Histoire des juifs de Safi

De là, l'importance de ce livre qui corrige beaucoup de préjugés qui, à force de répétitions, sont admis comme des réalités. 

Pour son travail, l'auteur a choisi la méthodologie convenant à ce sujet épineux, optant pour un chemi­nement que nous pouvons qualifier de modéré, appuyé sur des opinions diverses. Le chercheur est connu pour son attachement profond à la religion musulmane, et l'esprit de tolérance de cette confession est toujours présent dans ses analyses et dans ses discussions. 

Nous pouvons résumer les grandes lignes de cette étude de la façon suivante : 

  1. La présence très ancienne des juifs aux côtés des autres Marocains à Safi, d'où l'hypothèse de l'appellation hébraïque de la ville et son argumenta­tion parallèlement à l'appellation « amazigh ».

2.La pérennité de cette présence à travers l'histoire de la ville et de sa région.

3.Les juifs ont constitué par leur présence à Safi, à travers les âges, une communauté (Simon Lévy) fonctionnelle (Abdelwahab Al Massiri, spécialiste des affaires et de l'histoire des juifs). Brahim Kredya a privilégié ces données et même en a fait le support principal de son travail.

Ainsi, il a considéré que la communauté des juifs de Safi, bien qu'attachée à ses coreligionnaires dans le monde parla Bibleet le Talmud, avait réagi avec le milieu social de la ville et adopté de nombreux modèles de la culture locale, au point que l'on pouvait faire une distinction entre cette communauté et les autres communautés du peuple juif.

 Le chercheur a exploité cela pour montrer combien la puissance et l'attrait de la culture locale ont rapproché les deux parties et pour mettre en évidence le génie de certains juifs et leur rôle dans cette fusion. Il conduit le lecteur à penser que la cohabitation équivaut à l'intégration de la communauté juive aux autres composantes de la population de Safi, dans le passé et dans le présent.

Selon l'auteur, l'intégration des communautés est allée au-delà du voisinage, a éliminé les mellahs ; les gens partagèrent le même domicile dans plusieurs quartiers, exercèrent ensemble les mêmes métiers, sans distinction aucune dans le milieu des indigents comme dans celui des riches, juifs ou musulmans.

La tolérance religieuse, la participation à certaines traditions populaires ont marqué les relations d'ami­tié et d'affection et ont fait que l'interaction entre les deux parties était courante et normale, contribuant ainsi à la naissance d'une culture commune.

Mais malgré cela, l'étude révèle que les juifs n'ont pas fusionné entièrement avec la population de Safi et leur intégration dans la culture et dans la société marocaines n'a pas été totale : cette communauté a préservé beaucoup des caractéristiques et des spéci­ficités qui la rattachaient à l'ensemble du peuple juif.

Plus important encore, le désir d'assimiler la civi­lisation occidentale est resté très vif parmi eux et dans ce même contexte, l'auteur révèle comment l'Europe coloniale a pu embrigader la communauté juive de Safi, comment elle l'a mobilisée pour arriver à ses fins et amenée à la servir à l'époque impériale ou coloniale. Cette étude constitue un pas utile et méritoire.

Pr. Ahmed Al Ouarit El Jadida, le 14 juin 2003

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