Les Juifs d'Iran-Tombes de Esther et Mordekhaï

LES JUIFS D' IRAN.

Publié le 20/07/2015 à 18:03 par rol-benzaken

LES JUIFS D’IRAN

À l’heure où les Juifs du monde entier s’apprêtent à célébrer Pourim, il n’est pas inutile de ra ppeler que c’est en Perse , c’est à dire en Iran , que se passe cette merveilleuse histoire du sau vetage du peuple juif par la reine Est her. On pense généralement que la reine Est her et son cousin-certains disent son oncle- Mardochée sont enterrés quelque part en Iran , pro bablement à Hamadan. Tout comme les prophètes Daniel et Ezra . C’est le roi perse Cyrus II le Gran d qui, en conquérant Babylone en 538 avant J.C., permit au x Juifs qui le désiraient de retourner en Terre Sainte pour rebâtir le Temple détruit de Jérusalem . Ceux des Juifs qui préférèrent alors demeurer en Perse constitu èrent la matri ce de ce qui allait devenir la communauté juive iranienne .

La communauté juive d’Iran est donc l’une des plus anciennes du monde, implantée là depuis quelque 2700 ans. Au fil des ans et en fonction des dynasties au pouvoir, elle a connu des fortunes diverses, passant de la plus entière liberté à des situations plus délicates pour aboutir, de nos jours, au pays des ayatollahs, à une véritable tourmente.

C’est en 642, lorsque la Perse, dont la religion était jusqu’ici le zoroastrisme, est conquise par les Arabes, que les ennuis commencent pour les Juifs d’Iran. L’islam remplace le culte de Zoroastre et le statut de la dhimma est imposé aux Juifs. Une légère embellie se dessine avec la conquête du pays par les Mongols, plus tolérants à l’égard des minorités, au XIII ème siècle. Le khan Argun favorise les Juifs et nomme l’un d’eux au poste de vizir. Il est hélas assassiné en 1291. Dès lors, pillages, exactions et destructions de synagogues se multiplient. Plus tard, vers 1550, sous la dynastie des Safavides, le chiisme devient religion d’État et les discriminations contre les Juifs considérés comme impurs se succèdent. Le 8 octobre 1656 marque une date noire pour les Juifs. Une veille de chabbat, ils sont chassés de la capitale, Ispahan, et 100 000 d’entre eux sont forcés de se convertir à l’islam. Il faudra attendre le règne de Nadir Shah (1736-1747) qui abolira le chiisme comme religion d’État pour voir apparaître une lueur d’espoir dans une communauté juive en voie d’extinction.

 

Tombes de Esther et Mordekhaï

Autre épisode tragique de conversion forcée. Il y a un siècle et demi, en 1839, tous les Juifs de la ville de Meched furent forcés d’adopter l’islam. Il s’y trouve toujours une communauté de « marranes » appelés les « Jedid al Islam ». Sous l’Empire perse, les Juifs occupèrent en Iran des postes importants y compris dans le domaine militaire.

En 1909, les Juifs obtiennent, à travers la nouvelle constitution, l’égalité complète avec les autres citoyens. Mais c’est avec la chute de la dynastie des Qadjars en 1925 et l’avènement des Pahlavi, que les Juifs d’Iran connaîtront leur ère d’or. La fin des Pahlavi et du dernier shah, Mohamed Reza, en 1980, renversé par les partisans de l’ayatollah Khomeïni marquera le début de la lente dégradation du judaïsme millénaire de Perse. L’un des premiers actes politiques de la République islamique sera d’ailleurs la rupture des relations diplomatiques avec Israël. En 1978, il y avait près de cent mille Juifs en Iran. Plus de 60 000 d’entre eux ont quitté le pays en l’espace de 30 ans. Beaucoup ont rejoint Israël et les États-Unis et, pour certains, la France.

Dès le lendemain de la « Révolution Islamique » en 1979, nombreux ont été les Juifs à être arrêtés, emprisonnés et souvent, hélas, exécutés.

En 1999, une sombre affaire d’espionnage au profit d’Israël a conduit à l’arrestation de treize membres de la communauté juive de Chiraz, entraînant une campagne internationale de protestation.

d’Israël et du monde juif qui s’est emparée de Mahmoud Ahmadinejad, la communauté juive la plus importante du monde musulman se trouve en Iran : 35 000 âmes réparties entre Téhéran (20000), Chiraz (6000) Ispahan (4000), Kermanchah (2000) et Abadan (500). La constitution adoptée en 1979 reconnaît le judaïsme comme minorité religieuse au même titre que les Chrétiens et les Zoroastriens. Leur culte est libre et les institutions aidées financièrement par l’État. La communauté juive dispose de lieux de culte dont les synagogues Abri Shami et Youssefabad de Téhéran ou la synagogue de Mollah Nissan dans l’ancien ghetto juif de Jahanbaré, d’écoles dont les professeurs doivent obligatoirement être musulmans, de bibliothèques et d’hôpitaux. Mieux, les Juifs, bien qu’il leur soit interdit d’être juges, avocats, hauts fonctionnaires ou militaires, sont néanmoins représentés au Parlement, le Majlis, par un député. Après Manoucher Eliassi, médecin et Moris Motamed, ingénieur topographe, qui, en 2005, avait vigoureusement protesté contre des émissions télévisées qui raillaient les Juifs, c’est aujourd’hui Siamak Morsadegh qui représente les Juifs. Ce chirurgien d’une cinquantaine d’années ne se prive pas de critiquer Israël où vivent aujourd’hui, soulignonsle, 250 000 Juifs d’origine persane, et le sionisme. Entre peur et résignation avec, pour certains, l’espoir d’un avenir meilleur, les Juifs d’Iran vivent en 2012 dans l’angoisse.

Jean-Pierre Allali

vid2114-pourim-maroc-1950.mp4

 

הירשם לבלוג באמצעות המייל

הזן את כתובת המייל שלך כדי להירשם לאתר ולקבל הודעות על פוסטים חדשים במייל.

הצטרפו ל 155 מנויים נוספים

פברואר 2018
א ב ג ד ה ו ש
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728  
רשימת הנושאים באתר