JUIFS ÉMIGRÉS ET IMMIGRÉS DANS LE PORT DE LIVOURNE PENDANT LA PÉRIODE NAPOLÉONIENNE P. FILIPPINI

JUIFS ÉMIGRÉS ET IMMIGRÉS DANS LE PORT DE LIVOURNE PENDANT LA

ממזרח וממערב כרך ד

ממזרח וממערב כרך ד

PÉRIODE NAPOLÉONIENNE

  1. P. FILIPPINI

L'annexion de la Toscane à l'Empire entraîne l'extension à l'ancien royaume d'Etrurie des mesures de police prises dans l'Empire contre les ennemis, c'est-à-dire, pour ce qui est de la guerre maritime, contre les Anglais. Il en résulte un contrôle très strict des entrées et des sorties des passagers, sous la forme d'un interrogatoire des passagers arrivés dans le port et de la délivrance de passeports et d'autorisations de séjour dans l'Empire, étant bien entendu que ces mesures concernent aussi bien les citoyens français que les étrangers, qui entrent dans le port ou en sortent. C'est à travers de semblables documents et les suppliques pré sentées par les sujets barbaresques et par ceux de l’empire ottoman, qui sollicitent l'autorisation de rentrer dans leurs pays respectifsque l'on peut se rendre compte des déplacements des Juifs entre le port toscan et le Levant et l'Afrique du Nord, aussi bien pendant la période napoléonienne que pendant la période antérieure, grâce aux détails fournis par les dossiers des personnes souhaitant entrer dans le port toscan ou en sortir.

[1] Le Ministre de l'Intérieur écrit, à ce propos, à son collègue, le Ministre de la Police générale, le 12 octobre 1809: "J'ai reçu la lettre que Votre Excel­lence m'a fait l'honneur de m'écrire le 6 de ce mois, et je m’empresse de lui transmettre, conformément à ses désirs, copie de celle que j'ai adressée, le 29 juillet der. au Préfet du département de la Méditerranée, touchant l'obligation imposée aux voyageurs au Levant et en Barbarie de se munir d'un passeport de Sa Majesté Impériale et Royale, contresigné par le Minis­tre des relations extérieures", Archives Nationales Paris (A.N.P.) F7 8852 dossier 8595; deux années plus tard, la lettre envoyée par le Préfet de la Méditerranée, Capelle, le 21 mai 1811, dans laquelle il demandait: "si l'induction, tirée par Mr le Commissaire général que l'admission d'un Etran­ger sur le territoire de l'Empire, autorisée par décision ministérielle, emporte avec l'autorisation du retour du même individu, ne porterait point atteinte aux ordres de Son Ex. le Duc Ministre de la police générale du 23 juin dernier portant qu'aucun individu, soit français soit étranger, ne peut s’em­barquer dans un port de France, sans un permis spécial de Son Excellence", est annotée ainsi: "toute introduction d'étranger dans l’empire comme tout embarquement quelconque doit être autorisé par une décision spéciale" (8 juin), A.N.P. F 8850 dossier 5683.

Les limites des renseignements fournis par ces documents sont évi­dentes en raison même des circonstances, dans lesquels ils ont été établis. Livourne, du fait de son annexion à l'Empire, est plongée dans une guerre maritime totale, qui prend la forme d'un blocus du port (de là, la rareté des bâtiments allant en Afrique du Nord ou en révé­rant), ce qui entraîne, par voie de conséquence, de graves difficultés économiques, qui touchent toutes les catégories sociales livournaises. Livourne perd, donc, son pouvoir d'attraction et, même, devient un foyer d'émigration. Il n'est, par conséquent, pas possible d'étendre à la période antérieure, comme à la période postérieure, les résultats d'ordre quantitatif obtenus pour l'époque napoléonienne. Mais, la ri­chesse des dossiers de la police nous permet de raisonner sur les motifs qui présidèrent aux entrées et aux sorties des Juifs non seulement pen­dant la période napoléonienne, mais encore sur la période antérieure et, partant, sur les structures socio-professionelles de l'immigration en provenance d'Afrique du Nord (pour le Levant, le peu de dossiers que nous possédons, nous interdisent d'analyser un mouvement migratoire d'importance, semble-t-il, plus réduite), sur les liens existant entre ces Juifs et la Communauté de Livourne (et, par là, sur les structures fami­liales), sur le problème très délicat de leur "toscanisation" et sur les effets de la crise provoquée par la guerre sur la vie de la Communauté de Livourne.

            De même les données fournies par un dossier sur les passagers d'un navire anglais, "Il Rinaldo", qui se rendait de Malte à Gibraltar, pris, en décembre 1809, par un corsaire français, "le Décidé", commandé par le capitaine Antoine Ytier, ont seulement une valeur indicative pour les déplacements des Juifs du Levant vers l'Afrique du Nord: "Io Calderón Semtôb, natif de Jérusalem, âgé de 26 ans, Rabbin, chargé par les Rabbins de Tabaria de faire des quêtes pour leur compte. Il se rendit d'abord à Alexandrie, et en partit il y a quatre mois pour Malte, où il recueillit 40 piastres: il avait l'intention de se rendre à Gibraltar, et ensuite dans les divers ports de Barbarie; 2° Cohen Joseph, de Bagdad, âgé de 56 ans, ayant un fils, juif indigent, qui mendie des secours avec les lettres de recommandation des Rabbins de Saffet, de Tabaria, de Constantinople et de Smyrne; 3° Kalam Joseph, d'Alep, âgé de 27 ans, il est dans la même situation que Cohen, il est muni d'une circulaire des rabbins de Jérusalem, et d'un rabbin de Tabaria. Nta Les papiers de ces trois personnages, au nombre de 25 pièces, ont été soigneusement examinées par le chef de la Synagogue de Livourne, qui a reconnu toutes les signatures". Dans la lettre, que le Commissaire général de Police, Oudet Ducrouzot envoie, le 12 janvier 1810, il écrit à propos de ces passagers: "Quant aux trois Juifs passagers, je crois devoir les laisser en liberté, sous la garantie de deux notables de leur religion, ils devront partir sur le premier bâtiment qui mettra à la voile pour la Barbarie ou le Levant", A.N.P. F 8844 dossier 2050.

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