Joseph Dadia-Le chaudron de cuivre-le pain et le sel-Troisieme partie

  Shawil a été engagé par un grand commerçant juif, qui avait pignon sur rue, comme homme de confiance et pour gérer la comptabilité.

   Le bienfaiteur de Shawil s’appelait Monsieur Raphaël Ben Harboun Zal. Grossiste  en épices, importateur exportateur, avec un important dépôt à Casablanca. Il avait un magasin, hanoute en arabe, 1 rue Saka au mellah de Marrakech. C’est là que mon grand-père Shawil a travaillé.

   Ce bienfaiteur habitait 12 rue du Souk au mellah.

   Nous habitions alors 8 rue Latana à Dar Rabbi Éléazar Halévi.

   Il se trouve par une volonté divine qu’un mur de notre grande chambre était aussi le même mur de l’autre côté, dans la maison du généreux rabbi Raphaël Ben Harboun. Alors le généreux bienfaiteur fit appel à un électricien qui a pu passet un fil électrique chez nous. Ainsi là où nous habitions, nous étions les seuls de tous les voisins à nous éclairer par une grande lampe électrique et ce, gratuitement. Le compteur électrique était chez Rabbi Raphaël ben Harboun. Félix, l’un des enfants de Rabbi Raphaël Ben Harboun était un camarade de classe au CM2 de l’école de l’Alliance, à Arset-el-Ma’ach,  que dirigeait le distingué Directeur Alfred Goldenberg.

    Avec Félix et d’autres camarades nous avons créé une équipe de Football. C’est toute une histoire. Félix a fait sa ‘alia et nous avons gardé le contact.

    Ce qui m’a permis de raconter ce que je viens d’écrire, avec l’intention ferme de rendre hommage au généreux rabbi Raphaël  Ben Harboun.

Il est évident  que ma famille n’avait commis aucune infraction vis-à-vis des autorités locales ou nationales, ou bien à l’égard de tout habitant de la palmeraie et de son environnement. Ma famille a été tout simplement victime  d’une injustice, ayant été arbitrairement dépouillée de tous ses biens meubles et  immeubles.

C’était le début  du Protectorat français au Maroc et de l’insécurité dans bleds es-siba. Comment expliquer cette injustice ?  Quelques éléments se trouvent dans le livre de Pierre Flamand : Diaspora en Terre d’Islam, pages 84 à 95 ; page 128 et pages 214-217.

Le paysan français est propriétaire de son lopin de terre, exploitant ou non, ou bien métayer  ou bien ouvrier agricole. Ces mêmes situations sociales  existent au Maroc, mais elles n’y possèdent pas une définition juridique aussi précise, surtout dans le Maroc berbérophone.

Le droit de propriété foncière des Juifs protégés apparaît plus ou moins  légal selon les tribus et  même les fractions de tribus. Généralement parlant il n’est nulle part formellement contesté mais nulle part formellement reconnu. La situation de fait aidant, il n’est jamais clairement déterminé. Dans le Sud marocain, beaucoup de choses demeurent en 1950 dans leur état antérieur au Protectorat.

Pour la propriété foncière juive : instabilité, confusion, absence ou imperfection des titres résument son état.

La famille arriva à Marrakech en 1915 et le petit Ya’aqob avait quatre ans. La famille s’installa au mellah au fond de la rue Latana, une impasse, où il n’y avait que deux maisons dont celle du marchand d’eau bouillante qui ne la vendait que le jour de shabbat.

Mon grand-père Shawil, né au Maroc à Ouarzazate au lieu-dit Taourirt est décédé à Marrakech en 1925, et il est enterré dans le cimetière juif.

La Casbah de Taourirt  est une enceinte fortifiée, contenant à la fois la demeure du caïd  et un ksar où réside la population, avec un mellah et un cimetière juif antique.  La Casbah de Taourirt, fief du Glaoui, à 1160 mètres d’altitude, véritable château fort, constituait à elle seule un gros village, composé d’un pittoresque ensemble d’habitations massées et étagées au contour de l’Oued Ouarzazate, avec ses murailles roses, ses tours crénelées et ses maisons de pisé.

En 1948, la population était composée de 1130 musulmans et 124 juifs. Les Juifs sont nombreux dans la région de l’Ouarzazate et ils peuplaient sept mellahs. Le nom d’Ouarzazate s’applique à la fois à l’oued de ce nom  et aux rives cultivées qu’il arrose sur une quinzaine de kilomètres entre l’Oued Imini et l’Oued Idermi, lequel se joignant un peu plus loin au Dadès, forme le Dra. L’étroit ruban  de palmeraies est jalonné de vingt ksour, parmi lesquels ceux de Taourirt et de Tifoultout sont les plus remarquables.

Le bourg de l’Ouarzazate est une ville de garnison construite en 1928 et où a été préparée, par le Colonel Chardon, la pacification du Dadès, du Dra et du Sargho.

De petites communautés juives entouraient celle de l’Ouarzazate : Témasla, Aït-Gzeb, Tammaz, Takirt, Aït-Aïcha. Au lieu-dit Taourirt, 10 familles dont celle de mes ancêtres y résidaient. Ainsi le miniane, dix personnes était assuré pour faire la prière et réciter qaddish.

Grand-père Shawil avait perdu son père Messaoud, alors qu’il avait à peine une année. L’aïeul  Messaoud avait un frère, Abraham, lequel a donné naissance à Shaoul (Shawil), qui a eu un fils Abraham.

Hanna Elharar, nom de jeune fille du grand-père Shawil, étant veuve, se remaria avec Monsieur Hazan (prénom non connu) et eut trois garçons, Chlomo, Makhlouf, Joseph, et une fille Simha.

Les Dadia constituent un groupement de familles issues d’un ancêtre commun, Shaoul-el-Kbir, Shaoul le Grand. Il s’agit d’une parenté agnatique, ou agnation, parenté par les agnats ou parenté par les mâles, à l’exclusion des cognats ou parenté par les femmes.

Il s’agit d’un Chébet, une tribu de parents liés par le sang. D’où l’importance de la généalogie qui relie les Dadia par delà les pays de leur implantation.

Autre caractéristique chez les Dadia : l’aîné porte toujours la prénom Shaoul. Il s’ensuit que les Dadia seraient issus de la Tribu Benjamin, qui a donné au peuple juif le Roi Saül, premier roi d’Israël.

Joseph Dadia-Le chaudron de cuivre-le pain et le sel-Troisieme partie

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