Culte des saints musulmans  dans l’Afrique du Nord et plus spécialement au Maroc-Edouard Montet -Sîdi Meh’ainmed ben- A'issa.

 

Sîdi Meh’ainmed ben- A'issa.

Ce saint (1523-1524), qui fut le fondateur de l’ordre des 'Aïssâoua, est célèbre au Maroc et en Algérie. Sa légende est riche en miracles qu’il opéra ; elle est intéressante aussi par sa lutte contre le sultan de Méquinez auquel sa popularité portait ombrage et qui lui ordonna de quitter la ville, à lui et à tous ses disciples.

Le saint partit et la cité fut déserte, au point que le sultan ne trouvait plus d’ouvriers pour construire les murailles. Pendant son exil, le saint réunit autour de lui un si grand nombre de partisans qu’il devint tout puissant et que le sultan fut obligé, par une démarche humiliante auprès du marabout, de lui demander en grâce de rentrer à Méquinez, ce qu’il fit, mais en posant ses conditions.

C’est de ce retour triomphal que date, paraît-il, le privilege dont jouissent à Méquinez les 'Aîssâoua, d’être exempts d’impôts et de corvées.

On raconte que, durant l’exil de Sîdî ben-'Aïssa, ses disciples, mourant un jour de faim, demandèrent au saint de leur procurer quelque nourriture. Le marabout leur ordonna de manger ce qui était sur le chemin qu’ils suivaient; il n’y avait sur le sol qu'ils foulaient que des cailloux, des épines, des scorpions et des serpents. Les fanatiques disciples se jetèrent en affamés sur ces pierres, ces épines et ces animaux repoussants et s’en nourrirent, preuve éclatante du pouvoir surnaturel du saint. C’est en souvenir de ce miracle que les' Aïssâoua, dans leurs exercices religieux, avalent impunément les matières les plus étranges (verre, aiguilles, etc.) et les bêtes vivantes les plus répugnantes.

On raconte de Sîdî ben-'Aïssa une curieuse anecdote, bien caractéristique de l’habileté déployée par certains marabouts pour en imposer à leurs disciples et aux foules avides de leur baraka.

Voulant un jour éprouver ses disciples, il leur déclara qu’il avait eu une révélation et que le Prophète lui avait donné l’ordre d’offrir un sacrifice à Dieu. «J’immolerai, dit-il, ce que j’ai de plus cher, c’est-à-dire mes disciples les plus fidèles. Que celui d’entre vous qui m’est le plus dévoué entre avec moi dans ma demeure, pour y être immolé en l’honneur de Dieu. Un des adeptes les plus fervents de sa confrérie se présente et pénètre dans la maison; un cri violent est poussé et l’on voit le sang se répandre au-dehors sur le sol, par un tuyau sortant du mur. Le saint revient alors auprès de ses disciples, les mains rougies par le sang du sacrifice, et demande une nouvelle victime. Un second disciple s’avance, pénètre dans la demeure : on entend un nouveau cri et le sang coule une seconde fois. A quarante reprises la scène se renouvelle. Est-ce à dire que quarante disciples auraient été immolés ? Non, à chaque fois, c'est un mouton qui avait été égorgé, tandis que des serviteurs poussaient des cris d’angoisse, destinés à faire croire à la foule, terrifiée dans son admiration fanatique pour l’autorité du saint, que le sacrifice humain avait bien effectivement lieu.

La même légende a été racontée, dit-on, de Sîdî Ah’med ben Yoûsof, mais comme l'a remarqué judicieusement L. Rinn, il semble qu’elle appartienne en propre à Sîdî Meh’ammed ben-' Aïssa, car c’est à la suite de cette épreuve sanglante que fut créé dans l’ordre des 'Aïssàoua un conseil permanent de quarante frères.

 

Culte des saints musulmans  dans l’Afrique du Nord et plus spécialement au Maroc-Edouard Montet -Sîdi Meh’ainmed ben- A'issa.

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