Contes Judeo-Arabe Ekswa zdida di Isso . Le costume neuf d'Isso David Bensoussan

Contes Judeo-Arabe

ELKSWA ZDIDA DI ISSO Tb.

LE COSTUME NEUF D’ISSO Dr David Bensoussan

Dawid Bnseussan

Wahd elnhar, mrat Isso hbto bass isri kswa zdida el'id dizaye.
Isso dzbad, ofbalo bass imsi elSok zdid ysri jelabiya ofSmata bas isri serbil.
Ftrik, tselam 'ala shabo del Mellah ora bass wahdine menheum labsine kswa romiya m'a kmiza mhleula, serwal khel osbat. Kal f'aklo :
«'Alass hta ana mane keuns nelbess fhalheum ? ».
Kdam odaz elhaneuth delbisclyta di Baba l'Algérien okra bisclyta bass ira kif 'amel elbass denass felblad.

LE COSTUME NEUF D’ISSO Dr David Bensoussan 
Un jour, la femme d’Isso voulut qu’il aille s’acheter un nouveau costume à l’occasion de la fête qui s’en venait. Isso sortit avec l’idée de se rendre au Souk El Jdid pour acquérir une djelabah et à la Smata pour des babouches. En chemin, il salua ses amis du Mellah et nota que certains d’entre-eux portaient le costume à l’européenne avec une chemise ouverte, un pantalon noir et des chaussures. Il pensa : « Pourquoi ne ferais-je pas comme eux » ? Il passa devant le magasin de bicyclettes de Baba l’Algérien, loua une bécane afin de se balader et voir comment les gens de la ville étaient vêtus
 

Dar 'al limyne fel Plassa delmarché 'amra benasss ofein maline elhwane kane yberho 'ala sel'a dyalheum. Daj Souk elheuth di riha dyalo mtleuka, ba'ad oossol fSok zdid. Tema kano shabo mzmeu'ine fbab el haneut, taï hdro 'ala lma'ala diataï bena'na', sgoula delwiza otyab di aflayo. Rza' bass ykemel triko tol elHdada odar 'al limine elDerb el'Attara. Houwa rghzod felkswa densara odaz lozh elhaneut di Bolhens, oqef swiyess lozh l'affiche d'cilima kbel yidkhel fDerb la'leuz

Il vira à droite à la place du marché plein de monde où les vendeurs vantaient leurs marchandises à la criée. Il passa devant le souk des poissons à l’odeur si prenante et arriva à Souk El Jdid. Ses compères étaient assemblés au seuil des magasins vantant tour à tour les qualités du thé à la menthe, les vertus de la « Louiza » et la douceur de la « flayo ». Il continua son chemin sur la rue de la Hdada et tourna à droite à Derb Attara. Il se mit en tête de se payer un costume européen. Il passa devant le magasin de Beulhens, s’arrêta un moment devant l’affiche du cinéma avant de rentrer dans la rue La’leuz. 

Mnora madaz spitar, ossel elhaneut di Salom Ifergane elkheyat. Seb tema wahd errazol kaï ytfda 'ala khyalo leuzh elmraya, labess redingot khla, fido melbass el gantess bedine okabd berdo berass denkra, kane ti rwam sombrero mdouwar – sapo mneuna – ohouwa waqef belhiba olfantaziya elmedhqa lassiliya dswiriyine

Après l’hôpital, il entra au magasin du tailleur Chalom Ifergan. Il y trouva une personne qui s’extasiait devant un miroir, revêtu d’une redingote noire, portant des gants blancs et tenant une canne à la poignée argentée. Il ajustait son chapeau rond (chapeau melon), se pavanant avec la majesté et la fantaisie de la vraie noblesse « souirie ».  

Mdira dak linglizi, hbi ykherz fhalo melhaneut. Behq sahbo Salom ma khelahs yidzbad. Mhit salom 'arf tkhmima disahbo, qal : « Bessimane tob omzaltob ! Tiq biya, 'amork matendem, na'melk kswa dseltane elkbar ! ».

Lorsqu’il vit cet anglais, Isso voulut quitter le magasin, mais Chalom ne le laissa pas se retirer car il lisait dans les pensées de son ami.

« Besimantov ou Mazaltov ! Crois-moi, je vais te faire un costume royal ».

Isso tghewa osalom bda yqbed l'a'bar : el'ank, elhzem, tissa'… « Wah wah kif had elmoda wa'ra !» kal Isso f'aklo. Salom kal l'Isso bass yirza' mnora zem'a bass iqiyess elkswa. Isso khba elhkaya 'ala mrato oma'awdelhass walo. Ozem'a dazt 'ala Isso belhem elkbir orza. Felkher, ossel enhar dikayetsena. Salom kane mozeud oferh bih oqblo belbrakha di barokh haba.

Isso hésita et Chalom commença à lui prendre les mesures : le cou, la taille, la largeur,…. -Ah que cette mode est compliquée, se dit Isso. Chalom demanda à Isso de revenir dans une semaine afin d’essayer le costume. Isso cacha à sa femme son projet et ne lui en fit pas part. La semaine se passa, alors qu’Isso vivait avec une certaine anxiété. Le jour tant attendu arriva enfin. Chalom était prêt et l’accueillit avec joie et des vœux de Baroukh haba.

Isso bda belbass diqemza bida ot'azeb 'ala la'qayd elqlal difiha, massi fhal walf tilbess elkftane taï oussolo hta l'ank, 'amar belqayd elmdiyek. Mnora dak, ossel neuba dserwal. – Hadi hseuma kal Isso okeyn'at belbragitta – La ! hadi pratik ! kallo Salom Isso hez rasso, qaytir fsma mdiqiyess elvesta. Ma'akels rasso. Kane ma'zer. – B'issk hdenn rask. Ila tbka mkemess, hta sikswa matzi 'alik ! Zat neuba dsombrero dibogar. –

Isso commença par enfiler la chemise blanche et s’émerveilla devant le peu de boutons qu’elle avait, contrairement à son Caftan qui lui était plein de boutons juxtaposés serré jusqu’au cou. Ensuite, ce fût le tour du froc. -C’est embarrassant, dit Isso en regardant la braguette. -Non! Cela est pratique, lui rétorqua Chalom. Isso se sentit au septième ciel lorsqu’il essaya la veste. Il ne se reconnaissait pas, il en était quelque peu dérouté. -S’il te plaît, tiens-toi droit! Si tu restes ainsi contracté, aucun costume ne t’ira! Puis ce fut le tour du chapeau Bogart.

Ass na'mel bhad sapo, kal Isso. Sessia tqdini ! – La la, kal Salom, hdaz sapo basyselmo 'ala nass. Ossralo kif isselmo bsapo bswab. Isso tsena zem'a okhra belhem ktir orza. Kelbo mherrek, Isso izeb elkswa. – Daba loqt bass enkhmemo flesaccessoires kal Salom. – Ass hadi ? Baqi massalina ? sqsa Isso – Enbdawe blesbaleines – Nsri lbaline ? 'Alass za loqt delmassyah difass naklo se'ouda deliviatane ? – La ! qallo Salom, odkhel lbaline felkoyyar del kemza.

Que vais-je faire avec le chapeau dit Isso, ma chechia me suffit! -Non, non, dit Chalom il faut un chapeau pour saluer les gens. Il lui montra comment les gens saluaient poliment du couvre-chef. Isso attendit une autre semaine avec grande impatience, le cœur serré, pour l’essayage final du costume. -Maintenant c’est le temps de penser aux accessoires dit Chalom. -Quoi donc, nous n’avons pas encore fini ? dit Isso -On commence par les baleines, tout nouveau tout beau ! -Achetez des baleines, est-ce que le temps du Messie est arrivé afin que nous mangions le repas du Liviatane ? -Non lui dit Chalom tout en lui insérant les baleines dans le col de la chemise. 

Daba nzido nkhmemo bla'aqad del manos. – Wass ana mhbouss ? Wass melfelta 'amelt ? – Nahat rouwah akhaï ! 'Amri marit wahed dimfqa' mel l'élégance ! – Isso kherz sbat dimsa sra 'and Sem'one Azinkot felHdada. OSalom za m'a elgrabatta. – Bar minane ! hti t'alkni ? – Hatati 'awiti passa'ti ! ass 'amelt ellah la'ziz bass ykeune 'andi kliene wa'er fhalk ! Ntina dandy dla City qal lo Salom b'ein diqat tenza fih. B'isk, doz 'and Sema'ya elbarberos fel rass derb bass yigerdelk dik elhya wiya'melk la coupe fhal elweld dcilima.

– Maintenant, il est temps de passer aux boutons de manchettes. -Est-ce que je suis aux arrêts, de quoi suis-je accusé? -Du calme mon frère, je n’ai jamais vu quelqu’un qui n’est pas enchanté par l’élégance. Isso sortit les souliers qu’il avait achetés chez Simon Azincot à la Hdada. Chalom s’en vint avec la cravate. -D. préserve, veux-tu me pendre ? -Mea culpa, mea culpa, mea culpa ! Qu’ai-je fait au Tout-Puissant bien aimé pour mériter un client aussi difficile que toi! Tu es tel un Dandy de La City, lui assura Chalom avec un regard admirateur. S’il te plait, passe chez le barbier Chema’ya au coin de la rue afin qu’il te rase cette barbiche et qu’il te fasse la coupe comme le héros du cinéma.

 Melbass omhdek fhad eraht, Isso maz'ams itkheul fdar. Tla' Derb La'leuz, dar 'al lissar fDerb du Consulat di Franssa hta ossel Derb Coutolle. Menhnak msa lPlassa di Chayla dihiya Sanezilizi dSwira. Houwa taï lali wiyssouf hnak, tetpassiar enass labsine kswa romiya, olmrawat dilabsine krinoline, siihoud labsine ellbass dlingliz, la'sker elfranssess m'a elkswa tatsta', ossi nass m'a lsapo dikanotyé. Msa orza' halokh wassoub orza' mDerb elKsba bass ydeuz 'ala elMdina omtemma idkhel elMellah. Si nass safo bih : Si nass keyraho wit'azbo fih, ossinass keyraho widhso fih. Daz felmdina ou hess belghzra di taïghzro fih enass okhella menora Hayim Zgor oNsim Elkelaï femhom mter'a mqtar didhsa didahso fih. Daz elferrane di'Abibo oossel fTer'a.

Ainsi accoutré, Isso ne trouva pas le courage d’aller à la maison. Il remonta la rue La’leuz, tourna à gauche à la rue du Consulat de France et arriva à la rue Coutolle. De là, il se rendit à la place de Cheyla qui est les Champs Élysée de Mogador. Il s’y promena, appréciant les gens vêtus à l’européenne, les femmes en crinoline, des Juifs vêtus à l’anglaise, des soldats français à l’uniforme rutilant ainsi que des personnes avec un canotier. Il fit les cent pas. De la Kasbah à la Médina, avant de rentrer au Mellah. Certains le reluquaient avec admiration, d’autres avec consternation. Il traversa la Medina et ressentit l’envie dans le regard de certaines personnes. Il laissa derrière lui Haïm le Rouquin qui vendait les marinades ainsi que le rôtisseur de pépites bouche bée. Il passa le four d’Abibo et arriva à la Ter’a 

Kane tikhemmem f'aklo kif yiqbleuh nass di kaï 'arfoh. Tkhel fThtsaba mdelma, omaz'ams itkhel elMellah di 'amar belnass. dar lissar omsa 'and sahbo Yossif Lugassy souwaye. – Aye aye aye ! qal Yossif. wass hdaz nserbiwe dak elfromaz elkhanz delfrancess ? Hti sopa mtbokha bsrab ? Wass mazi tbqa sahbna ? Hak had sandwich delkfta mdkhna obsahtek ! Isso thzem odkhal felMellah. –

. Il se demandait comment l’accueilleraient les gens qui le connaissaient. Il traversa la Thtsaba obscure et n’eut pas le front d’entrer au Mellah. Il tourna à gauche et se rendit chez son ami Yossef Lugassy, le rôtisseur. -Ay, Ay ! dit Yossef. Devrait-on te servir le fromage puant des Français ? Veux-tu de la soupe au vin ? Vas-tu rester notre ami ? Prends ce sandwich de kefta fumée. À ta bonne santé ! Isso prit son courage à deux pinces et pénétra au Mellah.

Makane fhems kal lo Ishaq Swissa dikaye ba' elmahya. Mayssi Pourim elyeum bass khfti rask. Hiya ghdertini osriti mahya sihdakhor! – La, la, matbdelts akhaï ! Isso kemel triko oberhlo Nsim Sandillon. – Daba tbda t'iss belbagetta d'af otkeune snob omaterdass belkhebz dyali ? Nass daro bih, wiqzmo widelko 'ala ktfo. Felkher, Isso dkhel felDerb Hastibi fein sakn otla' eldaro dinit dar Mossé Tapa

-Je ne comprends pas, dit Isaac Suissa le vendeur d’eau de vie. Ce n’est pas Pourim aujourd’hui pour que tu te travestisses! Tu m’as été déloyal et tu as acheté de l’eau de vie chez quelqu’un d’autre! -Non, non, je n’ai pas changé! Isso continua son chemin et se fît interpeller par Nessim Sandillon. -Maintenant tu vas commencer à vivre de baguettes maigrichonnes. Tu vas devenir snob et dédaigner mon pain ? Les gens l’entouraient en rigolant et lui donnant des accolades. Enfin, Isso arriva à la rue Hastibi où il habitait et monta chez lui 

. – 'Aqdo roh ! 'Aqdo roh ! Razli hbel ! bdat siyah Izza. – Yallah Izza ! Riyyeh khaterk ozib si mahya na'mlo tsin-tsin bass enbarko had sa'a. Izza ma sabt raha obqat dor mnorah fhal sikelb taïkeune izri 'ala dnabo. – Gels ellard, ya Izza. Kbel manserb, enhbek thel had elpakit. – Mhmeuma, Izza helt elpakit orat mesmom denwar mkhbod 'ala sapo delmobar khdar. – As had zardine hada ? Isso kbed elsapo disra 'and Madam Zagury felPlassa di Chayla, olbso elmrato. – Wass tarek la'qel ? Hsebti rassi fhal sanya bastheret fiha ?.

. -Sauve qui peut, mon mari est devenu fou, cria sa femme Izza. -Alors Izza, calme-toi, j’ai amené un peu d’eau de vie pour que l’on fasse chin-chin pour fêter cette occasion. Izza ne tenait plus en place et tournaillait autour de lui tel un chien tentant d’attraper sa queue. -Assieds-toi parterre, dit Isso avant de boire. Je veux que tu ouvres ce paquet. Stupéfaite, Izza ouvrit le paquet et vit tout un rosier épinglé sur un chapeau de feutre vert. -Qu’est-ce que cette plantation ? Isso prit le chapeau acheté chez Madame Zagury et en coiffa sa femme. -As-tu perdu la raison? Prends-tu ma tête pour une serre afin que tu y jardines ?

Zirane sem'o dak elghwat otel'o eldar. Zbro Isso tisstah wiydor 'ala mrato fhal dok lolad delryeuss diydowro 'ala totem, oya'mel sklaybatt om'aybatt fhal la'bid di Lewi erbata'ss. Zirane 'azbelheum elhal hta gelso hta hema yistho witelko zgharit odar qelha tla't elsma beferha

 Les voisins entendirent ses cris et montèrent à la maison. Ils trouvèrent Isso dansant et tournant autour de sa femme tel les Indiens tournant autour d’un totem, tout en faisant des courbettes et des pirouettes comme à la cour de Louis XIV. Ce spectacle enchanta les voisins qui se mirent aussi à danser et à lancer des Youyous et la maison déborda de joie.

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