Une nouvelle Seville en Afrique du Nord-Debdou-Une miniature de Jérusalem.Aperçu  historique.

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À ce moment, Debdou entre dans le domaine de l’histoire écrite. Parmi les Kasbahs Mérinides qui contenaient des garnisons destinées à s’opposer aux invasions des Zianides de Tlemcen, Léon l’Africain cite les noms de Teurerto (Taourirt), et de Doubdou (Debdou).

Vers l’an 1364, on trouve, établi dans la Gada, les Béni Ali, faction des Béni Ourtadjin, tribu qui avait autrefois fait partie du Makhzen mérinide et qui, après la dislocation de ce dernier, fit de Debdou la capitale d’une vice-royauté quasi-autonome et dont les limites s’étendirent de l’Angad à la Moulouya.

Les Béni Ourtadjin étaient en conflit ouvert avec les Abdelwadides de Tlemcen, et l’on vit, en 1364, Mohammed ben Zegdan, leur chef, s’unir à Ouenzemmir Ibn Arif, seigneur de Guercif, pour chasser de la région Abou Hammou II, roi de Tlemcen. Ce dernier usa de repré­sailles envers les chefs rebelles, mais l’on ignore tout du sort ultérieur réservé aux Ourtadjin, si ce n’est que, au cours de la seconde moitié du quatorzième siècle, les Béni Ouattas, héritiers des Mérinides des régions du Nord de l’Atlas, étendirent leur domination sur la place de Debdou, et les habitants se souviennent encore de leur prise du pou­voir.

À la fin du quatorzième siècle, les Arabes hilaliens, encouragés par l’anarchie qui régnait dans le pays, refoulent les Berbères vers la montagne et occupent toutes les plaines entre Tlemcen et Taourirt. Ils réussissent à s’emparer des régions de la Tafrata et poussent l’audace jusqu’à aller attaquer un avant-poste du Moyen Atlas. La place de Debdou ne devait pas être épargnée : mais, retranchés dans leur Kasbah, les habitants opposèrent une longue résistance. De guerre lasse, les Arabes finirent par signer un traité et la vallée demeura soumise à Moussa Ibn Hammou, chef de la résis­tance locale.

Profitant de l’anarchie générale, Moussa se fit proclamer souverain de Debdou. Ses descendants, connus plus tard sous le nom de rois de Debdou, y régnèrent de 1430 à 1363, soit plus de cent ans.

Nous devons à Léon l’Africain la liste des rois de Debdou que voici

 1° Moussa ibn Hammou, fondateur de la dynastie (1430-1460).

2° Son fils Ahmed (1460-1485).

3° Son fils Mohammed ben Ahmed (1485-1513).

C’est à ce dernier prince que Debdou doit plusieurs de ses édifices, dont probablement la mosquée, de style andalou. Sur sollicitation des habitants, ce prince occupa Taza; mais en agissant ainsi, il s’attira le courroux de Abou Abdallah Mohammed Es-Saïd, connu comme Ech Cheikh, sultan des Béni Ouattas et qui vint l’assiéger à Debdou. Les Béni Ouattas avaient d’ailleurs sur cette ville des préten­tions remontant à l’ancienne occupa­tion de la vallée par leurs congénérés .

On finit par s’entendre, et Mohammed Es Saïd resta le maître de Debdou avec le titre de Khalifa, ou vice-roi rele­vant de l’autorité d’Es-Saïd.

Mohammed II. L’avènement au pouvoir de la dynastie saadienne ne fut pas sans porter atteinte à l’indépendance de Debdou, qui dut reconnaître la domination chérifienne et participer aux entreprises guerrières des sultans de Fès.

 

Ammar (1550-1563), qui mourut à Fès et fut le dernier sou­verain de Debdou. La Gada fut annexée par le gouvernement de Fès et gouvernée, depuis, par un pacha disposant d’une garnison d’arque­busiers.

Le régime intérieur de la population ne semble pas avoir subi des modifications puisqu’on laissait aux tribus leur administration propre et leurs miatts jusqu’à la possibilité de se faire la guerre entre elles.

À partir du seizième siècle les Turcs se substituent aux Zianides; ils prennent l’habitude d’envahir les régions du Maghreb central et d’en disputer la possession aux Chérifs saadiens.

La première manifestation de l’activité turque dans la région avoisi­nant Debdou fut l’établissement en Algérie du corsaire Baba Aroudj et de son frère Kheïr-ed-Dine, connu depuis sous le nom de Barberousse.

Aroudj profita du désordre qui régnait dans le Maghreb depuis l’affaiblissement du pouvoir des Mérinides, pour tenter d’implanter un royaume. Il s’empara successivement d’Alger et de Tlemcen, dont le roi Abou Hammou III dut prendre la fuite. Mais, menacé par les Espagnols qui étaient venus en aide à Abou Hammou III (1518), il se dirigea vers la Moulouya, escomptant sans doute une aide de la part des Mérinides. Poursuivi par ses adversaires, il fut, selon les documents espagnols, atteint dans un endroit situé à vingt-trois lieues de Tlemcen au bord de la rivière d’Hueada (Oujda), sur le Djebel Mecenete (Béni Snassen) et dans le royaume de Dugudu (lisez Doubdou-Debdou). Il nous a semblé utile de relater cet épisode qui témoigne de l’importance du royaume de Debdou sous la dynastie locale, puisque les Européens y englobaient tout le pays jusqu’à la région même d’Oujda. Les historiens Arabes cités par M. Voinot, notamment Mohammed Ibn Kar, rapportent qu’après sa défaite auprès de Tlemcen, le corsaire s’enfuit du côté des Béni Snassen, et qu’il fut rejoint dans le Djebel Béni Moussa. Une version locale veut que la sépulture de l’aventurier turc se trouve encore dans la Dechra des Aassera, dans ce même Dar Ben Mechâal dont il sera ques­tion dans le chapitre sur le règne d’Ibn Mechâal.

Quelle qu’ait été la fin de Baba Aroudj, il est certain que, par la suite, les Turcs intervinrent continuellement dans le Maghreb pour y apporter un nouvel élément de trouble et d’anarchie.

La grandeur éphémère de Debdou disparut avec celle de sa dynas­tie : surgi du chaos, ce royaume retombera dans les ténèbres qui enveloppent l'histoire des centres intérieurs du Maroc. Dans l’histoire générale de l’Empire chérifien, Debdou restera sans notoriété : Léon l’Africain, contemporain de cette décadence, connaît encore Dubdu comme l’une des petites capitales du Maroc; Marmol la connaît déjà fort peu et déjà son nom même est déformé.

Cette décadence fut provoquée surtout par les conflits entre Saadiens et Turcs, conflits qui détournèrent la route de Tlemcen à Fès passant par Debdou vers la grande route saharienne partant de Tafilalet. Aussi verrons-nous la population juive de Debdou émigrer vers d’autres points, notamment vers Dar Ben Mechâal dont il sera question plus loin.

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