La Politique des Autorités Marocaines envers les Juifs après l'Indépendance (1956-1962) Dr. Pinhas Katsir

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Une analyse lucide de ces incidences devait être faite par l'écrivain juif marocain, Carlos de Nesri, dans un article publie dans L'Information Juive d'Alger en Février 1961. Au moment de l'indépendance, il avait appelé ses coreligionnaires de faire le pari du Maroc. L'article faisait suite aux incidents antisémites qui avaient accompagné la visite de Nasser a Casablanca en Janvier 1961. Les exactions policières et le naufrage du Pisces avec ses 44 passagers clandestins nous amenait à nous poser de nouveau la question: partir ou rester? Le destin des juifs dépend des hasards de la politique marocaine. Dans toute déclaration de politique étrangère, il est possible de sentir les retombées sur les relations entre les autorités et les juifs du pays. L'indépendance avait été une période d'euphorie encourageant les idées d'intégration, l’empire chérifien apparaissait comme un modèle de symbiose judéo-musulmane. La fin de cette période de confiance devait marquer la fin des illusions. La collaboration de la diplomatie chérifienne avec le monde arabe, l'affaiblissement du caractère occidental du pays en faveur de l'orient; l'adhésion a l'activisme révolutionnaire en politique étrangère ne pouvaient passer sans laisser d’empreintes sur notre situation. L'adoption des thèses arabes anti-israéliennes a entraîné des attitudes plus ou moins anti-juive.

De Nesry ajoutait que le changement avait été graduel, incluant la rupture des relations postales, la renonciation au ministre juif, le renvoi de hauts fonctionnaires juifs, mais que "le but de notre combat est resté le même: l'égalité en des jours où la contradiction entre la politique proclamée et son application est devenu un fait irréfutable". Le changement progressif continue avec la réunion de la Ligue Arabe au Maroc en 1959, une réunion accompagnée d'une campagne de presse, confondant juifs et sionistes – contrairement au passé ou l'on faisait une nette distinction.

De Nesry poursuit en parlant des exactions commises au nom de l'anti-sionisme: arrestation d'un juif de Meknès trouvé en possession d'une publication du Keren Kayémet qui ne devait être innocenté en fin de compte qu'après maintes, pressions. L'expulsion du directeur de l'ORT, Mr. Pollak sans aucun motif. Les articles de la presse en arabe parlant de "l'hydre sioniste". La campagne anti-juive a coïncidé avec l'arrivée de Nasser et suivi le naufrage du Pisces, l'Exodus marocain. Il terminait son article en écrivant qu'il fallait "non s'indigner mais comprendre" et il se demandait prophétiquement "sommes-nous la dernière génération des juifs au Maroc? car nous ne voulons pas transmettre à nos descendants ces mêmes incertitudes et ce même perpétuel qui-vive".

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