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Suab di bla flous — ktterfeh Politesse qui ne coûte-n'en sois pas avare

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    Suab di bla flous — ktterfeh   Politesse qui ne coûte-n'en sois pas avare

La politesse coûte, elle est contrainte, effort, renoncement et c'est ce qui en fait au total la valeur. Mais parfois elle ne coûte rien, elle ne demande rien, alors vraiment il faudra être bête pour en être parcimonieux. Un exemple?

  • Di a'tak fmou — e'teh oudnek Qui te donne sa bouche — donne-lui ton oreille…….

Bel exemple de politesse qui ne coûte rien: si quelqu'un veut se confier à vous, vous raconter sa vie et ses malheurs, tendez-lui l'oreille, ce n'est pas un si grand effort. A vous cela ne coûte rien et au conteur quel soulagement! Ce qu'on veut c'est uniquement votre oreille sans exiger une participation active.

MICHEL (BEN) SIMON

Dans un de ses meilleurs films sur un asile d'anciens acteurs, Michel Simon jouait le rôle d'un grand cabotin qui prétendait avoir eu une brillante carrière, alors qu'il n'était jamais monté sur les planches et que tout le monde le savait. Un jour quelqu'un lui fit remarquer qu'il devrait s'arrêter parce que vraiment personne ne croyait à ses histoires et il eut cette réponse que l'on pourrait croire tirée de ce proverbe: "Je ne vous demande de me croire, je vous demande de m'écouter!, donnez-moi seulement votre oreille!"

 El kebrir ma fina —                  Le plus respectable d'entre nous ………

Nsthouh                                      il ne nous reste qu'à le faire danser!

Ce proverbe au Mellah était censé symboliser le comble du ridicule. Pour le comprendre il faut connaître la honte et le dédain dans lequel était tenu le corps humain dans cette société juive. L'âme est l'essentiel et le corps n'est qu'une charge dont à la rigueur on aurait pu se passer. La danse par exemple, autrefois partie de la liturgie au temps du Temple, était devenue totalement prohibée dans les Mellahs des cités traditionnelles ("notons que dans les villages de l'Atlas, sous l'influence berbère, danse était restée à l'honneur parmi les Juifs).

Autrefois la danseuse était assimilée à la prostituée et jamais une femme honnête n'aurait accepte de danser en public. Ce n'est qu'avec la modernisation et la libéralisation des moeurs que la danse du ventre a fait, son apparition dans les Mellahs et est devenue partie intégrante du folklore des réjouissances. Mais même après cette libéralisation il était parfaitement impensable qu'on puisse voir un respectable rabbin se couvrir de ridicule et danser en public. Le propre du rabbin, du notable est la dignite, la retenue, ce qui est permis au commun n'est pas permis " au plus respectable d'entre nous " 

LE RIRE DES MATHEUX

Les gens instruits doivent donner l'exemple de la politesse, de la retenue, du savoir vivre: c'est l'évidence même. D'eux on attend de ne pas se joindre aux plaisanteries du bas peuple. La médisance était au Mellah sport national surtout chez les jeunes, par manque de distractions. Un jour que nous étions comme à l'accoutumée, à monter des blagues à un camarade particulièrement naif mais pas niais — il se vexa d'une plaisanterie particulièrement lourde, mais pas trop, sachant d'où cela venait. Mais ce qui le surprit et le heurta au plus haut point c'est de voir se joindre au cercle des railleurs un brillant camarade qui passait son bac en mathématiques élémentaires, réputée la classe des génies. Et avec un étonnement mêlé de mépris , il se tourna vers lui et lui dit:

— Asnou hada, hta matelem ka ithak!!?     Comment même un math élém rigole de ca?

Loqfa kter ml-glsa                        Debout plus longtemps qu'assis…………

La politesse exige après une réception, après un thé (assis naturellement), de ne pas partir précipitamment comme si on était pressé, mais d'ajouter quelques mots de separation, debout, près de la porte. Mais il ne faut pas que le temps passé se séparer soit long que le temps rete assis. Le  proverbe montre qu'il connaît bien son public: les Juifs aiment beaucoup parler, de telles exceptions n'étaient pas dans la pratique aussi exceptionnelles et fallait a chaque reception prévoir un fameux supplément pour les compliments "à la debout".

PARTIR A L'ISRAELIENNE

L'unite du peuple juif quel que soit le pays de Diaspora, se reconnaît aux petits détails, cette habitude des parlottes debout a donné en Israël une succulente définition. Savez-vous quelle est la différence entre filer à l'anglaise et filer à l'israélienne? Filer à l'anglaise c'est partir sans dire au revoir, et filer à la juive? c'est dire au revoir sans partir!

Hta hzak                                                          Ce n'est qu'après avoir pété

A 'd smmt qu 'ao                                              qu'il a serré les fesses.

Il faut faire attention avant et non après si on veut éviter les catastrophes ou les impairs. La ré­flexion doit précéder l'action — comme recommande le dicton hébraïque: sof massé bémahehava téhila; "la fin d'un acte dans la manière dans laquelle il a été pensé". Ce proverbe définissait donc aussi bien le manquement aux règles de la convenance qu'à celles de la logique.

La politesse comme la pornographie, est une question de topographie. Au Mellah roter était le comble de l'inconvenance alors qu'en Médina c'était le comble du raffinement, après un bon repas. Par contre le pet en horreur en Médina bénéficiait d'une plus grande tolérance au Mellah surtout chez les enfants. La scatalogie on le sait est le plus gros fournisseur de blagues et le pet était toujours le bienvenu quand il s'agissait de faire rire, soit en en parlant ou encore mieux en le faisant entendre. Les enfants avaient même composé un poème en son honneur, bien dans l'esprit des Lumières: " Le pet est un gaz mystérieux qui sort d'une caverne et qui annonce avec fracas l'arrivée du Maréchal caca."

PAS LA PEINE DE POUSSER

Un jour une mouche particulièrement affamée et entreprenante se posa sur le derrière d'un âne et par l'odeur attirée voulut même s'aventurer plus loin lorsqu'un pet retentissant la projeta dehors avec fracas. Alors elle dit:

  • Dites qu'il n'y a pas de travail mais ce n'est pas la peine de pousser! Depuis c'était devenu une expression consacrée avec le sens: "dites le fermement mais poliment!"

DEPUIS LE PREMIER

L'envie le prit soudain de se dégager et ayant scruté l'horizon et n'ayant vu aucun visage connu donna libre cours à son échappement. Léger et court vêtu il allait à grands pas . Un moment en se retournant il vit un coréligionnaire derrière lui. Inquiet il lui demanda:

  • Depuis quand me suivez-vous?
  • Depuis le premier pet, Monsieur!

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