Les institutions d'éducations juive au Maroc-Michel Knafo

Les institutions d'éducations juive au Maroc

L'éducation occupait la première place dans l'activité publique juive dans les deux domaines de la transmission des valeurs religieuses dans les Talmud Torah et de la culture générale dans le réseau des écoles de l'Alliance Israélite Universelle. Il faut retenir que tous les enfants recevaient une éducation religieuse, dans les grandes villes comme dans les villages les plus reculés. Dans les écoles primaires suivant les méthodes pédagogiques modernes et dans les "hadarim" selon les méthodes d'enseignement traditionnelles datant des générations passées. Même les plus démunis apprenaient au moins la Torah et les prières. Nombre d'organismes, dépendant des communautés ou recevant des subsides de l'étranger, s'occupent de cet enseignement. Le réseau d'Otsar Hatorah entretient sept établissements, incluant vers 1960 quelques 6,000 élèves, 70% de son budget était assuré par le Joint.

Le réseau des écoles de l'Alliance date de 1862. Son enseignement dispense à la fois un enseignement moderne et un enseignement juif. En 1960, le réseau comptait 83 établissements dont 19 furent nationalisés par les autorités marocaines. Prodiguant un enseignement primaire, secondaire et une école normale d'instituteurs. La langue d'enseignement est le français, mais une grande place est désormais réservée a l'arabe. Il ne fait aucun doute que les écoles de l'Alliance ont ouvert une fenêtre à la culture occidentale préparé leurs anciens élèves à l'insertion dans la fonction publique et le secteur privé moderne. Parallèlement, les élèves reçoivent des rudiments d'éducation juive et religieuse.

Ce sont des anciens élèves de l'Alliance qui ont enseigné l'hébreu dans l'association des amoureux de la langue hébraïque "Hobébé hassafa". Il existait une commission de l'enseignement de l'hébreu dont l'objectif était l'enseignement de la langue aux adultes, également prodigué par des anciens élèves de l'Alliance. En résumé, le réseau des écoles de l'Alliance a été, et est, une œuvre grandiose qui a joué un rôle déterminant dans l'élévation du niveau d'éducation du judaïsme marocain.

L'autre pôle est le réseau des Talmud Torah dont la mission est l'étude des matières sacrées et de la langue hébraïque – à côté de l'enseignement du français et des matières générales.

Le budget était couvert conjointement par les communautés, le Joint et Otsar Hatorah. Parallèlement le Joint a financé la création d'écoles maternelles et de jardins d'enfants.

Le réseau de l'ORT a créé 3 établissements d'enseignement professionnel pour garçons et filles, avec comme matières principales la menuiserie, le textile, la cordonnerie et la tôlerie pour les garçons; et pour les filles, la couture et l'enseignement ménager. Le nombre des élèves de ces écoles en 1960 était de 400 garçons et 400 filles. De même, l'ORT organisait des cours d'enseignement professionnel dans divers métiers. A Casablanca, l'Alliance possédait un établissement d'enseignement professionnel, "l'Ecole Professionnelle Juive" qui enseignait le travail des métaux, le dessin industriel, la soudure, le tournage et la menuiserie. Il convient de souligner particulièrement l'œuvre éducative des Hassidim du Habad, les émissaires du rabbi de Loubavitch qui sont installé partout et qui font preuve d'un remarquable dévouement.

Quelques 5,000 étudiants se trouvaient dans leurs 46 établissements, du jardin d'enfants aux grandes Yéchivot (pour les garçons de 14-15 ans), la langue d'enseignement est l'hébreu et les matières enseignées uniquement religieuses. Toutefois, pour les filles il y avait un rudiment d'enseignement professionnel. La majorité des livres d'études étaient imprimés en Israël à Kfar Habad évoquant en termes religieux l'Etat d'Israël. Les autorités marocaines faisaient preuve d'une grande tolérance, permettant l'arrivée de maître religieux de l'étranger, ce qui n'est pas très habituel dans les autres pays

Au total en 1960 on estimait le nombre des élèves de l'enseignement juif à quelques 45,000 dont 32,000 dans les écoles primaires. Une partie des instituteurs étaient affiliés au syndicat professionnel national. Il existait aussi une association d'étudiants juifs avec 270 membres anciennement affiliée à l'Union Nationale des Etudiants du Maroc. Il convient souligner que tous les chiffres avancés datent de 1960 et depuis lors grands changements se sont produits.

La jeunesse juive

Dans les premières années de l'indépendance du Maroc, la jeunesse juive marocaine a poursuivi le processus d'occidentalisation commencé depuis des décades.

Ce processus s'est élargi, incluant des couches de plus en plus larges, arrivant jusqu'au fond des mellahs. L'influence des écoles de l'Alliance dans ce processus était déterminante. En 1956, se sont ouvertes devant ces jeunes de nouvelles opportunités dans le service public, les finances et le commerce. D'autres se sont dirigés vers les études universitaires où les débouchés, choisissant de préférence les disciplines de médecin et ingénieurs étaient les plus prometteurs. Le travail éducatif n'était pas confiné aux seules écoles. Il faut y ajouter les mouvements de jeunesse, locaux et sionistes pionniers qui ont aussi contribué à l'élévation du niveau d'éducation des futurs citoyens. Il y avait aussi un mouvement scout, les Eclaireurs Israélites de France (E.I.F) englobant des milliers de jeunes directement lié au centre du mouvement en France.

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