Baranes-Barchechet-Barchilon-Barkat

           BARANES

Nom patronymique d'origine berbère, ethnique de la tribu des Branes, une des plus puissantes confédérations au moment de la première invasion arabe au VlIIème siècle. Une grande partie de la tribu s'était convertie au christianisme, et c'est un de ses princes, Kocila, qui mit en échec les Arabes avec le concours de la Kahéna. Il semble qu'avant de se convertir au christianisme, puis à l'islam après le succès de la seconde invasion arabe, une grande partie des membres de cette tribu professait un judaïsme plus ou moins rigoureux, et la persistance de ce patronyme parmi les communautés du Maghreb en est avancée comme une des preuves. Le nom est également porté chez les Musulmans sous une forme proche: El Bemoussi. Le nom est attesté au Maroc au XVIème siècle, figurant sous la forme de Elbaranès sur la liste Tolédano des patronymes usuels dans le pays de l'époque. Autre orthographe: Baranez. Au XXèrne siècle, nom peu répandu, porté essentiellement en Tunisie (Tunis, Sousse, Kairouan) mais également en Algérie (Constantine, Bône,Philippeville, Alger).

 SAUVEUR: Célèbre avocat et militant communautaire né à Sousse en 1899. Membre actif de la section tunisienne du Congrès Juif  Mondial. Militant sioniste, il monta en Israël au début des annéees cinquante. Installé à Tel Aviv, il continua à oeuvrer en faveur de la Alya d'Afrique du Nord, en particulier des classes moyennes. Il représenta la Fédération Sioniste de Tunisie aux Congrès Sionistes de 1951 et 1956. Mort à Tel Aviv en 1990.

VICTOR: Riche homme d’affaires à Tunis. Nationaliste fervent, il milita en faveur du Néo-Destour, ce qui lui valut plusieurs arrestations par les autorités du Protectorat. Son épouse fut une des animatrices de l'Oeuvre de Secours à l'enfance, l'O.S.E. et des autres oeuvres de bienfaisance de la communauté.

JACQUES: Fils de Sauveur, né à Tunis. Banquier, chargé des opérations exté­rieures à la Discount Bank of Israël. Président d'honneur de l'Union des originaires de Tunisie en Israël. Ancien Président de la Chambre du Commerce Israel-France.

BARCHECHET

Nom patronymique d'origine hébraïque lié au chiffre six (shesh en hébreu), textuellement le fils des six, sans doute pour symboliser les 6 jours de la Création avant le repos du Septième Jour, ou plus probablement, les six livres de la Michna. Par extension, celui qui connaît les Six Livres, autrement dit l'érudit. Le nom est très ancien, déjà porté au temps du Talmud et en Espagne. Il s'est particulièrement illustré en Algérie à partir de la frn du XlVème siècle. Autres orthographes: Barchichat, Barcesat, Barsessat, Barsissat, Barcessat. Au XXème siècle, nom peu répandu, porté au Maroc (Marrakech, Safi, Mogador, Casablanca, Fès, Tétouan, Larache, Ouezane) et en Algérie (Alger).

  1. ITSHAK : Le plus grand réformateuret le véritable fondateur du judaïsme algé­rien contemporain. Illustre rabbin, né en 1326 à Valence. Il avait ensuite servi de guide spirituel des communautés de Barce­lone, Saragosse et Tortosa, avant d'être élu grand rabbin de Majorque, dans les îles Baléares. Les persécutions de l'an 1391, commencées à Séville, s'étendirent avec la plus grande cruauté aux Baléares, l'Inqui­sition faisant brûler vif les deux fils de rabbi Itshak, Chechet et Chaltiel. Mais il réussit, lui, à fuir et à trouver refuge en Algérie, d'abord à Miliana, puis à Alger. Les nouveaux venus ne furent pas toujours bien accueillis par leurs coreligionnaires, comme le raconte rabbi Itshak lui-même: le gouverneur d’Alger avait autorisé les réfugiés à débarquer sans rien débourser, et avait chassé avec courroux les habitants musulmans venus se plaindre de la hausse des prix provoquée par l'afflux des réfugiés. C'est alors que le chef de la communauté juive autochtone lui suggéra, pour décourager de nouvelles arrivées, de prélever un droit d'entrée élevé. Ce qu'il fit.

La légende raconte qu'à son arrivée dans le port d'Alger, sans passeport, accompagné de rabbi Shimon Bar Sémah Duran, ils furent jetés en prison, et une grande tempête paralysa alors le port, qui ne se calma qu'après leur libération. La situation économique et spirituelle de la commu­nauté juive locale était au plus bas, comme il le rapporte dans son livre: "nous n'avons trouvé aucune jurisprudence basée sur la Halakha pour tous les litiges civils et commerciaux, les Juifs s'étant habitués à porter leurs affaires devant les tribunaux musulmans". Il fallut tout le poids de son autorité pour les convaincre de revenir aux lois de leurs ancêtres, et c'est ainsi qu'en 1394, il promulga la première Takana sur les règles de mariage. Il fut rapidement nommé chef de la communauté – Mokadem – par les autorités, grâce à l'ap­pui d'un grand notable, Astruc Cohen, sans consultation préalable de la communauté, avec autorité à la fois sur les expulsés d'Espagne (qu'on appelait les porteurs de béret) que sur les autochtones (les porteurs de turban). Les chefs de la communauté indigène se révoltèrent contre cette nomi­nation, critiquèrent et diffamèrent ses écoles et toute son action, allant jusqu'à soudoyer le gouverneur pour obtenir son expulsion de la ville. La tradition raconte qu'un samedi soir, les 7 dirigeants de la communauté s'étaient réunis avec leurs amis musulmans pour mettre leur plan à exécution. Rabbi Itshak l'apprit alors qu'il faisait la Habdala et pria Dieu de "faire pour la Torah". Aussitôt un mystérieux incendie ravagea le lieu de réunion et tous ses occupants périrent sans exception. Après cette intervention miraculeuse, son autorité fut définitivement admise de tous. Il s'attela alors à réformer les coutumes étrangères enracinées, à développer l'ensei­gnement et l'étude de la Torah et, au bout de quelques années, Alger devint un des grands pôles de la Torah, et son rayon­nement s'étendit à toute l'Afrique du Nord. De tout le Maghreb, les étudiants affluaient dans ses yéchibot. On raconte ainsi que la communauté de Tlemcen lui envoya quatre candidats aux études, et il n'en choisit que le plus doué, en expliquant: "vous m'avez envoyé un bouquet, j'ai pris la fleur et je vous renvoie les tiges". Les trois candidats malheureux se perfectionnèrent pendant trois années supplémentaires avant d'avoir le privilège de venir poursuivre leurs études à Alger. En fin pédagogue, il comprit qu'il ne fallait pas user de brus­querie pour réformer les moeurs des anciens habitants. Dans une Responsa, il reproche à un rabbin son manque de souplesse, ajoutant: "je vous ai déjà dit plusieurs fois de ne pas vous montrer trop rigide dans votre volonté de réforme, car vous les heurteriez inutilement, et comme Font dit nos Sages, il vaut mieux qu'ils restent dans l'ignorance plutôt que de les amener à enfreindre délibéremment une loi qu'ils ne sont pas en mesure de respecter". II ne limita pas ses préoccupations à la situation spirituelle de la communauté, et oeuvra également pour son développement économique. Avant son arrivée, l'artisanat était la seule profession des Juifs, il les encouragea à se lancer dans le commerce, demandant aux marchands venus d'Espa­gne de prendre chacun des apprentis dans sa maison de commerce. Ses efforts dans ce domaine également furent couronnés de succès et la situation économique des Juifs d'Algéri, on commença à se tourner vers lui dans les questions de Halakha, et le recueil de ses Responsa, publié à Constan­tinople en 1546, est resté longtemps le livre de référence de tous les rabbins maghrébins. Son tombeau, à Bab-el-Oued, était devenu un lieu de pèlerinage popu­laire et quand on voulut construire les remparts autour de la ville, la communauté obtint d'encastrer dans le mur, à l'ancien emplacement de son tombeau, une pierre à sa mémoire, sur laquelle était gravée la date supposée de son décès: 1442.

ABRAHAM: Un des grands commerçants juifs d'Alger au cours de la première moitié du XIXème siècle, connu pour son honnêteté – qualité assez rare en ce temps de dépravation des moeurs – et parfois récompensé, comme le montre cette anecdote rapportée par rabbi Yossef Messas. En ce temps, tout le commerce des grains était entre les mains de sept marchands juifs. Un jour qu'ils se trou­vaient tous réunis chez l'un d'eux pour la circoncision de son fils, le rabbin Yaacob Attias s'attira leurs sarcasmes quand il evoqua dans son serment le devoir l'honnêteté et de probité, autant dans la vie privée que dans la vie commerciale. Ils lui firent remarquer qu'il ferait mieux de ne parler que de ce qu'il connaît bien, car eux, étaient bien placés pour savoir ce que rapportait l'honnêteté, la meilleure preuve était que celui d'entre eux qui passait pour le plus honnête – Abraham – était aussi le moins riche ! La vie tranchera, conclut le rabbin. Quelque temps plus tard, le Dey les convoqua pour leur racheter le vieux stock de blé et le remplacer par la nouvelle récolte qui s'annonçait excellente. Heureux de l’aubaine, ils passèrent tous contrat avec les autorités, à l'exception d'Abraham qui avait un mauvais pressentiment, et prétexta un manque de liquidités pour se désister. Le lendemain, le Dey, déguisé en contrô­leur, vint ouvrir le hangar pour décompter le nombre de sacs à remplacer. Comme à l'accoutumée, les commerçants avaient déclaré un nombre inférieur à la réalité et il fit semblant de ne rien voir. Par contre, pour la fourniture de sacs de la nouvelle récolte, ils avaient naturellement gonflé les chiffres, et quand il le leur fit remarquer, ils lui proposèrent d'entrer dans la combine et il fit semblant d’accepter. Le lendemain, quand les commerçants vinrent présenter leurs comptes au Dey, il les surprit en les recevant dans son déguisement de contrôleur. Confondus, ils furent jetés en prison et leurs biens saisis. Le Dey comprit alors pourquoi Abraham n'avait pas voulu se joindre à leur marché, et lui attribua à lui seul toute l'adjudication…

MEIR: Notable de la ville de Safi, fonda­teur et premier président de l'association sioniste "Ahavat Sion", une des premières du Maroc, fondée en 1903 par le cercle des amis du mouvement de la Haskala, les lecteurs du journal hébraïque "Hamélitz" de Varsovie.

  1. MEIR: Saint figurant sur la liste des saints marocains établie par Issakhar Ben-Ami. Sa sainteté n'avait été découverte qu'au moment de sa mort – loin de sa ville natale, à Marrakech, La communauté de Marrakech avait alors refusé de transférer son corps réclamé par la Hébra de Mogador, et lui avait réservé une sépulture près du tombeau du saint patron de la ville, rabbi Hanania Hacohen-Azog.
  2. MORDEKHA Y : Rabbin, né à Marra­kech, il connut une grande célébrité à Fès, pour son érudition comme enseignant. Mort en 1901 à l'âge de 70 ans, sans laisser de descendant.

ISAAC: Président de la communauté de Safi dans les années soixante.

 MENAHEM: Sécrétaire du Conseil de la Communauté de Ouezane, Maroc, dans les années cinquante.

MARCEL: Président de la communauté de Sait dans les années soixante-dix. ITSHAK: Expert comptable à Jérusalem, originaire du Maroc. Un des fondateurs du mouvement d'intellectuels originaires d'Afrique Nord, Beyahad, dont il fut longtemps le trésorier.

BARCHILON

Nom patronymique d'origine espagnole, ethnique de l'ancienne capitale de l'Aragon, aujourd'hui capitale de la Catalogne, Barcelone, qui abrita, jusqu'à l'expulsion, l'une des plus florissantes communautés juives. Après l'expulsion de 1492, on trouvait des porteurs de ce patronyme dans l’empire ottoman et au Maghreb. Au XXème siècle, nom peu répandu, porté dans le nord du Maroc (Tétouan, Tanger) et en Algérie, dans l'Oranais.

BARKAT

Nom patronymique votif d'origine hébraïque, altération de Birkat, la bénédiction, sous- entendu de Dieu. Autres orthographes: Barkate, Barkatte, Barkatz. Au XXème siècle, nom très peu répandu, porté en Algérie (Constantine, Batna, Tébessa).

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