de la débâcle de l'armée française balayée par l'offensive-éclair de la Wermacht, momentanément atténuée par la détermination des autorités françaises locales à prendre la relève de la France défaite et à continuer le combat à partir de son empire. Dans un message radiodiffusé, le Résident Général proclamait le 17 juin:

J'ai reçu avec joie et fierté de tous les groupements du Maroc, ainsi que de tous les milieux français et indigènes, les témoignages de foi patriotique les plus émouvants. Unanimement ils expriment leur désir de défendre par les armes jusqu'au bout le sol de la France et celui de l'Afrique du Nord et de remplir leur devoir de solidarité envers les populations nord-africaines qui ont combattu à leurs côtés. Nos amis en France, surmontant toutes les difficultés, continuent à se battre avec un courage magnifique. Il n 'est pas question pour le moment de cesser le feu…

Trois jours plus tard, volte-face – il se rallie sans réserve au maréchal Pétain qui demande officiellement aux Allemands et aux Italiens, entrés en guerre une semaine plus tôt, d'ouvrir les négociations pour l'armistice. Signé le 22 juin, l'armistice garantissant l'intégrité territoriale de l'Empire français et éloignant le spectre de l'invasion du Maroc par l'armée allemande à travers l'Espagne – qui, conditionnant l'abandon de sa neutralité à l'unification du Maroc sous sa souveraineté – s'était déjà "servie" sans attendre, en occupant Tanger qui perd de ce fait, son statut international. Sans pour autant que l'Espagne, pourtant alliée idéologique du nazisme, songe à y introduire une législation anti-juive comme en témoigne dans son autobiographie "Mon passé marocain", Aïda Pinto- Tolédano:

Je n'oublie pas que nous avons vécu pendant la Seconde Guerre Mondiale sous un régime franquiste, neutre mais fasciste, au service des Allemands. Néanmoins, les Espagnols n'ont pas pour autant pratiqué les lois antisémites ni en Espagne ni à Tanger, et ce, malgré les fortes pressions nazies… Le sort nous avait épargnés. La France n'était plus notre idole: elle nous avait trahis…. Les régimes s'effondraient, les peuples se soulevaient, mais Tanger restait immuable, épargnée par le sort, éloignée des massacres du nazisme, un havre de paix, un véritable paradis terrestre. Nous n'avons souffert de rien. Au contraire des habitants du Maroc français, nous avons même eu le superflu, un afflux de produits arrivés de tous les coins du monde. Nous avons vécu, nous Juifs marocains tangérois, avec une insouciance honteuse devant toutes les horreurs de cette guerre qui vit six millions de Juifs exterminés…

Rapidement, la colonie française du Maroc se rallie avec un enthousiasme débordant au nouveau régime de Vichy dont elle devient le plus fanatique soutien. "Si la Révolution Nationale n 'avait pas été instaurée en France, il aurait fallu l'inventer pour de nombreux Français en Afrique du Nord". (Jacques Soustelle).

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