Le mari. trad. chez juifs maroc.

[anti-both]
עמוד 1 מתוך 512345

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains-Issachar Ben-Ami

 

LE MARIAGE TRADITIONNEL CHEZ LES JUIFS MAROCAINS

לעילוי הנשמות הטהורות אסתר וגלאוסיה וייזר ז״ל

extrait du livre " le Judaisme Marocain "

Issachar Ben-Ami

avant-propos

Il semble que les centaines et milliers d'articles et publications qui concernent les Juifs d'Afrique du Nord, écrits généralement en diverses langues, sont loin de nous donner une image profonde et équilibrée de ce Judaïsme.

La négligence volontaire d'une part, de divers chercheurs non-juifs qui ont enquêté cette aire culturelle de tout ce qui concerne les Juifs et de l'autre côté, le peu d'intérêt qu'ont montré les Juifs nord-africains en tout ce qui concerne l'écriture de leur histoire et de leur vie culturelle, permettent difficilement au chercheur de s'adonner à l'enquête systématique de cette culture afin de remonter à leurs sources et racines.

 En effet, même une comparaison superficielle entre le nombre de manuscrits et documents que ce Judaïsme nous a légués, et malheureusement seule une petite partie en est restée, et ce que d'autres groupes ethniques ont écrit, nous permet de mesurer l'activité spirituelle intense des Juifs marocains. Seules quelques matières telles que l'Exégèse biblique, les Responsa, etc… ont été publiées en nombre limité, qu'on peut considérer aujourd'hui comme manuscrits.

 Une grande partie de ce patrimoine, et certainement la partie onde, est encore a ce jour resté inexploré. Une partie des articles présentés dans ce livre expose certains problèmes, mais est loin de les traiter a fond. Notre désir est non seulement de présenter certains aspects de cet héritage qu'il faut encore étudier, mais aussi de proposer un moyen d'étude.

 La plupart des recherches est basée sur un travail de terrain qui a duré de longues années en Israël et dansla Diaspora. Certains sujets traités ici sont presque inconnus tel que "l'humour juif marocain" qu'on connaît tout aussi mal que l'humour des Juifs orientaux.

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains

החתונה היהודית במרוקו

Ceci est aussi vrai pour l'étude de certains rites magiques telle que la nouerie de l'aiguillette ou les rites d'accélération du mariage. Les articles concernant la vénération des Saints fait allusion au rapport très étroit entre ce groupe ethnique et ses Saints. Il est probable que certains sujets donneront place à l'avenir à des monographies détaillées.

Bien que parfois les relations entre les Juifs et les Musulmans étaient très tendues et malgré les persécutions,la Communautéjuive était magis­tralement organisée. Quand nous voyons aujourd'hui le reste des manuscrits et des archives où on copiait la plupart des documents, et aussi le nombre très grand des accords entre deux parties qu'on consignait par écrit sur la demande d'une des parties, on ne peut que s'émerveiller sur cette puissance d'organisation.

Malgré la destruction de plusieurs archives dela Communauté, l'abandon de grands archives familiaux vu le départ souvent précipité du Maroc et la venue en Israël, et aussi à cause des restrictions des autorités marocaines, le reste des documents peut nous permettre de pénétrer le monde intérieur de ce Judaïsme dans les derniers siècles.

On ne peut comprendre non seulement le processus d'absorbtion en Israël des Juifs d'Afrique du Nord, par rapport aux autres Communautés, ainsi que leur attitude vis-à-vis des différentes valeurs sociales, mais aussi leurs processus internes et spécifiques sans la dimension perspective et de ce point de vue la recherche du passé historique, social, économique et culturel de ce Judaïsme est indispensable.

Il m'est personnellement agréable de remercier tous ceux qui ont per­mis la publication de ce volume: M. Shaoul Ben-Simhon, Président de l'Or­ganisation Mondiale des Juifs d'Afrique du Nord, qui a montré un intérêt constant à mes recherches et publications, à l'Edition Rubin Mass qui a tout fait pour faciliter la parution du livre, ainsi qu'à l'Imprimerie Alpha pour leur studieux travail.

Jérusalem, Août 1975 Université Hébraïque de Jérusalem

I.Ben-Ami

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains

יהדות מרוקו - פרקים בחקר תרבותםINTRODUCTION

 Buts et méthode d'approche

Ce travail décrira les cérémonies traditionnelles du mariage juif marocain, telles qu'elles se célébraient au dix-neuvième et au début du vingtième siècle. La date limite est celle de 1912, date à laquelle fut signé le Protectorat français au Maroc. Cette reconstitution de ce mariage est entièrement basée sur les diverses descriptions que j'ai recueillies chez des informants.

 Nous nous sommes efforcés, après le recoupage et les vérifications de ces informations, de distinguer entre ce témoignage, qui a une valeur intrinsèque, et nos explications, qui se basent sur des théories actuelles, dont la valeur est relative. C'est une méthode de travail que les ethnologues n'ont pas toujours suivi.

L'enquête directe auprès des Juifs marocains, qui a duré cinq mois (Janvier-Juin 1965), a englobé plus d'une centaine d'informants. Né au Maroc et ayant vécu plus d'une vingtaine d'années dans ce pays, notre connaissance du milieu juif nous a permis d'éviter certaines erreurs, dont quelques chercheurs, étrangers à une certaine culture, ne sont pas toujours exempts. Le fait d'avoir, en tant qu'enfant, assisté à ces cérémonies, nous a par ailleurs facilité aussi le travail.

Nous avons eu la chance d'avoir d'excellents informants; certains, âgés de plus de quatre-vingt-dix ans, vivent encore cette culture. En général, le témoignage des femmes interrogées a été plus détaillé et plus fidèle que celui des hommes.

Nous possédons quelques descriptions partielles d'un mariage juif à Rabat, Salé, Tanger et Fez que nous citerons plus loin. Tout le matériel ici exposé parait pour la première fois. Une littérature très abondante sur les cérémonies du mariage musulman en Afrique du Nord, bien que pas toujours précise, nous permet de faire une bonne comparaison avec le mariage juif de cette région.

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains

 Les coutumes du mariage musulman en Afrique du Nord sont très différentes d'une région àיהדות מרוקו - פרקים בחקר תרבותם l'autre et il serait souhaitable d'entreprendre une étude comparative, qui engloberait tous les rites de mariage de cette partie de l'Afrique.

Nous avons largement puisé dans les écrits de nombreux auteurs, qui ont, à partir du seizième siècle, visité l'Afrique du Nord, et nous ont laissé de précieuses descriptions ethnographiques.

Nous avons essayé, dans ce travail, de relever certaines coutumes prati­quées en Israël durant la période biblique et talmudique. Malheureusement, il n'existe aucun ouvrage ni aucune étude sérieuse, qui auraient pu faciliter notre comparaison, qui restera de ce fait incomplète.

 Dans la plupart des cas, nous avons dû puiser à la source même. "On ne trouve point dans la Bible, clairement indiqué, l'usage d'un cérémonial quelconque aux mariages des premiers Hébreux". Toutefois, la procession de la fiancée, de la maison paternelle à celle de l'époux, avec danses et musique, parait tenir une place particulièrement importante dans ces cérémonies, tout comme chez les Musul­mans et les Israélites.

Une longue cohabitation avec les indigènes du pays, l'isolation de certaines communautés juives, surtout de l'Atlas, ont grandement influencé la phy­sionomie de ces communautés. Les Juifs, particulièrement ceux du Sud, ne se différenciaient pas de leurs voisins, même en ce qui concerne l'habillement,sauf pour la couleur, qui devait être noire.

En effet, dès le Moyen Age, nous sentons déjà le fruit de cette acculturation, même dans le domaine religieux. Selon l'usage musulman, il est interdit de pénétrer chaussé dans une mosquée. Certaines communautés juives adoptèrent au Moyen Age cette coutume étrangère àla Synagogue.

 Des Juifs s'interdirent de maudire un Cohen, descendant d'Abraham, parce que, dans ce pays, c'est une injure grave de maudire un descendant du Prophète Mahomet. Certains documents juifs commencent par une formule hébraique analogue au célèbre premier verset du Coran.

 Ainsi, la vie, côte à côte dans le même pays, tend, dans une certaine mesure, à unifier les habitudes des groupes ethniques. Nous verrons combien cela est vrai pour les coutumes du mariage.

Nous avons, pour la description des cérémonies du mariage, préféré suivre l'ordre chronologique, afin de rendre au maximum la réalité de ces céré­monies. Ainsi, une cérémonie déjà décrite n'est pas répétée ailleurs, mais seulement citée, avec les nouveaux détails relatifs à ce lieu. Néanmoins, nous nous sommes plus particulièrement concentrés sur la description de quelques cérémonies parmi les plus importantes.

La transcription des mots et expressions arabes est celle adoptée par Colin. La traduction des citations arabes et hébraïques est littérale.

Les Juifs marocains ont, tant en arabe qu'en hébreu, une prononciation défectueuse (aucune différence, par exemple, entre le "ch" et les différents "s"). Nous transcrivons les mots tels qu'ils sont prononcés au Maroc.

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains-Le debut du mariage

יהדות מרוקו - פרקים בחקר תרבותםLE DEBUT DU MARIAGE

"Qui prétend que la cérémonie du mariage est simple essaie seulement".(Proverbe juif marocain)

Le mariage chez les Juifs marocains dure généralement deux à trois semaines. Selon les informations que nous avons recueillies, cette durée varie entre dix et vingt jours dans les villes, avec une légère préférence pour une période de douze jours; dans la zone espagnole, elle est de quinze jours, et dans l'Atlas, entre dix et vingt jours, le cadre de quatorze jours étant ici le plus courant. Cette durée va en diminuant avec la pénétration de la civilisation européenne. R. Tadjouri décrit, au début de ce siècle, un mariage à Salé qui dure vingt-six jours.

Pour mieux éclairer le mécanisme des rites du mariage nous avons préféré suivre l'ordre chronologique, car, si la célébration de la cérémonie nuptiale a lieu généralement un mercredi, le jour où débutent les cérémonies du mariage n'est pas le même chez tous les Juifs marocains.

Ce chapitre décrira les différentes cérémonies qui ont lieu jusqu'au dernier samedi y inclus, qui précède le mercredi, jour de la bénédiction nuptiale. A part ces cérémonies, il faut rappeler que les fêtes elles-même, animées par des chants et des danses, se prolongent sans interruption du premier au dernier jour.

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains

Côte atlantique

A Casablanca, les cérémonies du mariage commencent un jeudi, intitule "nhar hsäb sab' iyyäm". Ce jour-là, !a mère du fiancé, ses soeurs et les tamzwarät de la famille, ainsi que plusieurs invitées, rendent visite à la famille de la jeune fille, et offrent des plateaux contenant de la farine, du henné, du savon, des chaussures, des fruits secs et des bijoux.

On confectionne ce soir-là une amulette appelée srira, que les fiancés doivent porter au poignet jusqu'au jour du mariage. La srira contient du hermel (peganum harmala), réputé pour surmonter la peur des démons. Les fiancés ne pourront plus quitter la maison, sauf pour certaines céré­monies, et doivent être toujours accompagnés.

Tout en chantant des chants appropriés, les femmes s'adonnent aux pré­paratifs du mariage, qui dureront jusqu'au lendemain après-midi.

Vendredi soir, les deux familles assisteront ensemble à l'office religieux à la synagogue. D'après Nataf, , à la fin de l'office le fiancé va baiser la main du futur beau-père, et, de suite après, sous un prelexte, quelconque, se fâche avec lui. Le beau-père doit alors, par tous les moyens, essayer d'apaiser sa colère. Un diner copieux les réunira encore dans la maison de la fiancée, où les hommes et femmes prennent leur repas dans des chambres séparées.

Samedi est le "sebt el badiän" – ou "sabt erray".Le samedi du commencement", début du mariage. Les Musulmans se servent aussi du même terme: el bdou, "le commencement".. Au matin, le fiancé et ses amis prennent part à la prière dans la synagogue du père de la jeune fille.

 Après l'office, tous les assistants sont invités par les parents de la jeune fille, qui servent à cette occasion de !a viande, des oeufs, de pommes de terre, des salades et de la mahia.

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains

 En même temps, les amies de la fiancée, habillées de leurs "ksswa alkbira", viennent admirer son trousseau, qu'on expose ensuite à la vue de tous les invités présents. La jeune fille offre du thé et des gâteaux à ses amies, qui lui tiendront compagnie jusque tard dans la nuit.

Le fiancé, accompagné de ses amis, vient alors surprendre la fiancée, couchée dans son lit recouvert d'un voile et entourée de ses compagnes. Ils soulèvent le lit, découvrent le voile et donnent cours à leur joie. Mes informateurs n'ont pu éclairer le sens de ce jeu. Un déjeuner, réunissant les deux familles, ainsi que quelques invités, terminera les diverses réjouissances.

Comment expliquer ce jour-là, la liberté avec laquelle les jeunes gens abordent la fiancée et ses amies, dans une société où la séparation des sexes est si stricte? En effet, ils possèdent certains droits, qu'ils gardent jalousement. La clef du problème réside dans la réunion, ce soir-là, d'un certain nombre de jeunes gens dans la maison du fiancé, à l'occasion de laquelle un groupe communément appelé ici 'zara ou lslan  se formera.

 Leurs fonctions sont bien claires et bien définies, mais les renseignements abondent moins sur la formation pratique du groupe. Au cours de la réunion, cinq jeunes hommes seront choisis, et, à partir de ce moment, resteront attachés au service du fiancé. Les principaux critères pour l'élection de cette cour sont: a) le fait d'être un ami personnel du fiancé, et b) la possession d'une certaine expérience de la vie: un jeune homme nouvellement marié peut faire partie du groupe, qui joue aussi un certain rôle dans la préparation sexuelle du fiancé. Celui- ci est nommé Sultan. Il choisit un vizir et distribue d'autres fonctions, dont la plus importante est celle de trésorier. On constitue une caisse qui servira à couvrir les frais des repas pris en commun.

Après cela, le fiancé, accompagné de sa cour, va à la maison de la jeune fille, où une grande assistance l'attend. A son arrivée, commencera la curieuse cérémonie intitulée azmomeg. La signification du vocable ainsi que le sens de la cérémonie sont tombés dans l'oubli. Ce qui est encore plus remarquable c'est que Y azmomeg n'est pas très connu des Musulmans d'Afrique du Nord. Ce serait donc une cérémonie particulière aux Juifs marocains.

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains

La mère du marié aura pris la précaution d'offrir ce jour-là, un plateau spécial contenant du sucre, du henné, un oeuf, du qronjal (clous de girofle), un miroir, du calicot blanc, le tout recouvert d'un foulard. Le soir, quand toute l'assistance est rassemblée, un jeune homme, jamais le fiancé, prend l'oeuf et le brise sur la tête de la fiancée, pendant que les femmes scandent : " 'bâto, 'bâto : Elle l'a pris, elle l'a pris, ollâh ma hbbàto": Par Dieu, elle ne le cache point. Ensuite, une des tamzwarât dépose sur la tête de la fiancée du henné, un miroir, du qronfal, et couvre ses cheveux avec le morceau de calicot. Elle devra rester ainsi jusqu'au mardi soir ou mercredi matin. 

 A partir de ce soir, les jeunes filles amies de la fiancée forment une cour dont la principale occupation est de lui tenir constamment compagnie.

A Azemmour, le samedi matin, le père de la jeune fille invite les assis­tants de la synagogue à venir chez lui. C'est le "sebt al badian". Les deux familles déjeunent ensemble. Le soir, on expose le trousseau de la jeune fille, qui sera admiré par tous les invités.

A Mogador, les cérémonies commencent un jeudi, intitulé "nhar rssim".Les femmes se réunissent dans la maison de la fiancée. Dans le plateau où on pétrit le pain, on met des pièces de monnaie conservées de génération en génération et destinées à porter bonheur au nouveau couple. Samedi est le "sabt al qdïm", que les deux familles fêtent chez la mariée. Le soir, les musiciens viennent agrémenter la réunion. Ici, on pense que briser l'oeuf sur la tête de la jeune fille adoucira la vie des futurs époux.

A Safi, c'est aussi le "sabt al badian" qui réunit les deux familles et plu­sieurs invités dans la maison de la fiancée. On aura pris soin de préparer beaucoup de nourriture pour cette journée.

A Rabat-Salé, le mariage commence le samedi "sabt rssim", le mercredi d'après a lieu un bain froid de la fiancée; jeudi, Yazmomeg, et le samedi suivant est le "sabt erray".

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains

Villes de l'Intérieur

A Fez, les cérémonies du mariage débutent généralement un dimanche. C'est le "nhar ltarf lbyad"." Le jour du tissu blanc "Ce jour-là, les femmes de la famille du fiancé, ainsi que des invités, se rendent chez la fiancée et lui remettent de la part du jeune homme un plateau contenant des bonbons et du henné. Les femmes mettent du henné sur la tête de la jeune fille et la coiffent d'un morceau d'étoffe blanche, qu'elle doit garder jusqu'au lendemain. Lundi, en effet, les femmes reprennent le tissu et le plaçent sur la taille du fiancé, tout en nouant sept noeuds.

 Certaines familles utilisent une étoffe verte, que le marié doit garder jusqu'à la nuit nuptiale. C'est un bon fal, afin que "leur vie soit verte telle que la verdure. Le samedi d'après est le "sabt erray"ou "sabt l'ors".Toutes les amies de la jeune fille viennent lui rendre visite. La fiancée leur offre un foulard contenant des bonbons. Durant cette journée la famille et de nombreux invités viennent souhaiter un "bessiman tov" (heureux présage). La couleur verte est une couleur reputee pour porter bonheur.

 Le matin, des zzgratat vont à la maison du jeune homme et poussent des zgarit quand il veut se rendre à la synagogue avec ses amis. Après l'office religieux, les membres de la société de Rabbi Simon Bar Yohai accompag­nent le fiancé, qu'on installe sur une chaise, soulevée par ses amis. En route, on jette sur lui des bonbons et des raisins secs. C'est encore un bon fal, qui fera pleuvoir sur le futur mari des jours "doux".

A Sefrou, "nhar al badian" est un jeudi. Les parents du jeune homme présentent à la fiancée un plateau avec du henné, un habit, des bonbons, un bouquet de verdure et une ceinture, avec laquelle on lui entoure la taille. Pendant ce temps, le jeune homme réunit ses amis chez lui et se fait déclarer sultan. Il est aussi ceint d'une ceinture dite hzàm. Le samedi donne lieu à une fête qui dure toute la journée. Le soir, des femmes enduisent les mains et les pieds de la fiancée de henné, pendant que d'autres chantent et dansent. Le fiancé, entouré de sa cour, ne quittera pas sa maison ce jour-là.

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains

A Meknès, le premier jour du mariage est un mercredi, le "nhar tsart" : le jeune homme offre à sa fiancée un plateau contenant un oeuf, du henné et un morceau de calicot. nhar tsart  – le jour de oa condition Au cours de la fête, une des tamzwarât brisera  l'œufsur la tête de la jeune fille, aux cris de "byad asse'd" (heureuse destinée). Le samedi, chaque famille reçoit des invités chez elle.

A Settat, le jeudi, les tamzwarât de la famille du jeune homme et de la jeune fille se réunissent chez cette dernière, pour nettoyer les grains de blé et préparer la farine. Aucun homme ne peut assister à cette cérémonie, où on confectionne pour les fiancés une srira contenant du hermel et du sel.

 Une des tamzwarât habille la jeune fille d'un drap blanc et l'installe sur une planche posée sur une table. Ensuite, elle lui met sur la tête du henné, un oeuf, un morceau de pain, du sucre, cinq dattes, et couvre le tout d'un morceau de tissu, qu'elle gardera jusqu'au jour du mariage.

On lui ceint la taille d'un hzâm en soie rouge, pendant que les femmes chantent. La fiancée ne devra à aucun prix quitter cette planche pendant sept jours,même pour manger et dormir. Nuit et jour une des ses amies sera près d'elle et ne la laissera jamais seule, car on pense que la jeune fille se trouve en état de danger. Si la cérémonie a lieu en été, les femmes sortent dans la cour intérieure et dansent. On offre à manger aux assistantes. Les tamzwarât prépareront ce soir une mahia spéciale, que le marié fera boire à la mariée dans la chambre nuptiale.

Le mariage traditionnel chez les juifs marocains

A Marrakech, un mois avant le mariage, un lundi ou un jeudi, les femmes des deux familles se réunissent pour la fssala. La famille de la jeune fille donne une somme d'argent et celle du jeune homme du tissu, destinés à préparer des habits pour la fiancée. On prend soin de ne pas couper le tissu avant que les femmes ne poussent des zgarit. Durant la journée, un peintre vient dessiner sur le mur extérieur de la maison de la fiancée une hamsaou main, signe que bientôt sera célébré ici un mariage. Les voisins et les passants offrent de l'argent au peintre, aux cris des "youyous" des femmes.

Quinze jours après, a lieu une nouvelle réunion des femmes chez la fiancée, à l'occasion de laquelle un ouvrier juif prépare le matelas nuptial, pendant que les femmes chantent et lui remettent une grama. ׳ On confectionne ce soir là une srira contenant du hermel et du sucre, qu'on fourre dans le matelas. Ainsi la femme sera aussi douce que le sucre à son mari. Une distribution de mahia et de douceurs terminera cette rencontre.

Le samedi précédant le jour de la cérémonie nuptiale est le "ssbt al bedian". La famille du jeune homme est invitée à goûter aux shâin  dans la maison de la fiancée. L'après-midi, en présence de ses parents et des invités, le fiancé est habillé d'un selham (djellaba) blanc et ceint d'un hzâm par ses amis. On sert aux invités du thé et des gâteaux.

Le soir, aura lieu chez le jeune homme la cérémonie de l'lslan, et chez la jeune fille, celle de Yazmomeg. La soirée chez la fiancée est intitulée "lilt el hanna azgirà". Les tamzwarât préparent du henné en présence des invités, pendant que jouent les musiciens. Le batteur du tarr met un plateau avec du henné sur sa tête et danse, en même temps que les invités y déposent une offrande.

Le mariage trad. chez les juifs marocains

 Vers minuit, la mère de la jeune fille, aidéé de cinq tamzwarât, mettra du henné et du sucre dans les cheveux, sur les pieds et les mains de la fiancée. Une tamzwarâ fera de même pour le fiancé. Le jeune homme place dans la main de la jeune fille une pièce de monnaie ou une bague, et lui offre un foulard blanc, avec lequel sa mère lui fermera les mains. On sert aux assistants des pois chiches, des olives et mhammar

A Boujad, jeudi soir, les tamzwarât habillent la jeune fille d'une farazya (longue tunique en soie) et d'un kzâm, avant la cérémonie de Yazmomeg. On asseoit les fiancés sur une table, recouverte d'un tapis. Un repas composé de viande, d'oignons et de mahia est servi aux invités.

Un groupe de femmes bat du tarr et agrémente la soirée de chants et de danses. Elles reçoivent des assistants une grama. Quand les invités se retirent, les parents de la jeune fille la soulèvent et la déposent dans sa chambre, près d'une rha (ma­chine à moudre) et d'un gidd (entrave pour empêcher les bêtes de prendre la fuite). Les gens disent que le but de la rha et du gidd est d’empêcher le mari de battre sa femme. Il est probable que le sens exact du rite est que la femme doit entretenir son foyer (moudre le blé) et être attachée à son mari comme le gidd.

Vendredi, le jeune homme envoie aux parents de la jeune fille des cadeaux sous forme de nourriture pour le samedi. Les deux familles dînent ensemble vendredi soir. Le fiancé assiste seulement au repas et revient chez lui ac­compagné de ses amis

Samedi matin, après l'office religieux, un buffet réunira une grande assis­tance. Le soir, après l'élection des islan, les deux familles et les invités chantent et dansent jusque tard dans la nuit.

.

Le mariage trad. chez les juifs marocains

Zone espagnole

A Tanger, un mois avant le mariage, a lieu la première réunion des deux familles. A partir de ce soir, elles recevront de nombreux invités qui viennent les féliciter.

Mercredi, huit jours avant la cérémonie nuptiale, on fait prendre à la fiancée un bain  à la maison. Dès ce soir, elle ne peut plus quitter son lit.Les musiciens jouent pour les invités qui emplissent la maison et la cour. 

Le jeudi est consacré aux invitations faites par les parents aux divers amis, et le vendredi, aux préparatifs du samedi, le "sabt erray". Le fiancé prie dans la synagogue de son futur beau-père. Un déjeuner réunira les deux familles et des invités. Ce jour là, on expose Yajuar ou trousseauà l'admiration des invités. Les femmes chantent 

Ajuar nuevo                               : Mon nouveau trousseau,

delante vos la pondri                   : je l'expose à vos yeux,

Suegra y cunada                         : ni la belle-mère, ni la belle-soeur

no tienen que decir.                     : n'ont rien à dire.

Le soir, les femmes mettent du henné dans les mains de la fiancée et la fête durera jusqu'au matin. 

A Tétouan, quelque temps avant le mariage, on peint en blanc les murs extérieurs des maisons des fiancés, sur lesquels les jeunes gens écrivent: "Félicité, heureux mariage". Ils dessinent un arbre à cinq rameaux, un bouquet de fleurs. On blanchit aussi le portail de toutes les maisons devant lesquelles le marié devra passer le jour du mariage. 

Quinze jours avant la noce, la suspension d'une grande lanterne à l'entrée des maisons des fiancés est un signe que les réjouissances vont bientôt commencer. Samedi, "el maïs", est la première occasion pour les familles d'inviter leurs amis au mariage et d'ouvrir les fêtes. Lundi, la jeune fille envoie à sa future belle-mère un plateau de fruits secs. Cette dernière lui prépare ce jour un plat spécial, alfeha, fait d'oignons, d'ail et de miel qu'on ajoute à la viande et qui ne sera consommé que la semaine d'après par les mariés. 

 Mardi est le "lavado primero" (premier bain) de la fiancée. Jeudi est le "bab el'ors".׳ Le fiancé envoie à la jeune fille un plateau avec des raisins secs, des douceurs, un ruban, un foulard et des bougies. Les femmes éparpillent les cheveux de la fiancée, qu'elles attachent ensuite avec le ruban et couvrent d'un foulard en soie. Après la prière du soir, les amis du fiancé, accompagnés de plusieurs invités, prennent des bougies et des manches à balai et se rendent en chantant chez le fiancé, et ensuite chez la fiancée. où ils sont reçus joyeusement.

עמוד 1 מתוך 512345

הירשם לבלוג באמצעות המייל

הזן את כתובת המייל שלך כדי להירשם לאתר ולקבל הודעות על פוסטים חדשים במייל.

הצטרפו ל 95 מנויים נוספים

רשימת הנושאים באתר

דצמבר 2017
א ב ג ד ה ו ש
« נוב    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31