Avishay Bar Asher Rabbi Chlomo Hayoun, disciple de Rabbi Yaacov Abehssera et la littérature kabbalistique au Tafilalet

Brit 31 - Presence Juive au TafilaletLe livre "Pitouhé Hotam"

À la fin de sa préface, Rabbi Chlomo Hayoun décrit le livre Pitouhé Hotam, et il insiste sur quelques détails intéressants. D'abord il signale la répartition des différents discours selon les quatre niveaux du commentaire de la Thora d'après la tradition kabbalistique : le Simple, le Sous-entendu, la Légende et le Secret. En effet, c'est le côté le plus caractéristique de ce livre en comparaison de ses autres écrits qui traitent uniquement d'une partie de ces quatre niveaux. Selon Rabbi Yaacov, la distinction de l'étude du Nisstar (du caché) et de ce qui est apparent n'exige aucune limite qui soit infranchissable, mais plutôt, elle est mue par le devoir d'investiguer « les cachettes et les secrets de la Thora ». En cela, il est fidèle à la conception courante dans la littérature kabbalistique que le sens simple de la Thora est l'habit de ses secrets. Le rôle du Mékoubal (celui qui approfondit l'étude mystique) selon ces dires est de dévoiler les secrets cachés dans la Thora ; de là émane la dualité de sa position envers le sens simple de la Thora : d'une part, du point de vue de sa place dans l'étude approfondie il est "le moindre de tous" ou selon ses paroles : "Si tu n'as étudié que le sens simple de la Thora, qui est le dernier, tu n'as pas accompli ton devoir et il faut que tu t'efforces à étudier les trois autres parties qui sont les plus élevées". D'autre part, le fait que ce sens soit secondaire ne veut pas dire qu'il perde quelque chose de sa valeur ou qu'il soit dédaigné mais plutôt qu'il est estimé plus que tout. Donc il ne faut pas s'étonner, par exemple, que la distinction que fait Rabbi Yaacov entre le sens sous entendu et le sens secret soit très floue par rapport à la distinction traditionnelle et sert surtout à reconnaître les démarches des différents exégètes du texte, mais en général les deux (le sens sous entendu et le sens secret) possèdent un fond caché et secret.

Hayoun souligne également que les secrets du livre  " sont d'aller dans le chemin du Moussar (morale), car la plus grande aspiration de notre Maître (R. Yaacov) était de prodiguer le bien à son prochain, d'enseigner à son peuple la crainte de Dieu, car c'est ce que nous demandent Dieu et ceux qui connaissent Sa pensée. » R. Yaacov lui- même ne se sert presque pas du terme Moussar pour expliquer la ligne de conduite principale de son enseignement. En effet, à la lecture de ses écrits, on se rend compte de la présence de coutumes kabbalistiques, toutes destinées à former le mode de vie rigoureux de l'homme, sans qu'elle soit obligatoirement attachée à la correction des mœurs. Ceci représente un pas hardi dans les relations entre les vertus dans « la littérature des vertus » et celle du « mode de vie kabbalistique » auquel appartient R. Yaacov. Ces coutumes ou ce mode de vie ne sont pas présentés comme des rajouts successifs à une autre méthode spirituelle mais comme la concrétisation d'une méthode kabbalistique évidente. C'est pour cela que j'ai proposé dans un autre article d'user d'un terme différent pour définir le livre Pitouhé Hotam qui pourrait mieux expliquer le terme Moussar : « La littérature du mode de vie et des Tikounim ». La primauté des bases qui ont trait au mode de vie religieux et spirituel dont le rôle et l'influence touchent directement différents points de la réalité qui dépend en général de la conception kabbalistique de Ha'ari (Rabbi Ytshak Louria). Une estimation différente des aspects sociaux et théologiques, qui à mon avis, ont reçu trop d'importance dans l'investigation de cette littérature et aussi un regard sur le caractère des relations entre le comportement selon la Halakha et les actes dictés par la « hitnahagout » (mode de vie).

Dans sa préface, Rabbi Chlomo affirme que Pitouhé Hotam est la sixième œuvre de R. Yaakov, ce témoignage est contraire à une autre liste dressée par son fils Rabbi Ytshak. Les œuvres qui ont précédé Pitouhé Hotam sont Guinzé Hamélekh, Lévona Zaka, à laquelle Rabbi Chlomo a écrit également, selon ses dires, une préface, perdue depuis. Sefer Chéélot outchouvot, qui n'est autre que Yorou Michpatekha Léyaacov que nous possédons ; Sefer Hadrouchim, dont le nom n'est pas cité par Hayoun et le livre Chita, livre perdu, dont le sujet est le Talmud.

En plus, Rabbi Chlomo donne deux explications au titre Pitouhé Hotam

; "car il ouvre et dévoile quelques sujets obscurs et hermétiques cachetés par le sceau", et "Le mot Pitouhé fait allusion au bon nom de l'auteur et à son enseignement".

Le souhait de Rabbi Chlomo exprimé dans la fin de sa préface : "Que notre Maître arrive à imprimer ce livre et les autres" n'a pas été exaucé du temps de son maître tout comme n'a pas été exaucée la prière pour sa Alia en Erets Israël. C'est seulement cinq ans après le décès de Rabbi Yaacov à Damanhour, le 20 Tevet de l'année 5640, que fut imprimé à Jérusalem Pitouhé Hotam avec la préface de Rabbi Chlomo.

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